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samedi, 06 février 2016

Dieu ou Diable

Après un jeu qui nous a permis de trouver les expressions et mots suivants

sang - mauve - ami - nu comme un ver - main

En 20 minutes, écrire un texte les comportant et

Commençant par :

« Oui, bien sûr, Dieu existe, je l’ai rencontré »

ou

se terminant par :

« J’avais rencontré le diable en personne »

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dieu,diable,ami,sang,nu,ver,main

 

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pixabay

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Le berger

Elle se faisait du mauvais sang. Beaucoup de mauvais sang. Adèle se complaisait depuis son enfance dans cet état second. Cela faisait partie de sa personnalité tapissée de viscosité mauve qui lui donnait l’impression d’être dans un bain d’argile.

Son ami, las de cette compagne grisâtre, avait fini par la lâcher pour reprendre sa vie de berger dans les Alpages. Là-haut il respirait à pleins poumons. Dans une nature luxuriante au mois d’avril. Les fleurs inondaient les prairies que Dieu avait magnifiées de sa palette chatoyante. Dieu ? Ou peut-être bien le diable… C’était trop beau, trop surnaturel : tout pour attirer le plus fieffé des mécréants.

Et puis ce berger, proche de l’innocence, portait maintenant dans son cœur la belle petite Héloïse, cuisinière et serveuse au refuge voisin accroché derrière le mamelon qui égayait l’horizon avec ses levers de soleil magiques. Elle lui était pratiquement tombée dans les bras un jour où, se croyant seul au monde, il se promenait nu comme un ver. On devine la suite.

Il lui avait alors demandé sa main.

Quand elle rentra au chalet, à la nuit tombante, en matière d’excuse elle bredouilla à son patron : « j’avais rencontré le diable en personne ! »

 

Mouty

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Dans le matin mauve, la charrette avançait lentement. La famille d’Oscar avait décidé de quitter les terres hostiles où rien ne poussent. Il avait pris sa femme, ses enfants et mis sur sa vieille charrette le peu d’objets qui lui restait encore. La main de l’homme n’avait pas réussi à domestiquer cette terre ingrate ; Il y avait pourtant sué sang et eau. Malgré son travail acharné et méticuleux, aucune récolte n’était venue.

En montant ici, sur les hauts comme on disait, il avait espéré gagner de nouvelles terres, offrir à sa famille un peu de confort et un air plus pur. Après trois ans d’efforts, sa femme avait perdu sa joie de vivre, ses enfants étaient plus chétifs qu’avant, lui était devenu rugueux et sec.

Ses parents et même son ami Pierre avaient essayé de le dissuader. Ils lui avaient : là-haut, ce n’est que cailloux et herbe sèche. Aujourd’hui, il se voyait arrivé à la ferme, plus pauvre qu’avant, nu comme un ver. Il avouerait à tous, que dans ces solitudes, il avait rencontré le diable en personne.

Claudie

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Marc, un ami d'enfance m'avait donné rendez-vous à vingt-deux heures. La nuit noire et glacée ne me donnait pas envie de sortir mais j'avais promis de le retrouver pour l'écouter, il avait besoin de présence. Je me suis donc décidée à revêtir ma cape mauve et à me lancer dans le froid. Je serais vite arrivée, il n'habitait pas loin.

         L'avenue longue et déserte était bien éclairée, j'avançais vite . Alors que je ralentissais en tournant dans sa petite rue , vers la caserne des pompiers, une main m'a happée au passage. J'ai tourné la tête et écarquillé les yeux en découvrant un homme nu comme un ver dont la bouche laissait goutter du sang telle celle d'un vampire. Elle s'agrippait à mon bras pour me tirer dans la caserne. Je me suis dégagée en hurlant, suis partie en courant avec l'impression que j'avais rencontré le diable en personne.

 

Marie

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Oui bien sûr, dieu existe, je l’ai rencontré et je le rencontre plusieurs fois par semaine. Monsieur Dieu, c’est le père de mon meilleur ami.

Il est concepteur de jeux vidéo. En plus, Comme il est très adroit de ses mains, pour se détendre, il fabrique des maquettes et quand je vais chez lui, je pourrais rester des heures à les regarder. Il a un grand garage et toute une partie est réservée à ses constructions ; Il y a quelques temps, mon copain m’a montré sa dernière création : un jardin extraordinaire, luxuriant, avec des végétaux si variés qu’on y trouve même un pommier dont on voit distinctement les petites pommes rouge sang. Tous les animaux de la création y figurent, jusqu’au serpent, et il y a même deux petites statuettes, un homme et une femme, nus comme un ver, comme s’ils venaient de naître, dont le visage reflète nettement le bonheur. Au dessus du jardin, il a construit une grande voûte, d’un beau bleu comme le ciel, avec quelques touches de mauve. C’est magnifique et quand on regarde ce jardin, on est envahi par une sensation de calme. Monsieur Dieu est vraiment doué car il n’a mis que sept jours pour faire cette maquette.

Malheureusement, il y a eu récemment une inondation dans le garage et le jardin a été détruit. Par précaution, il avait gardé des modèles de ses statuettes, -un couple de chaque espèce- qu’il avait rangés dans un petit bateau construit précédemment. C’est une chance, ce sera plus facile pour réaliser un autre jardin.

Quant à mon copain, c’est un vrai leader. Tout le monde l’écoute ; Dans notre groupe c’est lui le chef. Il n’a même pas besoin de commander, nous le suivons sans nous poser de question. Quelquefois, il a quand même de drôles d’idées ! Il dit : « si l’on te frappe sur une joue, tends l’autre » ou « pardonne à ceux qui t’ont fait du mal ». Les copains et moi avons du mal à faire ça. On n’est pas des saints ! En plus, il a une sorte de don. Quand l’un de nous se fait mal, il suffit qu’il nous touche pour que la douleur s’atténue. Il a un fluide magique, c’est sûr.

Nous sommes treize copains dans la bande et Luc et Matthieu sont très doués en français. Alors ils écrivent ce que nous pouvons appeler nos aventures. Ils disent que comme cela, nous n’oublierons rien, même quand nous serons grands.

En tout cas, c’est vraiment mon meilleur copain et l’autre jour je lui ai dit : « tu sais, moi je ne trahirai jamais ». Il m’a répondu : « en es-tu sûr, Pierre ? Tout peut arriver »….. N’importe quoi !

En y réfléchissant bien, je me dis que monsieur Dieu et son fils sont vraiment des gens pas comme les autres.

Gill

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mercredi, 19 février 2014

Trouvons l'inspiration dans le titre

Choisir un livre et relever la première phrase.

En 20 minutes écrire un texte commençant par cette phrase et ayant un rapport avec le titre du livre.

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Bel Ami  (Maupassant)

 

5 French centimes 1939wikimédia

 

Quand la caissière lui eut rendu la monnaie de sa pièce de cent sous, Georges Duroy sortit du restaurant.

   C’était sa dernière pièce. Tout ce qui restait de sa fortune, si conséquente pourtant autrefois. Autrefois ? Ca ne faisait pas si longtemps après tout ! Même s’il lui semblait qu’un demi-siècle s’était écoulé…depuis sa rencontre avec Lison.

 Pas rancunier pour deux sous, Georges sourit à l’évocation de ce nom tant chéri. Encore aujourd’hui. En dépit de tout…

Lison ! Un minois malicieux, des yeux noisette brillants de gaité sous une masse de cheveux blonds dont la frisure, serrée, ne devait rien au fer ! Et une bouche…à croquer ! Et une taille…à enlacer ! Et des jambes…interminables…à caresser…interminablement ! Et juste au bas du dos, ces deux petites fossettes, clignant de l’œil, mutines ! Et ce rire de clochettes ! Et cette voix, vestige de l’enfance, qui lui pénétrait le cœur comme un rayon de soleil lorsqu’elle prononçait ce délicieux : « Bel Ami, Bel Ami ». C’était le petit nom qu’elle lui avait donné dès le premier jour. Il l’avait tout de suite adoré.

    Evidemment, il se doutait bien que le « bel » était nettement exagéré, mais c’était tellement affectueux, tellement attendrissant !

     AH Lison ! Lison ! Avec ce geste bien à elle de glisser sa menotte, dans la poche de sa redingote, juste pour se réchauffer les doigts ! Avec sa façon désarmante de lui ébouriffer les  quelques cheveux qui lui restaient sur la tête, lorsqu’il  refusait-rarement- d’accéder à un caprice ! Ou encore quand elle venait se pelotonner, comme une chatte, sur ses genoux, pendant qu’il lisait son journal ! Les moments qu’il préférait, plus encore que ceux offerts par la passion ! Lison chérie !

     Seulement Lison chérie n’était pas, à proprement parler, disons…désintéressée. Elle avait certes beaucoup de qualités, mais pas celle-là. Aussi, à forces de bijoux, de parfums, de fourrures, de voyages et  de palaces, la fortune léguée par trois générations d’industrieux Duroy s’était évaporée, comme rosée du matin.

Il avait essayé de lui cacher la vérité, le plus longtemps possible jusqu’au jour où… rentrant d’une courte absence, il avait trouvé l’appartement vide, et l’oiseau de paradis envolé. Avec ses malles. Ne lui laissant que des souvenirs.

   Mais quels souvenirs ! Et Georges sourit.

Il sourit encore en déposant dans la main tendue d’un mendiant la monnaie rendue par la caissière.

 Voilà, il n’avait plus rien mais il ne se demanda pas pour autant ce qu’il allait faire, dans les minutes suivantes. Il trouverait bien. Il irait où le mèneraient ses pas. Peut-être vers la Seine. Peut-être ailleurs.

                             El Pé

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Le blé en herbe    (Colette)

blé vert.jpg

Photo : cc by-nc-nd www.Photo-Paysage.com

 

« Tu vas à la pêche Vinca ? » Ça m’agace, ça m’agace ! Je n’apprécie pas du tout cet humour censé me dérider. D’abord ce surnom ridicule, ensuite la pêche que je déteste et puis le « tu vas, point d’interrogation ». Aller où, clouée comme je le suis sur ce fauteuil, dans  cette horrible campagne où je n’ai rien d’autre à faire que de regarder pousser les blés. En effet, la fenêtre de mon boudoir donne sur le champ du métayer, le père Griot. En attendant ma guérison, j’aurai le temps de suivre toutes les étapes de cette culture jusqu’aux beaux épis blonds et vigoureux qui frémiront doucement sous le vent avant d’être coupés. Mais voilà que je me mets à avoir l’âme poétique en face de cette nature, je dois être en pleine dépression !

Je contemple avec désespoir ma jambe emprisonnée dans cette énorme gangue de plâtre, de l’aine aux orteils, pour trois mois au moins a dit, d’un air docte, l’éminent homme de la faculté. Pourra-t-on un jour inventer plus léger que cette horrible contention ? Malheureusement, aujourd’hui, à l’aube du XXème siècle, il n’y a pas d’autre choix. Mon os, rompu en deux endroits après une chute dans le grand escalier de l’Opéra a besoin de tout ce temps pour redevenir solide. Heureusement que cet accident s’est produit lorsque nous partions, j’ai au moins pu voir le magnifique spectacle du Lac des Cygnes ; ma soirée n’a pas été totalement perdue !

Mais j’ai dû quitter Paris car Edouard n’a pas voulu que je passe ma convalescence dans notre hôtel particulier, il a insisté pour que je m’installe dans notre folie de Touraine. « Au moins tu auras le parc pour te promener et je te rejoindrai à chaque fin de semaine » a-t-il dit.

En attendant, j’ai surtout les blés comme compagnie, les blés à perte de vue et j’ai beau broder, lire, écrire, je m’ennuie et je ne peux m’empêcher de rêver aux soirées, bals et fêtes qui se déroulent à Paris, sans moi.

Gill

                                                                         

 

Le désert des tartares  ( Dino Buzzati )

 

Fortlagardepratsdemollo

wikimédia

 

Ce fut un matin de septembre

Ce fut un matin de septembre que Giovanni Drogo, qui venait d’être promu officier, quitta la ville pour se rendre au fort Bastiani, sa première affectation.

Il ajusta son col et sa cravate, joignit ses talons et se mira dans la psyché du corridor, le képi sous le bras, posé par la suite sur sa tête redressée comme une médaille olympique. Visiblement, il était satisfait de l’image renvoyée par son miroir. Il avait fière allure. Avant de partir, il alla glaner les compliments de sa grand-mère, veuve d’un ex officier. La lueur d’admiration qu’il vit dans ses yeux lui mit un tel baume au cœur qu’il tourna les talons en les claquant et partit allègrement au pas cadencé.

Il monta dans la berline - avec chauffeur bien sûr - et s’appuya avec délice sur le dossier capitonné.

En route pour le fort Bastiani. Perché sur un piton vertigineux, celui-ci dominait des lieues de croupes et de vallons, à deux heures de toute habitation, donc de vie humaine. Un chemin aussi cahoteux devait bien mener au paradis. Il arriva devant le pont-levis où le guetteur de service le salua cérémonieusement. La berline passa sous la herse pour entrer dans une cour plutôt inhospitalière. Pierres sombres : le médiéval n’est pas toujours très gai. Grisaille du ciel au-dessus.

Giovanni Drogo fut conduit par un aide de camp vers le mess des officiers dans lequel était attablée une vingtaine d’hommes. Plutôt calmes ces militaires : c’était l’élite. Un salut officiel et Giovanni fut invité à prendre place. Le reps ne pouvait encore être servi, le fourgon de livraison des aliments de base étant tombé en panne à une dizaine de kilomètres. Le réfrigérateur ne contenait pas grand-chose. Quant au congélateur, c’était le néant dans l’attente de l’approvisionnement mensuel : tout était épuisé, y compris le rayon steaks. Le cuisinier s’écria : Rien et moins que rien ! C’est le désert des tartares !

Mouty

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