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mercredi, 24 février 2016

A la manière d'Harry Potter

Chaque participant inscrit sur un papier un titre à la manière d’Harry Potter pour faire une pioche

(ex : Harry Potter à l’école des sorciers, Harry Potter et la chambre des secrets, etc.)

 Le titre à trouver doit comporter :

 

 Prénom et Nom d’un personnage, et quelque chose faisant référence à la magie.

 

 Chacun tire au sort un papier.

 En 30 minutes, écrire un texte se rapportant tau titre tiré au sort.

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Real Madrid v Real Sociedad

wikimédia

 

Paul Lepoulpe et le foot endiablé

                                             Il était une fois une cité, semblable à toutes les cités de banlieue. Avec ses barres, ses tours, son linge aux balcons et ses gosses dans les cages d’escaliers.

       Dans cette cité dite des « Mouettes » vivait il n’y a pas très longtemps un gamin de treize ans du nom de Paul Lepoulpe. Déjà que le pauvre môme n’était pas gâté avec un nom pareil, il était en outre affligé d’embonpoint, de lunettes de vue et du titre récurrent de premier de la classe. Autant dire qu’il n’avait aucune chance dans cet univers plus impitoyable encore que celui de Dallas, ce qui laisse à penser.

   Oh, les gamins de la cité n’étaient pas vraiment méchants avec lui, on ne peut pas dire, mais ils ne lui faisaient pas de cadeaux non plus. Les quolibets fusaient sur son passage, personne ne l’accompagnait jamais sur le chemin du collège, quant aux récrés, elles se déroulaient-en ce qui le concerne tout au moins- dans une complète solitude. Paul Lepoulpe s’en moquait un peu car il ne consentait à sortir de son monde que pour plonger dans les yeux d’ambre de Jasmine. Une gamine de sa classe qui le dépassait de toute une tête, se savait infiniment belle et affichait donc à son égard-plus encore qu’à celui des autres garçons, un incommensurable mépris. Ce qui ne l’empêchait d’ailleurs pas d’être la plus incroyable chipie que la Terre ait portée.

     Bien évidemment, jamais Paul Lepoulpe n’aurait osé lui adresser la parole. Ce fut elle qui s’en chargea un beau jour.

« - Tu sais le match de foot, lui assena-t-elle sans même lui dire bonjour

-Quel match ?demanda le pauvre garçon d’une voix chevrotante

-Comment quel match ? Celui qui va opposer les gars de notre cité à ceux des Hirondelles, pardi !

-Ah bbbon ! Non, je ne savais pas…

-Ben, tu devrais t’y mettre car je t’y ai inscrit comme avant centre, vu que Momo a chopé la scarlatine.

-C’est triste pout lui, mais, mais pourquoi moi ? Et puis d’abord, c’est quoi un avant c….-

-Oh la la ! Le boulet !!! Il faut que tu t’u mettes tout de suite bonhomme, parce que le match, tu vois, c’est pour cet aprèm !

-Mais Jasmine voyons, tu n’y penses pas ! Je n’ai jamais joué au foot de ma vie ! Et puis enfin, pourquoi as-tu fait ça ?

-Pour me prouver que tu es un vrai mec. J’ai beau chercher, je ne comprends pas pourquoi, mais le fait est là : tu me plais bien. D’ailleurs, si tu marques un but, tu auras le droit de m’embrasser. Et pas sur la joue si tu vois ce que je veux dire… »

     Paul Lepoulpe voyait très bien.  C’est pour cette raison qu’il retrouva les membres de l’équipe sur le terrain, juste avant le coup de sifflet. Si ces derniers faisant confiance à Jasmine-dont tous sans exception étaient amoureux- attendaient avec impatience le super avant-centre qu’elle leur avait promis, quelle ne fut pas leur déception et leur effroi en voyant arriver un Lepoulpe pataud, engoncé dans le short de sa sœur, très serré sur ses grosses cuisses. Mail il était trop tard pour reculer. L’arbitre sifflant en effet le début du match.

   On vit alors quelque chose d’extraordinaire, d’inoubliable. Et chaque spectateur put dire par la suite, avec fierté : « Ce jour là, j’y étais. »

     Quel pouvoir étrange, quel fluide magique possédait donc ce gros garçon ridicule ? Le ballon semblait attaché au bout de sa basket droite, personne ne pouvait s’en emparer. Il filait, filait à toute vitesse, comme doté d’une vie propre et paraissait entrainer le garçon derrière lui….jusqu’au moment ultime où, se détachant soudain, il allait fracasser comme un boulet de canon le filet du but adverse.

   Quoiqu’il en soit, le stade était debout bien avant que l’arbitre eut sifflé la fin du match et ovationnait, à coups de chants et de holàs sa nouvelle idole : Paul Lepoulpe, Paul Lepoulpe !!!Le résultat s’afficha sur le tableau lumineux : 24à 0 pour les Mouettes. Un score de rugby. La gloire. Ce fut carrément du délire.

   Paul Lepoulpe reçut sa récompense, devint très populaire, grandit de quinze centimètres en un mois et perdit du même coup ses kilos superflus.

     Depuis, il a changé de nom. Il s’appelle Zinedine quelque chose.

                                                                                                                             El Pé

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pixabay

 

Sacha Siamois et la souris transformiste

Sacha, vautré sur la couette imprégnée de « l’Air du temps » de Nina Ricci, s’étira de tout son être. Miranda s’était levée d’un bond à la sonnerie intempestive des cloches du village qui foutaient en l’air toutes ses grasses matinées des dimanches et des jours de fête.

Sacha Siamois, le bien nommé, avait des pupilles oblongues qui s’élargissaient démesurément en fin de journée, comme pour vous engloutir dans un océan de mystères. Il plaisait follement aux dames à cause de son regard étrange, mais il intimidait en même temps pour la même raison. Svelte, bien que légèrement enveloppé, Sacha avait la souplesse d’un félin. Il en avait aussi l’intuition et la ruse, la douceur à ses heures.

Dresseur de souris dans un cirque, il commençait à être envahi par leur progéniture galopante. Il devait sans cesse recommencer à leur apprendre le b-a ba des girls de cabaret. Il choyait particulièrement la vedette Lilliput, souris transformiste qui débutait son spectacle en frac et haut de forme, et le terminait en tutu, et beaucoup moins au deuxième rappel. Aguicheuse à souhait, elle savait envoûter le public qui la réclamait à grands renforts de sifflements. C’était une aubaine pour Sacha : elle lui rapportait des liasses de billets qu’il comptait avidement à chaque issue de la revue. Sacha Siamois adorait sa petite Lilliput, dite Lily, qui savait chauffer une salle mieux que personne.

Un jour, cependant, il dut se rendre à l’évidence : Lily claudiquait. Son dos et ses membres se raidissaient au fil des années. Eh oui ! Comme tout un chacun elle entrait dans la vieillesse, doucement, inexorablement.

Sacha lui proposa de perpétuer sa race et son talent grâce à un étalon de renommée internationale. Elle refusa énergiquement : elle fut, elle est, elle sera la seule souris transformiste au monde.

Sacha, bon joueur, ayant suffisamment engrangé de pécule grâce à elle, mit fin à son spectacle et prit sa retraite, tout en assurant à Lily un repos bien mérité dans une maison de luxe dédiée aux vieux artistes de renom.

 

Mouty

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Dupont lighter

wikimédia

 

Jules Dupont et les pantoufles enchantées

 

Il était une fois une tribu très, très, très ancienne qui vivait sur un tas de rebuts et qui s'appelait la tribu des pantoufles enchantées.

Certaines pantoufles, pansues de poils de mout' mout', étaient encore charmantes mais la plupart étaient décharnées, effilochées, trouées, usées, rapiécées, sans semelle, et surtout contraintes au célibat par leur mocheté depuis qu'elles avaient perdues leur moitié.

Mais toutes, sans exception, étaient enchantées, tandis que d'autres, bien au contraire, auraient déchanté de cet environnant sombre et froid, si puant et si glauque. Leur enchantement, nos pantoufles, le détenaient d'un vieux secret mystérieux, magique, unique.

Parmi la tribu se trouvait une toute petite pantoufle, "Minuscule", de la taille d'un bébé, de couleur rouge et bleu, très chérie de ses congénères depuis qu'elle avait sauvé Jules Dupont de la noyade des déchets alimentaires.

Jules Dupont, comme son nom l'indique, était un briquet, un briquet de luxe égaré par un humain crasseux et écervelé, sans cheveux. La vie de Jules était, jadis, un enfer, un enfer chaque fois que son propriétaire exigeait de lui qu'il s'allume et qu'il grille sa cigarette, lui soufflant sur la gueule sa fumée épaisse et lourde d’âcreté.

Jules et Minuscule étaient dès lors devenus inséparables comme le poisson laveur de vitre et son aquarium. Et tel le Bernard l’Hermite se nichant dans une coquille, Jules se lovait dans le creux de Minuscule pour se protéger du froid et de l'humidité ambiante.

Jour après jour, à force de se frotter à Minuscule, naquit une chose extraordinaire. Jules, de sa dorure, se mit à briller de milles éclats, à illuminer la tribu des pantoufles et de sa bouche s'enflammaient des chants d'amour pour Minuscule réchauffant l'atmosphère à la rendre cuisante, chassant ainsi ombres lugubres et odeurs pestilentielles, au grand bonheur de nos pantoufles.

Aux yeux des autres tribus, cela tenait du miracle! Mais cet enchantement, je tairai son secret.

 

Nanou

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pixabay

 

Teddy Lardon et la baguette magique

Teddy Lardon était un petit cochon bien rose, fan d’Harry Potter, qui rêvait de devenir le plus grand des sorciers. Il passait son temps à lire des dizaines d’ouvrages de magie, espérant, avec les connaissances acquises et beaucoup de temps, réussir à maîtriser cet art difficile. Malheureusement, manquant de terrains d’expérience, il n’avait jamais réussi, jusqu’à ce jour, à transformer ni à faire apparaître ou disparaître quoi que ce soit.

Il était si fatigué que, ce soir-là, il s’endormit sur sa lecture…

C’est alors que, sans savoir comment, il se retrouva dans la cuisine d’un restaurant qui s’appelait « Au bon cochon ». Regardant autour de lui, il réalisa avec horreur qu’il était entouré de pieds de cochon, de museaux de cochon, de côtelettes de porc, de jambons à profusion et autres jambonneaux. Lui était le seul cochon encore sur pattes de cette cuisine. Par bonheur, tous les cuisiniers étaient affairés et personne ne l’avait encore remarqué. Il pouvait peut-être sortir de là sans se faire voir. Il avança alors sur la pointe des pattes, maudissant sa gourmandise qui l’avait fait si dodu, le rendant très difficile à passer inaperçu. C’est à ce moment qu’il se retrouva nez à groin avec le chef cuisinier, un colosse de deux mètres, couteau à désosser à la main, en train de brailler qu’il n’y avait plus de lardons. Ses yeux fixant alors notre ami Teddy qui se faisait tout petit, un large sourire éclaira sa face, découvrant ses dents.  « Mais les voici nos lardons ! » dit –il d’un air démoniaque en poursuivant notre cochon qui s’enfuit au plus vite, le couteau dressé au dessus de la tête comme une épée de Damoclès. La cervelle de Teddy, en ébullition, essayait de se souvenir de tout ce qu’il avait appris : « comment se sortir d’une dangereuse situation » ou « comment transformer un monstre en agneau ». Rien n’y faisait, sa tête était vide, désespérément vide.

Il allait succomber, quand, derrière le chef prêt à le trucider, apparut un personnage familier, aux petites lunettes rondes qui lui dit : « Tiens, attrape et sors-toi de ce mauvais pas », et il reçut au vol la baguette de sorcier de... Harry Potter. Sans réfléchir, il toucha son ennemi en récitant une formule magique qui lui vint à l’esprit fort à propos et il se retrouva sauf, chez lui, le nez sur la page de son livre. Il poussa un ouf de soulagement.

Me croirez-vous ? Depuis ce jour, Teddy Lardon ne rêve plus d’être sorcier, il se contente de regarder les films de son ami Harry à la télévision.

Gill

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"Il y a des lieux que l'on admire........."

Avec un jeu de scrabble, chacun tire au sort sept lettres et réalise un mot le plus long possible.

On obtient la liste suivante

 Pôle, têtue, épuisé, racine, faîte, imbu, rêverai

 

 En 20 minutes, écrire un texte comportant ces mots et commençant par la phrase 

 Il y a des lieux que l’on admire

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NAMA Ulysse & sirène 1                                          

     wikimédia

                          

Il y a des lieux que l’on admire, ils peuvent se trouver aux pôles ou aux antipodes. Mais il ne faut pas être imbu de sa personne lorsque l’on a fait le tour du monde et que mille lieux admirables se sont dévoilés à nos yeux. La beauté est partout.

Ulysse s’est épuisé tout au long de son voyage. Il n’a pourtant été séduit ni par les paysages, ni par l’enchanteresse têtue qui voulait le garder auprès d’elle. Il a lutté pour retrouver ses racines. Comme lui, maintenant, que ma vie est faite, je rêverai de revenir au village qui m’a vu naître.

Claudie

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Polarlicht 2

                                                                             wikimédia

 

Le Pôle Nord

Il y a des lieux que l’on admire. Le Pôle Nord l’attirait particulièrement avec ses aurores boréales. Elle était arrivée au nord de la Norvège, c'est-à-dire le nord du Nord. Elle avait été mise en garde sur son manque d’entrainement pour braver cette région inhospitalière, mais, têtue comme une mule, elle avançait, le front baissé, prête à affronter la banquise.

Ses chiens, épuisés, aspiraient à prendre racine pendant quelques heures. Cuisses et mollets en marmelade, elle décida de s’arrêter. Elle grimpa sur le faîte d’un monticule et fit un tour d’horizon d’un regard désespéré. Rien. Rien qu’un paysage grisatre de creux et d’aspérités qui ne l’inspirèrent pas du tout. Elle regrettait d’avoir remercié le guide qu’elle trouvait trop imbu de sa personne avec son baratin d’intello qui connait tout.

Après réflexion, elle décida de planter là son petit campement. Elle rêverait peut-être à son guide, à sa gueule de baroudeur, regrettant probablement son absence.

 

Mouty

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Pôle emploi Epernay

wikimédia

 

Il y a des lieux que l'on admire, il y a des lieux qui nous épuisent !

Le pôle emploi, par exemple, est un lieu où l'on prend racine, je vous assure. Seul le têtu au faîte de la patience peut rêver d'y trouver, quoi d'ailleurs, du boulot peut-être ? Mais celui qui n'est pas imbu est certain d'y lier amitié, tant le public est nombreux, divers et varié.

Moi, je rêverais qu'y soit installé de grands salons matelassés, avec des fauteuils confortables et des coussins moelleux, où des hôtesses, enfin réellement d'accueil, serviraient aux demandeurs d'emploi couchés sur des canapés, thés et croissants en premier lieu, festin orgiaque ensuite, en chantant leur longue litanie : "Il n'y a pas de travail, il n'y a pas de travail..." et le pôle emploi serait alors admiré, admiré pour un lieu, non pas d'embauche, mais de d... !

Je vous laisse deviner.

Nanou

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IMG-20140720-WA0001.jpg

 

Il y a des lieux que l’on admire et pourtant on ne les connaît pas. On rêverait simplement d’y aller parce qu’on en a entendu parler par des voyageurs passionnés.

Pour certains, le pôle Nord est le plus fascinant, d’autres voudraient suivre les traces de leurs ancêtres en Patagonie, d’autres encore se voient marcher avec un bâton de pèlerin jusqu’à Saint-Jacques de Compostelle et atteindre, épuisés mais remplis de paix, le sanctuaire tant désiré, d’autres enfin, imbus d’eux-mêmes, s’imaginent, apportant la culture aux tribus les plus reculées.

Et moi, têtue, depuis des années je ne pense qu’aux paysages de la secrète Ethiopie. On me les a si bien décrits que j’ai l’impression d’en connaître les moindres détails. Je vois les mains noires arracher les racines de qat avant de les mâcher mécaniquement pour tromper la faim, je vois les cases aux faîtes en pointe dans lesquelles les femmes s’affairent à la préparation du café ou des galettes d’injera. Je vois aussi les routes dangereuses et les enfants qui vous délestent si adroitement de votre argent. Je vois les villes grouillantes et les campagnes où le temps s’est arrêté au Moyen Age. Oui, j’admire cet endroit sans le connaître, tellement, en me le contant, on a su le rendre mystérieux, insolite et si attirant.

Peut-être irai-je un jour. Mais alors, le trouverai-je à la hauteur de mon imagination ?

Gill

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Jeux d'homonymes

Trouver quatre groupes de deux homonymes (ex : chat/chas)

Faire quatre phrases dont chacune inclut un groupe de mots puis assembler ces phrases pour réaliser un texte cohérent.

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Dans le bois de la marjolaine, Emile boit à la source vive. Sous un caillou, il trouve un sous. Puis par l’allée des biches, il est allé au village. , il a sifflé un la. Attirée sur le pas de la porte, est apparue la bonne qui a trouvé son histoire bien bonne.

Claudie

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Jean, qui ne connaissait que peu de gens, se sentait bien souvent seul.

Pourtant, il était jeune, beau, intelligent, honnête etc, etc... et je ne jeûne pas sur mes mots.

Ses traits du visage étaient très subtils et harmonieux.

Bref, il était ce genre d'homme qui donnait faim à plus de femmes qu'il ne le pensait et pourtant un jour, il y mit fin, fin à sa vie.

Le stylo Noir

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Sire, la cire de votre parquet fait de ce sol marqueté le joyau de votre grand salon. En soi, elle fait penser à un parterre de soie et à cette heure, nul heurt n’est encore venu la rayer. Votre cour, qui court sans cesse après la faveur royale, la foule tous les jours sans jamais la ternir.

Gill

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samedi, 06 février 2016

Quand deux mains se rencontrent, que se disent-elles?

Chacun se trouve en possession de deux photos de main, une choisie et une tirée au sort

En 20 minutes écrire un texte inspiré par ces deux photos, comprenant au moins une partie de dialogue entre les mains.

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main alpiniste liliane.pngmain guitariste liliane.png

 

 

 

 

pixabay

 

Ballade des mains

         Bien sûr, tout le monde connait la chanson du petit poisson et du petit oiseau qui s’aimaient d’amour tendre. Mais peu de gens, en revanche, sont au courant de l’existence de la très romantique « Ballade des Mains* », à ne surtout pas confondre avec « Les mains baladeuses » qu’entonnent volontiers les carabins les soirs de nouba.

     Mais encore plus rares sont ceux qui savent quels étaient les sexes respectifs de l’oiseau et du poisson. Je préfère prévenir tout de suite : on ne le saura pas davantage en ce qui concerne les mains.

     Il était une fois donc, une main d’alpiniste : gantée, dure, adroite et habituée aux sports de l’extrême… et, très loin d’elle, une main de guitariste : fine, déliée, mais possédant néanmoins la force nécessaire pour faire vibrer les cordes(le mi grave en particulier, ceux qui pratiquent comprendront).

   Elles se rencontrèrent par hasard, un jour, ou plutôt lors d’une soirée lorsque les deux propriétaires se les serrèrent un moment… avant de se séparer, vu qu’ils n’avaient pas grand-chose à se dire. Mais trêve de bavardage, écoutons-les.

Main d’alpiniste : Quel trouble étrange, mon amie, m’a donc saisie quand je me suis avancée vers toi, tendue et déjà frémissante. Je t’avais reconnue, je crois.

Main de guitariste : Ô toi, de qui je rêvais depuis si longtemps ! Je t’ai aperçue, et, effrayée soudain, je me suis tapie dans la poche du pantalon qui m’abrite d’ordinaire, n’osant plus en sortir !

Main d’alpiniste : Je sais ma douce, je l’avais remarqué. Mais j’ai décidé pour deux, vois-tu, je me suis faite insistante, volontaire !

Main de guitariste : Oui, c’est vrai. Et alors je n’ai plus résisté. A peine m’as-tu touchée qu’un souffle ardent m’a envahie, et c’est toute brulante que je me fonds à présent en toi…

Main d’alpiniste : Ô moment sublime ! Ô seconde exquise qui nous grise ! Je te sens trembler, palpiter entre mes doigts !

Main de guitariste : Comment est-ce possible ? Nous sommes à l’évidence faites l’une pour l’autre et un bienheureux hasard nous réunit enfin ! Oh, serre-moi bien fort mon aimée !

Main d’alpiniste : Oh oui…Mais, que se passe-t-il ? Une force diabolique s’empare de mes doigts, m’oblige à te lâcher ! Non, je ne veux pas !!

Main de guitariste : Non, non ! Au secours ! Une force identique et mauvaise m’éloigne aussi de toi ! Ou es-tu ? Déjà je ne te vois plus ! Je ne t’entends plus !!

Main d’alpiniste : Tu disparais…Adieu mon amour ! Et dire que je ne connais même pas ton nom…

Main de guitariste : Adieu ! Adieu ! Mon premier accord sera pour toi. Et ce sera, je le jure, aussi le dernier.

   Fin de la ballade.

   Et le lendemain :

Le guitariste fut inexplicablement frappé d’une paralysie incurable ; quant à l’alpiniste, sa main lâcha brusquement le filin tendu au dessus du vide. Dommage.

                                                                                         El Pé

*Sur l’air de « Quelque chose de Tennessee ». Ce ne serait pas mal, non ?

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       pixabay

 

 

– Ah ! Toi qui es jeune , donne-moi cette pomme .

– Non, tu vois bien comme elle brille, comme elle est parfaite, je ne m 'en séparerai pas.

– Tu en trouveras une autre plus tard, sois sympa, regarde mes articulations souffreteuses, je ne peux plus aller en cueillir.

– Mais apprends donc à ne plus faire ce que tu faisais avant, c'est tout ! Cette pomme rouge , elle va trop bien avec ma french manucure et je vais poser pour un photographe , figure-toi.

– Pour les cinq fruits par jour ou pour la belle-mère de Blanche-neige?

– Ah, c'est malin!

– En tout cas, tu n'as pas grand-chose à raconter . Moi, je pourrais parler de toutes les aiguilles que j'ai tenues pour tricoter , de tous les stylos qui sont venus entre mes doigts pour écrire des histoires, de toutes les têtes d'enfants que j'ai caressées pour les encourager. Peu importe, tu vois, moi je suis ouverte, j'aimais donner, toi, tu aimes paraître , adieu.

 

Marie

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           pixabay

 

Les mains

– Je lève ce verre à ta santé ma vieille maîtresse. Que l’avenir nous réserve encore bon nombre de tes fabuleux concerts !

– Je commence à ressentir le durcissement de mes articulations. Je pense avoir fait le plus gros de mes exploits, s’il en fût.

– Aie confiance, on admire toujours ta dextérité et la précision de ton doigté. Tu en as pour des années !

– Sache toutefois que je souffre en silence depuis plusieurs mois. L’arthrite m’agrippe et me joue de sales tours.

– Tu la domines tellement bien que la légèreté de tes nuances ne trahit pas le moindre mal-être. Pour moi, tu es comme au premier jour, quand nous produisions nos duos sur la scène de la salle Pleyel, du Carnegie Hall ou de la Scala de Milan. Je ressens toujours la même sensibilité dans nos adagios ou nos largos. Et je fonds de plaisir quand tu danses avec sveltesse sur les touches du piano.

– Cependant, tu dois te préparer ma belle, tu vas devoir assurer le relais avec une autre partenaire. Je crois que j’ai fait mon temps. Place aux jeunes pousses !

Mouty

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         pixabay

 

Fouilles clandestines

Une main fouille le sol sur les rives de la rivière Awash, en Ethiopie. Eclairée par un simple briquet, elle tente d’apercevoir le fond d’une cavité.

– Eh bien, je ne vois pas grand-chose, mais je crois bien que j’ai trouvé. Je n’en reviens pas !

– Ah vous m’éblouissez avec cette lumière ! N’oubliez pas que je n’ai pas vu le jour depuis environ trois millions d’années. Je ne sais pas si vous le savez mais je suis Lucy, ou Dinqnesh, qui veut dire « tu es merveilleuse » en amharique. Comme vous pouvez le constatez, je n’ai plus rien sur les os et ma main, que vous voyez là, a échappé aux recherches de messieurs Coppens et Cie, en 1974, et jusqu’à cet instant, pensait reposer tranquillement dans cette terre encore plusieurs millions d’années.

Qui êtes-vous et que faites-vous là ?

– Eh bien, justement, je fouille ! Pourquoi croyez-vous que je suis venu jusqu’ici, en Ethiopie, dans ce pays fermé et mystérieux dont on parle peu, si ce n’est dans l’espoir de trouver encore un petit morceau de votre squelette oublié par les éminents chercheurs qui vous ont étudiées. J’imagine qu’une seule de vos phalanges vaut une petite fortune.

– Mais vous plaisantez mon ami ! D’abord on ne fouille pas pour trouver des restes aussi précieux que les miens comme vous le faites, sans précautions. Vous risqueriez de m’abîmer ou de perdre un de mes osselets en me prenant à pleine main, comme vous semblez en avoir l’intention.

Je vais vous expliquer ce qui me rend unique et pourquoi j’ai droit à certains égards : je suis le premier fossile aussi complet découvert pour une période aussi ancienne. Mes restes ont été extrêmement importants pour comprendre comment se déplaçaient ceux de mon espèce. Ainsi, j’étais bipède mais j’avais aussi l’aptitude à grimper aux arbres. Fabuleux n’est-ce pas ? Je suis presque l’ancêtre de l’homme sur cette terre, ou, je dirais plutôt, une cousine éloignée de l’humain que vous êtes.

Vous ne fouillez pas, vous pillez. Qu’imaginez-vous ? Me vendre au plus offrant ? C’est du domaine du rêve car j’appartiens à la communauté scientifique tout entière. Vous devez être bien naïf ou particulièrement sot pour penser la chose possible !

– Eh bien, si vous ne me rapportez rien, je ne vais pas me fatiguer à creuser. Vous avez raison, il est temps de passer à autre chose. Je file et vous laisse à votre sol éthiopien. Je trouverai bien d’autres curiosités à monnayer.

– Sage décision, mon ami. Un dernier conseil : allez donc admirer mon squelette au musée d’Addis-Abeba, ou à défaut, faites-un tour à Paris, au Jardin des Plantes, une réplique y est exposée.

Allez, maintenant que je suis tranquille, il ne me reste plus qu’à me réinstaller confortablement pour plusieurs millions d’années.

Gill

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Dieu ou Diable

Après un jeu qui nous a permis de trouver les expressions et mots suivants

sang - mauve - ami - nu comme un ver - main

En 20 minutes, écrire un texte les comportant et

Commençant par :

« Oui, bien sûr, Dieu existe, je l’ai rencontré »

ou

se terminant par :

« J’avais rencontré le diable en personne »

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dieu,diable,ami,sang,nu,ver,main

 

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pixabay

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Le berger

Elle se faisait du mauvais sang. Beaucoup de mauvais sang. Adèle se complaisait depuis son enfance dans cet état second. Cela faisait partie de sa personnalité tapissée de viscosité mauve qui lui donnait l’impression d’être dans un bain d’argile.

Son ami, las de cette compagne grisâtre, avait fini par la lâcher pour reprendre sa vie de berger dans les Alpages. Là-haut il respirait à pleins poumons. Dans une nature luxuriante au mois d’avril. Les fleurs inondaient les prairies que Dieu avait magnifiées de sa palette chatoyante. Dieu ? Ou peut-être bien le diable… C’était trop beau, trop surnaturel : tout pour attirer le plus fieffé des mécréants.

Et puis ce berger, proche de l’innocence, portait maintenant dans son cœur la belle petite Héloïse, cuisinière et serveuse au refuge voisin accroché derrière le mamelon qui égayait l’horizon avec ses levers de soleil magiques. Elle lui était pratiquement tombée dans les bras un jour où, se croyant seul au monde, il se promenait nu comme un ver. On devine la suite.

Il lui avait alors demandé sa main.

Quand elle rentra au chalet, à la nuit tombante, en matière d’excuse elle bredouilla à son patron : « j’avais rencontré le diable en personne ! »

 

Mouty

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Dans le matin mauve, la charrette avançait lentement. La famille d’Oscar avait décidé de quitter les terres hostiles où rien ne poussent. Il avait pris sa femme, ses enfants et mis sur sa vieille charrette le peu d’objets qui lui restait encore. La main de l’homme n’avait pas réussi à domestiquer cette terre ingrate ; Il y avait pourtant sué sang et eau. Malgré son travail acharné et méticuleux, aucune récolte n’était venue.

En montant ici, sur les hauts comme on disait, il avait espéré gagner de nouvelles terres, offrir à sa famille un peu de confort et un air plus pur. Après trois ans d’efforts, sa femme avait perdu sa joie de vivre, ses enfants étaient plus chétifs qu’avant, lui était devenu rugueux et sec.

Ses parents et même son ami Pierre avaient essayé de le dissuader. Ils lui avaient : là-haut, ce n’est que cailloux et herbe sèche. Aujourd’hui, il se voyait arrivé à la ferme, plus pauvre qu’avant, nu comme un ver. Il avouerait à tous, que dans ces solitudes, il avait rencontré le diable en personne.

Claudie

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Marc, un ami d'enfance m'avait donné rendez-vous à vingt-deux heures. La nuit noire et glacée ne me donnait pas envie de sortir mais j'avais promis de le retrouver pour l'écouter, il avait besoin de présence. Je me suis donc décidée à revêtir ma cape mauve et à me lancer dans le froid. Je serais vite arrivée, il n'habitait pas loin.

         L'avenue longue et déserte était bien éclairée, j'avançais vite . Alors que je ralentissais en tournant dans sa petite rue , vers la caserne des pompiers, une main m'a happée au passage. J'ai tourné la tête et écarquillé les yeux en découvrant un homme nu comme un ver dont la bouche laissait goutter du sang telle celle d'un vampire. Elle s'agrippait à mon bras pour me tirer dans la caserne. Je me suis dégagée en hurlant, suis partie en courant avec l'impression que j'avais rencontré le diable en personne.

 

Marie

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Oui bien sûr, dieu existe, je l’ai rencontré et je le rencontre plusieurs fois par semaine. Monsieur Dieu, c’est le père de mon meilleur ami.

Il est concepteur de jeux vidéo. En plus, Comme il est très adroit de ses mains, pour se détendre, il fabrique des maquettes et quand je vais chez lui, je pourrais rester des heures à les regarder. Il a un grand garage et toute une partie est réservée à ses constructions ; Il y a quelques temps, mon copain m’a montré sa dernière création : un jardin extraordinaire, luxuriant, avec des végétaux si variés qu’on y trouve même un pommier dont on voit distinctement les petites pommes rouge sang. Tous les animaux de la création y figurent, jusqu’au serpent, et il y a même deux petites statuettes, un homme et une femme, nus comme un ver, comme s’ils venaient de naître, dont le visage reflète nettement le bonheur. Au dessus du jardin, il a construit une grande voûte, d’un beau bleu comme le ciel, avec quelques touches de mauve. C’est magnifique et quand on regarde ce jardin, on est envahi par une sensation de calme. Monsieur Dieu est vraiment doué car il n’a mis que sept jours pour faire cette maquette.

Malheureusement, il y a eu récemment une inondation dans le garage et le jardin a été détruit. Par précaution, il avait gardé des modèles de ses statuettes, -un couple de chaque espèce- qu’il avait rangés dans un petit bateau construit précédemment. C’est une chance, ce sera plus facile pour réaliser un autre jardin.

Quant à mon copain, c’est un vrai leader. Tout le monde l’écoute ; Dans notre groupe c’est lui le chef. Il n’a même pas besoin de commander, nous le suivons sans nous poser de question. Quelquefois, il a quand même de drôles d’idées ! Il dit : « si l’on te frappe sur une joue, tends l’autre » ou « pardonne à ceux qui t’ont fait du mal ». Les copains et moi avons du mal à faire ça. On n’est pas des saints ! En plus, il a une sorte de don. Quand l’un de nous se fait mal, il suffit qu’il nous touche pour que la douleur s’atténue. Il a un fluide magique, c’est sûr.

Nous sommes treize copains dans la bande et Luc et Matthieu sont très doués en français. Alors ils écrivent ce que nous pouvons appeler nos aventures. Ils disent que comme cela, nous n’oublierons rien, même quand nous serons grands.

En tout cas, c’est vraiment mon meilleur copain et l’autre jour je lui ai dit : « tu sais, moi je ne trahirai jamais ». Il m’a répondu : « en es-tu sûr, Pierre ? Tout peut arriver »….. N’importe quoi !

En y réfléchissant bien, je me dis que monsieur Dieu et son fils sont vraiment des gens pas comme les autres.

Gill

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Célébrité cachée

En dix minutes, faire une phrase dans laquelle se trouve, phonétiquement, le nom et le prénom d’un personnage célèbre.

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Serge Lama

Son costume en serge, la maladroite Sophie en avait marre de le porter : devenu trop étroit, il la gênait aux entournures

Mouty

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Juliette avait composé son ouvrage en dentelle. Le jour des noces arrivant, elle allait donner sa nappe au Léon.

Depuis quelques jours le froid était plus aigue, l’hiver était là.

Claudie

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Avant de se voir à l’écran, Simone s’ignorait si bonne actrice.

Ce matin, Yves, montant sur sa bicyclette, se mit à fredonner : « les feuilles mortes se ramassent à la pelle ».

Michel, où est le bec de canne que je dois changer sur la porte de la cuisine ?

Marcel serre dents et poings avant de se ruer sur le ring.

Gill

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