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jeudi, 23 mars 2017

Quel Au-delà?

En 30 minutes, écrire un texte sur le sujet :

Si l’au-delà existait, pour vous que serait-il ?

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Un de nos jeune lecteurs, Mark, a été inspiré par notre consigne et c'est avec plaisir que nous vous invitons à découvrir son texte.

 

patient sur lit.jpg

 

PEETAYABLE,

VIENS

 

Une nouvelle de Mark K.

 

    Je me réveille, puis je vois que je suis allongé sur un lit d’hôpital. Mais soudain, j’ai du mal à respirer. J’entends le son continu émis par la machine qui indique mon pouls, ce qui veut dire que mon cœur a cessé de battre. Je pousse un long souffle, je sais que tout est fini, et tout disparait.

      Je suis à présent de nouveau allongé, mais sur un sol à la fois dur et tendre. Je ne sais pas comment, mais je me trouve dans une position assez confortable, très confortable même. Je peux, si je le veux, rester en cette position pendant des heures, des jours, des années peut-être … mais je décide d’ouvrir les yeux. Je vois que je me trouve dans un endroit familier, je le sais, mais je n’arrive pas à le reconnaître. En tout cas, il est doté d’étranges modifications. Il n’y a que la tendre herbe du printemps et les arbres autour. Soudain, une révélation m’apparait. Je reconnais la clairière. Ma clairière. Je m’y étais souvent rendu quand j’étais encore un enfant. Les balançoires, les bancs et les constructions alentour ont pourtant disparu. Il n’y a cependant aucune couleur, aucune ombre, ni aucune nuance. Tout est d’un blanc si éblouissant que j’ai difficulté à voir le contour des arbres et de l’herbe. Je me rends compte que je n’ai plus mes lunettes de vue et que je vois parfaitement de mes propres yeux. J’essaye de comprendre ce qui se passe quand je vois que je porte une vieille robe miteuse. La première chose que je remarque, c’est qu’elle ne me va pas du tout. Malgré mon agréable position, je décide de me lever afin de regarder ce qu’il y avait derrière moi. En me levant, je remarque que je n’ai éprouvé aucune difficulté à exécuter ce mouvement contrairement au moment où je me trouvais à l’hôpital. Derrière moi se tient une jeune femme, une très charmante jeune femme, je la reconnais tout de suite : c’est Marie, ma fille.

      Marie se tient droite, ses longs cheveux auburn ondulant sur ses magnifiques vêtements d’un goût exquis. Je vois qu’une rose blanche est posée dans ses cheveux, elle est magnifique et semble être en tellement bonne santé qu’on aurait cru qu’elle ne fanerait jamais. Mais un détail m’intrigue beaucoup :

-  Mais … tu es morte !

-  Papa … répondit Marie d’un ton calme

-  Alors … ça veut dire que moi aussi, je suis mort ?!

Marie ne répond pas. Elle se contente d’esquisser un léger sourire. Mais j’interromps le silence :

-  Mais … qu’est-ce que je dois faire ? Où suis-je ?

-  C’est une bonne question. D’après toi, où sommes-nous ?

Eh bien … on est dans la clairière où j’étais quand j’étais petit, mais pourquoi ? Tout est blanc, il n’y a que la nature, il n’y a aucune construction.

Je suis tellement désappointé que j’ai la grande maladresse de lui dire :

-  Explique-moi comment tu as fait ça !

Ce n’est pas moi qui ai fait tout ça. On ne se situe pas réellement au milieu de la clairière en ce moment même. On est là-haut. Là où tu sais. Nous sommes tous deux au paradis.

J’ai comme l’impression que le silence s’amplifie à une vitesse effrayante. Je crois que je suis resté bouche bée, mais qu’importe, mon grand bouleversement ne peut y remédier de toutes façons.

« Ce n’est pas possible … non … tout cela n’est pas réel, c’est sûrement un rêve que je suis en train de faire … » marmonnai-je.

Je ne peux pas croire à une telle chose, cela peut paraître bête, mais l’idée d’y penser m’effraie.

- Tu es morte ! Tu ne peux pas te tenir comme ça devant moi ! Et pourquoi moi je suis soi-disant mort si là je suis vivant ?! criai-je

- Je suis morte, oui. Toi aussi tu es mort à présent. Le paradis est réel, je t’assure. La seule chose fausse, c’est que les catholiques pensent que Dieu nous fait passer le jugement dernier avant de connaître notre destination. Comme tu le vois, tu es allé directement au paradis. C’est la même chose pour ceux qui sont allés en enfer, si néanmoins il existe. Il y a une rumeur qui circule parmi les gens d’ici, ils pensent que les gens qui sont censés aller en enfer ne bénéficient peut-être pas d’une seconde vie éternelle comme celle qu’on a. C'est-à-dire que dès qu’ils meurent, ils ne réapparaissent pas comme toi dans un autre endroit, c’est qu’ils ne sont plus rien, ils ne voient plus rien, ne sentent plus rien. Mais tu as la chance d’être venu au paradis, et cela ne m’étonne pas.

Je suis littéralement figé. Cette nouvelle me rend très heureux, tout joyeux. Et dire qu’il y a seulement quelques secondes, j’étais effrayé, pris de panique.

- C’est merveilleux ! Le paradis … il existe vraiment ! C’est fantastique ! Mais dis-donc ! Pourquoi as-tu de magnifiques vêtements, tandis que moi je porte une robe miteuse ?

- Il suffit de penser … de vouloir … me répond Marie

Qu’est-ce que Marie veut-elle dire par là ? Que veut-elle dire par penser ou vouloir ? Penser ? Comment faut-il le penser ? Qu’est-ce qu’il faut penser ? Cependant, le vouloir parait beaucoup plus facile que de le penser. Alors je dis ces mots dans ma tête :

« Je veux de beaux vêtements. »

Pourtant, rien n’apparait, aucun changement, j’ai toujours ma robe ridicule sur moi. Je jette un coup d’œil derrière moi, aucun vêtement en vue sur le sol. Je me demande alors comment faut-il le vouloir … je n’ai peut-être pas été assez poli ou précis. Je pense qu’il faut que je visualise les vêtements dans ma tête, je vais commencer par le haut. Le chapeau … j’aimerais avoir un béret noir surmonté d’un pompon blanc. Le haut … peut-être qu’une chemise blanche en lin à manches courtes m’irait bien, je n’en doute pas. Ensuite je porterai un jean et pour les chaussures … je pense que des mocassins d’un bleu pâle seraient une merveille ! Alors je visualise l’ensemble sur moi pour voir ce que cela donne. Soudainement, ma robe miteuse est remplacée par une chemise blanche en lin avec des manches courtes, par un jean et par des mocassins d’un bleu pâle, sans oublier mon joli béret noir avec un pompon blanc.

- C’est vraiment fantastique ! m’exclamai-je

- Ah … Il ne te manque plus que les lunettes ! répond Marie avec un petit gloussement

- Oh tu sais … Il est temps que je change d’apparence, je pense que mon visage sans lunettes n’est pas si terrible tout de même, il faudrait que je me voie !

Mais je me rends compte que je n’avais pas de miroir à portée. Alors je demande dans ma tête :

« Je souhaiterais avoir un petit miroir de poche et pratique. »

Alors un petit miroir apparait sur le sol à mes pieds. Il semble léger. Le contour du miroir est blanc, sûrement de l’argent mais extrêmement blanchi. Il est orné de pierres précieuses de toutes les couleurs, il y a de l’or, du Rubis, il y a également du diamant d’un bleu marin accompagné de quelques saphirs d’une exquise couleur violette, et pour finir de l’émeraude d’un vert printanier. C’était exactement le miroir que je rêvais d’avoir durant ma vie entière ! Il est luxueux et pratique. Alors je me regarde, je contemple mon visage sans lunettes.

« Oh ! Ça va ! Je ne suis pas si terrible que ça sans mes lunettes ! »

Je vois que Marie est en train de glousser. Se moque-t-elle de ma réaction ? Je lui jette un regard sceptique.

      Soudain, le décor change de couleur, le blanc éblouissant se transforme en un rouge de sang. J’entends également un son d’alarme, tel le son du réveil qui me met debout chaque matin. Je ne sais pas pourquoi la clairière blanche est devenue rouge, mais ce changement m’inquiète fortement.

« Que se passe-t-il ? » demandai-je

Marie ne me répond pas. Elle semble tout aussi tourmentée que moi. Son visage parait si apeuré qu’on aurait cru que son sang s’est glacé.

- Il faut vite que tu fasses ton choix ! s’exclame-t-elle

- Comment ?!

- Le décor est devenu rouge ! Le son d’alarme ! Tu dois faire le choix ultime pour ta deuxième vie !

Je remarque que la clairière rétrécit. J’essaye de courir, tentant de fuir ce rapetissement progressif, en vain, Marie me retient par les épaules. La clairière se découpe en un cercle parfait, et je me trouve au milieu de ce cercle.

- Explique-moi ! criai-je

- Pour le reste de ta vie éternelle, souhaites-tu qu’elle se déroule au paradis, avec les personnes qui te sont les plus chères, ou bien que tu deviennes un fantôme et que tu regardes les vivants ainsi que l’évolution du monde ?

J’entame un long moment de réflexion, je songe aux avantages et aux inconvénients de chaque possibilité. Tandis que le cercle se resserre, mes pensées se développent et se troublent à la fois. C’est à me rendre fou. Marie essaye de me parler, seulement, je ne saisis pas un mot de ce qu’elle dit. Mais elle est projetée en arrière et tombe hors de la clairière, dans le vide.

« Marie ! » ai-je crié de toutes mes forces

La rose blanche dans ses cheveux a été ôtée par la force de la projection, elle est éjectée et se fond dans le vide, partie définitivement. Pourquoi Marie a-t-elle été repoussée hors du cercle ?  Une réponse que je n’obtiendrai peut-être jamais.

      Le volume de l’alarme s’amplifie. Je dois faire mon choix, je le sais. Vivre à jamais ou bien devenir un fantôme ? Le choix m’est impossible. Je veux voir mes amis et ma famille en vie sur Terre, je ne pourrais pas passer une journée sans eux. Je veux devenir un fantôme, c’est décidé ! Mais je n’ai pas songé aux inconvénients. Je ne pourrai pas leur parler. Je ne pourrai pas les toucher. Et par-dessus tout, je ne pourrai pas les rejoindre au paradis quand ils seront morts, ils ne seront plus là. Finalement, je conclus que ma vie se déroulera au paradis. Certes, je ne pourrai pas les voir pendant un temps indéterminé. Je vais devoir faire preuve de patience. Mais pendant combien de temps ne pourrai-je pas les voir ? Des mois ? Des années ? Des décennies ?

      Le son de l’alarme me ramène à la réalité. Le rayon du cercle ne mesure plus que deux mètres. Terrifié, je crie :

« Vite ! Je veux vivre au paradis ! »

Seulement, rien ne change, rien ne se passe. Je rajoute ridiculement :

« S’il-vous-plaît ! »

Aucune réponse. Pourtant, je l’ai bien voulu, et poliment. Ils n’ont même pas le culot de me ramener au paradis ? Toutefois, je me rappelle que Marie m’avait dit :

« Il suffit de penser … de vouloir … »

      Je suis le milieu d’un cercle de rayon un mètre quand je comprends enfin ce que je dois faire. Mais l’alarme résonne tellement fort que je fais un début de migraine. Mes tympans sont percés et ma tête me fait souffrir. Il ne reste plus qu’une chose à faire. Si je tombe dans le vide, je serai un fantôme à jamais.

      Il faut que j’imagine ma deuxième vie. Je suis sur les nuages, auprès de Marie. Le bonheur, la satisfaction d’avoir fait le bon choix, la douceur et la saveur de cette vie seront présents même dans les temps les plus sombres. Mes pieds sont au bord du vide tandis que je suis élevé en l’air. Je me trouve comme au milieu d’une tornade. Je vole au cœur de cette tempête.  Le ciel pourpre se transforme en un vide bleuté dans lequel je suis projeté, puis tout disparait à nouveau.

      Je demeure tout à coup debout sur le sol. Je suis à deux doigts de tomber, mais je me rattrape à temps sur quelqu’un. Ce dernier pousse un petit cri puis s’écrie avec stupeur :

« Faites attention avant de vous appuyer sur une personne ! »

Marie me regarde d’un air abruti, avant de me reconnaitre et de s’excuser aussitôt.

- Tu as finalement choisi de vivre au paradis ? déclare-t-elle avec une certaine gêne

- Oui, mais j’ai failli devenir un fantôme et tomber dans le vide

Un spectre apparait devant moi, il émet un petit bruit puis déclare :

« Bonjour et bienvenue au sein du domaine des morts, dans le ciel serein, à l’Elysée céleste : le paradis. Je suis votre guide, vous allez découvrir ce somptueux monde avec moi. Je vais tout d’abord vous montrer votre maison. »

Marie prend ma main et dit au spectre :

« Amène-nous. »

      Nous sommes aussitôt transférés par téléportation. J’ai soudainement la tête qui tourne, je manque de vomir sur les souliers de Marie. Pour la première fois, je peux quand même vomir avec dignité, mais je me retiens. Nous nous trouvons dans un charmant paysage, sûrement dans un « beau-quartier ». Ma maison parait grande. Elle est entièrement blanche, comme la clairière où je me suis retrouvé auparavant. La demeure est entourée d’un jardin avec des plantes colorées, beaucoup de fleurs et un champ de roses blanches. Ces roses me frappent particulièrement, ce sont les mêmes que celle que Marie portait dans ses cheveux. J’éprouve une grande satisfaction, puis dis :

« Ensuite ? »

Le spectre commence alors son récit, il présente d’abord les jardins, les voisins, le quartier puis il précise que la nourriture est universelle, qu’il suffit de penser, de vouloir le plat pour l’avoir en main. Il présente ensuite les bâtiments dans lesquels nous pouvons apprendre ou améliorer nos pouvoirs que les vivants n’ont pas, comme la téléportation ou la demande par la pensée. Je trouve cela vraiment ingénieux, bien que je n’aie jamais assisté à une leçon. Lorsque le spectre termine ses descriptions, il finit par dire :

- Je suis disponible à tout moment, si vous ressentez le moindre besoin de ma présence, appelez-moi en disant « Peetayable, viens » et je viens vers vous instantanément.

- Merci beaucoup Peetayable, je réponds

- Au revoir, monsieur Patrice.

Le spectre disparait aussitôt en se fondant avec la couleur du paysage. Je trouve le nom du spectre vraiment amusant, même ridicule. Il n’est même pas fichu d’avoir un nom décent, son nom est même pitoyable. Je me mets à ricaner silencieusement. Je ris pendant un bon moment avant de prendre la main de Marie. Nous marchons ensemble au loin, je viens de quitter la vie, même si elle est réapparue différemment.

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Post Mortem

Oui, oui, c’est bien comme on le raconte. Au début du moins. D’abord, je veux dire juste après le grand soupir et le noir, il y a eu cette montée à toute vitesse  jusqu’au plafond du bloc opératoire, et tous ces gens s’agitant en bas, autour de ce qui me semblait bien être mon corps, mais en bien plus mauvais état que la dernière fois que je l’avais aperçu, c’est-à-dire deux secondes avant l’accident. « Ah bon, je suis morte alors ? ». Mais pas le temps de m’apitoyer sur mon sort. Re-noir, puis, aussitôt, arrivée dans ce qui paraissait bien être un gigantesque hall d’aéroport, avec des guichets, à perte de vue, tout au fond. Et d’interminables files d’attente devant.

       «_ On en a pour longtemps ? » demandai-je au mec qui me précédait, un superbe hindou surmonté d’un non moins superbe turban bleu.

- Cela dépend des files. Certaines avancent dans la journée, d’autres pas. Moi, en temps terrestre, ça fait à peu près quatre-vingts ans que je suis là.

-Quatre-vingts ans !! Ouh, ça fait long !!

-Qu’’est-ce-que ça peut bien faire ? De toute façon, on a l’éternité devant nous, hein ? Et puis, finalement, je ne suis pas tellement pressé de connaitre le verdict…

-Le verdict ?  Ah oui, vous voulez dire le jugement ?

-Ouais. Vous savez, les mots varient selon les cultures.

-Dites-donc, vous avez l’air d’en connaitre un rayon ! Alors, en gros, ça se passe comment ?

-Hé bien, en arrivant devant l’ange, celui qui est derrière le guichet (ouais, c’est un ange, même s’il est en costard-cravate), vous allez remplir un tas de formulaires, de questionnaires, tout ça quoi, qu’un ordi va tout de suite analyser ; et de là, vous serez dirigée vers une des milliers de salles d’attente.

-Encore attendre ! Et ensuite ?

-Ensuite, une commission va statuer sur votre cas.

-Une commission. Composée de ?

-D’archanges, de prophètes de toutes les religions, de philosophes et même de quelques leaders politiques, je me demande bien pourquoi, d’ailleurs… et puis à la fin du débat, c’est le président qui décidera de votre sort en première instance. La décision finale revenant à Saint Pierre ou quelque soit le nom qu’on lui donne. Pour moi, je suppose que ce sera Vishnou…

-Et alors, et alors ?

-Hé bien, comme vous ne l’ignorez pas, l’Enfer, n’est-ce-pas, étant les Autres, soit vous faites le circuit en boucles, pour l’Eternité, soit vous revenez dans les files d’attente pour une période déterminée : c’est le Purgatoire, soit vous allez directement au Paradis…

-Au Paradis !!! Mais, attendez un peu, comment vous savez tout ça, vous ?

-Le mec devant moi, là, dans la file, il a écopé de six mille ans de Purgatoire, une broutille, quoi ! C’est lui qui m’a rencardé.

-Ben dîtes-donc !  Alors, vous disiez que le Paradis  existe vraiment ? Pas croyable !

-Je veux, oui ; Là-bas, on choisit sans cesse ce que l’on souhaite faire : revivre les meilleurs moments de sa vie,  rencontrer aussi les gens que l’on aime ou…

-Vous voulez dire que je pourrai revivre mon enfance …ou mes premières surprise-parties… et, quand ça me chante, aller tailler une bavette avec Mozart, Louise Michel ou Coluche, ou encore…

-Exactement. Mais dis donc, tu t’attendais à quoi, toi ?*

-Moi ? Oh, à …rien.

 

          El Pé

 

*Oui, bien sûr, le ton est devenu de plus en plus familier au cours de l’entretien, normal, non ? Comme disait Boris Vian : « Ce n’est pas une raison parce qu’on est mort.. »

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jeudi, 10 novembre 2011

Nous donnons l'alarme.......

 


 Notre 1ère consigne du 7 novembre 2011

 

        Ecrivez un texte commençant par la phrase

          " nous donnons l'alarme avec des cris d'oiseaux"

        et finissant par la phrase

          " l'imaginaire fait le reste"

     ayant pour thème:                    

          "LA MALEDICTION"


 

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la malédiction selon Rina

 

 

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Nous donnons l'alarme avec des cris d'oiseaux ; concert de cris d'oiseaux ; mille volières en effervescence, affolement total ;  coups de bec, de pattes , ailes déployées , envol de plumes dans l'atmosphère  mais , est-ce bien des cris d'oiseaux  qui déchirent le silence lourd de cet après-midi d'Aout 1945 ,  été de malédiction , sécheresse intense, manque d'eau pour toute la région , humains et animaux souffrent tant et , s'ajoute à cela cet accident stupide horrible , car les cris viennent de jeunes adolescentes apprenant que la dernière de la couvée se trouve blessée gravement  dû à la malédiction de ce manque cruel d'eau ,
nectar si précieux et nécessaire à la vie de la ferme obligeant les fermiers à des déplacements d'attelages chargés de citernes pour aller la chercher, dès fois très loin cette eau ; et c'est lors d'un de ces déplacements,  au retour,  qu'est arrivé  le pire , l'irréparable, l'enfant refusant de marcher sous le soleil accablant, la mère ne voulant rien entendre, puis cédant sous le poids de la fatigue, épuisée elle même par cette longue marche sous la chaleur infernale, la petite grimpe et s'installe comme elle peut, prête à tout,  plutôt que traîner les pieds sur l'asphalte brûlante, respirant l'air suffocant lui desséchant le gosier , l'engourdissant totalement. La descente s'amorce, le virage arrive vite , trop vite et l'attelage cède sous le poids de la citerne pleine :  descente aux enfers pour l'enfant  hélas , douleur atroce, cris de ses sœurs , cris inhumains se répercutant au-delà des vallons, tétanisant tout le voisinage, puis le galvanisant dans une course folle pour porter secours , savoir ce qui arrive , essayer d'aider, de soulager,  de réconforter,  moments de colère,  douleur puis abattement total, résignation quand la perte de l'enfant est inéluctable,
famille dans la désespérance, année de sécheresse inoubliable , pour tous ces cœurs meurtris, l'imaginaire fait le reste.
 
Rina

 

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la malédiction selon MIMI

 

                                                   

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Nous donnons l’alarme avec des cris d’oiseaux. Nous les six de la bande des Invincibles. La nuit va tomber en ce beau soir d’été, nous sommes cachés dans les fourrés et nous attendons la bande ennemie : les Irréductibles.

Mais il ne faut pas qu’ils détectent notre présence car ils doivent tomber dans le piège préparé pour eux : la chute dans le souterrain du vieux château-fort en ruine.

Ainsi ils seront à notre portée, en position d’infériorité, au-dessous de nous et il n’y aura qu’à les cueillir, morts de trouille.

Pour les distraire afin qu’ils ne regardent pas où ils mettent les pieds, nous avons décidé d’imiter les cris d’oiseaux dès que nous les apercevrons au bout du sentier. Michel est placé en éclaireur et il imite parfaitement le cri de la huppe, du coucou et quelques autres volatiles.

Comme ces garnements sont des braconniers dans l’âme qui se prennent pour de fins limiers, ils vont chercher à situer l’oiseau, le nez en l’air, la truffe au vent.

« Coucou, coucou ». Voilà l’ennemi. Des fanfarons, des fiers-à-bras, des m’as-tu vu ! Nous allons leur rabattre le caquet, les humilier, ils n’oseront pas se montrer demain à l’école et raseront les murs. Il faut leur mettre une déculottée mémorable ! Ils ont entendu parler depuis leur plus jeune âge de la malédiction du château hanté et sont déjà bien conditionnés pour une belle peur bleue. Il suffit de faire quelques bruits insolites, agiter des draps blancs dans la pénombre et ils « vont faire dans leur froc », l’imagination faisant le reste.

 

MIMI

 

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la malédiction selon Gill  

                                           

 

                                                          

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                                                avril!!!!

 

 

 Nous donnons l’alarme avec des cris d’oiseaux, puis avec des hurlements stridents : « Attention, le détecteur de fumée s’est déclenché ; toi, fais sortir tout le monde, et moi je monte voir ce qui se passe. A l’étage, une odeur de brulé me saisit à la gorge et tout à coup je me souviens que ma décoction de sauge mijote depuis un temps infini. Je me précipite : par bonheur, le gaz n’est pas éteint et la casserole sans eau caramélise consciencieusement. Je peux arrêter de trembler, pas d’incendie aujourd’hui et pourtant nous sommes en Avril !

Croyez-vous qu’il puisse y avoir, dans la vie de certains, une période, un jour ou un mois particulier marqué par des évènements importants qui se répètent au fil des ans, heureux parfois mais souvent malheureux ? Moi je pense plutôt qu’il y a des coïncidences, mais quand elles se répètent vraiment fréquemment, il faut avouer que le doute s’installe progressivement.

Récapitulons : je suis née en avril, je me suis cassée la jambe, étant enfant, en avril. Mon frère est né en avril, mes parents ont divorcé en avril. Après mes études, j’ai attendu jusqu’en avril pour trouver ce poste. Je me suis mariée, devinez, en avril. Je n’ai pas eu ma promotion prévue en avril dernier et j’ai perdu mon chat, il y a deux ans, en avril. Croyez-vous que ce soit fini ? Pas du tout : mon père est mort un 29 avril et mon fils ainé a quitté la maison un 2 avril ! Beaucoup d’évènements pour un seul mois, vous ne trouvez pas ?

Les optimistes pensent : « coïncidences » ! Les pessimistes se disent : « pourquoi pas un licenciement en avril,  une maladie en avril, pourquoi pas …..une malédiction !! Et peut-être vais-je………..et l’imaginaire fait le reste.

Gill

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la malédiction selon Marie-Hélène

 

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Nous donnons l’alarme avec des cris d’oiseaux, au début, par peur de briser les tabous.

Puis nous donnons l’alarme avec des cris d’animaux de toutes sortes, du chat au tigre, du chien à l’éléphant. Et c’est pire qu’un tocsin qui secoue l’univers en son fondement, c’est l’ébranlement profond et définitif d’un monde.

Nous maudissons avec une énergie décuplée les bâtisseurs de ce monde pervers :

« Maudits soient ceux qui cherchent le profit avant l’amour !

Maudits soient ceux qui préfèrent l’argent à la paix intérieure !

Maudits soient ceux qui courent après le pouvoir et apprennent à leurs enfants à faire de même !

Maudits soient ceux qui imposent leur loi, leurs convictions et leur religion ; ceux qui prétendent détenir l’unique vérité ; ceux qui croient aimer mais en réalité utilisent ; ceux qui vivent comme s’ils étaient éternels !

Maudits soient ceux qui transforment une planète merveilleuse en un gigantesque dépotoir destiné à leur service et qui se satisfont de la misère humaine !

Maudits soient les indifférents qui préfèrent ne pas savoir, ne pas voir et ne pas comprendre !

L’apocalypse arrive, le vieux monde s’écroule enfin, laissant place à une aube d’espérance. L’imaginaire fait le reste…

Marie-Hélène

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la malédiction selon El Pé 

                  

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          Nous donnons l’alarme avec des cris d’oiseaux. Si j’ose dire et afin de me faire comprendre par les non-initiés. En vérité, le branle-bas de combat fut sifflé à bord du bâtiment

        Si vous le permettez, je voudrais effectuer un bref récapitulatif des évènements, pour ceux qui n’auraient pas bien suivi jusque là.

        Nous nous trouvions dans LA frégate de l Ecole Navale. La seule qu’elle possède à ma connaissance, je veux dire d’époque : trois mats, trois ponts, cent canons et deux cents hommes d’équipage. Ou plus exactement cent quatre vingt dix neuf, puisque moi, comme cela ne vous a pas échappé, je suis une fille. La seule, à ce jour, à être sortie de Navale  major de promo. Enseigne Caroline Surcouf- ça ne s’invente pas- Caro pour les intimes. Comme je vous le disais, nous fêtions le succès de notre promo (pas un seul recalé s’il vous plait) sur le « Formidable »- car La Pérouse, malgré sa triste fin, demeure à jamais vivant dans nos cœurs- et entreprenions, toutes voiles au vent, un super périple autour de l’Afrique. Bref, peu de temps après le départ, nous nous trouvions déjà à dix milles (nautiques) du port de Sète, le temps était radieux et, égayés sur la trinquette, le grand mat et le mat de misaine, nous entonnions, en dignes matelots et en chœur, tous les tubes du répertoire maritime lorsque soudain…et voilà, je reprends le cours du récit…

         Soudain, sans raison apparente, le ciel s’obscurcit, de lourdes nuées noires se mettent à défiler à une vitesse stupéfiante juste au dessus de nos têtes, tandis que la mer, jusque là lissée par une tramontane fraiche mais  caressante, se transforme en l’espace d’une minute en furie déchaînée, le tout accompagné par les hurlements d’un vent ayant décidé de prêter sa voix aux damnés de l’Enfer. « Apocalypse now », je me dis, ne croyant pas d’ailleurs si bien dire car…

          Dans ce décor de cauchemar apparait alors, surgissant des abysses, un brick décharné, aux voiles vraisemblablement trouées par des centaines de boulets de canons et comme pris dans le filet d’une araignée géante, invisible fort heureusement. Et comble d’horreur, des squelettes  vêtus de lambeaux d’uniformes se matérialisent soudain, agrippés dans les filins ou aux bastingages  nous fixant de leurs orbites vides, souriant en claquant des dents de façon diabolique et menaçante ; car nul n’ignore, bien sûr, le sort réservé aux malheureux de rencontre par ce funeste équipage.

     Un cri jaillit  de la poitrine de deux cents jeunes officiers de marine terrorisés : « Nous sommes foutus !!! » ; j’entends même quelques : « Maman !!! » désespérés mais qui resteront cependant anonymes.

     Seul le commandant, debout sur la dunette, belle figure de poupe en vérité, demeure impassible. Est-ce ce qui a impressionné le terrible Hollandais, ou le branle-bas de combat que des sifflets se mettent à émettre, sans en attendre l’ordre hélas ? On ne le saura jamais.  Toujours est-il qu’à l’instant même, le navire maudit disparait, comme happé par une vague monstrueuse, la dernière. La dernière en effet puisque, comme par miracle, la mer se calme, le ciel s’éclaircit tandis que les côtes du Languedoc se devinent à nouveau, là-bas, dans le lointain.

         Il n’y a pas eu de sanctions mais le commandant a consigné, dans son carnet de bord :

« Brève panique de l’équipage à neuf heures huit, engendrée par un fort grain aussi bref qu’imprévu et par la présence insolite de quelques feux de Saint Elme. L’imaginaire a fait le reste. »

                Ou pas.

 

      Dédié à ma fille, marin émérite et capitaine à la fois

                                                                                El Pé

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Nous donnons l’alarme avec des cris d’oiseaux. Les appeaux s’égosillent. La diversité des voix crée une chorale champêtre, leurre parfait pour la gent ailée. Néanmoins, celle-ci se questionne : certains trémolos paraissent bizarres en cette saison. Pas le moindre mouvement dans les branchages. Pas le moindre vol à l’horizon. Et pourtant le chant est là, enveloppant, pénétrant, enivrant.

Est-ce celui des sirènes ? Moi, le rossignol, qu’il est difficile d’égaler dans les cantates, je dois avouer être talonné par cette musique pourtant artificielle. Musique de synthèse, certainement. J’en ai l’ouïe chagrinée, puis ravagée quand le sifflement du merle vient grossir ce qui est devenu une cacophonie grossière.

Malédiction, les sirènes c’était dans la Grèce antique. Ici, elles ont cédé la place aux sorcières qui se démènent dans une rave-party assourdissante.

Tout à coup, sortent des fourrés une dizaine de garnements brandissant leurs appeaux d’un air goguenard et victorieux, radieux de leur bonne blague faite aux oiseaux. Ils ont taillé leurs instruments dans des roseaux, l’imaginaire a fait le reste.

 

Mouty