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jeudi, 08 février 2018

Un souvenir au choix

Chacune cherche cinq souvenirs et les énonce dans cinq courtes phrases commençant par

« Je me souviens de…… »

Chacune choisit un souvenir dans la liste de sa voisine.

En 20 minutes, écrire un texte développant ce souvenir.

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pixabay

 

Je me souviens de nos discussions passionnées à table. Les nouvelles terminées dans un silence obligatoire, on éteignait le poste. Et commençaient les commentaires. Ma mère parlait peu, non point qu’elle n’eut pas d’idées, mais elle se levait pour aller chercher les plats, remplissait les assiettes, veillait à ce que nous ne mettions pas les coudes sur la table.

      Mon frère aîné affirmait, péremptoire, que le présentateur mentait, qu’un tel qui allait à la messe était un voyou et que, et que, tout y passait. Je béais d’admiration. Mon père contredisait, mon frère lui coupait la parole, je racontais que ma voisine, en classe, m’avait distraite et que j’avais des lignes. « Tu nous agaces, disait mon frère, boucle-là. ». Ma mère s’indignait : « Parle joliment, ta sœur a le droit à la parole. ». Mon père nous informait : « Ce soir, je vais à la réunion électorale ». Et tout recommençait, le ton montait : la ville était sale, on réparait le toit de l’église avec nos impôts alors que Dieu n’existait pas, les élus étaient des je m’en foutistes. Je rajoutais bien fort : « Pourquoi  je fais pas la communion comme mes copines ? On va au cinéma dimanche ? », « Je fais l’ouverture de la chasse » disait mon père, « Je vais au rugby » intervenait mon frère, « Oui si tu te tais un moment et mange sans rien dire » clôturait ma mère en apportant le dessert.

      Les parents et mon frère avaient refait le monde et moi j’étais contente, car, de toute façon, le dimanche j’irai au cinéma et j’aurai des bonbons à l’entracte.

Line

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Soyez réalistes, demandez l'impossible

wikimédia

 

Souvenirs, souvenirs.

Je me souviens du jour où j’ai respiré des gaz lacrymogènes à Saint-Michel.

J’en suis encore étonnée d’ailleurs. Comment moi, une fille sérieuse, respectueuse de l’ordre établi, assez craintive aussi et n’aimant pas particulièrement les mouvements de foule, ai-je pu me retrouver dans une telle situation. Et bien justement, l’explication, c’est la situation particulière, le moment qui s’y prêtait, la jeunesse aussi, l’émulation, la certitude qu’il fallait changer les choses et en plus, l’accord tacite, sinon la bénédiction de mes parents, chers parents, compréhensifs, modernes, à la page, quoi !

Après avoir traversé un embouteillage monstre sur la Place de la République, me voilà déambulant avec quelques copains et des étudiants, stagiaires dans notre service hospitalier, et arpentant, sagement quand même, une rue adjacente au Boulevard Saint-Michel. Et puis tout à coup, un brouhaha, des cris, une pétarade et cette odeur un peu piquante, l’étonnement de ne pas avoir les yeux qui pleurent particulièrement. Les gaz étaient plus loin, sur le boulevard, et nous n’en respirions que les lointains effluves, tout en présentant nos papiers d’identité à un contrôle de police plutôt bon enfant qui nous invitait à rentrer chez nous.

Pas de jet de pavés pour nous, l’action violente était un peu plus loin, mais ce jour-là, j’ai été prise d’une sensation d’excitation, de liberté et de toute-puissance que je n’ai plus jamais ressentie après. Et en y repensant, je me dis toujours : je les ai sentis, ces fameux gaz, j’y étais !

Gill

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pixabay

 

Je me souviens d’un chat qui s’amusait à danser derrière les vitres de la cuisine et que l’on avait appelé Rigolo.

         OH ! Des chats, du plus loin qu’il m’en souvienne, comme dirait Barbara, j’en ai toujours vus à la maison. D’ailleurs, parait-il, j’ai appris à marcher agrippée à la queue de la Minette, fondatrice de la dynastie Félicienne ; une superbe gouttière tigrée, douce, patiente et sérieuse…comme il se doit pour toute nounou qui se respecte.

          Rigolo était l’un de ses arrière, arrière petit-fils qui, à cause des croisements successifs, ne lui ressemblait guère. Physiquement, d’abord, car il était orange et roux, de ce pelage qui me fait baptiser leurs possesseurs «  anges-chats »,  car ils restent toujours enfants…pardon, chatons. Physiquement disais-je, mais moralement également  puisqu’il n’y avait pas plus facétieux que notre ange-chat domestique. Facétieux, farceur, et si j’osais…incroyablement cabot. En effet, il choisissait le moment où nous étions tous installés dans la cuisine, devant le repas du soir, pour nous offrir un spectacle improvisé et très inspiré à la fois.

         Le même scénario se reproduisait tous les jours : il sortait de la pièce en courant, comme s’il avait le diable à ses trousses, sautait sur le rebord de la fenêtre, et là, éclairé par l’ampoule extérieure qui faisait office de projecteur, entamait en virtuose un gala avec au programme : entrechats, cabrioles, galipettes et claquettes amorties.  Éblouissant.

         J’avais sept ans et je riais aux larmes. Sans prendre garde (pour une fois) à ce que j’avais dans l’assiette. Parce qu’il faut dire que jusqu’à ce que la pension y ait mis bon ordre, les repas étaient plutôt source de cauchemars pour mes parents et moi-même.

         Je soupçonne aujourd’hui ma mère d’avoir alors honteusement soudoyé Rigolo, mais je lui pardonne, car…

           Si j’ai appris à marcher avec Minette, j’ai appris les secrets de la scène avec Rigolo ; chose que d’ordinaire je ne  dis … qu’en catimini.

El Pé

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Simca Aronde P60 Monaco

wikimédia

 

je me souviens de l’aronde cahotante au col du Saint-Bernard……..

 

L’aronde bleue, toute en formes arrondies, escalade les premiers lacets du col du Saint-Bernard : le précipice est en bas, à droite. Les vitesses craquent, accélérer, freiner, rétrograder, il faut s’arrêter au sommet, ouvrir le capot, enlever le bouchon du radiateur, sans se brûler, s’éloigner un peu pour éviter l’eau bouillonnante qui fuse. On sort la table, les chaises, le poulet, le pain, les serviettes à carreaux rouges et blancs, la nappe de la même couleur. Le paysage est majestueux, embelli par l’effort qu’on a fourni pour le mériter, par les angoisses intermittentes de la montée : calera, calera pas, chauffera, chauffera pas. « Ce qui embellit le désert disait Saint-Exupéry c’est qu’il cache un puits quelque part !», et ce qui embellit le col du mont Saint-Bernard, c’est qu’il cache un flan au caramel dont j’aurai deux parts. On remet de l’eau fraiche dans le radiateur, on rebouche. Dans la montée, c’était le moteur qui chauffait, maintenant ce sont les freins : chauffera, chauffera pas, calera, calera pas, c’est mon premier grand voyage. « Voyager, disait Marcel Proust, ce n’est pas changer de pays c’est changer de regard. »

 

Louis

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Ségur Mémoires-d-un-ane Castelli p3

wikimédia

 

Je me souviens  de mes lectures , Bibliothèque Verte et Bibliothèque Rose.

Du plus loin que je me souvienne les livres et la lecture ont fait partie de ma vie. Maman nous lisait tous les jours quelques chapitres de la Comtesse de Ségur. Puis quand nous avons su lire couramment, nous avons pu piocher dans la grande bibliothèque de maman : livres brochés de la Bibliothèque Rose et Verte , ceux de la bibliothèque Rouge et Or,  tous les livres qu’elle avait lus et relus étant petite. Et puis il y avait aussi les bandes dessinées de papa : Zig et Puce, les Pieds Nickelés, Bibi Fricotin. Tout y est passé , Jules verne, la comtesse de Ségur, Robinson Crusoé, Heidi,  Daudet et  la petite chèvre de Monsieur Seguin, comme elle m’a fait pleurer !!! les contes des frères Grimm, Collodi et Pinocchio, Alice au pays des merveilles, Andersen et j’en passe …

Entamer un livre était presque mieux que de croquer dans une friandise et pourtant je suis bien gourmande. Le temps s’envolait avec délice, lovée dans un fauteuil, allongée dans l’herbe ou installée sur le large bord de ma fenêtre, je ne le voyais pas passer. Je rentrais dans le livre et en sortait péniblement quand on m’appelait pour mieux y re-rentrer  le soir bien installée dans mon lit. Dès que j’avais un peu économisé, je fonçais à la librairie pour élargir ma collection d’Alice détective, mon héroïne, maligne comme un singe, intelligente, audacieuse. Puis je me plongeais dans les aventures du Clan des Sept et du Club des Cinq d’Enid Blyton .

Oui, que de souvenirs !!! Quand nous partions en voyage avec maman , je prenais un livre et un oreiller et je lisais pendant tout le trajet. Alors descendre de Compiègne à Estartit en Espagne ne durait que le temps d’un livre !!!

J’ai vécu mille aventures , plusieurs vies au travers de toutes ces lectures. Le retour sur terre était parfois difficile, j’avais l’impression de quitter des amis en terminant un livre. On est tellement bien dans un livre !!!

 

Christine

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mercredi, 07 février 2018

Le "BLEU" mène à tout

En 15 minutes, faire un texte en laissant votre imagination vagabonder autour du mot

« BLEU »

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crayon bleu.jpg

BLEU

 

Bleu , vous avez dit BLEU ???

Bleu, bleu le ciel est bleu …

Aïe, je me suis fait un bleu !!!

J’ai le blues.

C’est la période bleue de Picasso.

Bleu c’est pour les garçons, rose pour les filles.

Bleu ciel, bleu roi, bleu outre-mer, bleu marine,

Bleu cobalt …

Il y en a des bleus !!!

Je vais vous raconter l’histoire du jeune BLEU roi qui a rencontré la jolie princesse jaune d’or.

Eh bien ils se sont drôlement bien entendus et bébé vert émeraude est né.

Evidemment ils l’ont vêtu de jaune et de bleu. Le bleu lui allait très bien au teint, le jaune aussi d’ailleurs.

Bleu, jaune et vert vécurent très heureux ensemble dans leur beau palais bleu.

Christine

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De bleu en bleu

Bleu est le ciel des ortolans

Bleu l’océan des cormorans

Bleu le lac avec ses flamands.

Plus que celui de l’hobereau

Bleu est le sang de la Duchesse

Issue de la grande noblesse.

Mais bleu aussi est sur ta peau

La trace du coup si violent

Sur ton beau visage d’enfant.

Qui a osé mon ange, avec cette arme

De tes yeux faire couler tant de larmes.

Cet homme-là

Ne mérite pas

Son nom de père

Ne mérite pas

Le fils qu’il a

Il ne mérite que l’Enfer

Gill

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Bleu

Bleu de tes yeux, océanique croisière

Dans le bleu des flots, pacifique lumière

Jusqu’au bleu du ciel, intensive prière

Le crayon bleu pare, tes douces paupières

Dans l’azur infini, tu seras ma dernière

 

Louis

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Le scrabble mène au texte

Avec sept lettres d’un jeu de scrabble, chacun cherche le mot le plus long.

Tous les mots forment la liste commune suivante

Mufle / satiner / baguée / gâchée

Vrais / hanter / nids / tracera

En 20 minutes, utiliser ces mots dans un texte commençant par

« Le vent soufflait très fort ce soir-là »

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Racing pigeon rataedl

wikimédia

 

Le vent soufflait très fort ce soir-là, et pourtant je n’ai pas hésité à le jeter dehors, ce mufle. Ma soirée avait été assez gâchée par cet égoïste qui ne pensait qu’à son confort personnel. Il tracera sa route dans le froid glacial, tout seul, et je vous assure que son souvenir ne hantera pas mes nuits.

Pourquoi, cette colère ? Au départ, un geste plutôt charitable de ma part. J’avais osé recueillir une douzaine de pigeons femelles baguées, de vrais pigeons voyageurs de l’armée, qui étaient visiblement perdus et ne trouvaient pas de nids pour s’abriter de ce temps épouvantable qui les empêchait d’accomplir leur mission. Ces pigeons avaient les plumes si douces qu’on aurait dit qu’on les avait satinées à dessein.

Evidemment, ce butor était allergique aux oiseaux et aux plumes et il n’a pas arrêté d’éternuer, moucher et pleurer dès leur arrivée. Mais ce n’était pas une raison pour tordre le cou de la plus grosse sous prétexte qu’elle avait fait ses besoins sur son crâne chauve. C’est là que mon sang n’a fait qu’un tour et que je l’ai fichu à la porte. Bon débarras !

Gill

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pixabay

 

Le vent soufflait très fort ce soir-là : elle s’engouffra dans le café, belle, resplendissante, la peau satinée, la main droite baguée d’or et d’argent. Je la reconnus immédiatement : c’était bien la dame de la photo : c’était bien celle qui allait me remettre dans le droit chemin, jusque-là cabossé de nids de poule, hanté des fantômes d’une autre vie : vie gâchée, vie brûlée par le dérèglement de tous les sens si cher à Rimbaud, mais sans aucune ligne poétique dans mon carnet désespérément vide. Non, cette fois ce n’était pas la passante de Baudelaire dont les charmes sont proportionnels à la rapidité du passage : non, elle était bien là, assise en face de moi, des vrais yeux profonds qui ne luisent que pour moi, un vrai sourire, qui j’en suis sûr maintenant, tracera bientôt, cette nuit peut-être, ma route, la fin de ma désoeurvrance, de mes bohémienneries. Je me lève poliment, m’incline doucement : ne plus me comporter comme un mufle, faire preuve de délicatesse, de tact. Elle me fixe droit dans les yeux. Nos regards se croisent, s’analysent, se jaugent, s’estiment, s’aiment déjà peut-être. Je vais surement bafouiller, chercher mes mots. Elle lit ma détresse, se penche doucement vers moi, ses lèvres murmurent à mon oreille : « pour la totale c’est 150 euros !» je m’enfuis a toutes jambes dans le vent qui souffle de plus en plus fort, il fait froid !

 

Louis

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pixabay

Le vent soufflait très fort ce soir-là, elle attendait, elle écoutait ses hurlements déchainés, son cœur battait la chamade. Où était-il ? Que faisait-il ? Pourquoi n’était-il pas rentré comme d’habitude à 18 heures ?

Sa terrible dispute de ce matin la hantait, il était parti précipitamment, le visage chagrin et depuis le silence …

Il lui semblait que sa vie était gâchée : de vrais amis, elle n’en avait pas !...Elle l’avait lui, ce n’était pas un mufle,  bien au contraire, c’était un être délicieux, cultivé, plein d’attention. Elle avait l’impression qu’il satinait en quelque sorte le chemin sur lequel ils avançaient tous les deux,  il construisait des nids d’amour  les uns après les autres ….

Bon sang de bon soir … pourquoi avait-elle provoqué cette horrible dispute ?? Qu’est-ce qui lui avait pris ??  Cette dispute  tracera-t-elle  un chemin différent, un chemin rugueux qui aura perdu tout son satin . Ah ! Si elle pouvait remettre les aiguilles de l’horloge  à 8 heures ce matin, comme ce serait merveilleux !  Mais l’heure n’était pas baguée, elle était libre comme l’air !

Le vent soufflait très fort ce soir-là, elle attendait : un signe, un bruit, la sonnerie du téléphone mais rien, rien, seulement le désespoir et l’attente et les hurlements de la tempête.

Christine

 

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