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mercredi, 07 février 2018

Le scrabble mène au texte

Avec sept lettres d’un jeu de scrabble, chacun cherche le mot le plus long.

Tous les mots forment la liste commune suivante

Mufle / satiner / baguée / gâchée

Vrais / hanter / nids / tracera

En 20 minutes, utiliser ces mots dans un texte commençant par

« Le vent soufflait très fort ce soir-là »

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Racing pigeon rataedl

wikimédia

 

Le vent soufflait très fort ce soir-là, et pourtant je n’ai pas hésité à le jeter dehors, ce mufle. Ma soirée avait été assez gâchée par cet égoïste qui ne pensait qu’à son confort personnel. Il tracera sa route dans le froid glacial, tout seul, et je vous assure que son souvenir ne hantera pas mes nuits.

Pourquoi, cette colère ? Au départ, un geste plutôt charitable de ma part. J’avais osé recueillir une douzaine de pigeons femelles baguées, de vrais pigeons voyageurs de l’armée, qui étaient visiblement perdus et ne trouvaient pas de nids pour s’abriter de ce temps épouvantable qui les empêchait d’accomplir leur mission. Ces pigeons avaient les plumes si douces qu’on aurait dit qu’on les avait satinées à dessein.

Evidemment, ce butor était allergique aux oiseaux et aux plumes et il n’a pas arrêté d’éternuer, moucher et pleurer dès leur arrivée. Mais ce n’était pas une raison pour tordre le cou de la plus grosse sous prétexte qu’elle avait fait ses besoins sur son crâne chauve. C’est là que mon sang n’a fait qu’un tour et que je l’ai fichu à la porte. Bon débarras !

Gill

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pixabay

 

Le vent soufflait très fort ce soir-là : elle s’engouffra dans le café, belle, resplendissante, la peau satinée, la main droite baguée d’or et d’argent. Je la reconnus immédiatement : c’était bien la dame de la photo : c’était bien celle qui allait me remettre dans le droit chemin, jusque-là cabossé de nids de poule, hanté des fantômes d’une autre vie : vie gâchée, vie brûlée par le dérèglement de tous les sens si cher à Rimbaud, mais sans aucune ligne poétique dans mon carnet désespérément vide. Non, cette fois ce n’était pas la passante de Baudelaire dont les charmes sont proportionnels à la rapidité du passage : non, elle était bien là, assise en face de moi, des vrais yeux profonds qui ne luisent que pour moi, un vrai sourire, qui j’en suis sûr maintenant, tracera bientôt, cette nuit peut-être, ma route, la fin de ma désoeurvrance, de mes bohémienneries. Je me lève poliment, m’incline doucement : ne plus me comporter comme un mufle, faire preuve de délicatesse, de tact. Elle me fixe droit dans les yeux. Nos regards se croisent, s’analysent, se jaugent, s’estiment, s’aiment déjà peut-être. Je vais surement bafouiller, chercher mes mots. Elle lit ma détresse, se penche doucement vers moi, ses lèvres murmurent à mon oreille : « pour la totale c’est 150 euros !» je m’enfuis a toutes jambes dans le vent qui souffle de plus en plus fort, il fait froid !

 

Louis

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pixabay

Le vent soufflait très fort ce soir-là, elle attendait, elle écoutait ses hurlements déchainés, son cœur battait la chamade. Où était-il ? Que faisait-il ? Pourquoi n’était-il pas rentré comme d’habitude à 18 heures ?

Sa terrible dispute de ce matin la hantait, il était parti précipitamment, le visage chagrin et depuis le silence …

Il lui semblait que sa vie était gâchée : de vrais amis, elle n’en avait pas !...Elle l’avait lui, ce n’était pas un mufle,  bien au contraire, c’était un être délicieux, cultivé, plein d’attention. Elle avait l’impression qu’il satinait en quelque sorte le chemin sur lequel ils avançaient tous les deux,  il construisait des nids d’amour  les uns après les autres ….

Bon sang de bon soir … pourquoi avait-elle provoqué cette horrible dispute ?? Qu’est-ce qui lui avait pris ??  Cette dispute  tracera-t-elle  un chemin différent, un chemin rugueux qui aura perdu tout son satin . Ah ! Si elle pouvait remettre les aiguilles de l’horloge  à 8 heures ce matin, comme ce serait merveilleux !  Mais l’heure n’était pas baguée, elle était libre comme l’air !

Le vent soufflait très fort ce soir-là, elle attendait : un signe, un bruit, la sonnerie du téléphone mais rien, rien, seulement le désespoir et l’attente et les hurlements de la tempête.

Christine

 

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