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jeudi, 19 mai 2016

Avec un arbre, un paysage et une période

Chacun indique sur 3 papiers :

1) Le nom d’un arbre

2) Le type de paysage (montagne, plaine, etc.)

3) La période

Les papiers sont passés aux voisins de droite et de gauche.

 

En 20 minutes, écrire un texte  à partir des 3 indications reçues.

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Châtaignier 120807 1

wikimédia

 

Les châtaigniers

 

A l’intention des étudiants en médecine de l’Université de Montpellier à l’époque de Rabelais.

Objectif : acclimater les châtaigniers des Cévennes à la plaine marécageuse de la Camargue dans un but thérapeutique et commercial.

1°) Plantation de 10 000 châtaigniers entre le Rhône et l’Orb, fleuve bien connu dans le midi pour le transport des denrées de l’arrière-pays jusqu’à la Méditerranée, ceci après l’apport de l’amendement et des terres nécessaires au comblement des marécages et à l’adaptation des arbres.

2°) Destruction des moustiques par des abeilles tueuses de ces insectes, sélectionnées et élevées à cet effet.

Installation de 1 000 ruches pour la production de miel de châtaigniers destiné à soigner les pneumopathies et les humeurs encombrant les luettes et les trachées.

3°) Mise en place des circuits commerciaux pour la vente à grande échelle de produits bruts (miel) et de dérivés (remèdes) en vue d’une mondialisation possible, cette production de châtaigniers dits « adaptés » étant nouvelle et unique.

 

Mouty

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pixabay

 

   Rakham errait depuis trois mois dans le boccage normand. Bien loin de chez lui, pauvre homme, et Dieu sait s’il le regrettait, son beau pays de neige.

Car Rakham était un viking, comme son nom l’indique peut-être mais pas son physique. En effet, il était plutôt petit, plutôt rondouillard et d’un beau brun tirant plutôt sur le charbon. Personne ne lui avait encore dit qu’il était une aberration génétique car on était alors au Moyen-âge et que l’on brûlait allégrement tous les savants. Ah la belle époque !

      Pour comble de malchance, le garçon avait perdu toute trace de ses camarades (tous forts, grands, intrépides et rouquins) avec qui il était venu envahir cette partie de la pas encore France et massacrer dans la joie et la bonne humeur le plus d’habitants possible.

      Le problème, c’est qu’il avait fait un peu exprès de se perdre, car il ne manifestait aucun enthousiasme pour les massacres- ne supportant pas la vue du sang-, qu’il était un tantinet froussard et porté  de préférence vers le rêve, les femmes et la poésie.

       Aussi, tout naturellement est-on tenté de dire, Rakham se mit-il à chanter, sur un air de sa composition, une ode la Beauté lorsqu’une apparition divine se matérialisa devant lui : Une jeune vachère qui, entourée de son troupeau de ruminants, s’abritait de la chaleur de midi sous un peuplier. Le soleil, filtrant au travers des branches, faisait flamboyer sa chevelure rousse et enflamma du même coup le cœur de cet être sensible.

      Elle lui sourit. Il ôta aussitôt son casque et, sans ses cornes, il eut tout de suite l’air beaucoup plus sympathique…bref, la suite est facile à deviner.

Ils eurent un fils qu’ils appelèrent Rakham, comme son père et surnommèrent Le Rouge car il ressemblait à sa mère.

      Arrivés à ce stade du récit, il nous faut absolument préciser, afin qu’il n’y ait aucune confusion dans l’esprit du public, que ce Rakham-là n’a rien à voir avec celui d’Hergé, pour la bonne raison qu’il consacra son existence à la fabrication du cidre dont il fut d’ailleurs l’inventeur. Et ça, malheureusement, peu de gens le savent.

 

           El Pé

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pixabay

 

Histoire de peintre

Je vais vous expliquer comment je suis devenu peintre. Il y a très longtemps, j’étais très jeune, je regardais tomber la pluie en me demandant comment occuper cette morne journée.

Je me suis souvenu de mon dernier cadeau d’anniversaire et j’ai sorti le chevalet, la toile et les tubes de peinture que j’avais reçus. Là, je me suis mis à dessiner un paysage qui ressemblait à la Thaïlande en période de mousson. Cela m’a  procuré  une sensation délicieuse et inconnue de disposer des couleurs au gré de ma fantaisie. J’ai senti mon imagination galoper et ma main devenir de plus en plus assurée. Alors, j’ai décidé d’ajouter une petite montagne  bien verdoyante. Il m’a semblé qu’elle était parfaitement à sa place sous les trombes d’eau qui s’abattait sur elle. Puis, juste au premier plan, j’ai peint, avec beaucoup de détails, un micocoulier, arbre très présent dans mon environnement.

La dernière touche posée, j’ai regardé mon œuvre. C’était un paysage qu’on ne trouvait nulle part sur terre, un paysage né de ma rêverie et qui n’appartenait qu’à moi, et cela m’a procuré un plaisir inouï. J’ai voulu partager ce plaisir et depuis, des tableaux, j’en ai peints beaucoup et beaucoup vendus, très cher. Mais celui-là, je l’ai gardé dans ma chambre car pour moi, c’est le plus important. Pourtant, on m’en a offert des sommes astronomiques.

Je ne vous dirais pas qui je suis, je préfère que vous le deviniez. Cherchez si vous voulez. Dans chacune de mes toiles est caché un petit micocoulier à la couleur flamboyante : c’est ma signature.

Gill

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pixabay

 

Depuis les années 2000, les abeilles de Denis sont décimées par un fléau qu’il ne connaît pas. Désespérément, il les trouve mortes autour des ruches, quel malheur pour lui. Dans sa famille, de tout temps, ils ont eu des ruches. Le père apprend au fils, pour Denis, c’est sa petite fille qui a pris la relève. Il se désole avec elle de voir son nombre de ruches diminuer d’année en année. Que faire ? Tout son savoir ne lui suffit pas pour trouver un remède, une parade pour arrêter ce désastre.

Depuis ses cinq ans, il raconte à Emma la vie des abeilles. Enfant, elle était émerveillée par cette société si bien organisée et par ce liquide doré et sucré dont les abeilles lui faisaient cadeau. Maintenant, chaque fois qu’ils se voient, ils sont abattus.

Mais aujourd’hui Emma a retrouvé espoir : « Papy, j’ai découvert un vallon où poussent de magnifiques acacias. Il est un peu reculé loin des champs, loin des routes. Je veux y transporter les ruches, j’ai espoir qu’elles pourront y vivre et se multiplier loin des pesticides et de la pollution, les acacias leur procureront de quoi faire un miel délicieux. » «  Emma, tu as raison si nous voulons conserver nos ruches, nous devons tenter cette transhumance ».

Claudie

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dimanche, 15 mai 2016

Souvenirs d'une nuit insolite

Faire une liste de lits ou de lieux insolites où l’on a dormi.

Chacun fait choisir par son voisin un lieu de sa liste.

 

En 20 minutes, décrire le lieu choisi en insistant sur l’environnement, l’odeur, etc. Evoquer les sensations et les sentiments ressentis.

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maison mouty.jpg

pixabay

 

CAMPING SUR PLANCHER

 

Voyage scolaire à la montagne : deux jours. La nuit est tombée. La grande maison bourgeoise qui nous héberge se découpe à peine sur fond de ciel sombre brassé par les nuages, accordant avec peine des rais de lune blafarde. La tramontane rugit entre les branches d’arbres : les hauts de Hurlevent. Nos piles éclairent à peine les marches du perron, le corridor noir, large et froid, ainsi que les grandes pièces vides où nous nous engouffrons après un passage obligé aux toilettes. Nous nous alignons le long des murs, enroulées dans une maigre couverture qui n’adoucit nullement la dureté du parquet. Le sac à dos sert d’oreiller.

L’accompagnatrice revêche fait le tour des lieux, ordonne l’extinction des feux, c'est-à-dire de nos lampes de poche au rayonnement ridicule, mais bienfaisant cependant quand la lampe cachée sous la couverture nous tient compagnie dans le silence de la nuit qui s’emplit alors de craquements de parquet, de vent sifflant dans les jointures des volets et d’autres bruits effrayants nous tenant éveillées, transformant la maison en lieu fantasmagorique. Quelques chuchotements, des rires étouffés, des bruits incongrus…

La nuit se passe l’œil ouvert, se fermant malgré tout de fatigue au petit matin. Le jour est plus rassurant pour dormir ici. Mais l’heure, c’est l’heure !

 

Mouty

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pixabay

 

Lit improvisé

Nous avions arrêté la 2CV en pleine campagne. Quelle campagne, celle du centre de la France, il me semble. Je me souviens que depuis notre départ de Paris, nous avions traversé deux villages aux noms évocateurs, l’Aumône et Le Portefeuille, ce qui nous avait fait rire. Nous avions cherché un hôtel pour la nuit, et n’en ayant pas trouvé, ma sœur et son mari avaient décidé que nous dormirions dans la voiture. Quant à moi, à 13 ans, j’étais toute excitée à cette idée, n’ayant jamais dormi que dans mon lit.

C’était une soirée chaude du mois d’août et nous revenions à la voiture en nous promenant à travers champs, après avoir pris un rapide repas dans le village le plus proche. Nous avions plaisanté et attrapé de gros fous-rires. Nous respirions l’odeur de l’herbe fraîche et nous nous sentions bien, nullement inquiets à l’idée de passer une mauvaise nuit. Nous partions en vacances dans le sud de la France et cette étape improvisée et inattendue pimentait notre voyage.

La voiture était garée sur une petite colline et la vue était dégagée autour de nous, laissant apercevoir un paysage bucolique et reposant. Un pré avec des vaches apportaient des odeurs animalières et rustiques qui augmentaient la sensation agréable d’être ailleurs.

Et puis la nuit venue, dans la pénombre qui nous enveloppait, après avoir retiré les sièges, nous nous sommes allongés tous les trois, trouvant une place tant bien que mal, l’un avec la tête près de l’embrayage, l’autre un peu coincé entre le frein et l’accélérateur, et la dernière, moi, la plus jeune, avec la meilleure place, côté passager. Mais même si la situation était inconfortable, il me reste le souvenir d’un moment heureux, d’un moment de franche gaité, d’un moment de bien-être. J’avais bien un peu peur des bruits extérieurs, mais pourtant, j’ai dormi comme un loir.

Gill

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pixabay

 

                                  La Cabane au Canada

          Elle sent bon le bois coupé et les cigarettes clandestines. Et un peu aussi la ratatouille réchauffée sur un camping-gaz, notre cabane. Baptisée « au Canada » grâce à une Line Renaud, très en vogue, et faite de bric et de broc avec tout ce qu’on a pu trouver : vieilles planches, branches d’arbres et autres matériaux de récupération ramenés triomphalement. Elle n’a pas de fenêtre, mais on y voit beaucoup le ciel, au travers du toit et des murs et c’est bien. Même quand il pleut. On y entre à six, serrés comme des sardines, mais on ne peut y dormir qu’à deux, à tour de rôle. Grâce à la bienveillance de notre grand-mère commune qui, sans jamais avoir lu Françoise Dolto, est une fervente militante de la liberté pour les enfants. A commencer par les siens. Un bonheur sans nom envahit donc les six cousins chaque année, à l’approche des grandes vacances, rien qu’à l’idée de retrouver la Cabane au Canada, qu’il faudra d’ailleurs retaper un peu, après les rigueurs d’un hiver très peu canadien pourtant.

      Oh les nuits ! Et les étoiles juste au dessus de mes yeux. ! Et le cri de la chouette, monotone sans doute mais bien rythmé ! Et la terreur, interdite, refoulée (pas trop), muette en tout cas, en pensant à toutes ces araignées qui ne vont pas manquer de se balader sur moi toute la nuit ! Mais peu importe.  La respiration du cousin ou de la cousine allongé près de moi me rassure, m’apaise, me berce, m’endors…

       Oui Cabane, tu sentais bon. Le bois coupé, le vieux tabac et la ratatouille…mais aussi l’enfance, avec ses fous-rires complices et ses grandes aventures, immobiles, rêvées…

 

        El Pé

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Projet de spectacle

En 20 minutes, écrire un texte sur le thème suivant :

 

Vous allez voir un producteur pour lui présenter un projet : film, téléfilm, comédie musicale, pièce de théâtre, etc.

Le producteur ayant peu de temps à vous accorder, vous précisez brièvement : genre du film, titre, scénario, personnages, costumes, décors, metteur en scène, casting, musique, budget.  En bref, tout ce qui peut le séduire.

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Ken Loach

wikimédia

 

         Vu le succès du dernier Star Wars, je décide de m’adresser directement aux Studios Walt Disney afin de proposer le projet de film que je viens de mettre au point. Miraculeusement, j’ai un rendez-vous six mois plus tard avec un de leurs producteurs délégués. Il se tient devant moi, avec le look de l’américain standard des années 50 : coupe en brosse et lunettes carrées. J’aperçois sur son bureau un carton portant l’inscription : « GO FAST »,  que l’on peut traduire par : « JOUR FASTE » je crois. Tant mieux. Je me lance donc :

    « Voilà. Il s’agit d’un film à grand spectacle et, je vous préviens tout de suite, à TRES gros budget, faut ce qu’il faut.  Style épopée, ça se passe pendant la Guerre de Sécession. Une jolie jeune fille du Sud fait tourner la tête à tout le conté. Elle aime un homme hélas fiancé à une autre. Par vengeance, elle va épouser un vaurien plutôt sympa. Ils deviendront très riches en spéculant pendant la guerre, mais finalement, le gars, écœuré, finira par la laisser tomber. Grâce à la plantation qu’elle a réussi à sauver des griffes des yankees et autres carpetbaggers, elle échappera de peu à la dépression nerveuse.

    Le titre ? « Deux hommes et une femme ». Original non ?  Je verrais bien Spielberg pour la mise en scène, Sharon Stone et Matt Damon dans les rôles principaux. Musique : Ennio Morricone. Costumes d’époque dessinés Lagerfeld évidemment.

      Je suis sûre que cela va faire un tabac. Alors, on signe quand ? »

Croyez-moi si vous voulez, mais ce crétin a refusé, arguant que cela lui rappelait vaguement quelque chose.

Tant pis pour lui (et Disney). En changeant quelques détails, comme le statut social des principaux personnages par exemple, je vais de ce pas proposer mon scénar à Ken Loach.

   C’est comme qui dirait d’ores et déjà dans la poche.

              

                  El Pé

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Barbet suka 2009 pl2

wikimédia

 

10 minutes pour convaincre

Bonjour Monsieur Cameron, merci de me recevoir malgré un agenda très chargé. Votre temps étant compté, je serai brève.

J’ai écrit le scénario d’un film d’aventure, en partie documentaire animalier, dont la vedette est un Barbet, race très ancienne, et dont le titre est « Vick dans la forêt amazonienne ». Un chien, appartenant à une célèbre pianiste qui ne se déplace jamais lui, s’échappe lors d’un voyage et se retrouve perdu dans cette forêt où il vit des aventures rocambolesques avec les animaux sauvages.

La mise en scène sera assurée par Jean-Jacques Annaud, le chien acteur sera Compay, un barbet expérimenté qui a déjà joué pour D8 à la télévision et qui est apparu dans un épisode de « Nicolas Le Floch », Alice Taglioni a donné son accord pour être la pianiste, sans nécessité d’être doublée puisqu’elle maitrise parfaitement cet instrument, quant au dresseur animalier, j’ai contacté Pierre Cadéac et Guy Demazure, en ayant une petite préférence pour le second qui a déjà collaboré avec Jean-Jacques Annaud pour « Deux frères » ainsi que Stephen Warbeck qui en avait composé la musique et qui a accepté de se joindre à notre équipe. Pas de costumes particuliers à prévoir, l’histoire se passant à notre époque. Quant au budget, dont nous reparlerons si vous êtes intéressé par ma proposition, il sera assez conséquent, le film étant principalement tourné en extérieurs et la durée du tournage dépendant du bon vouloir des animaux-acteurs.

Voilà mon projet Monsieur Cameron, j’espère qu’il vous a séduit. Je vous remercie de votre attention et  vous laisse y réfléchir. A bientôt j’espère.

Gill

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La grande roue de Lyon (détail)

wikimédia

 

La rupture

 

Genre : Film d’amour

Titre : La rupture

Scénario : La scène se passe au Parc des poètes à Béziers, en été.

Charles et Alice, septuagénaires bien confirmés sont sur la grande roue pour découvrir Béziers et ses alentours jusqu’à la plage de Valras sur la grande bleue d’un côté, jusqu’à la Montagne noire et au Caroux de l’autre.

Dispute qui s’envenime à propos d’une babiole.

Fin d’une idylle qui avait débuté sur internet.

Mise en scène : Mathilde Seigner.  

Acteurs principaux : Gérard Depardieu et Catherine Deneuve

Costumes actuels plutôt passés de mode, un brin au-dessous de l’âge des personnages : vieux beau et dame donzelle de trente cinq ans. Autres costumes glanés chez Emmaüs pour les figurants.

Décors de plein air : parc boisé fleuri, fontaines et bassins, manèges et attractions diverses époque 1900, dont la grande roue, guinguette.

Musique : Grand Corps Malade sur fond d’orgue de Barbarie et de vieilles rengaines du siècle dernier, en fond musical pendant les intermèdes laissés par les dialogues.

Budget peu important en raison de la mise à disposition gracieuse du Parc des poètes par la ville, lequel offre tous les éléments du décor. Forains dédommagés sur la base de leur chiffre d’affaire d’une journée. Eau, électricité fournies par la ville.

Repas : sandwichs et fruits pour 50 personnes à midi. 4 cafés par personne dans la journée.

Rémunération des deux acteurs principaux sur la base d’un salaire moyen d’un tournage de deux mois, divisé par 60 compte-tenu de leur emploi une seule journée, l’ensemble de l’action se passant dans la nacelle de la grande roue.

Figurants bénévoles, heureux de « passer au cinéma ».

Conclusion : ce film à l’aspect ringard devrait remporter un grand succès en raison du goût actuel des cinéphiles pour ce genre décalé qui éclate les spectateurs d’outre-Atlantique. Il peut faire un tabac en France et aux USA, et vraisemblablement dans d’autres pays.

 

Mouty

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samedi, 07 mai 2016

Les vacances et dix mots au hasard

En 20 minutes, utiliser les dix mots suivants dans un texte relatif aux vacances 

 

hasard / chance / fortune / aléa / sort / destin /

bonne étoile  / aventure / accidentel(lement) / rencontre

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Cairo - Islamic district - Al Azhar Mosque and University

wikimédia

 

Vacances

Pierre arrive par chance devant la mosquée Al Azhar. Ne pas se perdre dans les ruelles étroites de la vieille ville du Caire est une aventure où les aléas et les coups du sort sont fréquents. La fortune lui sourit, sur l’esplanade de la mosquée, il trouve son destin ; une jeune femme pleine de charme qu’il suit comme sa bonne étoile. Comment faire sa connaissance ? Il ne doit pas la perdre de vue. Comment provoquer accidentellement une rencontre ?

Claudie

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pixabay

 

Pendant les vacances

« Les jeux de l’amour et du hasard », titre de film attrayant pour occuper un après-midi frisquet de vacances. Mais je préférai tenter ma chance au casino : peut-être y découvrirais-je la fortune ! Un tirage au sort aurait pu changer mon destin, il faut bien croire en sa bonne étoile ! Je tentai l’aventure. Malheureusement je trébuchai sur les marches du perron, hurlant de douleur fusant de ma cheville cassée accidentellement. Je sombrai dans le noir.

A mon réveil, mes yeux s’écarquillèrent dans un lieu étincelant de blancheur où le regard chaleureux d’un infirmier m’envoya presqu’au septième ciel.

Cet aléa favorisa une merveilleuse rencontre puisque cet homme en blanc accompagne depuis ma vie de tous les jours.

Mouty

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Vacances de routard

Chic, Je pars en vacances ! Je n’ai pas dépensé une fortune en voyage organisé, croisière ou hôtel climatisé car je pars à l’aventure, avec pour tout bagage mon sac à dos, et à la main mon indispensable guide du routard.

Je compte sur la chance pour me faire découvrir, au-delà des circuits touristiques, les coutumes, la face cachée, l’âme d’un pays mystérieux et secret. Je me dis que les aléas d’un voyage improvisé pourraient accidentellement, sait-on jamais, changer mon destin, et que mon sort dépend peut-être d’un rencontre fortuite.

Je veux croire en ma bonne étoile, aussi vais-je m’abandonner avec un cœur d’enfant à ces quelques jours d’évasion, oublier ma vie quotidienne et laisser faire le hasard.

Gill

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Cartes au hasard

Disposez deux tas de cartes sur la table, face cachée, un pour les chiffres, l’autre pour les figures. Tirer une carte au hasard dans chaque tas.

 

En 20 minutes, écrire une histoire en utilisant ces deux cartes : la première dans le paragraphe d’introduction du texte, la deuxième pour le terminer. L’action se passe dans une ville, dans un établissement public.

 

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jeu cartes mamdou.jpg

pixabay

 

Mamadou est à la Préfecture. Il a sous le bras un épais dossier, plein de papiers d’identité. Depuis un mois, il vient régulièrement dans ces bureaux pour faire renouveler sa carte de séjour. Sans cesse, on lui demande un nouveau justificatif : une fois la quittance de loyer avait plus de trois mois, l’autre fois la photocopie de sa fiche de paie n’était  pas droite, puis sa photo était trop sombre. Comment faire une photo claire quand on s’appelle Mamadou ?

Ce matin avant de partir de chez lui, il a tiré une carte dans le paquet qui traîne toujours sur l’étagère du salon : « 4 de carreau », ça peut être un bon signe a pensé Mamadou.

Il regarde les agents de la préfecture sortir de leur bureau et appeler les demandeurs comme lui. Il s’inquiète, il ne voudrait pas être reçu par la « Dame de pique », une mégère sévère et peu aimable qui a un mot désagréable pour chacun. Son tour approche : « Est-ce que ça va marcher aujourd’hui ? » se demande-t-il. Ouf, la dame de pique appelle la personne qui attendait juste avant lui.

Un moment après, Mamadou sort de la préfecture, l’air léger, mais sachant que dans un an il devra recommencer ce cirque.

Claudie

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pixabay

 

La dame de cœur

« Deux de carreau ! » La carte était tombée avec force sur le tapis vert, annoncée d’une voix tonitruante par un homme au regard vitreux, à la trogne avinée et à la chevelure hirsute, ni coupée ni lavée depuis un certain temps apparemment. Cet homme des bois ou de l’errance était entré dans le bistrot en titubant, s’imposant à une table de trois individus qui semblaient en attendre un quatrième. Il tombait donc à pic, mais comme une pierre dans la mare. Les esprits étaient déjà échauffés dans une atmosphère enfumée et douçâtre de transpiration non contenue. Les odeurs de café et de pastis se mélangeaient à celles du vin et de la bière, sous la lumière grise de l’hiver, filtrée par des vitres douteuses où des générations de mouches avaient laissé leurs traces.

Soudain, la porte s’ouvrit sur une femme frigorifiée, emmitouflée dans un gros manteau de laine qu’elle déboutonna immédiatement pour supporter la chaleur ambiante. Cette femme, en atteignant l’éclairage central, se révéla d’une beauté surprenante : une sirène venue égayer la compagnie.

« Atout cœur » annonça l’un des joueurs de cartes.

« Je monte : dame de cœur » ! rétorqua son voisin en regardant la belle étrangère à l’allure d’Alice au pays des merveilles.

Mouty

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Au hasard des mots

Chacun glisse sa main droite dans son cahier d’écriture fermé, doigts écartés. Ouvrir le cahier avec la main gauche sans bouger la main droite et donner un mot  placé sous l’index et un autre placé sous l’auriculaire.

 

Les mots trouvés sont mis en commun

 

 Shiva, elle, enfant, distribution, fréquemment, Haïti, alors, bonheur, liste, mots

 

En 20 minutes, écrire un texte les contenant et lui trouver un titre.

 

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Everest North Face toward Base Camp Tibet Luca Galuzzi 2006 edit 1

wikimédia

 

L’Everest

Marguerite n’avait plus la force d’avancer. Le Népal n’était plus à la portée de ses pauvres jambes. Elle se revoyait, enfant, grimpant la pente dure sur le dos de son père. C’était il y a des années, peut-être un siècle, ou plus…

Marguerite avait conservé une photo d’une statue de Shiva qui l’accompagnait partout depuis ce lointain voyage. Suite à sa distribution alors aux touristes et aux pèlerins par un  lama au regard d’une bienveillance inouïe, l’image était restée à l’abri dans une poche intérieure de son sac. La mémoire de ce regard envahissait Marguerite fréquemment, à chaque contact avec cette photo, en tirant son calepin sur lequel figurait une liste de mots notés au hasard de ses rencontres avec les gens du pays traversé.

Présentement, Marguerite n’en pouvait plus, regrettant de ne pas être à l’horizontale sur une plage d’Haïti, au lieu de gravir ce haut-lieu de l’univers. Cependant, l’Everest serait bientôt à sa portée : quel bonheur !

Mouty

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pixabay

  

               Tombola

« Et la liste gagnante est la…333 !! »

   Youppie !! Quel bonheur ! C’est la mienne !! Et voilà, j’ai gagné le voyage à Haïti. Bien sûr, j’aurais préféré gagner la Shiva, et oui, la dernière Citroën, super sportive, profil effilé et cinq cylindres en V. Mais l’on n’a pas fréquemment, ce que l’on veut. Soyons justes : un voyage sous les tropiques, ce n’est pas mal non plus. Merci à la grande distribution qui a organisé la tombola. Je l’embrasserais, tiens (ou du moins le gérant du magasin) tellement je suis contente ! Je me sens redevenir enfant. Une môme toute éblouie, comme si c’était Noël. Voilà, Noël, c’est bien le mot, Noël, avec un extraordinaire cadeau magique sous le sapin…

     Et elle rêve, la môme, comme pas permis : colliers de fleurs, paréos et sable blanc…

     Quoi ?? Qu’est-ce-que vous dîtes ?? Que je confonds le nom des îles ? Alors, ça veut dire que je ne vais pas aller à Tahiti ? Oh la tuile !! Déçue déçue déçue je suis !

    Mais j’aurais dû m’en douter. D’un discount en fin de compte, que voulez-vous attendre ?

El Pe

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pixabay

 

Le regard

En reportage à Haïti pour une revue géographique, j’essaie de trouver le meilleur angle pour photographier le Palais de Sans Souci, merveille d’architecture. Je suis là, présent de corps, mais ne peut empêcher mon esprit de retourner des années en arrière, quand j’avais 25 ans.

Des regards, j’en avais vus et photographiés fréquemment, au cours de mes reportages à travers le monde, quand j’étais correspondant de guerre. Mais son regard à elle, à cette enfant rencontrée au milieu des décombres d’une ville en ruines, son regard à la fois terrorisé, interrogateur mais aussi rempli de fatalité, d’une morne acceptation, m’est toujours resté en mémoire, faisant naître en moi un douloureux sentiment d’impuissance. Elle était là, attendant la distribution de nourriture parmi tant d’autres et je ne voyais qu’elle. Ses yeux étaient plus parlants que sa bouche et on y devinait la liste de tous les horreurs qu’elle avait dû voir dans sa jeune vie. Elle était née avec la guerre, avait grandi avec la guerre et ne connaitrait peut-être jamais le sens du mot  bonheur. Ce regard était à lui seul un véritable appel au secours, je n’ai pas pu le supporter, alors, j’ai détourné le mien, lâchement. Depuis ce jour, il ne m’a plus quitté.

Demain je pars en Inde faire un reportage sur les temples de Shiva. Puisse-t-il m’apporter la paix.

Gill

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