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samedi, 20 juin 2015

Adieu à qui vous voulez

En 20minutes écrire une lettre d’adieu à qui vous voulez en y incluant les mots ou groupe de mots suivants trouvés après un jeu :

extrême / Philip Roth / lilas / automne / saut à la perche / stylo

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saut-a-la-perche-2_21136869.jpg

freepik          par www.sxc.hu

 

ADIEU

Adieu mon chéri. Ma patience fut extrême au cours de ces longues années passées avec toi.

Tes lectures de Philip Roth que tu m’imposais tous les soirs, soi-disant pour une dégustation littéraire à deux, achevaient particulièrement mal mes journées. J’aurais préféré autre chose. Mais ton pyjama lilas ne m’inspirait pas tellement.

Quant à nos promenades dominicales d’automne pour - disais-tu - apprécier les couleurs sublimes d’une saison vouée aux peintres… Mon œil tiens ! Patauger dans la boue quand une épaisse brume vous enveloppe, c’est plutôt le merdier, pas autre chose !

L’hiver, c’était cocooner comme deux petits vieux près de la cheminée : dehors, ça caillait trop.

Au printemps, tu consacrais tes week-ends entiers à t’entrainer au saut à la perche,  sans même avoir l’idée de me payer un petit resto de temps en temps, ne serait-ce que dans cette modeste guinguette au bord de la rivière où nous nous étions connus.

Quant à l’été, n’en parlons pas ! Ou plutôt si : trop chaud ! Trop lourd ! Trop chiant ! Bref, seul  un coin de notre jardin faisait l’affaire : il abritait notre petit déjeuner à six heures du matin et notre tisane à dix heures du soir. Une demi-heure deux fois par jour… Le pied ! Le reste du temps, tu te disais tellement harassé que l’arrachage des herbes c’était pour moi ! La taille des arbustes aussi ! La plantation des fleurs et des légumes itou ! Et l’arrosage, et le bêchage, devinez pour qui ?

Marre, marre et marre !

Et comme il n’est jamais trop tard pour bien faire, je prends mon stylo à deux mains pour te dire A DIEU !

Mouty

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17-10-2005-659châteaudebrest

wikimédia

 

Ma chère,

C’est avec un extrême plaisir que je te dis au revoir, adieu même, tout au moins je l’espère. J’ai pris mon stylo le plus précieux pour te dire à quel point je suis heureuse de te quitter, tant j’ai vécu avec toi des années d’automne gris et pluvieux.

De toi, je ne regretterai presque rien, sauf la merveilleuse glycine lilas qui doit toujours orner le jardin. Je me souviendrai surtout des petits matins où la bruine me trempait jusqu’aux os, des tempêtes où le vent furieux, me sifflant aux oreilles, m’empêchait d’avancer, et du son de la corne de brume guidant les bateaux aveugles dans le brouillard cotonneux des matins d’été.

Je sais, d’emblée tu partais avec un handicap ; comment aurais-tu pu me plaire après tant d’années passées dans cette capitale qui m’avait vu naître et que j’avais eu tant de mal à quitter. Tes habitants, si peu accueillants, ne m’ont jamais vraiment ouvert ni leurs portes, ni leurs cœurs. Mais peut-être est-ce moi qui n’ai pas su aller vers eux.

Tout m’exaspère chez toi, le biniou, les fest-noz, l’accent….Je n’ai pas su aimer ton port, ton océan, tes sports nautiques, même s’il est plus facile de pratiquer chez toi la natation que le saut à la perche.

Et pourtant, j’aurais pu te trouver tous les atouts ; tu ne manques pas d’espaces culturels ou l’on peut lire Philip Roth, la luminosité si particulière de ton ciel a été peinte maintes fois, tu as été chantée par de grandes voix ; tu es forte de ton passé maritime, forte de ta jeunesse étudiante ; tu as souffert et, détruite tu t’es courageusement reconstruite. Oui, j’aurais pu t’aimer, mais  toi et moi, nous ne nous sommes pas comprises. C’est ainsi.

Je vais maintenant prendre le large, voguer vers un autre ciel, et toi, protégée par le château de Vauban, tu vas demeurer, impassible, sur ta pointe de la « fin de la terre » en contemplant cette rade qu’on dit la plus belle du monde.

Adieu cité du Ponant, adieu sans désir de retour. Je ne pense pas te revoir un jour.

Mais sait-on jamais quel sera l’avenir…

Gill

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vendredi, 14 novembre 2014

A chacun son thème

Chacun se voit attribuer un mot

autome  /  vent  /  pluie

Faire un quatrain (ou plus)  ayant pour thème le mot attribué

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freepik

PLUIE

 

La pluie de cet Automne danse la farandole,

Tambourinant gaiment jusqu’à la fin du jour,

Chantant la nuit, ponctuant mes amours.

Cette année, mes amis, est bien une année folle.

 

J’écoute en sirotant ma tasse de tisane,

Agitant ma cuillère avide d’infusion

Tout en réfléchissant, amère confusion,

Au lendemain joyeux, au petit jour qui flâne.

 

J’aime cette eau du ciel qui pleure et puis fredonne,

Apportant de la joie, de la vie, du bonheur,

De la sérénité, de l’espoir dans mon cœur

Quand je suis en détresse, que mon âme frissonne.

 

Mouty

                                                            

 

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freepik

Automne

Parterre crissant, feuilles rousses,

Senteurs humides du sous-bois,

Chrysanthèmes à genoux sous les croix,

Automne, là, sous chaque mousse.

Gill

                                                     

 

 

mardi, 24 avril 2012

à partir d'un incipit

 

                                       Notre consigne met en lumière l’incipit.

                           Le mot « Incipit » désigne les premiers mots d’un texte

 

Chacun écrit sur un papier le premier vers d’une chanson. Les papiers réalisés sont pliés et mélangés. Un est tiré au hasard.

 Ecrire un texte commençant par le vers inscrit sur ce papier  (25mn)

 

                      incipit: « Je voudrais tant que tu te souviennes »

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chemin forestier.jpg

banque d’images libres et gratuites

 

 Je voudrais tant que tu te souviennes

Du chemin caillouteux, de ma main dans la tienne,

Des feuilles de l’automne qui craquaient sous nos pas,

Des fruits des bois cueillis pour corser nos repas,

Des rosées du matin et des belles chenilles

Rampant le long des tiges, des baies roses ou des vrilles,

Du chant du rossignol lorsque la nuit tombée

Nous rentrions au bercail à grandes enjambées !

Je voudrais tant que tu te souviennes

De cette chanson très ancienne

Que nous entonnions à cœur joie

En descendant vers la Montjoie,

Ce lieu mythique à la croisée des sentes

Où vent, pluie et soleil font que l’on y ressente

La nature, la ferveur, la grandeur,

La fougue d’un baiser comblant d’un vrai bonheur.

Plus de mal ni violence, plus de haine.

Je voudrais tant que tu te souviennes !

             Mouty

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Image gratuite Luxe Campagne

 

 

 Je  voudrais tant que tu te souviennes  de ce que fût cette merveilleuse semaine ou tu m'avais amenée, oui ce beau Pays où nous avons fait des découvertes de rêve nous le visitions pour la première fois j'en avais tant parlé je l'avais préparé avec notre ami Patrice qui le connais si bien   lui son aide fût précieuse,  nous avions minutieusement élaboré un parcours, décidé  des haltes dans des endroits les plus pittoresques, potassé le guide avec les régions détaillées, et nous y sommes ; quelle joie, nos yeux éblouis par la lumière de son ciel , les tons ocres de cette terre , les oliveraies à perte de vue, des champs entiers d'orangers , les jardins enchanteurs où nous avons flâné dans les allées d'arbres rares et de plantes inconnues d'arbustes gorgés de fruits colorés   c'était le printemps , tout embaumait l'air n'était que subtils parfums mélangés dont nos narines s'enivraient  où que nos regards se tournaient ce n'était que beauté,  et tous ces monuments majestueux rappelant un passé historique riche ;  anciens couvents ou palais transformés en hôtels ou nous passions des soirées enchanteresses tant l'accueil était chaleureux plein de douceur enveloppante nous faisant croire que ce que nous vivions un rêve éveillés qui ne finirais jamais , comme notre jeunesse gaie et insouciante qui nous animait tout le temps de cette escapade , cette semaine là  fût magique , est-ce que tu t'en souviens ?  Pour moi elle vit toujours dans mon cœur elle est inoubliable 

Je m'amuse quand je suis triste à la faire revivre dans ma tête, et j'ose penser, espérer même que peut-être nous en revivrons une autre semaine comme celle-là ?  Aussi belle, dis-moi y crois-tu aussi toi ?  Oui ?  Alors je peux recommencer à rêver  !!!!!!!!!

                    Rina

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Les photos de Badplayer

 

 

        Je voudrais tant que tu te souviennes, ô Marika, de ces moments bénis qui ensoleillaient notre vie. Nous étions jeunes, nous étions beaux et l’on se retrouvait chaque soir au bar de «  La Pieuvre Qui Tête », là, sur le port.

         C’était Le Havre et c’était l’automne. Les quais sentaient le maquereau et le goudron tandis que les sirènes des cargos déchiraient l’air chargé d’embruns. C’étaient leurs gémissements et c’étaient leurs larmes à ces chameaux  de métal, esclaves du grand désert liquide.

          L’automne hâtait le soir. Les gros nuages noirs, poussés par le vent du Nord, laissaient place au noir des nuits sans étoiles. De rares quinquets éclairaient à peine les obscures ruelles menant au port. Une porte parfois s’ouvrait sur des pleurs d’enfants ou la chanson avinée d’un marin anglais, titubant hors de quelque bouge.

         On se retrouvait, Marika souviens-toi, à cette table collante et sombre tout au fond du troquet. C’était la nôtre. Nous respirions à pleins poumons les effluves de tabac à pipes, de frites et de bière tout en nous souriant tendrement par-dessus la mousse de nos bocks. Nos mains se cherchaient, se serraient. On était bien.

        Plus tard, nous nous rendions dans ta pauvre petite chambre de bonne, perchée au dessous des toits. Il y faisait froid ; l’humidité suintait des murs et des draps de lit, nous on s’aimait, ivres de passion et de poésie. C’était le bon temps.

       Je voudrais tant que tu te souviennes des jours heureux, maintenant que tu es mariée à ce riche industriel de Roubaix, perdue dans ton grand hôtel particulier, ta grande serre tropicale, ta grande limousine à six portes.

     Je voudrais tant que tu te souviennes, Marika, et que tu répondes à cette question : « Pourquoi m’as-tu quitté »

                                                       El Pé

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Je voudrais tant que tu te souviennes de ce que tu étais en ce temps là. Un garçon avec de l’or dans les doigts. Une virtuosité comme la tienne était exceptionnelle. Dès que tu as posé les mains sur les touches d’un piano, des sons sublimes en sont sortis. Dans tous les cours que tu as fréquentés, les professeurs t’ont remarqué et t’ont considéré comme un  nouveau Mozart. Compositeur de génie, interprète talentueux, tu étais promis à la plus brillante des carrières. Doué d’un tempérament volontaire, travailleur acharné toujours à la recherche de l’idéal, rien ne semblait pouvoir t’arrêter. Premier prix de conservatoire, concertiste recherché et adulé, tu avais atteint les sommets et aurais dû continuer dans cette voix.

 

Et puis il y a eu l’accident, cette main traumatisée, ces tendons sectionnés la rendant inutile, cette intervention délicate, cette rééducation longue et difficile  et puis cet abandon, cette dépression, ce laissez-allez, ce renoncement.

 

Regarde-toi, pauvre épave détruite, assis devant ton verre de whisky, le regard vide de tout espoir, mal rasé, mal fagoté, mal dans sa peau d’artiste déchu. Pas un regard pour ton pauvre piano en attente de revivre sous tes doigts. Tu ne vas pas rester comme ça, dis, tu vas te ressaisir. Tu ne peux pas devenir cet alcoolique dont on ne peut même pas soupçonner la brillante vie antérieure. Regarde toutes ces photos de toi, regarde ces mains fines et musclées qui caressent les touches du Pleyel. Ecoute la musique que tu as créée et reprends-toi. Rien n’est perdu, tu as encore une belle vie devant toi et des jours de succès à venir. Travaille, exerce-toi sans relâche et tu verras, les progrès viendront. Oui, regarde-moi, écoute-moi, je t’aime et je t’aiderai à redevenir celui que tu étais.

 

                    Gill

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