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mercredi, 25 janvier 2017

S'inspirer d'une chanson

En 20 minutes, sur le modèle de la chanson de Charles Aznavour

« Tu te laisses aller »

adressez des reproches à qui vous voulez.

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pixabay

 

Toi la sœur que je n’ai jamais eue, tu ne peux pas savoir comme je t’en veux !

       Personne, tu te rends compte, personne à qui se comparer. En mieux ! Tu aurais eu un an (oh, à peine) disons dix de moins que moi…mais tu aurais été beaucoup moins bien réussie, pour sûr !

       Ainsi, au lieu de ressembler, comme moi, à un garçon manqué-pieds nus dans de vieilles tennis et salopette en toutes saisons- tu aurais été gna-gna, chichiteuse, toujours à te regarder dans la glace et toujours enrhumée, pas très intéressante, en un mot.

      Au lieu de la couleur de mes cheveux et de mes taches de rousseur évoquant irrésistiblement l’écureuil, tu aurais été-seule de toute la famille- noire comme un pruneau, rappel permanent de la faute d’une aïeule ibérique et mariée avec un sarrasin de passage, faute impossible à oublier grâce à toi, ma chérie.

     Au lieu d’être abonnée, comme ton ainée méritante, aux prix d’excellence, tu n’aurais pas vraiment flambé, en classe…et ainsi Papa m’aurait aimée encore plus. Bien fait.

      Et je ne te raconte pas, lorsque nous serions devenues ados, avec les garçons, ma pauvre fille…

     Oui, toi, la frangine, dis, pourquoi t’es pas là ? Pourquoi tu n’as jamais été là  quand j’ai eu besoin de toi ? Par exemple pour nous dire des secrets, le soir, dans le noir, avant de s’endormir…  et surtout pour rire et pour pleurer, sans faire semblant…

     Je ne sais pas. Peut-être. On le dit. Qui sait ?

Oui, il paraitrait que nous aurions tous une seconde chance, dans une autre vie.

Alors, je t’en prie, ne rate pas le coche cette fois ou sinon…sinon, je crois que je vais vraiment t’en vouloir.

                                                                       

El Pé

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pixabay

 

Voilà, aujourd’hui, je vous le dis et même vous le redis, j’en ai assez, trois fois marre de vous voir, de vous entendre, en un mot de vous supporter. Depuis que vous habitez sur mon palier, c’est invivable. D’abord vous êtes laid, mais laid, j’en ai des cauchemars quand je vous croise le soir. Vous fumez un infâme tabac de contrebande dont l’odeur âcre stagne sur le palier et pénètre chez moi, malgré le calfeutrage de ma porte. Parlerai-je de cette horrible musique militaire qui accompagne le bruit de vos godillots martelant l’escalier et votre parquet. Je ne peux plus écouter les harmonieuses mélodies de mon Mendelssohn chéri. Et votre affreuse saucisse à pattes, ce basset aussi puant que bruyant qui effraie mon minou en poussant des aboiements incessants. Pourtant, quand vous avez emménagé, vous m’avez saluée poliment, soulevant votre béret avec aménité. Galant, vous portiez mon panier, apaisant votre toutou d’une caresse. J’aimais votre sourire charmeur, vos façons grand monde, votre discrétion, votre distinction. Je nous voyais prendre le thé à 17 heures, et pourquoi pas, vivre tous les deux chez moi et louer votre appartement, ce qui nous aurait procuré un plus dans nos finances. Pourquoi avez-vous changé ainsi ? Votre présent est la caricature de votre passé. Redevenez ce que vous étiez avant que j’aille voir le syndic pour me plaindre. Je vous en prie, faites un effort, mais alors, un gros effort.

Line

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Simone de Beauvoir2

wikimédia

 

Aux femmes

 

Dominées, parfois battues

Epuisées par une vie quotidienne laminante

Exploitées par la société

Asservies à la mode

Coupables de vieillir

 

Redevenez ce que vous êtes :

Des femmes, libres du regard de l’autre, sauvages, puissantes et créatrices

 

Valérie

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pixabay

 

Ah, tu as vu la dégaine que tu as, complètement affalé dans le fauteuil ! Et la mine froissée ! tous les matins ! Tu files un mauvais coton, les yeux bouffis, la barbe hirsute, les cheveux en bataille, pas lavé, pas rasé.

J’ai honte de toi, et quand on sort je ne sais plus où me mettre. Tout le monde te regarde d’un air dégoûté et me regarde avec la plus grande commisération. Si je pouvais, je te suivrais à dix pas en arrière, mais tu me tiens bien, ne me laissant pas d’autre choix que d’être pratiquement collée à toi, ce qui ne laisse aucun doute sur notre relation.

Tu ne t’occupes même plus de moi, on dirait que tu ne me vois pas. Mes repas ! du bas de gamme servi dans la même assiette plusieurs jours de suite. Tout juste si tu me donnes à boire ! Ce n’est plus possible. Sais-tu que tu es presque ignoble avec moi. Tu me rabroues, m’invectives, hurles pour des riens. Par moment, je me dis que tu serais capable de me battre. La plupart du temps, je suis reléguée dehors, quelquefois plusieurs heures dans le froid.

Pourtant, quand tu m’as amenée chez toi, tu étais beau, sportif, rempli de bonne humeur. Tu passais des heures à te promener et à courir en forêt avec moi. Ta main était douce, je dormais sur un coussin moelleux, jamais bien loin de toi. Et puis, devenu chômeur, tu t’es laissé aller progressivement, tu es devenu amorphe, aveugle et sourd à tout ce qui t’entoure.

 Allez ! Réagis, prends soin de toi, cherche du travail et en attendant, pour meubler ton temps, partons tous les deux, toi sur tes deux pieds et moi sur mes quatre pattes et marchons, courons ensemble pour retrouver notre belle complicité.

Gill

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Incipit à échanger

La gagnante à un jeu du baccalauréat choisit une liste de cinq mots commençant par « M »

Norvège   Notre Dame de paris   Navet   Nagui   Noémie

Chacune pense à un thème sur lequel elle aimerait écrire et imagine la première phrase qu’elle écrirait.

Chacune note sa phrase sur une feuille puis la passe à sa troisième voisine de gauche.

En 20 minutes, écrire un texte qui commence par la phrase dont vous avez hérité et comprend les cinq mots choisis.

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Oslo Airport departure outside

wikimédia

 

J'étais arrivé au terme de mon voyage. Qu'allais-je trouver ?

On ne peut pas dire que j'étais parti en Norvège avec un grand enthousiasme pour le pays, j'aurais préféré des contrées moins froides, mais c'était l'occasion de retrouver un vieil ami qui s'était marié là-bas.

Nous nous étions connu au collège dans le quartier de Notre-Dame de Paris. J'avais rapidement sympathisé avec ce garçon vif et pétillant. Il avait en plus une sœur très mignonne, qui répondait au délicieux prénom de Noémie.

Je suis allé très souvent déjeuner chez eux, leur mère avait une passion pour le navet de Pardailhan, qu'elle cuisinait comme un chef paraît-il, car moi j'avais peu de goût pour le dit tubercule.

Bref revenons à nos moutons du terme de mon voyage. A l'aéroport, mon vieux pote me héla par mon prénom.

J'eus presque du mal à le reconnaître, En fait, il ressemblait beaucoup à Nagui.

Il faut dire que 20 années s'étaient écoulées depuis notre dernière rencontre.

Geneviève

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pixabay

 

Le ciel blanchit à peine……Pierre-Paul, dit P.P. marche dans la rue Notre-Dame de Paris, car, victime d’insomnies, il entame son jogging matinal. En réalité, il ne trottine pas, il flâne. Il se demande, comme toujours, pourquoi la rue s’appelle ainsi puisqu’il n’y a pas de cathédrale à proximité, pas plus que de rangées de navets dans les jardins des Tuileries. Quand il rentrera, il regardera sur Google, le Larousse des temps modernes. Sinon, il demandera à son ami Nagui, celui de la télé. Cela épate toujours ses copines quand il dit négligemment « oui, Nagui, je l’ai accompagné en Norvège quand je faisais la claque dans l’émission Taratata. Je me suis vite adapté, car les norvégiens ne tapent pas dans leurs mains mais sur les cuisses des voisins. Parait-il que cela renforce les liens dans une société réfrigérée par les -20 de la nuit polaire ». Ma bien-aimée Noémie baille d’admiration quand je lui raconte cela. Elle est tellement naïve qu’elle croit toujours que je vais l’épouser mais son café est vraiment trop mauvais. Il fait grand jour, le troquet est ouvert, après le jus et le croissant, répétition avec Nagui. Au travail !

Line

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Image du Blog mamietitine.centerblog.net
Source : mamietitine.centerblog.net sur centerblog.

 

C’est alors qu’en se retournant, il aperçut une faible lumière qui vacillait dans la nuit.

Ce fut un immense espoir dans la solitude où il se trouvait. Tout était blanc autour de lui, ce qui était assez normal dans une forêt de Norvège en hiver, mais surtout, la nuit était presque tombée et il était perdu. Les branches des arbres l’entouraient comme autant de monstres griffus cherchant à l’attraper. Quelle idée avait-il eu de vouloir faire une balade avant le dîner du réveillon de Noël, sans écouter Noémie, qui l’avait mis en garde contre les dangers d’une promenade solitaire en début de soirée, dans un endroit inconnu. Il devait, de froid et d’inquiétude, être pâle comme un navet et repensait avec regret au Noël de l’année dernière où il avait assisté à la messe de minuit à Notre-Dame de Paris avec Noémie, après avoir regardé à la télévision le programme présenté par Nagui.

Là, il était incapable de retrouver son chemin, aussi se dirigea-t-il vers cette lumière qui était son dernier espoir. Elle était faible mais ne bougeait pas, et malgré les obstacles, arbres, souches, branches basses qu’il devait éviter, il ne la perdait pas des yeux et allait vers elle.

La lumière grandissait, devenant plus brillante. En fait, il s’aperçut qu’il y avait deux lumières côte à côte et, les derniers mètres parcourus, il vit les yeux dorés, avec autour, des poils blancs, un pelage mousseux qui se confondait avec la neige, un museau pointu, des dents qui luisaient. Il n’eut pas le temps d’avoir peur car la forme fantasmagorique se mit en marche devant lui, les deux yeux semblant le guider. Alors il la suivit avec confiance, sans savoir pourquoi, et se retrouva sur le chemin qui menait chez Noémie. Il était sauvé. Quand il reprit ses esprits, il était seul et se mit à douter de ce qu’il avait cru voir. Non ! Il n’y avait là que de la neige, son imagination avait fait le reste.

Une fois réchauffé, installé sur le canapé, devant la cheminée, il fut sûr d’avoir rêvé. C’est à ce moment-là qu’il tourna les yeux vers la fenêtre et vit briller deux lumières dorées et fugaces. C’était la nuit de Noël !

Gill

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