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samedi, 25 novembre 2017

Le mot à mot des sports d'hiver

Chacun cherche deux mots, nom commun ou verbe, en rapport avec les sports d’hiver pour faire un pot commun.

On tire un mot au sort puis chacun commence à écrire un texte en y introduisant ce mot.

Toutes les cinq minutes, un mot est tiré. Il doit être introduit au fur et à mesure du tirage au sort dans le texte.

Chacun termine son texte après le quatrième mot.

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Théorie de Freud

wikimédia

 

            I stepped into an avalanche*

     « Remontez dans le temps, intima le psy chevelu à sa patiente sous légère hypnose, vous rajeunissez… rajeunissez… vous en êtes à présent au début de votre adolescence… et un souvenir remonte à la surface…

-Oh oui ! s’écria Ermeline, dont l’état ralentissait notablement l’élocution, oh oui, ça y est,  je me souviens ! J’ai treize ans, et pour la première fois, mes parents m’ont laissée partir en classe de neige, quel bonheur ! Mais dès le lendemain de mon arrivée, je suis tombée du tire-fesses et…

-Et cela vous a beaucoup traumatisée, évidemment.

-Oh oui Docteur, d’autant que dans ma chute j’avais perdu mon doudou, dont je ne me séparais jamais !

-Votre doudoune ? Vous vous étiez donc dévêtue entre temps ? Intéressant !!

-Mais non ! Mon « Doudou », je vous dis. Et j’imaginais déjà les sarcasmes de mon père, lui qui n’a jamais cessé de me prendre pour la reine des gourdes…

-C’est cela oui. La perte de doudou a sans nul doute constitué une fracture signifiante dans votre subconscient. En fait, n’est-ce-pas, il y a eu un avant et un après…

-Pas du tout ! Parce qu’en escaladant la paroi du trou (que mon corps en tombant avait creusé, oui j’étais un peu boulotte à cet âge-là) , en l’escaladant donc j’ai retrouvé Chouchou !

-Chouchou, bien sûr votre…

-Oui !!! Mon doudou chéri ! Oh ! Quel soulagement ! Quelle joie ! Mais…il y a eu d’autres choses aussi, ça me revient…

-Ah ? Je vous écoute.

-J’ai failli m’étouffer, à la cantine, avec un morceau de poulet avalé de travers ; et puis, je me suis perdue un soir en allant aux cabinets ; et puis aussi, Marion, cette chipie, m’a accusée devant la mono de lui avoir volé cinq francs et j’ai dû les lui rembourser, alors que ce n’était même pas vrai ! Oh Docteur, quelle honte !

- Je vois oui. Evidemment, tout cela n’était pas fait pour vous remonter dans l’estime de votre père et par conséquent dans la vôtre. Chère Madame, ne cherchez plus, toutes vos angoisses, tous vos blocages, si invalidants, proviennent de là, et ensemble, nous allons pouvoir désormais travailler à reconstruire une personnalité plus…

-  Attendez…attendez …je me rappelle…non Docteur, vous n-y- êtes pas du tout ! Oh mon Dieu quelle horreur ! Comment-ai-je pu oublier cela !

-Cela quoi ?

-Mais la catastrophe du téléphérique voyons ! Dont j’ai été la seule survivante, et ça Docteur, je le découvre maintenant, ça, mon père ne me l’a jamais pardonné ! »

 

 El Pé

* de Léonard Cohen. Merveilleuse chanson très engagée sur les chemins de l’angoisse.

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Base del Cerro Catedral en Bariloche. (Patagonia Argentina) 01

wikimédia

 

Sports d’hiver !!!

 

Equipée de pied en cap, me voilà devant la piste pour débutants ! Ouïe, ouïe, ouïe !!! Qu’est ce qu’il m’a pris de me laisser embarquer dans une histoire pareille ??? Je n’ai jamais fait de ski et à mon âge ce n’est pas évident de s’y mettre !!!

Bien, le tire-fesse  est là ! …  Que faire ? On me fait signe de me dépêcher ! Tant bien que mal, avec ces grandes planches aux pieds ce n’est pas très commode, je réussis à attraper la perche, j’essaie de poser mon auguste postérieur sur la barre mais patatras, ma doudoune se prend dans je ne sais quoi et me voilà parterre, toujours agrippée à la perche, je suis traînée jusqu’en haut de la petite piste. Ce n’est vraiment pas glorieux !  J’essaie de me relever, après plusieurs essais j’y arrive enfin ! La neige est fraîche, Je suis trempée ! Courage, maintenant il faut redescendre si possible sur ces 2 appendices bleu et blanc fixés sur mes chaussures !!! Comme ce serait plus simple avec seulement les chaussures !!!Bon tant pis, tant qu’il n’y a pas de mauvaise chute et de fracture, il faut y aller. Vacillante, je dirais même chancelante, me voilà partie, grotesque lutin, sur la pente douce pour débutants.  Les petits, les tout-petits me dépassent en slalomant avec aisance SANS bâton !!!  Tout doucement, tout doucement je négocie un premier virage sans tomber puis un second. Je me sens ragaillardie après ces deux premiers succès !!

Je me lance, eh oui ! J’ose. Je glisse, je skie, la vitesse me grise. D’accord vitesse est un bien grand mot, mais j’y vais, tout schuss ce sera pour plus tard !!Mon ski gauche cogne violemment sur mon ski droit, quelle drôle d’idée ! J’arrive en bas de la pente la tête la première sans ski ! Rien de cassé, je me relève, je ressemble à un bonhomme de neige !

Je regarde la queue au pied du téléphérique ! Ce ne sera pas pour demain !!! Le tire-fesse m’attend !!! Pourvu que je ne rate pas mon coup cette fois-ci !!

 

Christine

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pixabay

 

Marcel s'agrippe au tire fesse tant bien que mal : qu'est-ce qu'il lui a pris de suivre les conseils de la marquise de saint Euverte ? Bien sûr que le froid, la neige, le sport lui feraient du bien ! Les crises d'asthme s'espaceraient miraculeusement comme aspirées par les bâtons des skis !

« aie » cette fois c'est le genou gauche qui a subi le choc! Aie ! Aie,

 

Marcel a froid, sa doudoune est déchirée, qu'est-ce qu'on peut être maladroit avec des gants rembourrés ! Les jeunes filles en flocons le regardent en riant : pas moyen de tenir debout sur des maudites planches ! Albertine, Andrée, slaloment à toute vitesse, le frôlent, lui coupent la piste, il se retrouve par terre et glisse tant bien que mal jusqu’à la vallée, sur les fesses ! Et ben Marcel ! Qu'est ce qui t'arrive, t'es a la recherche des bâtons perdus ?

 

Marcel se relève péniblement, grelotte, s’étouffe, crache, pleure, entre lui et Albertine la fracture est désormais inévitable ! Il va envoyer un bleu au Ritz en ordonnant qu'on vienne le chercher immédiatement ! Il monte précipitamment dans sa chambre d’hôtel, Françoise comprend, ça va barder, elle lui prépare un thé bien chaud avec des petites madeleines, si seulement les réminiscences pouvaient le calmer !! une, deux, trois quatre couvertures plus tard ! Un deux trois quatre oreillers entassés comme un nid douillet sous sa tête en feu ! L'effet de la petite madeleine commence à se faire sentir, il revoit la maison de sa tante Léonie, mais emmitouflée dans la neige ! Un immense téléphérique transportant sa grand-mère, sa mère, Françoise et toute sa famille, se décroche soudainement et va s’écraser sur le toit de la maison. Il sonne : Françoise arrive en courant,

 

J’avais dit pas de thé à la bergamote !

 

Louis

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Addis Abeba01 (Sam Effron)

wikimédia

 

La médaille d’or

Le tire-fesses n’a pas besoin d’être vérifié, il est ultra moderne. Depuis le début du 21ième siècle, les chinois n’arrêtent pas d’investir en Ethiopie et de transformer sa capitale, Addis Abeba  en une mégapole tentaculaire où se déroulent, aujourd’hui, à l’aube du 22ième siècle, les jeux olympiques d’hiver. A l’aide de canons à neige ultra performants, le mont Entoto a été transformé en un impressionnant domaine skiable. Où est la vaste forêt d’Eucalyptus abritant les monastères, où sont les souvenirs du couronnement du roi Ménélik II ? Enfouis sous des tonnes de bâtiments futuristes et incongrus, sur cette terre où il y a 100 ans, on vivait encore dans les campagnes comme au Moyen-Age.

Il fait froid ce matin quand Florent sort de l’hôtel et il a mis sa doudoune la plus chaude. Il se rend à la patinoire olympique pour s’y entraîner. Rendez-vous compte, il fait partie de l’équipe de France de patinage artistique et ce soir participe à l’épreuve programme libre hommes. Florent est séduit par la foule dense et colorée qui se presse dans les rues et stupéfait de l’intense circulation qui y règne. Il y a des adversaires redoutables dans l’équipe éthiopienne. Eux qui étaient champions de course à pieds, tellement habitués à parcourir des kilomètres dans leurs montagnes par tous les temps, sont devenus des patineurs émérites qui seraient capables de remporter des médailles d’or. Leur seule faiblesse est leur paresse ancestrale qui les empêche parfois de s’échauffer suffisamment et pourrait les exposer à une éventuelle fracture.

En laissant ainsi cheminer sa pensée, Florent arrive à la patinoire. Ce soir, c’est la dernière épreuve qui peut lui permettre de rapporter une médaille d’or à la France. Le temps passe en entrainement intensif, léger repos et déjà l’heure de la compétition arrive. La tension monte mais Florent est prêt. C’est à lui. Une respiration, concentration maximum et il s’élance tel un oiseau volant harmonieusement au-dessus de la glace. Le silence est palpable, les yeux, braqués sur lui. Une merveille cette prestation……et des notes en rapport.

Le téléphérique s’est arrêté faute de candidats à l’ascension de l’Entoto, tout le monde étant à la patinoire en attente des résultats. Le score va être affiché :

Médaille d’or, Florent Duval France

Médaille d’argent, Ismaël Takara  Ethiopie

Médaille de bronze, James Davies  Etats-Unis

Hourrah, Florent, qui en avait tant rêvé, pleure de joie. Son travail et son courage sont récompensés. L’esprit de son arrière grand-oncle, qui a vécu un temps à Addis Abeba dans sa jeunesse, a dû l’inspirer pendant sa prestation. L’année 2095 est son année !

Gill

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La fin ou le bout du monde

Après avoir cherché des mots commençant par « mon », chacun en choisit un pour former une liste commune.

En 20 minutes, chacun écrit un texte contenant les mots de la liste et commençant par l’une des deux phrases suivantes :

« C’est pas la fin du monde tout de même »

« J’irai jusqu’au bout du monde »

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Dentelles de Montmirail 1

wikipédia

 

« J’irai jusqu'au bout du monde » : juchée sur un monticule, au-delà des dentelles de Montmirail, quelque part entre Avignon et Mondragon, Monica se projette dans le passé. Du temps de la monarchie, elle était princesse, ou peut être reine, ou encore courtisane, délicieusement parfumée au monoï, elle se montrait à la cour, et les ducs, les marquis, les nobles, la vénéraient et se prosternaient jusqu'à terre, lui offrant des cadeaux somptueux, diamant, or, argent, rubis, pierres précieuses.

Monica la belle redescend lentement, la sonnerie retentit. Gégé, le monte en l'air récidiviste, se lève. Le gardien l’accompagne. Un geste de la main. Monica le reverra au prochain parloir. À moins que la monotonie des jours perdus ne l'engloutisse à jamais.

Louis

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 fr:Image:Tiaré tahiti.jpg by fr:Utilisateur:FRED

 

« C’est pas la fin du monde quand même » !!!! s’exclame Monica rouge de colère, drapée dans un peignoir de soie chinoise, j’ai terminé le flacon de monoï …  et après !!! … Utilisez autre chose !!! … »

« D’accord, répond Pierre-Louis de Mondragon, là n’est pas la question ! Ce monoï était unique, il n’en existait que dix flacons dans le monde dont celui-ci, l’avant dernier.  Le dernier appartient à Philippe-Etienne de Beauplaisir, prince d’une monarchie déchue.   Il va falloir que je demande à Gaston, le monte-en - l’air d’aller subtiliser discrètement ce dernier flacon ! »

Monica est hors d’elle :

« Que d’histoire pour du monoï !!! Je ne vous comprendrai jamais ! Montrez-moi l’étiquette du flacon ! Qu’y a-t-il de si particulier dans sa composition ?? »

« Ma chère Monica ce monoï a un ingrédient secret, que je ne puis vous révéler. »

« Ah ! Puisque c’est votre réponse ! Je préfère partir !  Dommage car je ne peux pas dire que la vie avec vous soit un long fleuve tranquille, empreinte de monotonie ! J’aimais assez cette idée de vivre auprès de vous de nombreuses aventures, mais cette histoire de monoï est la goutte qui fait déborder le flacon, pardon le vase ! »

« Très bien ma chère puisque vous le prenez sur ce ton-là, habillez-vous, prenez vos petites affaires et partez droit devant vous jusqu’au monticule, vous voyez ce petit monticule là-bas à 200 mètres ? Eh bien de l’autre côté se cache l’ingrédient secret !...   Bonne route et bonne chance !!! A un de ces jours peut-être !!!... »

 

Christine

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La fin du monde

C’est pas la fin du monde tout de même ! C’était la phrase préférée de mon père. Il comparait toujours les ennuis du quotidien à des faits beaucoup plus terribles et nous apprenait à tout relativiser.

S’il avait vu la monarchie s’effondrer et la guillotine trancher la tête de Louis XVI, il l’aurait dit. S’il avait surpris un-monte-en l’air s’enfuyant avec les bijoux de ma mère Monica, il l’aurait dit. S’il avait vu en flamme la ville de Mondragon, il l’aurait dit.

Mais aujourd’hui, s’il était encore là, même en voulant montrer le plus grand optimisme, je crois qu’il ne pourrait pas le dire, car la fin du Monde, justement, est annoncée pour demain midi, dans douze heures exactement. Et autour de moi, c’est le silence uniquement perturbé par la monotonie du bruit de la pendule du couloir dont chaque sursaut de la grande aiguille égrène le compte à rebours.

Je voudrais faire tant de choses avant que l’énorme météorite n’entre en collision avec la terre, et je ne sais pas par quoi commencer. Peut-être tout simplement devrais-je me mettre en paix avec moi-même, penser à tous ceux que j’aime et qui sont loin, ou imaginer un moment de détente sur une plage de sable fin, où prête à me baigner, je m’enduirais le corps de monoï.

Et oui, j’extrapole, mais que ferais-je si ces pensées inspirées par le monticule de petits fragments de météorite que j’ai sous les yeux, trouvés hier dans mon jardin, devenaient réalité ? Heureusement, nous n’en sommes pas là et nous avons encore de belles années à vivre.

 

Gill

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lundi, 20 novembre 2017

Sur un air de musique : Ismaël Lo

En écoutant Ismaël Lo chanter « Biguisse »,

écrivez un texte sous forme de poème ou de texte poétique,

né des images que vous suggère la musique

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Sur un air de musique !!!

Dimanche, le zocalo* est noir de monde.

Le soleil jette du plomb sur les têtes brunes.

Au centre les musiciens se démènent.

Les danseurs, vêtus de costumes multicolores sont pris de frénésie.

La foule tape des pieds, tape des mains en rythme.

Dans les étables, dans les champs les bêtes s’agitent.

Tout le village est en fête.

Les soucis, petits et grands sont oubliés.

C’est la fête !!!

La fête du village !!!

Viva la fiesta !!!

 

Christine

 

* Zocalo : en Amérique Latine et notamment au Mexique le zocalo est la place principale d’une ville, d’un village.

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Rythme, cris, percussions, danses endiablées,

Elle danse, un deux trois, cinq six sept, elle danse :

Salsa, cuba, contre lui, elle, bien aimée,

Chaloupe, dérive, s'écoule, enivrante.

 

Regards enchaînés, mains incrustées, elle danse

Jusqu'au bout de leur rencontre inachevée,

Jusqu’au bout de la nuit éternelle elle pense

Que c'est lui, lui seul, l'élu, le bien aimé.

 

Emportés par la musique, les amants volent

Enchanteresses voltiges l'ivresse de leurs sens

Un deux trois ; cinq six sept, ça glisse et virevolte

Garde le souvenir quand viendra le silence.

 

Louis

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Veillée d’ailleurs

 

Feu rougeoyant

Flammèches dansant au gré du vent,

Regards brillants,

Tam tam rythmant

La ronde des corps ondoyants,

Mains percutant l’instrument,

Pieds aux bracelets tintants

Tapant le sol fiévreusement,

Gaité des voix se répondant,

S’apostrophant au soleil couchant.

Forêt s’endormant

Animaux nocturnes s’éveillant,

Cris stridents

Dans le secret de la nuit.

Bienvenue dans mon village.

 

Gill

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mercredi, 01 novembre 2017

Cap sur..... Quel sera le vôtre ?

Après avoir cherché de mots commençant par « CAP »

Nous retenons la liste suivante

capitulaire    caprice   câpre   capitonner

capitaine   capucine   capricorne

 

En 20 minutes, écrire un texte contenant les mots de la liste commune dont le titre sera

« Cap sur….. »

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pixabay

 

Cap sur le port de l'angoisse

 

Je sèche lamentablement, depuis plus d'une heure !

« Que signifie le mot « capitulaire ?»

Les trois examinateurs en cravatés me fixent du regard : le plus grand, sans doute le capitaine, me toise d'un air méprisant : il faut dire que j'ai passé une nuit agitée : me pelotonnant tant bien que mal dans la capucine du camping-car que m'a prêté Antoine : mon meilleur copain qui n'a pas, lui, à réussir un examen ce soir !

Réveil encore barbouillé par la pizza de la veille, bourrée de câpres, froide évidemment ! Il y a bien un four dans le camion, mais il fait des caprices quand on n'a pas d’électricité ! En plus de ça, pas de rasoir, et juste un reste d'eau dans le jerrican qui n'a pas vu le jour depuis un an !

 

« Monsieur : veuillez répondre s'il vous plaît à la question suivante : qu’est-ce qu'un capitulaire ?»

Les trois examinateurs, capitonnés dans leur rigidité psychotique me fusillent du regard : je m’éponge et suffoque : je dois dire quelque chose, absolument ! Sans ça je suis foutu !

« Euh : alors voilà, Vous connaissez l’île de Capri ? Et bien Christophe Colomb, à bord de la Nina, a fait résonner sa corne de brume, sa capricorne, et l'écho lui a répondu :  « Capri c'est fini » !  Ce fut donc une capitulation et c'est pourquoi on dit maintenant que cette île est capitulaire

 

Les trois croque mitaines me désignent un siège au fond de la classe, et se lancent dans une discussion animée, en me regardant à la dérobée : soudain, ils se retournent et m'applaudissent, me congratulent ; hourra ! Ça y est, je suis reçu, je suis capétien !

 

Louis

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pixabay

 

Cap sur……l’avenir

Gian est en train de chantonner sur l’air de « dansons la capucine ». Sa petite tête blonde oscille dans le siège-auto bien capitonné. Je le regarde, fragile, abandonné, confiant, tout à nous, et tout à coup je me mets à penser à ce qu’il sera devenu dans une trentaine d’années.

Je le vois, capitaine au long cours, une casquette galonnée d’or fièrement posée sur sa tête, mettant le cap sur la Polynésie, après avoir traversé le canal de Panama.

Ou plutôt je l’imagine ecclésiastique, participant à un séminaire dans la salle capitulaire d’une célèbre abbaye.

Ou encore, devenu chef étoilé, ayant inventé la recette du siècle, donnant la dernière touche à une salade exquise destinée au chef de l’Etat, en la parsemant de câpres.

Ou alors, dans une fusée, mettant le cap sur la Lune, nous laissant sur Terre, tristes, inquiets, mais si fiers de notre progéniture. Pour un petit capricorne organisé, sérieux, persévérant, ce serait un bien bel avenir.

Ou enfin, peut-être…….

Mais en attendant, ses cris perçants me sortent de ma rêverie. Il a perdu sa suce et il hurle. Bref, nous aurons droit à un gros caprice avant l’arrivée, parce que pour le moment, avec notre chérubin, avant de mettre le cap sur l’avenir, nous le mettons sur la crèche où nous allons déposer l’enfant adoré avant de filer travailler, comme chaque matin.

 

Gill

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Tropico del capricorno Madagascar Regione di Atsimo-Andrefana

wikimédia

 

L’abbaye bénédictine de Chichoulet se trouve exactement sous le Tropique du Capricorne, c’est une abbaye de grand renom, vieille de 600 ans.

Il y a au centre de l’abbaye une salle capitulaire aux proportions harmonieuses, elle est capitonnée de velours mauve du plus bel effet, les frères adorent y tenir leur réunion. Avant chaque réunion   le frère Matthieu des Anges dispose sur la longue table en bois des brassées de capucines. Puis il se rend à la cuisine où le frère Jean du Paradis prépare les filets de poisson apportés le matin même par le capitaine Patefolle qui a passé la nuit en mer. Frère Matthieu des Anges se précipite dans le potager afin de cueillir des câpres qu’il rapporte triomphalement au cuisinier. Ce dernier mitonne LA Sauce qui, nappée sur les filets de poisson, fait le délice des frères. L’ingrédient principal étant les câpres cueillies avec amour par frère Mathhieu des Anges. Par un horrible caprice du hasard, les câpres n’étaient pas assez mûres et La Sauce a tourné !!!   Quel malheur !!!

La réunion ne sera pas aussi joyeuse que d’habitude car les filets de poisson à La Sauce ne la clôtureront pas comme d’habitude ….

C’était Cap sur le Tropique du Capricorne .

 

Christine

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Marsdustdevil2

wikimédia

 

Cap sur…

      Ils s’étaient réunis dans la salle capitulaire d’un couvent voisin de la station spatiale. Bien sûr qu’il en existe ! Il fallait au moins ça pour méditer un moment, faire le point sur leur existence et raffermir leur courage juste avant le décollage. Trois. Deux hommes et le capitaine : une femme. Choisis selon les caprices du chef de projet qui, bien entendu, ne faisait pas partie du voyage.

     Quels étaient donc ces critères de choix ? Rien de moins qu’arbitraires, il faut en convenir : et bien, la jeune (et jolie) capitaine se nommait de surcroit Capucine ; le plus âgé des deux hommes était Capricorne, signe préféré du chef de projet, vu que c’était le sien ; quant au second, il possédait un teint qui tenait plus du câpre que de l’olive, ce qui, naturellement, le rendrait fort sympathique aux éventuels extra-terrestres de rencontre.

    Après s’être recueillis un laps de temps raisonnable (ils avaient, et c’est bien normal) un horaire strict à respecter, les trois cosmonautes, avant de revêtir leurs combinaisons, allèrent uriner à l’endroit sacralisé par Youri Gagarine, tradition oblige. Ils s’engagèrent ensuite dans l’ascenseur capitonné qui les conduisit en un éclair jusqu’à la tête de la fusée.

      A partir de cet instant, tout alla encore plus vite : installation, branchements, compte à rebours et enfin mise à feu des réacteurs pendant que les épouses de deux des cosmonautes éclataient en sanglot…essentiellement parce que Capucine était célibataire…ou pour une autre raison, peut-être.

     La fusée décolla. Son nom, en rouge et en russe, se détachait bien sur le blanc étincelant de son fuselage : « CAP SUR MARS ».

      Elle arriverait sans nul doute la première. Oui, car, hasard des fuseaux horaires, celle des américains ne décollerait que dans une heure. Ainsi va la vie dans l’espace, damned !

 

 El Pé

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