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dimanche, 13 août 2017

Devinez qui habite ici ?

Vous entrez dans un appartement inconnu.

En 20 minutes, décrivez ce que vous voyez afin de nous faire deviner la

personnalité de l’occupant.

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café.jpg

 

Qui vit ici ?

Ce qui m’interpelle d’emblée, la porte à peine ouverte, est l’odeur indéfinissable, légère, à laquelle je n’arrive pas à donner un nom.

L’entrée est lumineuse, éclairée par la baie vitrée de la pièce qui lui fait face. Sur la gauche, une porte entrouverte laisse apercevoir un petit placard où sont alignées trois paires de chaussures de randonnée, identiques. Deux sont visiblement neuves et la troisième montre des signes d’usure attestant de son utilisation fréquente. Sur le mur de l’entrée, un grand tableau où un planisphère invite d’emblée à s’ouvrir au Monde.

La pièce à vivre est spacieuse et une grande partie est occupée par une bibliothèque en bois exotique fermée par des portes vitrées. Elle contient des livres de toutes sortes, ce qui témoigne de l’éclectisme de l’occupant. Une partie du meuble semble consacrée aux beaux livres, tous sur l’Afrique, l’art, la vie, les bijoux, les peintures, les civilisations. Une autre partie est plus hétéroclite. Y avoisinent Jules Verne, Henri de Monfreid, Lord Jim, La vie de Lawrence d’Arabie, Les grands explorateurs, le guide du routard, la géographie de l’Afrique de l’Est, ainsi qu’une pile de magazines « Géo » et quelques Tintin – les préférés sans doute – et des romans on ne peut plus classiques, au format livre de poche.

Derrière un paravent tendu de tissu indien, un bureau rempli de papiers, de cartes routières, d’un chargeur solaire, d’un ordinateur portable, et de trois smartphones dernier modèle. Sur le mur, une petite étagère où trône un poignard yéménite en métal martelé et, dans un coffret en bois décoré, une grosse bague afghane à la pierre d’un bleu profond.

Sur la table de nuit, un réveil de voyage et un livre ouvert, « l’Abyssin ».

Par terre, un petit creuset qui a conservé une odeur de cendres refroidies. C’est celle que j’ai sentie en entrant, je la reconnais et je me dis que le voyageur l’a apportée avec lui. Oui, je le crois, celui qui vit là aime les voyages ! Non loin, un service à café traditionnel en bois, comme ceux qu’on voit sur les photos de la cérémonie du café en Ethiopie.

Le voyez-vous, le maître de ce lieu ? Moi oui. Je le vois en transit, dans un aéroport, n’importe lequel, le sourire aux lèvres et le nez au vent, prêt à partir à la découverte du monde, prêt à s’envoler pour ailleurs, après un dernier signe de la main.

 

Gill

 

 

samedi, 12 août 2017

Journée "Portes ouvertes"

 

A l’occasion de la journée portes ouvertes du mois de juin, l’atelier d’écriture a proposé aux visiteurs d’écrire sur l’une de ces consignes :

Faire l’acrostiche de UTT

Faire l’acrostiche de UTT de Béziers

Ecrire un texte sur le thème : « Qu’ai-je remarqué à l’UTT ? »

Ecrire un texte libre

 

Voici quelques-uns des textes inspirés par nos consignes

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IMGP2549.JPG

 

                        Acrostiche sur UTT… De Béziers

 

Université du Tiers Temps

Tous les adhérents sont contents

Tant et si bien que tous les ans

De plus en plus les gens

Bénissent cet emploi du temps.

 

       Loulou

 

                           Acrostiche sur UTT

 

Unir les cheveux gris, les cheveux blonds,

Trouver des talents, en toutes saisons,

Tracer des chemins, par mots et par monts.

 

  Liliane

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Une feuille, un crayon

Tout est prêt, tout est bon

Tant l’écriture ça tourne rond.

 

    Line

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Une maison pour tous

Théâtre d’activités variées

Terminé la monotonie quotidienne

 

   Gilliane

 

 

               Expression libre

 

       Aujourd’hui il pleut mais regardez c’est évident les petites gouttes de pluie tambourinent joyeusement sur la vitre elles s’étiolent et s’irisent soudainement lorsque jaillit une étincelle d’un rayon de soleil couchant.

Vivement le beau temps et que soudain les Hirondelles.

 

   Gisèle

 

 

                        Qu’ai-je remarqué à l’UTT ?

 

Qu’ai-je remarqué à l’UTT ? Bonne question et bonne idée, car en sept ans de présence, les yeux et les oreilles en points d’interrogation ! Tout d’abord la coordination et l’information, ce sont des mots inconnus à l’UTT, mais espérons que ce manque va se combler. En tout cas les nombreuses activités proposées sont appétantes et souhaitons que les adhérents soient de plus en plus présents.

 

   Lisette

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Insolites, un sac et des chaussures accrochées sur un mur évoquent les fatigues et les plaisirs des randonnées.

Visites d’un jour, sorties de trois, voyages de huit, autant de bons moments dans notre quotidienneté.

    

    Line

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                        Les oiseaux de mosaïque

 

C’est le vert que l’on remarque tout de suite. Un vert invraisemblable, qui ne   doit exister qu’en Amazonie ou sur la canopée de la jungle birmane. Et tout de suite après, les quatre oiseaux. Parce qu’ils sont quatre. Quatre comme les Mousquetaires, comme « les  Garçons dans le vent »*, comme les vents du Midi et d’ailleurs…… quatre comme les Saisons de Vivaldi.

Et l’on se plait à imaginer une autre musique : celle de ces quatre oiseaux   qui nous regardent…peut-être.

 

    Liliane 

 

*Les Beatles, pour les nouvelles générations

 

 

J'aménage mon bien

En 20 minutes, écrivez un texte sur le thème suivant :

Réflexions sur l’aménagement d’un bien immobilier

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carrière.jpg

pixabay

 

                                Nous entrerons dans la carrière…

    Pour sûr que j’ai eu le temps de réfléchir ! Depuis le temps que ma vieille Tatie Prudence m’avait promis une surprise le jour où le notaire lirait son testament ! Je devais avoir…oh, pas plus de dix, douze ans  quand elle a commencé à m’en parler et pas moins de cinquante quatre lorsqu’elle nous a quittés…alors…

       Alors, ce qui est sûr également, c’est que je ne m’attendais pas à ça !

Oui, parce qu’elle avait comme qui dirait du bien, ma Prudence, et un tas d’héritiers, qui plus est. A qui ont échu : la villa des Deux Sèvres, les quatre studios à Paris, la petite maison de pécheur de Palavas. Sans compter les lingots, Bons du Trésor, Assurance-vie et j’en passe…

        Moi, j’ai hérité d’une vieille carrière dans l’arrière-pays héraultais, alors, n’en déplaise à la consigne, il m’a fallu un peu de temps pour imaginer ce que j’allais bien pouvoir en faire. Et puis, grâce à la fois à Agatha Christie et aux jardins d’Hadrien, j’ai trouvé.

   J’ai aussi trouvé le jardinier paysagiste qui va m’aider à mener à bien le projet. Contrairement à celui du roman, le mien serait plutôt moche mais il est tout aussi talentueux, que l’on se rassure.

     Voici-donc la petite merveille à qui nous allons donner naissance d’ici peu :

Après avoir fait venir des tonnes de terre (toutes mes économies vont y passer, mais faut savoir ce qu’on veut), nous allons recréer, en espalier, une flore méditerranéenne luxuriante, dessinant un labyrinthe. C'est-à-dire qu’il y aura, bien entendu, une entrée en haut et une sortie en bas, avec un seul chemin pour y parvenir et un tas d’autres ne menant nulle part.

       Et en bas justement une immense piscine remplacera le sinistre étang de ballastière actuellement existant pour accueillir nos promeneurs épuisés par la chaleur, la fatigue et surtout à coup sûr morts de soif.

        Un bar se fondant dans la nature les attendra et, moyennant  finance, leur offrira tout un assortiment de boissons aussi fraiches que bio….pouvant être dégustées à l’ombre des pins parasols.

      Je pense rentabiliser ma petite affaire très vite. C’est aussi l’avis de Diego-mais oui, vous savez bien, le jardinier paysagiste- qui vient de me demander en mariage.

       Voilà pourquoi je ne doute plus-et mille fois pardon de m’en être rendue coupable un moment ma chère, très chère Tatie Prudence- d’avoir toujours été, de toute la famille, ta préférée. Près de la piscine, tu auras ta statue en pierre blanche, je te le promets.

 

              Ta très, très, très  reconnaissante

 El Pé

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"Ce fut le bonheur"

 

En 20 minutes, écrivez un texte inspiré par la phrase

« ils ne savaient pas que c’était impossible, alors ils l’ont fait »

qui se termine par

« et ce fut le bonheur »

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fusée.jpg

pixabay

 

                     Sidérant

     On était tous dingues de SF ; trois garçons, trois filles de quatorze à seize ans amoureux d’Asimov,  Van Vogt et de Space Opera, lorsque l’exploit de Gagarine nous ouvrit soudain toute grande la Porte des Etoiles. Si lui avait réussi à le faire, pourquoi pas nous ?

        Personne ne vint nous dire que pour des gosses, c’était impossible, alors on l’a fait.

      Dans un vieil entrepôt désaffecté. En s’y mettant tous, nous avons construit, en sept semaines, une fusée capable de dépasser la vitesse de la lumière et , par une belle nuit étoilée, nous avons quitté la Terre et atterri, cinq minutes et simultanément un million d’années plus tard sur une petite planète sympa comme tout, peuplée de ce qui ressemblait le plus à de mignons nounours en peluche qui ont tout de suite adoré jouer avec nos enfants. Oui, car évidemment nous avons fondé trois familles et nos descendants sont partis à leur tour découvrir d’autres mondes…

…Mais en même temps, comme vous pouvez vous en rendre compte, nous vivons aussi, ici, parmi vous. Grâce au fameux E=MC2 qui nous permet de voyager dans l’espace et le temps.

        Et si je m’autorise à le dire aujourd’hui, c’est parce que c’est le dernier atelier d’écriture de l’année et que d’ici la rentrée, vous aurez tout oublié.

A que tchao.

         El Pé

 

 

vendredi, 11 août 2017

Avec des "cha", parlons de Chat

Après un jeu qui  nous a permis de trouver des mots commençant ou finissant par

« cha »

 nous écrivons un texte les contenant, dont le titre est

« Une vie de chat »

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 Une vie de chat

 

      La vie de chat, ce n’est pas toujours la vie de château. Plutôt le cirque, sans chapiteau et parfois même la galère, attelés, pauvres félins, à la charrue de l’existence. Car en effet, qu’elle s’appelle Natacha ou Shakira, notre maîtresse peut être (et oui, ça arrive !) un vrai chameau. Mais en revanche, nos amis les chanoines sont, promis, juré, les meilleurs maîtres du monde, honnissant les chasseurs et arborant un petit air chafouin que l’on adore ! Ils nous comprennent si bien, sachant pertinemment que lorsque l’on fond sur une proie- souris, lézard, ou oiseau, au choix- en lui miaulant « Gotcha* !! », c’est bien souvent juste pour chahuter un brin !

    Avec nos amis donc, pas de danger de charivari-ils sont si calmes !- ni –ils sont gens pacifiques- de châtaignes imprévisibles ! Nous menons une vraie vie de pachas, à rêver ou faire des entrechats au soleil…ou encore, ô instants sublimes, à nous diriger, d’une belle démarche chaloupée, à la rencontre d’’une charmante  minette… qui nous dira, avant de succomber : « Chapeau l’artiste ! ».

 

El Pé

 

* « Je t’ai eu », en argot américain  

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choisis ton collier, belle minouche.

 

Ma vie de chatte heureuse

La vie de chat, quelle merveille pour moi !

Quelle merveille de pouvoir faire impunément du charivari dans le salon, en faisant sauter d’une patte adroite la châtaigne trouvée dans le jardin.

Quelle merveille de pouvoir regarder tendrement ma portée de chatons installée douillettement dans la cabane du jardin, bien à l’abri, par une maîtresse attentionnée.

Quelle merveille d’être caressée maladroitement par la petite main de bébé, tandis qu’il vocalise sur un charabia devant lequel toute la famille s’extasie, mais que lui seul comprend.

Quelle merveille, dis-je……. Pas toujours !

Quelle tristesse la vie d’un chat des rues obligé de manger de la charogne trouvée dans une infâme poubelle.

Quelle frayeur le voisinage avec de gros matous sanguinaires cherchant la bagarre.

Enfin, tout cela fait partie de la vie de chat, qui n’est pas la plus difficile quand on sait que tant de gens les aiment, me direz-vous.

Enfin, moi, au moins, je ne suis pas obligée de faire la chasse aux rats. Pouah, Dien m’en préserve. Mais au fait, et la vie des rats, comment est-elle ? Quel rat ? Celui à la longue queue qui habite les égouts ou celui qui fait des entrechats sous les toits de l’Opéra ?

Ah mais ceci est une autre histoire ! Nous en parlerons un autre jour.

Gill

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Histoires terrifiantes

Racontez votre souvenir le plus terrifiant

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Mh eisenbahnweiche mit handhebel

wikimédia

 

Algérie. Oranie.Sidi-Bel-Abbès. Années 50.

    Il fait très chaud. C’est l’été et tout semble surexposé, phénomène coutumier dans le Sud.

 Ce matin, nous sommes partis de bonne heure, à la fraiche, mon père sur la mobylette, mon frère assis derrière et moi pédalant à côté sur ma bicyclette…rouge.

Il est comme ça mon père. Contre l’avis de tous et malgré les « évènements », ainsi nommés pudiquement par la presse et la population, il ne résiste pas au plaisir de nous emmener en ballade, mon frère et moi, chaque fois qu’il est en congé. Il adore, et nous aussi, découvrir des petits coins insolites, loin de la civilisation…quant au danger…quel danger ?

   Ce matin, après avoir quitté la ville, nous avons roulé longtemps sur un petit chemin de terre longeant une voie ferrée, celle qui relie Alger à Tlemcen, en fait. Il fait de plus en plus chaud, on a faim, on a soif ! Fort heureusement, un bosquet de pins maritimes apparait juste sur notre droite et nous invite à prendre un peu de repos à l’ombre de ses branches…ce que l’on accepte avec joie. Une fois sortis gourde, tartines, barres de chocolat, y avoir fait honneur et Papa bien installé pour une micro sieste réparatrice, nous décidons, enfin JE décide d’aller explorer un peu les alentours. A vrai dire il n’y a pas grand-chose à découvrir : des champs déjà moissonnés à perte de vue et la voie ferrée comme deux coups de ciseaux parallèles tranchant le paysage uniforme. On s’en approche et soudain, Dieu sait pourquoi, il me vient une envie irrésistible de passer d l’autre côté. Pourquoi ? Puisqu’à l’évidence rien de bien intéressant ne nous y attend mais… l’enfance a ses raisons que la raison ne connait pas. Il est vrai qu’à cet endroit précis une sorte de petit passage à niveau en bois a été aménagé pour protéger un jeu d’aiguillages.

Est-ce l’évocation d’un gué, surplombant une profonde rivière foisonnant de piranhas ? Sans doute. Toujours est-il qu’après avoir fait signe à mon frère de me suivre, et essuyé de sa part un refus à la fois poli et prudent, je m’élance en courant sur le dit-gué et…CRAC ! Mon pied gauche vient se coincer entre les deux morceaux de rails du premier aiguillage. Et impossible de l’en retirer. Moi, étrangement, je me mets à rire (j’avais alors dix ans) tandis que mon frère, affolé (mais il dramatise toujours, ce gosse) va prévenir mon père. Celui-ci arrive, pressé, pâle et effaré, visiblement tiré de son sommeil pour se retrouver en plein cauchemar. Il va essayer durant un temps qui doit certainement lui sembler très long, de sortir mon pied de ce maudit piège. En vain. La sueur ruisselle sur son visage pendant que je continue à rire comme une andouille. Finalement, en me triturant la cheville dans tous les sens, il y parvient. Et constate avec soulagement qu’il ne l’a même pas cassée.

    Après m’avoir fait jurer dune part de ne plus jamais recommencer, et d’autre part de ne rien dire à Maman, nous prenons le chemin du retour.

    Moins de cinq minutes plus tard, nous croisons l’express Alger-Tlemcen lancé à pleine vitesse et le mécanicien, sympa, (et qui d’habitude ne rencontre que des chèvres dans la région), nous envoie un coup de sifflet amical.

         C’est alors que je me suis mise à trembler, trembler, trembler, sans pouvoir m’arrêter…

       … Mais cela ne nous a pas empêché de poursuivre nos ballades jusqu’au mois de Juillet 1962…bien sûr.

 

El Pé

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chien 2.jpg

pixabay

 

C’était le soir vers 18 heures. Ce n’était plus le jour, ce n’était pas encore la nuit. J’avançais sur le trottoir, au ras des villas neuves avec jardins si bien entretenus qu’on les aurait dit créés par un grand paysagiste. C’est le moment où l’on hâte le pas en pensant au calme de sa maison. La plupart des grilles étaient déjà fermées. Sauf une, celle devant laquelle je passais tranquillement.

          Soudain, un chien- loup au poil foncé surgit devant moi, gueule ouverte, dents apparentes, grondant férocement , le poil hérissé. Je n’eus pas le temps de penser au loup du Chaperon Rouge car mon esprit se vida.

           Je me figeai, paralysée par la peur, l’horrible peur qui me poussa à hurler : « Au secours ! Au secours !! ».

            Une voiture s’arrêta, le chauffeur descendit, brandissant je ne sais trop quoi. Le chien rentra dans le jardin que le propriétaire traversa en courant pour fermer la grille. Je lui criai des injures, les plus grossières que je connaissais. Merci mon frère de me les avoir apprises.

            La voiture repartit ; moi aussi, les jambes tremblantes, couverte de sueur.

            Je ne suis jamais repassée dans la rue. J’ai peur des chiens, depuis le petit chi-hua-hua enrubanné jusqu’au mastodonte, peut-être inoffensif…

             … Mais ça, comment le savoir ?

 

 Line