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dimanche, 15 mars 2015

Les narrateurs: raconte-moi une histoire

Chacun demande à son voisin ou sa voisine de droite de lui narrer un évènement, réel ou fictif, sur un thème bien précis (enfance, école, vacances, aventure, etc.) ou sur un thème libre.

 

En 25 minutes vous écrivez un texte répondant à la demande.

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freepik

 

Poème sur mon premier baiser

 

 

Mon premier baiser, il était laid !

Pas vraiment express mais depuis j'en ai de l'herpès.

C'était sur une plage, au bord du rivage, ados pas sages.

 

Moi, j'étais amoureuse de Titou, mais lui pas du tout.

Moi, je ne regardais que lui, lui que les autres.

Moi, j'étais désespérée, lui s'en foutait.

 

On faisait tous partis du même groupe, il y avait beaucoup de couple.

J'étais seule, pas ronde comme une meule et pas trop bégueule.

Il était seul, grande gueule, l'unique qu'il me veule.

 

Quand il m'a embrassé, j'étais heureuse.

Mon débardeur débarrassé, j'étais peureuse.

De sa main caressée, j'étais mal heureuse.

 

Terrassée quand son doigt...

Moi, je ne voulais qu'un peu exister.

Moi, je ne voulais qu'un baiser.

 

LE STYLO NOIR

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Anderson Mancini - F14-plenty of light (by)

wikimédia

 

Nanou

Nanou volette. Libellule qui va de feuilles en corolles le long du ruisseau. Née  sous le signe des hirondelles. Ne cherchez pas dans les signes du zodiaque, elle fait partie des extra-terrestres. Disparue à l’entrée de l’hiver, migrant peut-être vers des contrées lointaines, elle réapparait au printemps chaque fois plus vive et colorée que jamais.

Sa mère avait mis au monde ce petit oiseau des iles remplissant la maison de ses piaillements plaintifs, joyeux  ou coléreux, se perchant sur son épaule pour lui faire des bécots dans son cou parfumé. Elle était intarissable. Insaisissable aussi. Les qualificatifs qui lui allaient le mieux : vivacité et imprévision.

Un jour, elle devint impalpable, presqu’invisible. Sa mère vit sortir par la fenêtre une libellule irisée, rayonnante, réverbérant les rayons du soleil. Elle la laissa filer, sachant qu’elle saurait se tailler un chemin dans les méandres d’un avenir de nature mais non pas sans embûches dont elle se tirerait avec dextérité. Son petit oiseau était réellement sorti du nid. Complètement. Définitivement.

Mouty

                                                                  

 

 

« Ami, entends-tu le vol noir des corbeaux sur nos plaines ?
Ami, entends-tu les cris sourds du pays qu'on enchaîne ?
Ohé ! Partisans, ouvriers et paysans, c'est l'alarme !
Ce soir l'ennemi connaîtra le prix du sang et des larmes. »

 

Extrait du chant des partisans

 

Ce devait être la fin de la guerre, je ne réalisais pas, j’étais trop jeune. La veille, derrière les volets fermés, on avait entendu des coups de feu, près de la vieille gare. Je sentais qu’il se passait quelque chose, mais quoi ? Ma mère avait le sourire, mon père chantonnait et mon frère se dirigeait sournoisement vers la porte. Mais ma mère qui le surveillait du coin de l’œil, l’interpellait et lui intimait l’ordre de rester. Je m’ennuyais, je lisais sans trop savoir quoi. Finalement, vers 16 heures, mon père dit : « je vais faire un tour » et mon frère en profita pour s’éclipser. Il faut dire que mon père était un peu ancien style, pas macho, non, « mais je sors » sans nous inviter à aller avec lui. Et nous sommes sorties, toutes les deux, comme nous en avions l’habitude. La grand’ rue était noire de monde, il y avait des gens agglutinés sur les marches de la mairie. C’était étrange, je n’avais jamais vu cela. Les gens se parlaient et ma mère, si réservée d’habitude, échangeait des propos à tout venant sans répondre à mes questions. Je crus voir mon père dans un groupe d’hommes qui discutaient ferme. Cela dura un moment, quelqu’un apparut au balcon de la mairie, mais je n’entendis pas. L’effervescence croissait, le bruit enflait, on ne pouvait bouger tant on était serré. J’avais envie de partir mais ma mère résistait ? Soudain, des hommes en armes apparurent, soldats aux vêtements hétéroclites, fusil à l’épaule. La foule s’écarta. Ils se rangèrent au pied de la mairie. Un silence absolu nous figea et je compris que c’était un moment extraordinaire, magique. Il s’éleva alors un chant lent, puissant qui me bouleversa et je serrai la main de ma mère qui répondit à ma pression. Quand ce fut fini, on applaudit et j’entendis ma mère dire, comme se parlant « est-ce que ceux qui ont été arrêtés vont revenir ? ». La foule se désagrégea, nous revînmes à la maison, ma mère me dit : « c’était le chant des partisans, la guerre est finie ».

 

Le soir, on eut, comme d’habitude, des rutabagas et du fromageon. Le chocolat, le chewing-gum, ce sera pour beaucoup plus tard. On inscrivit des noms sur le monument aux morts, on plaça de nouvelles plaques dans les rues.

 

Line

 

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Acer Aspire 8920 Gemstone

 wikimédia

 

L’ordinateur ne répond plus !

 

Qui a éteint l’ordi. ? Comment, ce n’est pas toi ? Mais je viens de l’allumer et l’écran reste désespérément noir. Je le savais, ça devait arriver ; depuis plusieurs jours il donnait des signes de faiblesse ; je n’ai pas voulu m’en préoccuper espérant que cela allait s’arranger tout seul. Ah ! Il fallait être patient, il s’allume ; heureusement car j’ai des tas de choses à faire, courriers, recherches, documents à mettre à jour, enfin tout ce qu’on fait avec un ordinateur…Et zut, plus rien de nouveau, c’était son dernier soupir, le dernier éclair de vie d’un P.C. à l’agonie.

Bon, ce sera le réparateur obligatoire qui me dira s’il peut encore être sauvé.

Catastrophe ! Je me sens démunie, désemparée, coupée du monde. Mais que fais-je faire ? Et comment faisais-je avant lui, ne serait-ce que pour le courrier par exemple ? Et bien avant j’écrivais, avec un stylo, sur du papier. J’envoyais des lettres et l’on m’y répondait. Bien sûr, en fonction du moyen d’acheminement ou de la levée du courrier, en fonction du nombre de kilomètres qu’elles parcouraient et de la modernité de la poste locale, les nouvelles n’étaient pas très fraîches en arrivant, mais quel plaisir de voir une écriture aimée, un beau timbre évoquant un pays lointain, un cachet parfois difficile à déchiffrer. Quel plaisir d’ouvrir l’enveloppe, de déplier le papier et de lire, de relire des dizaines de fois l’écriture appliquée ou pressée ou maladroite. Quel plaisir de les ranger dans une belle boîte pour pouvoir les ressortir à loisir. Quel plaisir d’y répondre calmement ou fébrilement, au gré des idées qui se bousculent dans notre tête. Peut-être vais-je être obligée de m’y remettre, mais mon cœur balance entre les deux formules : plaisir d’écrire, d’attendre en guettant le facteur ou satisfaction immédiate, message instantané, nouvelles simultanées ; plaisir de se parler et de se voir sur l’écran mais aussi inquiétude de voir les traits tirés, la fatigue sur un visage alors qu’il est si facile, dans une lettre, de ménager ceux qu’on aime.

Je crois quand même que l’informatique est une vraie merveille quand on s’en sert à bon escient. Alors : « Allo, dépanne PC, pouvez-vous venir faire une réparation ? Demain ? Oui, c’est parfait. Oui, oui, je survivrai, enfin je crois, jusqu’à demain »

 

Gill

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freepik

 

La fin du monde

 

 

Alors, la fin du monde, c'est :

Un animal qui meurt

Un arbre qu'on abat

Une source qui se tarit

Un enfant qui souffre

Un vieux qu'on emmure

Un livre qu'on brûle

Une innocence violée

Une question sans réponse

Un dos qui se tourne

Un amour repoussé

Une liberté enchaînée

Un homme qui a faim

Une femme qui dort dans la rue

C'est, c'est, c'est...

Et puis, chaque jour, le soleil se lève, les oiseaux se mettent à chanter, et la vie continue...

 

Valérie

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dimanche, 14 octobre 2012

Phrase au hasard

 

Cinq papiers où sont écrits respectivement un substantif, un verbe, un complément d’objet direct, un complément de temps, un complément de lieu sont tirés au sort. Ils forment une phrase.

En 15-20mn, écrire un texte libre incluant cette phrase.

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arbre giselle.JPG

 

Photo : cc by-nc-nd    Bruno Monginoux

Photo-Paysage.com


     je me trouve dans une forêt profonde et obscure, respirant un air lourd et étouffant, griffée par des longues ronces piquantes en colère qui veulent me barrer le chemin, ça craque, ça crisse sous mes pieds qui, par endroits, s'enfoncent sur un sol moussu et gluant, je cherche un croisement, une clairière qui me permettra de m'orienter pour sortir de ce labyrinthe où  je tourne angoissée, entendant  toute sorte de bruits plus insolite les uns que les autres, de chuchotis, de claquements, de frôlements qui m'affolent .

     Comment ais-je pu m'éloigner de mon groupe à ce point, comment suis-je allé si loin sans m'en rendre compte, toujours ma curiosité; un son inexpliqué et je me dirige vers lui pour savoir, pour voir qui est-ce qui peut émettre ce son, quelle bestiole, ou quel animal, et j'ai quitté le sentier, voilà, ça a suffit au groupe pour disparaître dans cette vapeur moite, comme happé par toute l'épaisseur de l'atmosphère régnant dans cette forêt équatoriale, ne panique pas, j'essaie de me rassurer, mais je ne la mène pas large, des tas d'idées sombres commencent à envahir mon cerveau, je dois les chasser;  je ferme les yeux, me concentrant, je les rouvre et tout à coup, comme par magie, il apparaît devant moi,  traversant le rideau d'eau dans un rayon de lumière, l'arbre tortueuxqui adorait la barbe à papasous la pluie battante au bord de l'amazone. Des trombes d'eau s'abattent,  bouchant tout l'horizon autour de moi mais, dans cet éclat de lumière, j'ai eu le temps de l'apercevoir, mon groupe,  agglutiné contre lui, dégoulinant, se  serrant  contre ses grappes géantes de fleurs, en forme de barbe à papa, que les enfants adorent tant, et moi le cœur gonflé de joie, j'avoue, j'en aurais bien mangé une, aussi, barbe à papa . 

               Rina   

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Spectacle en plein air


Les comédiens amateurs sont en ébullition. Ce soir, c’est la première. Les crêtes qui entourent le cirque de Gavarnie accrochent les derniers rayons de soleil. Je vais au marché avant la fin de la journée qui verra Louis XIV escalader lamontagne. Il doit se mettre en place avant la nuit tombée marquant le début du spectacle.

Les spectateurs commencent à affluer, et les files d’attente aux guichets s’allongent démesurément. Heureusement, j’ai acheté ma place en début d’après-midi. De temps en temps, je tâte mon ticket qui patiente dans ma poche. Ce soir il sera un peu défraîchi, mais qu’importe, c’est mon sésame. L’accès à la scène immense au décor grandiose proposé par la nature est un peu caillouteux. Il laisse présager la magie qui va se dégager des lieux. Je me retrouve au milieu des gradins, endroit idéal pour embrasser toute la scène.

Les dernières touches de soleil ont disparu. La musique de Lully provoque soudainement le silence dans la foule, alors que les spots de sécurité s’éteignent et que les projecteurs, braqués sur les artistes nous plongent dans le XVIIe siècle. La féérie éclate : le mariage de Louis XIV entouré de sa cour est en scène. Les personnages apparaissent ici et là, sur les déclivités ou les rochers, avant de se regrouper au premier plan.

Comédie, éclairage et musique tiennent en haleinejusqu’au tonnerre d’applaudissements qui marque le fin du spectacle.

           Mouty

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Ramina ouvre un œil ; il laisse apparaître une fente dorée entre ses paupières mi-closes. Il n’a pas besoin de pendule pour savoir l’heure ; les multiples petites habitudes de la maison, accompagnées des manifestations de son estomac lui indiquent qu’il va bientôt être l’heure de manger. Ramina n’est pas un chat de gouttière, il ne passe pas son temps dehors même s’il lui arrive de faire une petite promenade dans la forêt proche, juste derrière la maison, et comme tout chat civilisé il prend ses repas à heures fixes. Il aimerait bien pouvoir manger en permanence, par petites quantités, et surtout la nuit, comme tout félin qui se respecte, mais ses maîtres ne l’entendent pas de cette oreille. Alors il se soumet, car c’est facile de ne pas chercher sa nourriture et Ramina est un gros paresseux ! Il se dit, philosophe : si le chat n’a pas assez de sa pâtée à la maison, le chat mangera le superflu peut-être demain, dans la forêt, musaraignes, oisillons qu’ il n’ est pas question de rapporter à sa maîtresse ; elle crierait en le traitant d’assassin, lui qui est né pour être chasseur de mulots et autres chairs fraîches ; c’est ainsi pourtant, Ramina est un chat et comme tel se doit de courir après les souris ! Mais sa maîtresse ne veut pas le savoir alors, pour lui plaire, il se comporte en chat de salon et il en rajoute : miaulant à fendre l’âme, il se frotte à ses jambes, tourne autour de sa gamelle, lui jette des regards éplorés. Et elle, se penchant, le prend dans ses bras, lui murmurant : « mais oui, mais oui, mon pauvre minou, je te donne à manger »

Ramina se dit alors : « finalement, c’est bon d’être un chat de salon ».

                Gill

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