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jeudi, 03 novembre 2016

Un thème libre, trois fins au choix

En 20 minutes, écrire un texte sur un thème libre et

se terminant par une de ces trois phrases:

 

"j'en fus persuadé(e) en le(a) voyant arriver"

 

"je ne le savais pas encore quand je la(e) vis partir"

 

"je ne savais pas encore ce que j'allais trouver"

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Advokat, Fransk advokatdräkt, Nordisk familjebok

wikimédia

 

 

Monsieur le juge, nous voilà devant vous, dans ce tribunal, ma cliente, et moi-même son avocat. Oui, Monsieur le juge, je suis commis d’office, donc peu payé, mais je défendrai madame avec conviction. Ma conviction c’est qu’elle est innocente, douce comme l’agneau qui vient de naître. Regardez son maintien modeste, la clarté de ses yeux bleus, la finesse de ses mains effilées et vous voudriez qu’elle ait tué son mari comme l’affirment les inspecteurs ? Mais non, l’erreur est humaine, d’autant plus si ce sont des policiers qui la commettent. Son mari voulait divorcer car il avait découvert les infidélités de sa femme. Il ne lui aurait pas donné un sou, l’aurait chassé de la maison, mais ce ne sont pas des raisons pour tuer quelqu’un. Ma cliente est profondément croyante, elle s’en remet à la justice de dieu, car elle est au-dessus de la vôtre. Monsieur le juge, ne commettez pas l’irréparable en envoyant cette femme en prison. Le remords vous rongera, le visage angélique de l’accusée hantera votre sommeil à tout jamais. Je vois une rayonnante bonté couvrir votre visage, laissez-vous aller Monsieur le juge à la compassion. Rendez la liberté à cette noble femme. C’est oui ? Madame vous êtes libre, rentrez chez vous, faites retraite loin des turbulences de la vie. Innocente ? Coupable ? Je ne la savais pas encore quand je la vis partir.

Line

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Boat People from Haiti

wikimédia

 

Tout plutôt que cette misère de tous les jours, cette terre stérile, cette sécheresse qui sévit d’année en année, ces maigres récoltes. Chaque matin, C’est ce que je me disais en ouvrant les yeux.

La vie est dure pour nous, paysans de ce pays dont personne ne se soucie. Le gouvernement prend nos terres, nous affame, nous réduit au silence, nous empêche de manifester, nous réprime cruellement, quand il ne nous tue pas tout simplement, sans que personne, nulle part dans le monde, ne s’en émeuve. Il bloque les réseaux sociaux, nous empêchant de communiquer avec nos semblables, de nous unir, de nous rebeller. Une minorité qui muselle une majorité, est-ce possible ?

Il faut partir. J’y songeais depuis longtemps déjà, pour la France, l’Italie ou l’Allemagne. Je sais que je n’aurai plus rien après avoir payé les passeurs, je sais que je vais souffrir de la promiscuité, de la peur, que je vais mourir peut-être, noyé par une meute humaine qui, comme moi, fuira la pauvreté, ou noyé dans des eaux noires et glacées tout près d’une terre d’asile. Je sais tout cela, mais si je réussis, je serai sauvé, je n’aurai plus faim, j’aurai du travail, de l’argent et je pourrai nourrir ma famille.

Que d’attentes de ce voyage que, ce soir je m’apprêtais à entreprendre. Je n’avais plus rien à perdre, sauf la vie, mais était-ce vivre que de rester là. Les dés étaient jetés, dans la nuit, j’étais prêt à embarquer, rempli d’espoir, même si je ne savais pas encore ce que j’allais trouver.

ዢሊኢኅ

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