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mardi, 03 décembre 2013

Une seule scène, plusieurs récits

 


DRAME DE LA JALOUSIE

Après une partie de chasse, en rentrant chez lui un homme trouve sa femme avec son amant. Il tire sur ce dernier et le blesse très sérieusement.

Après avoir tiré au sort un personnage,

en 20 minutes, racontez cette scène par la bouche de ce personnage

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freepik

 

 

Non Monsieur l’Inspecteur ! Non, je vous assure que nous ne faisions rien de mal ! Vous imaginez ! Avec Maurice ! Que je connais depuis vingt ans ! L’ami d’enfance de mon époux ! Le parrain de mon fils ! Il faut vraiment avoir l’esprit tordu pour aller chercher des trucs pareils !

       Il était venu afin de changer le pommeau de la douche. Vous me direz, avec raison : « Normalement, cette tâche incombe à l’homme de la maison… ». Ce n’est certes pas moi qui vous contredirais, seulement voyez-vous, l’homme de la maison, au lieu de bricoler le dimanche chez lui comme tout le monde, préfère partir à la chasse pour toute la journée. Enfin bref, je téléphone à Maurice, en lui faisant part du problème. Il arrive cinq minutes plus tard et bien gentiment effectue la réparation. Mieux qu’un professionnel, pour sûr ;

« -Si tu veux bien, je vais tout de même essayer ton installation » que je lui fais.

Il est tout de suite d’accord et me propose d’essayer lui aussi, parce que, dit-il, deux avis valent mieux qu’un. Evidemment, avant d’entrer dans la douche, nous avons ôté nos vêtements. Quoi de plus naturel en somme ; vous auriez fait pareil.

C’est à ce moment là que les évènements se sont précipités. En mettant un pied sur le bac à douche j’ai glissé, Maurice m’a retenue dans ses bras pour m’empêcher de tomber et à cette seconde même, la porte s’est ouverte violemment sur mon mari fonçant comme un taureau furieux et saoul comme une vache, sauf votre respect Monsieur l’Inspecteur. Parce que la vérité vraie, c’est que ses soi-disant parties de chasse, c’est surtout l’occasion de bonnes cuites dominicales. La preuve, à part ça, il ne ramène jamais rien.

   Nous surprenant dans notre position innocente, son esprit malade a conçu le pire et aussitôt…Pan, pan, pan, le voilà qui se met à tirer de tous côtés comme un dément, ne nous laissant pas même le temps d’ouvrir la bouche. Maurice, n’écoutant que son courage, me fait un rempart de son corps, ce qui lui vaut d’être blessé (grâce à Dieu fort légèrement), au bas du dos. Oui grâce à Dieu ! Heureusement que le fusil était chargé aux petits plombs, pour les cailles ! Parce que, si cela avait été de la chevrotine…

                                                                                                El Pé (la femme)

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VracImages

 

 

Le camion du Samu file à toute vitesse sur la route de campagne ;  un blessé par balle , urgent !!!!! Et en plus le lieu dit très mal localisé : une ferme loin de toute civilisation urbaine.

- « Restons  en ligne avec la personne qui nous  guide ; ça  y est ,  je crois apercevoir la  ferme » dit le médecin .

Prenant sa sacoche il se dirige rapidement vers la porte d’entrée , mais au moment où il la pousse , il se trouve nez à nez avec le canon d’un fusil braqué sur sa poitrine . « Hé là , doucement , que se passe-t-il  ici. » Son regard fait rapidement le tour de la pièce puis s’arrête sur une forme allongée faisant entendre de faibles gémissements ; repoussant le canon , il se précipite vers la forme sous laquelle un liquide rouge forme une large flaque  ,un blessé  semblant fort mal en point  mais pouvant  tout de même, en l’invectivant , désigner l’homme au fusil .

- «  C’est lui le criminel , il a voulu me descendre, regardez, mais regardez-moi ça, je me vide de tout mon sang , je suis mort, arrêtez-le,  vite. »  Le mis en cause ne se trouble nullement , toujours brandissant son arme , éructant,  fou de rage ,  se sentant doublement outragé, réplique vertement : 

- «  Mais docteur , il profitait de mon absence pour me tromper avec ma femme , ce moins que rien ;  me faire ça, à moi , un ami de plus de vingt ans , regardez comment je les ai trouvés  tous les deux , ces minables. »  Le médecin se rends compte  alors  de la présence d’une autre personne ratatinée et toute tremblante , à moitié dévêtue dans un coin de la pièce , une femme, le visage caché dans ses mains.  Elle sanglote bruyamment.   

- « Je vais m’occuper de vous après Madame ;  calmez-vous, vous ne risquez plus rien, je suis là. »  Se tournant vers le blessé, il l’examine, se rendant compte des dégâts causés par les plombs.

- «  bon ça ne m’a pas l’air trop grave, vous l’avez échappé belle , mais je dois vous hospitaliser car je n’ai pas ce qu’il faut dans cette trousse pour enlever tous ces plombs sur place , vous règlerez vos différents plus tard ; voyons vous n’avez aucune blessure Madame ? 

- Non , non , docteur .

- Alors relevez-vous et  allez vous rhabiller s’il vous plait, je vous prescris un calmant à prendre ce soir »  puis se tournant vers le chasseur :

«  Quand à vous Monsieur donnez-moi cette arme,  ça suffit  pour  aujourd’hui, d’ailleurs je vous la confisque  pour l’instant. »

Se débattant comme un beau diable , celui-ci finit par céder en maugréant.

« Allez ;  on peut à présent  embarquer  le blessé. »

Rina (le médecin)

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VracImages

 

 

Mauvais plan

Sur le chemin du retour, je pense à cette partie de chasse et je me dis –déformation professionnelle oblige- qu’il n’y a rien à en dire ; pas le moindre petit papier à faire ; aucun fait divers à raconter ; pas de chien pris pour un sanglier, pas de balle perdue, rien qui puisse faire un article digne de ce nom. Une chasse ordinaire, quoi. En arrivant chez moi, pas un bruit, une ambiance de calme et de détente, peut-être le calme qui précède la tempête.

C’est alors qu’en entrant dans le salon s’offre à mes yeux cette scène : volets baissés, musique douce, deux verres en cristal à moitié vides sur la table basse, couple enlacé sur le canapé, mon épouse adorée abandonnée dans les bras infâmes de mon ami Gilbert, chroniqueur vedette du journal et familier de la maison depuis de nombreuses années. On le comprendra, je vois rouge, lève mon fusil, vise et tire sur Gilbert qui ‘écroule.

Tandis que ma femme s’enfuit en hurlant, je m’approche du blessé qui gît à terre et me fixe d’un regard interrogateur : « Mais qu’est-ce-que tu ?.... ». Une flaque de sang s’élargit autour de lui. « Zut, je crois que je t’ai blessé plus que je ne devais le faire ; j’ai mal visé, cela ne devait pas se passer ainsi, nous avons mal répété. Tu ne devais pas être dans cette position mais plus à gauche sur le canapé pour que ma balle atteigne le haut de ton bras, provoquant une simple éraflure. Tu devais être très légèrement blessé, évidemment ne pas porter plainte, étant très compréhensif pour mon coup de colère et je pouvais alors l’accuser, elle, d’adultère, divorcer sans problème et récupérer pas mal de fric dans l’histoire. Ce n’est pas ce que je devais te donner pour ce service qui aurait beaucoup amputé mes gains. Mais maintenant tu as l’air vraiment mal en point et l’enquête sera très sérieuse ; d’ici que les flics découvrent notre accord, il n’y a pas loin. Peut-être que je devrais te faire taire complètement. Au point où j’en suis, c‘ est la meilleure solution. Cela passera pour un crime passionnel »

Alors je lève mon fusil et m’apprête à tirer quand soudain, j’ai l’impression d’une présence derrière moi. Faisant volte-face, je la vois, elle, un gros cendrier dans ses mains levées, et puis j’ai l’impression que ma tête éclate et puis…….plus rien.

Gill (le journaliste)

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dinosoria.com

 

 

La nuit est chaude. « Supercaliente » à tous points de vue. Pierre serre Adeline dans ses bras en comptant les étoiles par la fenêtre grande ouverte. Jean - le grand absent - n’est pas rentré de sa journée de chasse. Adeline est tranquille : ce type de sortie avec les copains se termine toujours par un repas pantagruélique bien arrosé qui se prolonge jusqu’au petit matin.

Soudain, un crissement de pneus sur l’allée gravillonnée. Claquement de portière. Des pas gravissent le perron avant que Pierre ait eu le temps de bouger. Irruption de Jean dans la chambre, canon pointé sur le lit. Coup de feu et plus rien.

Pierre se réveille avec peine sur son lit d’hôpital, torse bandé, un pansement sur l’œil gauche. Deux agents de police sont plantés devant lui. Il est HS mais il doit raconter : traditionnelle déposition…

« J’ai du mal à me souvenir. Je revois la scène en grisaille. Adeline m’avait fait part de l’absence de Jean, me demandant si ce jour-là, faute de moyen de locomotion, je pourrais la conduire en ville pour diverses urgences. Je suis arrivé sur le coup de quinze heures. Nous avons fait le tour du potager pour des conseils de jardinage. Nous avons ramassé quelques légumes, puis nous avons pris un café sur la terrasse. Là, le temps est devenu menaçant et a tourné vite à l’orage. Notre sortie a donc été reportée. Nous avons passé la soirée ensemble. Adeline, effrayée par les grondements, s’est jetée dans mes bras quand la foudre est tombée sur le paratonnerre. Les éclairs inondaient les alentours de flambées intempestives. Pourquoi me suis-je retrouvé dans son lit ? Pierre est si gentil que, délibérément, je ne lui aurais jamais fait un coup pareil ! Et pourtant j’ai été noyé dans la chaleur du corps et des caresses… Et soudain : Pierre ! Le coup de feu ! Et puis plus rien… »

Mouty  (l'amant)

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lundi, 20 mai 2013

Quand la fiction nous obsède

 

Sur le papier qui vous a été remis vous notez un lieu, une saison, un ou des personnages, la situation dans laquelle ils se trouvent, un objet, un animal et enfin une courte phrase.

Tout cela peut être du réel ou de la fiction pour laquelle les idées les plus fantaisistes, voire incongrues sont admises.

Vous passez votre papier à votre voisin de gauche qui va se faire un plaisir d’écrire un texte issu de la réalité ou de la folie douce en 30 minutes chrono, en faisant intervenir tous les éléments indiqués et en employant la phrase donnée.

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                                    by Sam Fentress     

 

 

VIREE EN ECOSSE


 Marie-José serrait fiévreusement son sac à main dans lequel elle avait méticuleusement rangé son billet d’avion pour Edimbourg.

Quand elle quitta la cabine, elle fut immédiatement enveloppée puis transpercée par une brume grise et froide. Elle ne fut pas surprise car c’est ainsi qu’elle avait imaginé l’Ecosse : extérieur réfrigérant et intérieurs chaleureux aux habitants vous accueillant comme des amis de longue date.

Le givre matinal commençait à s’accrocher sur la lisière des feuilles ocres qui ornaient encore quelques branchages. Marie-José avait choisi l’automne pour être loin des flux touristiques qui auraient parasité ses expéditions dans la nature. Paysage inquiétant, comme elle l’avait souhaité. Ecrivain à ses heures, venues en touriste, elle recherchait une ambiance et divers éléments pour son prochain polar.

Après une première soirée transformée en cocon bruyant par la famille chargée de son hébergement, elle passa une nuit douillettement blottie sous la couette, ne se souvenant plus de ses rêves ou de ses cauchemars à son réveil.

Réveil à l’aube pour arpenter en voiture et à pied ce pays chargé de mystères.

La lande écossaise lui rappelait fortement la lande bretonne. Quelques kilomètres dans la froidure la conditionnèrent pour toutes rencontres. Aussi ne s’étonna-t-elle pas de tomber sur un feu de camp près duquel officiaient deux sorcières. Allure de braves vieilles femmes vêtues de loques, ridées et basanées, au regard transperçant. Marie-José ne put supporter ces yeux de braise, lacérant son extérieur et son intérieur. Elle salua ces magiciennes sorties d’un autre monde, qui lui indiquèrent le chemin pour rejoindre le Loch Ness. C’était jour de Sabbat, il ne fallait pas les déranger davantage.

Marie-José s’engagea sur la sente rocailleuse suggérée par les sorcières, soucieuse d’avoir pris la bonne voie. Elle sortit son téléphone portable et appela le gite près duquel elle avait laissé sa voiture. Mais elle ne put capter aucun réseau. Elle était seule, dans une nature inhospitalière où l’on ne distinguait pas l’horizon. « Le brouillard envahissait la lande quand retentit un hurlement sinistre » qui la figea. Elle avisa un cairn à la croisée des sentiers qui lui fit penser qu’elle était sur le bon chemin. Puis un autre, ce qui la rassura. Cependant, elle continua d’avancer avec prudence. Un hurlement plus intense et glacial s’éleva de derrière les roches postées à une centaine de mètres. Marie-José, sur le qui-vive, avança à pas de loup et découvrit, stupéfaite, Nessie la légendaire, émergeant du lac noirâtre.

Ça y est, Marie-José possédait la trame de son futur polar.

 

Mouty

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Moulindebagnolswikimédia

 

 

 Depuis longtemps , Marie avait un fantasme très fort , amener Louis son amant, à passer une soirée dans ce lieu très mystique et spécial qu'est le Moulin de laPlantade , le vieux Moulin Cardier ,sur l'ORB , dans le jardin de la Plantade  dont Louis est l'un des gardiens , mais le problème pour Marie c'était récupérer les clefs et en faire un double , Louis, à cheval sur les principes, ne laissait jamais trainer ces fameuses clefs ; mais Marie réussit par miracle , un soird'hiveroù son amant avait la tête dans les comptes , à les lui chiper, fit rapidement un double et là , l'esprit tranquille, elle put préparer son projet .

Elle eut tout le temps, dans une folle excitation , après maintes allées et venues , transportant ce qu'il lui fallait pour la décoration  de la soirée dont elle rêvait depuis tant de jours , et là, elle y était la super soirée ; à présent elle allait prévenir Louis, souhaitant qu'il accepte, sans poser de questions ,de la suivre ; elle lui demanda de se faire beau, pour une surprise qu'elle avait prévue et  organiseé ce soir en son honneur . Louis ouvrit de grands yeux, haussa un sourcil , mais ne dit rien ; aussi, quand elle arriva le visage illuminé de joie , il la suivit, plein de curiosité ; voyant le chemin ou Marie se dirigeait , il eut un geste de recul , mais l'excitation commençant à le gagner , il laissa Marie ouvrir la porte grinçante du Moulin ; il ne pensait plus ; médusé, il écarquillait les yeux , voyant le petit poêle à bois rougeoyant apporter une douce chaleur dans la pièce , le prenant par la main , les deux amants avancèrent  vers un lit de fortune fait d'épaisses couvertures et  de coussins recouverts de fourrure ; Louis fit un pas, regardant Marie , mais elle lui chuchota à l'oreille !!!!!!, non après , réchauffons-nous d'abord avec un bon café ; et Marie, ravie , joua à la Meunière, servant Louis  entre deux baisers .

De plus en plus pris par leur jeu , ils ne virent pas la chauve souris  énorme pendue, griffes crochetées  aux aspérités du haut plafond , Marie aurait hurlé,  elle avait une peur bleue  de ces bestioles ; installés, serrés l'un contre l'autre, prenant leur café, tout a leur bonheur , ils durent reprendre leurs esprits , entendant un bruit assourdissant au-dessus de leur tête , il levèrent les yeux et virent avec effroi le monstre fondre sur eux ;le cauchemar !!!!!  Se jetant à terre, ils n'eurent que le temps de s'enfouir sous les couvertures , n'osant plus bouger , espérant que la chauve souris repartirait tout en haut se rendormir ; jetant un œil , Louis, ne voyant plus rien , pris Marie par le bras et  la tira vers la porte  en faisant le moins de bruit possible , puis le visage fermé, l'œil sombre, il regarda Marie , lui demandant si elle réalisait à ce qu'elle avait échappé , et d'une toute petite voix , levant les yeux timidement vers Louis , Marie répondit : «  jamais je nereviendrai dans un lieu aussi maléfique ».

Rina

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