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dimanche, 13 mai 2018

Regardez et imaginez………

 

 photo valérie.jpeg

Que vous inspire cette image ?

En 20 minutes, racontez-le dans un texte.

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Scarabaeus.sacer

wikimédia

 

        Il était une fois deux scarabées, l’un doré, l’autre noire, avec un « e » car c’était une fille.

Ils s’aimaient beaucoup, comme seuls savent aimer les scarabées…même que, si l’on était au courant, on serait affreusement jaloux ; ou alors peut-être meilleurs. Qui sait…

      En tout cas, ils s’aimaient. Sur un coin de Terre qui pourrait être situé au cœur des Cévennes ou près d’un grand lac canadien. Peu importe. Les scarabées sont chez eux un peu partout dans le monde.

       Ils menaient une vie tranquille, en bons termes avec leurs voisins, ne se connaissant point d’ennemis. Qui en effet aurait l’idée de s’en prendre à un scarabée, hein ?

       Et ils voyaient des choses que l’on ne sait pas, ou ne sait plus voir. Et ressentaient les choses différemment aussi.

      Par exemple, ce soir, lorsqu’au soleil couchant, ils aperçurent cet immense nuage ensanglanté et blafard qui arrivait droit sur eux, comme une terrifiante machine de guerre…

      Ils auraient dû avoir peur. Car ce nuage annonçait infailliblement une formidable tempête, accompagnée d’un non moins formidable déluge qui allaient s’abattre sur eux et les anéantir. Eux et tout le petit monde vivant dans l’herbe, sous la mousse et l’écorce des arbres ! C’est à dire leurs parents, leurs voisins, leurs amis…

     Ils auraient dû avoir peur, trembler, crier, maudire le ciel, pourquoi pas…

Mais ils ne firent rien de tout cela. Ils regardèrent ce même ciel et murmurèrent  simplement, ensemble : « Comme c’est beau ! »

        Les scarabées sont ainsi. Et pourtant personne, dommage peut-être, n’a jamais eu l’idée de les appeler des « Bêtes à Bon Dieu ».

 

 El Pé

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pixabay

 

MOBY DICK

 

Serait-ce un vaisseau spatial du 6ème type venu nous observer ?

Serait-ce un paysage situé dans une autre dimension avec ses montagnes, son lac et ses falaise abruptes ?

Serait-ce un œuf bizarre craché par erreur par un grand nuage ?

Eh bien non ! C’est le fantôme de Moby Dick, la baleine blanche qui revient de temps en temps. Elle se pose par delà les montagnes, au dessus de l’océan.

Elle regarde ses congénères qui essaient de survivre dans leur univers aquatique de plus en plus pollué.

Elle les encourage à s’éloigner des bateaux et des hommes mais il y en a partout, de plus en plus …

Alors elle s’en retourne vers le ciel des baleines le cœur bien lourd.

 

Christine

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Au fond du placard

Un vêtement ou un accessoire vestimentaire, tiré au sort, oublié au fond d’un

placard depuis plusieurs années, vous interpelle.

En 20 minutes écrivez un texte sur ce thème

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chaussures 2.jpg

pixabay

 

Les chaussures fatidiques

 

Il y a quelque temps, après le décès de mes parents, j’ai dû ranger la maison familiale avec mes frères au bord de la mer.

J’ai découvert au fond d’un placard dans un carton une paire de chaussures en cuir marron clair, toutes neuves.

Et soudain je me suis revue dévalant un escalier du métro la tête la première  en 1978 !!

Ce matin-là, je devais prendre le train gare St Lazare pour Cherbourg afin de passer une semaine chez mes parents.

J’étais rentrée la veille d’un voyage au Mexique et au Guatemala.

J’avais dans ma valise blanche Samsonite 2 bouteilles de Margarita mexicaine pour mes parents qui appréciaient ce cocktail et bien sûr quelques vêtements.

J’avais revêtu un joli ensemble, jupe et veste, acheté récemment et les fameuses chaussures à lacets aux bouts légèrement pointus également achetées récemment.

Je quittais mon appartement de bonne heure afin de ne pas rater mon train.

Sans encombre, je suis arrivée à la station La Madeleine, je me suis dirigée vers la correspondance pour la gare St Lazare.

Je descendais les escaliers quand ma chaussure droite au bout pointu s’est coincée dans je ne sais quoi et me voilà partie pour une séance de cirque improvisée ! Ma valise est arrivée en bas bien avant moi, j’ai suivi et atterri de tout mon long à côté d’elle !

Des gens autour de moi se sont empressés de me relever, inquiets et plein de sollicitude.

Plus de peur que de mal, les genoux en sang, les collants déchirés mais rien de cassé !

En revanche … la valise saignait !!! Les 2 bouteilles de Margarita s’étaient brisées et elle baignait dans une douce odeur de citron vert et Téquila !!! J’étais très embêtée, les gens allaient penser que j’étais une pocharde qui transportait son mini-bar dans sa valise !! La honte !!

J’ai essuyé tant bien que mal avec des kleenex ma pauvre valise.

Je ne pouvais pas rentrer chez moi pour me changer et nettoyer ma valise, j’aurais manqué mon train.

Je suis montée dans le métro, descendu à la gare en clopinant et je me suis installé dans le train qui était déjà à quai.

En arrivant chez mes parents, sans cadeau ! j’ai constaté les dégâts dans ma valise. L’intérieur de cette  valise était capitonné avec un joli tissu rouge vif. Tous mes habits imbibés d’alcool avaient acquis de surcroît une magnifique teinte rouge que je n’ai jamais pu éliminer.

Les fameuses chaussures ont donc terminé leur vie dans une boite dans un placard pendant toutes ces années. Hors de question que je rechausse ces maudites chaussures à bouts pointus !

 

Christine

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pixabay

 

Oh la la ! La corvée ! Certes, je l’aimais bien l’oncle Jimmy, c’est sûr, et nous avons passé de chouettes moments ensemble, tous les deux, c’est sûr aussi. Il m’avait servi de grand-père, moi qui n’ai pas eu la chance de connaitre les miens et j’adorais retrouver, au VRAI premier jour des vacances, la bonne odeur de tabac à pipe qui imprégnait ses vêtements et sa grosse moustache…Mais enfin, ce n’était pas une raison !!

    Non, ce n’était pas une raison pour me faire avoir comme ça ! Il en avait d’autres, des neveux et nièces, le Tonton ! Pourquoi diable, sous le coup de quel attendrissement inopportun m’étais-je donc proposé pour faire le tri dans ses affaires, avant d’appeler Emmaüs ! De toute façon, il n’y avait quasiment rien à garder. Tiens, là dans la penderie par exemple, devant laquelle je me trouve en ce moment : que des vieilleries ! Tout juste bonnes à faire des chiffons pour cirer les chaussures ou vérifier les niveaux de la bagnole. C’est vrai que cela faisait facilement cinquante ans qu’il n’avait pas renouvelé sa garde-robe, l’Oncle. Pas vraiment radin, mais plutôt le genre j’m’enfoutiste, quoi…

     Mais, qu’est-ce-que… ?Ah, mais c’est son imper, ça ! Dire que je l’avais oublié ! Brun pisseux, les poches plus qu’un peu décousues. Je l’ai toujours vu avec. Un vrai truc de clodo, qu’il adorait, vu qu’il ne le quittait jamais, même en été ! Enfin, presque jamais en été. En tout cas, il l’avait quand il m’emmenait à la pêche sur le lac à l’aube, ou cueillir des champignons  en automne. Je l’entends encore : « Ouais, il est joli le rouge à points blancs, mais celui-là, on va le laisser tranquille, hein, Canard … » Ou bien le soir dans le jardin quand il m’apprenait les étoiles…

       L’imper de l’oncle Jimmy ! Impossible de le jeter. Mais le garder, pour quoi faire ?

Et soudain, une illumination brillante comme une évidence vient m’apporter la réponse : Le voilà le fameux accessoire que je cherchais pour « marquer » mon personnage…dans la série qui doit débuter bientôt et qui va s’appeler…comment déjà ? Ah oui, Columbo !

 

 El Pé

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Les cinq sens sont là !

En 20 minutes, écrire un texte en utilisant les cinq sens 

vue / ouïe / odorat / goût / toucher

En utiliser un par phrase si votre texte est court, ou un par paragraphe si votre

texte est plus long.

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petit déjeuner christine.jpg

pixabay

 

ODE AU PETIT DEJEUNER

 

Desayuno, colazione, breakfast, Frühstück … en d’autres  termes : le petit-déjeuner !!!

Existe-t-il une parole  plus douce à l’oreille ?!!!

C’est le mot que je préfère dans les pays que je découvre, quel doux son : chantant en italien - la colazione , savoureux en espagnol – el desayuno , militaire et sec en allemand  mais ô combien délicieux – Frühstück , pratique et droit au but chez les anglo-saxons, c’est une affaire sérieuse que ce breakfast.

Je pénètre le cœur battant dans la salle à manger, ce temple hôtelier qui rompt le jeun. Les bruits délicieux de cette activité matinale me remplissent de joie :

cliquetis des couverts sur les assiettes, grésillement du lard sur la plaque chauffante, conversations feutrées, le pop du grille –pain qui éjecte une tartine dorée à souhait.

Mes yeux ne savent plus où regarder, il y a tant de bonnes choses à voir !!! Des pains variés, des viennoiseries sublimes, des bols remplis de confitures artisanales, des jus de fruits aux teintes fraîches, de la charcuterie, du fromage, des œufs, des céréales de toutes formes et couleurs, des yaourts fermiers. Que choisir, que manger, quel cruel dilemme.

Tout d’abord choisir une table, effleurer la nappe damassée, aller chercher une assiette, se servir, couper une épaisse tranche de pain complet odorant, vérifier sa fraîcheur d’un doigt discret, tâter une pêche afin d’être sûr qu’elle sera juteuse et sucrée.

La machine à café répand l’odeur entêtante du café torréfié à la perfection, plus loin le fumet velouté du chocolat attire les amateurs de cette fève exotique. Le parfum du bacon grillé à point chatouille les narines. Les viennoiseries tout juste sorties du four exhalent un parfum divin !!

La tête me tourne, j’entends, je vois, je touche, je sens et maintenant je vais déguster !!!

La grande finale, le point d’orgue : la dégustation …

  • jus de pamplemousse acidulé et bien frais
  • pain complet aux saveurs d’antan
  • beurre salé … sublime
  • fines tranches de jambon légèrement fumé
  • confiture de cerises au goût si délicat
  • croissant croustillant à l’extérieur et divinement moelleux à l’intérieur, la perfection

Le tout accompagné d’un grand café au lait mousseux, liquide brûlant, princier !

Décidemment le petit-déjeuner est bien le repas du roi (ou de la reine !).

 

Christine

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pixabay

 

     Durant la descente de l ‘engin, il s’emplit les yeux de larmes grâce au paysage qui s’étendait sous lui. Rien ne l’avait préparé à ça. Aucun cours, aucun stage ne lui avait permis d’envisager cette féérie de couleurs. D’autant qu’il était six heures (heure locale) et qu’une aurore luxuriante peignait le ciel mieux que n’auraient su le faire les plus grands maitres de sa connaissance.

       L’engin se stabilisa. La porte s’ouvrit et aussitôt une odeur impossible à identifier s’engouffra dans l’habitacle, pourvue d’une force telle qu’elle faillit le renverser. Il courut au téléspectogramme à cristaux liquides, merveilleuse machine qui analysait tout. Elle lui apprit que l’odeur était un mélange de bouse de vache, de blé mur et de jasmin. Rassuré, il respira alors à pleins poumons, manière de s’habituer très vite et fit un pas à l’extérieur.

        Aussitôt l’assaillirent les chants d’oiseaux. Enfin, si l’on peut employer cette terminologie guerrière, car dès les premières trilles perçues-ô miracle, en toute harmonie- ce fut pour lui (auteur-compositeur-interprète averti bien qu’amateur) un véritable enchantement et dès lors, un sourire béat ne cessa plus d’éclairer sa physionomie.

       Alors, fou de joie, il courut à travers champs, bosquets et forêts, caressant avec tendresse tout ce qui se trouvait sur son passage, y éprouvant un plaisir d’une intensité inconnue jusqu’ici. Et il y serait sûrement encore s’il n’avait découvert, allongée sur la mousse, une bien étrange créature.

      Très jolie, si l’on aime le surréalisme, endormie, à coups sûr. Elle sentait bon, ne produisait aucun son pour le moment et quand il se hasarda à l’effleurer, à peine, à peine, la douceur de la peau était d’une douceur inimaginable.

     Il soupira d’aise puis, pris d’une inspiration soudaine, il se pencha au dessus de la créature et, tout doucement, promena sa langue sur ce qui lui servait probablement de visage. C’était délicieux : crémeux, sucré et salé à la fois. Miam !

     Clarisse ouvrit les yeux à ce moment précis et poussa un cri strident. Au dessus d’elle se tenait un monstre à deux têtes, muni d’une bonne douzaine de tentacules  et d’une langue d’un mètre de long qui lui inondait la figure d’une bave visqueuse Elle voulut se lever et fuir mais le monstre, ouvrant alors la gueule, dévoila une double mâchoire, toute hérissée de dents énormes. Ce fut malheureusement la dernière vision de notre pauvre Clarisse.

 

 El Pé

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