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jeudi, 19 mai 2016

Avec un arbre, un paysage et une période

Chacun indique sur 3 papiers :

1) Le nom d’un arbre

2) Le type de paysage (montagne, plaine, etc.)

3) La période

Les papiers sont passés aux voisins de droite et de gauche.

 

En 20 minutes, écrire un texte  à partir des 3 indications reçues.

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Châtaignier 120807 1

wikimédia

 

Les châtaigniers

 

A l’intention des étudiants en médecine de l’Université de Montpellier à l’époque de Rabelais.

Objectif : acclimater les châtaigniers des Cévennes à la plaine marécageuse de la Camargue dans un but thérapeutique et commercial.

1°) Plantation de 10 000 châtaigniers entre le Rhône et l’Orb, fleuve bien connu dans le midi pour le transport des denrées de l’arrière-pays jusqu’à la Méditerranée, ceci après l’apport de l’amendement et des terres nécessaires au comblement des marécages et à l’adaptation des arbres.

2°) Destruction des moustiques par des abeilles tueuses de ces insectes, sélectionnées et élevées à cet effet.

Installation de 1 000 ruches pour la production de miel de châtaigniers destiné à soigner les pneumopathies et les humeurs encombrant les luettes et les trachées.

3°) Mise en place des circuits commerciaux pour la vente à grande échelle de produits bruts (miel) et de dérivés (remèdes) en vue d’une mondialisation possible, cette production de châtaigniers dits « adaptés » étant nouvelle et unique.

 

Mouty

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pixabay

 

   Rakham errait depuis trois mois dans le boccage normand. Bien loin de chez lui, pauvre homme, et Dieu sait s’il le regrettait, son beau pays de neige.

Car Rakham était un viking, comme son nom l’indique peut-être mais pas son physique. En effet, il était plutôt petit, plutôt rondouillard et d’un beau brun tirant plutôt sur le charbon. Personne ne lui avait encore dit qu’il était une aberration génétique car on était alors au Moyen-âge et que l’on brûlait allégrement tous les savants. Ah la belle époque !

      Pour comble de malchance, le garçon avait perdu toute trace de ses camarades (tous forts, grands, intrépides et rouquins) avec qui il était venu envahir cette partie de la pas encore France et massacrer dans la joie et la bonne humeur le plus d’habitants possible.

      Le problème, c’est qu’il avait fait un peu exprès de se perdre, car il ne manifestait aucun enthousiasme pour les massacres- ne supportant pas la vue du sang-, qu’il était un tantinet froussard et porté  de préférence vers le rêve, les femmes et la poésie.

       Aussi, tout naturellement est-on tenté de dire, Rakham se mit-il à chanter, sur un air de sa composition, une ode la Beauté lorsqu’une apparition divine se matérialisa devant lui : Une jeune vachère qui, entourée de son troupeau de ruminants, s’abritait de la chaleur de midi sous un peuplier. Le soleil, filtrant au travers des branches, faisait flamboyer sa chevelure rousse et enflamma du même coup le cœur de cet être sensible.

      Elle lui sourit. Il ôta aussitôt son casque et, sans ses cornes, il eut tout de suite l’air beaucoup plus sympathique…bref, la suite est facile à deviner.

Ils eurent un fils qu’ils appelèrent Rakham, comme son père et surnommèrent Le Rouge car il ressemblait à sa mère.

      Arrivés à ce stade du récit, il nous faut absolument préciser, afin qu’il n’y ait aucune confusion dans l’esprit du public, que ce Rakham-là n’a rien à voir avec celui d’Hergé, pour la bonne raison qu’il consacra son existence à la fabrication du cidre dont il fut d’ailleurs l’inventeur. Et ça, malheureusement, peu de gens le savent.

 

           El Pé

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pixabay

 

Histoire de peintre

Je vais vous expliquer comment je suis devenu peintre. Il y a très longtemps, j’étais très jeune, je regardais tomber la pluie en me demandant comment occuper cette morne journée.

Je me suis souvenu de mon dernier cadeau d’anniversaire et j’ai sorti le chevalet, la toile et les tubes de peinture que j’avais reçus. Là, je me suis mis à dessiner un paysage qui ressemblait à la Thaïlande en période de mousson. Cela m’a  procuré  une sensation délicieuse et inconnue de disposer des couleurs au gré de ma fantaisie. J’ai senti mon imagination galoper et ma main devenir de plus en plus assurée. Alors, j’ai décidé d’ajouter une petite montagne  bien verdoyante. Il m’a semblé qu’elle était parfaitement à sa place sous les trombes d’eau qui s’abattait sur elle. Puis, juste au premier plan, j’ai peint, avec beaucoup de détails, un micocoulier, arbre très présent dans mon environnement.

La dernière touche posée, j’ai regardé mon œuvre. C’était un paysage qu’on ne trouvait nulle part sur terre, un paysage né de ma rêverie et qui n’appartenait qu’à moi, et cela m’a procuré un plaisir inouï. J’ai voulu partager ce plaisir et depuis, des tableaux, j’en ai peints beaucoup et beaucoup vendus, très cher. Mais celui-là, je l’ai gardé dans ma chambre car pour moi, c’est le plus important. Pourtant, on m’en a offert des sommes astronomiques.

Je ne vous dirais pas qui je suis, je préfère que vous le deviniez. Cherchez si vous voulez. Dans chacune de mes toiles est caché un petit micocoulier à la couleur flamboyante : c’est ma signature.

Gill

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pixabay

 

Depuis les années 2000, les abeilles de Denis sont décimées par un fléau qu’il ne connaît pas. Désespérément, il les trouve mortes autour des ruches, quel malheur pour lui. Dans sa famille, de tout temps, ils ont eu des ruches. Le père apprend au fils, pour Denis, c’est sa petite fille qui a pris la relève. Il se désole avec elle de voir son nombre de ruches diminuer d’année en année. Que faire ? Tout son savoir ne lui suffit pas pour trouver un remède, une parade pour arrêter ce désastre.

Depuis ses cinq ans, il raconte à Emma la vie des abeilles. Enfant, elle était émerveillée par cette société si bien organisée et par ce liquide doré et sucré dont les abeilles lui faisaient cadeau. Maintenant, chaque fois qu’ils se voient, ils sont abattus.

Mais aujourd’hui Emma a retrouvé espoir : « Papy, j’ai découvert un vallon où poussent de magnifiques acacias. Il est un peu reculé loin des champs, loin des routes. Je veux y transporter les ruches, j’ai espoir qu’elles pourront y vivre et se multiplier loin des pesticides et de la pollution, les acacias leur procureront de quoi faire un miel délicieux. » «  Emma, tu as raison si nous voulons conserver nos ruches, nous devons tenter cette transhumance ».

Claudie

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jeudi, 07 février 2013

En allant au jardin

 

 

 Vous arrivez dans votre jardin et vous entendez une sorte de brouhaha. En tendant  l’oreille, vous vous rendez compte que les plantes parlent et que vous pouvez comprendre ce qu’elles disent. En 20-25 minutes,  imaginez cette conversation entre les habitants du jardin en insérant dans votre texte les six mots suivants trouvés précédemment par les participants.

                   Pot  Gravillons  Epine   Citrouille  Potager   Sarcler

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citrouille.JPG

la citrouille et les herbes folles

 


QUAND LES PLANTES PARLENT

J’aime les soirs d’été, quand la pénombre se pose doucement. J’aime écouter les chants d’oiseaux qui s’égosillent pour annoncer l’arrivée d’une nuit reposante. Quelques bruits de moteurs et de klaxons issus de l’horizon, de si loin qu’ils nous parviennent étouffés, se mêlent à la vie de la nature.

J’aime particulièrement mes balades relaxantes dans le jardin potager, vers lequel me conduit l’allée chargée de gravillons. Un potde géranium illumine l’entrée. Ses tiges souples et feuillues, couvertes de fleurs incandescentes, retombent sur le pilier.

Je franchis le portillon à pas feutrés pour ne pas déranger, car, si vous tendez bien l’oreille, vous entendrez les plantes deviser à voix basse. Vous pensez peut-être qu’il s’agit d’une illusion ? Non pas, c’est une attention particulière aux murmures.

Le matin, quand le soleil délie les langues tandis que je sarcle mes plates-bandes, les conversations sont moins audibles. Les plantes gardent souvent leur salive pour être en mesure de supporter une journée caniculaire. Journée torride quelquefois, sans pitié pour les faiblards. Seul, le rosier reste sur la défensive avec ses épines agressives.

Le soir, c’est la détente. Chaque plante s’étire sous la douche bienfaisante. La citrouille y reprend ses couleurs rutilantes de reine du jardin.

Les herbes folles se redressent en babillant :

-      Tu as vu notre reine comme elle est fière ?

-      Sans nul doute ! quand je pense que nous l’avons connue princesse, issue d’une fleur magnifique !

-      C’est ça le cursus de la vie : on nait, on se transforme, et on meurt ! Tu sais qu’elle va bientôt finir dans un potage ?

-      Garons-nous ! demain matin c’est encore du sarclage !

 Mouty

                                                                                       

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raf-photos.blogspot

 

 

L'air embaume en ce matin de printemps , l'envie d'aller dans le jardin me titille depuis quelques heures , chaussant sabots et gants de protection, dès la porte fermée , je peux humer le parfum qui vient chatouiller mes narines venant de différents arbustes en fleurs , je descends l'allée de gravillons crissant sous mes semelles , quand soudain , un brouhaha me stoppe net . Mais est-ce que je rêve ? Qu'est-ce que ces sons bruissant, ces chuchotements, ça parle ici ; Mais oui me dit la citrouille  étalant ses rondeurs d'un jaune orangé lumineux sur la terre grasse fraichement sarclée , on fait la conversation , tu vois me dit une ronce oubliée dont les épine  aux piquants acérés essayent de se cacher courbant leur tête sous un pot croulant de pensées aux couleurs chatoyantes , on ne s'ennuie pas nous ; plus j'avance vers le potager plus le langage qui m'arrive m'interpelle ; je sais, le vent vous a assoiffées  mes belles salades , je vais vous donner une petite douchette  pour que vous puissiez vous pommer encore plus , et vous aussi mes petits poireaux , pour que vous restiez tendres à souhait, calmez-vous , je n'oublierai personne, chacun son tour  sera rafraîchi et apaisé , je vous rassure je vous aime trop pour vous laisser dépérir, vous m'êtes tous aussi nécessaire que l'air que je respire ; au fur et à mesure de mon passage , les murmures se taisent, fleurs et légumes semblent comblés par l'eau qui les fait briller les lavant de la poussière et du soleil qui les flétrissait , ils s'épanouissent et revivent , pour mon plus grand plaisir .

Rina

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Le potager et les fleurs


-« Ecoutez, la voilà qui descend ; c’est elle je vous dis, je reconnais son pas hésitant ; rien à voir avec son pas à lui, beaucoup plus décidé ». Celle qui parle assez cavalièrement, c’est la citrouille, à la belle couleur orangée, la reine du potager, par sa stature imposante et son bagout souvent caustique.

-« Si c’est elle qui s‘occupe du jardin ce matin, c’est une catastrophe », reprend-elle, « elle n’y connaît rien du tout ; elle ne fait pas la différence entre sarcler et biner, et si elle se met à vous tailler n’importe comment, vous, les rosiers, vous allez y laisser des plumes, c’est moi qui vous l’dit ! ». Les salades, pas très loin, se contentent d’opiner en émettant de discrets « hum,hum » car elle ont peur d’abîmer leurs fragiles feuilles, à trop s’agiter. Les poireaux se recroquevillent pour passer inaperçus. Seuls les melons, en nombre, appuient les dires de la citrouille, assez mauvaise langue.

Côté fleurs, on n’est pas d’accord. Les pots de pensées, aux couleurs chatoyantes, mauves, jaunes, roses, rangés avec art, vantent sa délicatesse. Quant aux tulipes, joliment plantées dans des massifs colorés, elles tiennent ce langage : 

-« Nous n’avons pas du tout à nous plaindre d’elle ; elle nous arrose quand il faut, nous a installées confortablement de chaque côté de l’allée de gravillons blancs, et  nos couleurs rouges, jaunes ou orangées tranchent agréablement sur cette blancheur et sont du plus bel effet. Et vous les rosiers, qu’en dîtes-vous ? » 

- « Nous certifions être manipulés avec le plus grand respect et être parfaitement taillés, mais », ajoutent-ils d’un air malicieux « peut-être nos épines y sont-elles pour quelque chose ».

Visiblement, le clan Potager et le clan Fleurs ne sont pas du tout  d’accord. C’est alors que le Thuya, qui trône au milieu des deux, lance un « soyez contents, vous avez deux spécialistes dans ce jardin, lui pour le potager et elle pour les fleurs. Que demander de plus pour être bien soignés !

Gill

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Photo: www.Photo-Paysage.com (CC BY-NC-ND)

 Photo : cc by-nc-nd  Photo-Paysage.com



            Le langage des fleurs, ne m’en parlez pas !!  Jamais ! D’ailleurs, je ne peux plus voir la plus délicate des roses, la plus inoffensive des marguerites sans qu’un énorme frisson ne me parcourt le corps. Je vous explique :

         Je n’avais pourtant pas bu ce jour-là. Deux, peut-être trois coupes de Champagne ! Mais guère plus. Juste pour oublier que je n’aurais jamais dû me rendre à ce cocktail, organisé par un couple, amis de mon amie d’enfance. Croyez-moi, cela ne veut strictement rien dire, les amis de mes amis, et j’étais en train d’en faire l’expérience. Le fameux couple était affreusement antipathique, genre nouveaux riches méprisants, vous voyez le style ! Bref, toujours est-il que je décidai d’aller prendre l’air. Sur la terrasse trônaient deux camélias en pots, superbes, mais je poursuivis mes investigations, d’autant qu’un vaste jardin s’ouvrait au pied de l’escalier

        Dédaignant le potager, fraichement sarclé, certes mais dont les citrouilles et courgettes ne m’inspiraient guère, je m’engageai, en toute innocence, sur l’allée de gravillons menant au jardin d’agrément. Mal m’en prit !

       Tout d’abord, je ne perçus qu’un murmure, que je pris naturellement pour le souffle du vent dans les arbres. Souriant bê(a)tement, je m’avançais donc, emplie de ferveur bucolique, lorsqu’une épine, émergeant soudain d’un buisson d’aubépines, accrocha ma jambe sournoisement, filant du même coup mon joli collant de soie. Un éclat de rire se fit aussitôt entendre. Regardant autour de moi, je ne vis personne. Rien que des arbres et des fleurs. Haussant les épaules, je fis quelques pas, ce qui déclencha l’éveil d’une multitude de voix aigrelettes, formant une sorte de carillon diabolique :

    « -T’as vu un peu la dégaine de cette nana ? Mais d’où elle sort celle-là ?

       -Aucun chic, aucun goût !!

       -Et son parfum les filles, vous avez senti ?

      - Si on peut appeler ça du parfum !! Moi je trouve que ça rappelle plutôt l’engrais dont on nous asperge régulièrement. Pouah !!!

    -Moi je vous préviens, si elle se penche pour me renifler, je lui pique le nez !

   - Elle n’a rien à faire ici ! Qu’elle s’en aille !

   - Et si on lui envoyait en cadeau de bienvenue les abeilles qui sont en train de nous butiner, hein ? Qu’en pensez-vous ? »

      Je n’attendis pas la réponse et m’enfuis. Effarée, je ne parvenais à réaliser ce qui venait de se passer. Oh, ce n’est pas tant le fait que les fleurs puissent parler, une fréquentation assidue de la littérature fantastique m’a préparée à toutes sortes d’éventualités de ce genre ! Non, c’était la méchanceté qui se dégageait de créatures a priori si mignonnes qui me bouleversait. Puis brusquement je compris : en réalité, les fleurs sont à l’image de ceux qui les possèdent. Quelle responsabilité n’est-ce-pas ? Rien d’étonnant, par conséquent, que celles de cette maison soient de véritables chipies…

      Forte de ma découverte, je rentrai. Tiens, on dansait maintenant. Une série de tangos. Moi qui adore ça ! Tant pis. J’en avais assez vu comme cela. J’essayai donc de m’éclipser discrètement  lorsque le maitre de maison, me barrant la route, m’invita à danser. Il arborait un sourire suffisant et une rose rouge, qu’il m’offrit. Je la lui jetai à la figure.

                                                                                          El Pé