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mardi, 29 décembre 2015

L'incroyable Noël de.......

Après un jeu où chacun a choisi quatre mots qu’il a donnés à ses voisins et un qu’il a gardé pour lui, chaque participant se retrouve avec une liste de cinq mots :

Une étoile, planète ou constellation / un vêtement folklorique

Un pays / un animal / un métier

En 25 minutes, écrire un texte en utilisant ces cinq mots

dont le titre sera

« L’incroyable Noël de ……… »

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Rudolph the Red-Nosed Reindeer

wikimédia

L’incroyable Noël de Rudolf

Depuis bien des mois, Rudolf aide le Père Noël à préparer son incroyable tournée.

Rudolf, comme tout le monde le sait, est l’un des rennes de l’attelage du Père Noël. Il a le sabot sûr, mais ce qui est remarquable c’est son nez rouge qui brille. En regardant Vénus, la bonne étoile du berger, une étincelle lui a effleuré le nez. Depuis, il éclaire le chemin du Père Noël de son petit luminion.

Le voyage accompli, pendant la belle nuit magique, l’a conduit partout. Au sud, au nord, au Pérou où il a salué le grand Anaconda :

   –Viens avec moi, je vais te faire visiter le monde. Nous irons des Antilles au Canada.

   –Non ! pas le Canada ! Il y fait trop froid.

   –Alors, tant pis, je te laisse là, à une autre fois.

Plus loin, il a rencontré une araignée. Elle construit sa toile mieux qu’un architecte. Quelques jouets y sont restés accrochés.

   –Tu ne dois pas garder les jouets des enfants, gronda Rudolf.

   –Moi aussi, j’ai des bébés, a plaidé l’araignée.

   –Tu as raison dans cette nuit magique, il faut savoir partager.

Rudolf a continué la distribution des cadeaux, en n’oubliant personne. Le Père Noël l’a félicité, alors son nez rouge luisait plus fort.

Claudie

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UrsaMajorCC

wikimédia

 

L'incroyable noël de la Grande Ourse

 

La Grande Ourse s'ennuyait dans son univers hivernal de ce mois de décembre, elle ne brillait déjà plus depuis une saison pour les yeux des microscopiques terriens, qui s’apprêtaient à fêter ce qu'ils appelaient "Noël", une sombre fête en référence à une mère accouchant dans une pauvre étable sur un poncho élimé, des animaux en guise de médecin, ainsi qu'à un gros bonhomme rouge et vieux, effigie d'une affreuse boisson gazeuse.

Pour illuminer cette drôle de tradition, les humains avaient pour habitude de couper un arbre du Danemark qu'ils jetteraient plus tard, et d'y coller à son sommet, une étoile. Elle aurait bien aimé, elle la Grande Ourse, être cette étoile, mais voilà, l'univers ne se mélangeait pas, chacun à sa place.

Un jour, un pâtissier, chevauchant son antilope de poussière à la crinière mordorée, vint lui rendre visite, l'invitant à une soirée nocturne chez le Petit Prince, son ami, qui habitait à quelques encablures lunaires de là.

Le Petit Prince avait de gros soucis avec sa fleur, la Rose, qui souffrait de dépression sévère par manque de soleil.

Depuis cette soirée nocturne, la Grande Ourse ne s’ennuie plus, ne rêve plus d'être l'étoile de terriens, elle est devenue celle de la rose du Petit Prince.

 

Le stylo noir

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AtelesGeoffroyi

wikimédia

 

L’incroyable Noël de l’enfant perdu

 

   Amado avait sûrement dû naitre en Argentine. C’est une chose qui peut arriver à n’importe qui, finalement. Mais qu’il ait, à cinq ans, tout seul, les pieds sales et vêtu de son seul poncho, atterri au Brésil, dans une favela de Rio, est déjà plus rare.

       Comment était-il arrivé là ? Nul ne le savait et ce n’était certes pas lui qui aurait pu le dire, vu qu’il était autiste et ne se liait avec personne. Bien que prêtresse vaudou reconnue, Mama Amalia était une brave femme. Elle recueillit l’enfant, le prénomma aussitôt Amado, (pour l’apprivoiser sans doute) et lui prépara un grand bol de chocolat. Ensuite, elle le coucha-après l’avoir lavé- dans le petit lit dressé contre le mur du fond qui attendait depuis quarante ans un bébé qui n’était jamais venu.

Apprivoisé, Amado le fut, pour ainsi dire, puisqu’il revenait chaque soir chez Mama Amalia pour manger et dormir, mais le reste du temps, il trainait dans les rues, élargissant jour après jour son territoire…et c’est ainsi que l’après-midi du vingt-quatre décembre de cette année là, il découvrit, dressé sur une des plus grandes places de la ville, un cirque. Il en fut tout ébloui Les couleurs, les odeurs, la musique, tout l’attira vers l’immense chapiteau rouge et or…dans le quel il parvint à se faufiler très facilement car personne ne faisait jamais attention à lui. Chose dont il n’aurait pas eu l’idée de se plaindre, d’ailleurs.

     Une foule considérable occupait les gradins, ainsi que le cercle de chaises entourant la piste et constituant le premier rang. Celui des VIP. Il se glissa sous l’une d’elles.

   Bientôt il fut rejoint par un étrange animal. En réalité, c’était un bébé singe, un atèle plus précisément, mais ça, évidemment, Amado l’ignorait. Le petit animal, de sa main minuscule, caressa la joue du garçon, avant de venir se pelotonner contre lui. Amado ressentit alors une émotion inconnue jusqu’à ce jour : il avait envie de rire et de pleurer à la fois.

     Blottis l’un contre l’autre sous la chaise d’un général qui ne se doutait de rien, tous deux assistèrent au spectacle avec plaisir. Mais, sans conteste, ce furent les acrobates qui firent vraiment battre leurs cœurs. Follement.

Aussi, quoi d’étonnant lorsqu’à la fin du spectacle, quand l’enceinte se vida et que les lumières se soient éteintes, quoi d’étonnant donc qu’Amado ait suivi docilement le petit singe le conduisant sur la piste. Précédé par l’animal, qu’il imita dans chacun de ses mouvements, il se retrouva très vite juché sur un trapèze, à plus de dix mètres de hauteur.

Un moment de pure ivresse, de pur bonheur s’ensuivit. Les deux enfants, l’un humain, l’autre pas, étaient en effet d’une égale agilité, d’une égale hardiesse. Ils s’élançaient d’un trapèze à l’autre, le premier rattrapant le second en plein vol, en riant aux éclats.

     Tout-à-fait au sommet du chapiteau, une ouverture ronde laissait apercevoir un coin de ciel, étoilé, car la nuit était tombée depuis longtemps. Juste au dessus d’eux, la Grande Ourse se dessinait nettement. Un simple regard suffit aux deux amis pour se comprendre. Et un même élan les projeta, à travers l’ouverture, vers les étoiles.

Certains esprits chagrins racontent que le lendemain, jour de Noël donc et même que c’était bien triste, on trouva deux petits corps enchevêtrés au pied du chapiteau. Personne en tout cas ne peut se le rappeler avec certitude. Quant à Mama Amélia, elle n’y a jamais cru. Avec raison. En effet, quand vous regarderez le ciel la nuit de Noël, vous verrez certainement un petit garçon et un petit singe se balancer, tout joyeux, sur la Grande Ourse. Evidemment. Elle a la forme d’un trapèze.

       

El Pé

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Apollo Pad Abort Test -2

wikimédia

 

L’INCROYABLE NOËL DU GARAGISTE

Stéphane mettait la dernière main à sa fusée. Voilà dix ans qu’il était dessus, à la construire et à la fignoler au fond de son garage. Un vieux rêve de gosse qu’il avait patiemment concrétisé selon des plans finement étudiés. Cette année, il ira passer Noël sur Mars. Il y plantera l’étendard français et pourra ainsi occuper la une de tous les journaux internationalement connus. Il y ouvrira une bouteille de champagne et boira un verre à la santé de l’humanité en souhaitant la paix sur terre pour l’éternité.

Stéphane vivait un pied sur la terre et un pied dans son rêve, changeant de pied de temps en temps pour mieux s’ancrer d’un côté ou de l’autre, selon son humeur, son espoir ou son découragement afin de préserver son équilibre. Il avait ainsi trouvé le moyen de toujours se sentir bien en suivant le chemin qu’il s’était tracé.

Stéphane briqua donc une dernière fois sa berline interplanétaire et la tracta à l’extérieur du garage. Le ciel d’un bleu profond, sans nuages, était propice à un super-voyage. Pas besoin de kérosène, les panneaux solaires la propulseront sans la moindre pollution atmosphérique.

Stéphane monta, ferma, verrouilla, boucla, ajusta son casque et mit les gaz. En route pour Mars ! Le paysage défila à une allure vertigineuse, puis s’évanouit. En moins d’une heure : un ralenti. La nuit noire ne favorisait plus l’avance aux panneaux solaires. La fusée louvoya, se dandina, atterrit dans un paysage inconnu éclairé par la lune douçâtre : des baobabs, des éléphants, puis le désert. Un village quand-même. Des cases.

Une troupe de personnages couleur d’ébène l’accueillit chaleureusement. Accueil d’un Père Noël lui sembla-t-il. Ils lui souhaitèrent la bienvenue au son du tam-tam. Où suis-je ? questionna Stéphane. Tu es ici au Gabon, lui répondit un grand gaillard au sourire éclatant en le débarrassant de sa tenue de cosmonaute. Tiens, mets plutôt ça, lui dit-il en lui tendant un pagne, tu seras plus à l’aise. Chants et danses emplissaient la nuit d’allégresse. Puis ce fut le festin. Un grand plat d’asticots fut amené par quatre porteurs. C’était le réveillon. Stéphane en prit timidement un pendant qu’on lui en servait deux bonnes poignées dans une feuille de bananier. Il avait l’estomac dans les talons et apprécia le premier vermisseau bien craquant, et, surprise ! très savoureux. Il les engloutit jusqu’au bout de sa feuille de palmier qu’il lécha avec délectation.

Ce fut un Noël extraordinaire. Le Gabon n’était sans doute pas plus mal que Mars. Noël les pieds sur terre : pourquoi pas ?

Mouty

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Pierrelune

wikimédia

 

L’incroyable Noël de Yann

Des noëls extraordinaires, j’en ai vécus, dans mon enfance, mais celui où je commençais à douter de l’existence du Père Noël m’a laissé un souvenir très vif et quand j’y pense, Je m’y revois, comme si c’était hier.

Depuis mon lit, je sens l’odeur du sapin, qui m’appelle. Alors je me lève en hâte, appelle ma petite sœur et nous pénétrons dans le salon où mes parents nous attendent déjà. Comme chaque année, je suis ébloui par les décorations, la lumière douce des bougies et par tous les cadeaux déposés au pied du sapin. Comme chaque année le Père Noël a fait honneur au petit goûter que nous avons préparé, pour lui permettre de se reposer un instant chez nous avant de continuer sa distribution. Comme chaque année il a laissé quelques traces sur la petite table, des épluchures de clémentine et un fond de café dans la tasse. Les yeux de ma petite sœur brillent de joie et nous ne savons quel paquet ouvrir en premier.

Laissant Nelly à sa découverte, je remarque alors un écrin argenté, posé sur une enveloppe à mon nom. L’ayant ouvert, je découvre une magnifique pierre de lune qui va tenir la place d’honneur dans la collection de minéraux que je fais depuis mon plus jeune âge. C’est une belle surprise car je ne l’avais pas commandée. A peine l’ai-je effleurée du doigt qu’une lumière se met à briller dans le jardin. Curieux, je sors et vois une échelle faite de filaments argentés qui monte vers le ciel. Intrigué, je pose un pied, puis l’autre et ainsi de suite pour me retrouver, sans efforts apparents… sur la Lune ! Eberlué et ravi, j’y vois le Père Noël dans son traîneau avec sa hotte presque vide et son fidèle renne. Il m’invite à m’asseoir près de lui.

«– Bonjour Yann, je pensais bien que tu viendrais cette année et je t’attendais. A ton âge, il est temps que je t’offre le cadeau auquel ont droit les enfants qui deviennent grands. Si tu veux, je t’offre le Monde vu de la Lune, je t’offre de voir, d’un seul coup d’œil, tout ce qu’il y a à découvrir en dehors de ta maison. »

Et là, ne sachant où donner du regard, je vois des étoiles, des planètes, et puis au loin, une sphère, notre terre, dont la surface est presque toute remplie de mers et d’océans, de l’eau à profusion, et je comprends pourquoi on l’appelle la Planète bleue. Mais je vois aussi des déserts avec du sable à perte de vue qui forme des ondulations savantes du plus bel effet et puis ce vert émeraude des forêts touffues où se cache un peuple invisible. Au fur et à mesure que le traîneau s’approche, je vois des montagnes impressionnantes, la chaîne de l’Himalaya, la Cordillère des Andes, les Montagnes Rocheuses, je vois des gouffres, des canyons, au Pérou, au Népal, en Afrique du Sud. Et puis je vois l’Europe, ici des Ecossais en kilts, là l’Italie avec la Tour de Pise, Paris et sa Tour Eiffel, tout au Sud, une crèche géante où les bergers suivis de leurs agneaux viennent adorer l’enfant, enfin, le cabinet d’avocats de mon père et puis ma maison, le salon, mes parents, et ma petite sœur qui ouvre ses cadeaux.

Alors les yeux remplis de ce merveilleux spectacle réservé aux « grands », convaincu que le Père Noël ne peut désormais me faire de plus beau cadeau et que je dois le laisser s’occuper des plus petits enfants, je redescends lentement pour me retrouver tout à coup dans le salon, une carte à la main sur laquelle est écrit : « Bonjour Yann, tu fais maintenant partie des grands enfants , alors comme tu le sentais déjà tout au fond de toi, je vais te laisser pour me consacrer aux plus petits. Mais ne te tracasse pas, tes parents te gâteront tout autant que moi. Le Père Noël »

Incroyable histoire ! Je n’en ai jamais parlé à personne mais elle a influencé toute ma vie : je suis devenu photographe de la Terre…..vue du ciel.

Gill

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Jeux ..... Une lettre en moins, un proverbe en plus!

Avec deux proverbes, faîtes-en un

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C’est la goutte d’eau qui a mis le feu aux poudres.

Brouillards en Novembre, Noël en Décembre.

Un tient bon vaut mieux que la peau de l’ours avant de l’avoir tué.

Claudie

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Il ne sert à rien de courir quand le chat n’est pas là.

Après la pluie, Noël au balcon.

Vieille amitié ne craint pas la piqûre de l’abeille.

Qui paie avec l’argent d’autrui cache difficilement sa boiterie.

Qui vit sans folie s’enrichit.

Gill

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Lipogramme

En 15 minutes, à la manière de Georges Pérec

écrire un texte sans « E »

Y inclure le mot « disparu » ou « disparition »

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«  –Il a disparu !

    –Qui ?

    –Ramina, mon gros chat roux.

    –Quand ?

    –Il y a trois jours.

    –Pourquoi ?

    –Pour courir les champs pardi. »

Bah oui ! Humant air pur, parfums frais du matin, dahlias, buissons odorants, suivant papillons et bourdons, Ramina, ravi, dormit un instant sur un doux tapis. Il s'y  crut –un vrai bonheur!– au paradis du chat. Puis, la faim aidant, tournant talons, il partit, nonchalant, arriva au fond du jardin puis alla jusqu’à la maison où il s’installa sur un non moins doux tapis, son coussin, à lui !

Gill

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Il a disparu un lundi. Il habitait au moulin. Un jour, on dit : « Qui a vu Jim ? ». Aucun n’avait vu Jim. On fouilla partout dans nos bois, nos champs, nos maisons. Jim n’y figurait pas.

Jim, qu’on croyait marin, arrivât dans nos pays dix ans auparavant. Il s’installa au moulin croulant, il y adopta un rat.

Aujourd’hui Jim a disparu mais pas son rat.

Claudie

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LA DISPARITION

J’avais mal aux tibias. Mon dos craquait. Nous marchions aux abords du volcan sur chardons, fleurs, trous fumants, chantant, quand un bruit sourd sortit du fond du sol, affolant trouillards, trainards, ringards, mini-papillons, maxi-lions.

S.O.S. : disparitions !

 

Mouty

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lundi, 14 décembre 2015

Et si le péché n'en était pas un ?

Parmi les sept péchés capitaux: 

 gourmandise / avarice / colère / luxure / paresse / orgueil / envie.

 En choisir un et en 20 minutes se faire l’avocat du diable en démontrant que c’est une qualité indispensable.

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Blason d'Enghien-les-Bains

wikimédia

 

   Ma chienne s’appelle Prada. Enfin, plus exactement, c’est moi qui l’ai appelée ainsi. Pour l’habituer, toute petite, à l’idée qu’elle était une chienne « pas comme les autres ». C’est vrai, quoi, on ne commence jamais assez tôt ce genre d’apprentissage : savoir d’où l’on vient et ce que l’on se doit. A soi. Afin de se faire respecter comme il convient par les autres.

   Les autres ! Si l’on n’y prenait garde, ils auraient facilement tendance à se croire nos égaux, les autres. Alors que…

   Alors que, de par ma naissance d’abord, je me situe d’emblée dans l’élite aristocratique, puisque je descends en droite ligne de la dynastie des Condé. Quand je pense que certains osent mettre en doute ce titre, les cuistres! Parce que, soi-disant, je ne possède aucun document pour corroborer mes dires. Evidemment, tout a été brulé pendant la Révolution. La première. La seule. Les autres après ne comptent pas. Où en étais-je ? Ah oui, ma lignée. Condé par ma mère, donc, et Fauchard par mon père. Certes, je me doute que de nombreux non initiés ignorent qui sont les Fauchard. Je veux parler de ceux qui ne suivent pas attentivement les cours de la Bourse. Sinon ils sauraient que notre entreprise de traitement des anchois est cotée au CAC 40. Oui, nous faisons partie des plus grandes fortunes de France. Et alors ?

Mais soyons clairs : ce n’est pas cela qui m’aurait conféré la beauté si je n’en n’avais été dotée, dès ma naissance. Visage et silhouette, tout est parfait chez moi, et j’aurais pu présenter les collections Dior, Channel (ou Prada) lorsque j’en ai été sollicitée. Mais mon Dieu ! Côtoyer ces mannequins quelconques, ces filles d’une vulgarité à faire peur !!Non, non merci ! Très peu pour moi.

   Oserai-je, sans paraitre manquer de modestie, avouer que j’ai également un QI nettement au dessus de la moyenne ? C’est pourtant le cas. Mais je ne m’y attarderai pas car c’est un sujet qui peut froisser facilement.

   Cela-dit, à quarante-trois ans je suis toujours célibataire. Oh la la ! Ce ne sont pourtant pas les prétendants qui manquent. Parfois je me dis- car j’ai beaucoup d’esprit-qu’il faudrait leur attribuer un numéro d’attente comme à la Sécurité Sociale. (Naturellement voyons, je n’ai jamais mis les pieds dans cette institution, j’ai seulement entendu dire…)

   Beaucoup de prétendants donc, mais pas un qui soit digne de moi.

On me rétorquera peut-être que, dans ma vie, je passe à côté de l’amour. Mais qu’est-ce que cela peut bien me faire ? Qui en a besoin ? Certainement pas moi. Et s’il fallait un seul argument pour justifier ce que vous nommez sottement mon « orgueil », et bien c’est celui-là. Je vous l’offre puisque vous m’avez mise en demeure de le faire. Et vous savez quoi ? Je vous plains.

                                                                                                                         El Pé

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orgueil,gourmandise

pixabay

 

Recette de bonheur

Le village était petit, mais étonnamment riche de commerces en tout genre, surtout alimentaires, allant de la triperie à la confiserie, de la charcuterie à la pâtisserie, de la rôtisserie au magasin de produits fins, et au restaurant gastronomique.

Jusqu’à maintenant, ces commerces avaient été très florissants, jouissant d’une renommée qui s’étendait bien au-delà des limites du village. Tous les amateurs de bonne chair s’y retrouvaient, le ventre rebondi et la mine joviale. Jusqu’à ce jour fatidique où l’abbé Vincent qui officiait dans la paroisse, rappela d’une voix tonitruante, au cours de son prêche dominical, les sept péchés capitaux dont la gourmandise faisait partie. Il foudroya ses ouailles du regard, les appelant à plus de tempérance, leur prédisant les flammes de l’Enfer s’il ne s’amendaient pas. Eux, effarés, sans même réfléchir, se mirent à déserter ces lieux de débauche, si tentants pour leurs palais. L’affaire s’enfla et se répandit comme une trainée de poudre et les commerces perdirent un à un leur clients.

Dans tous les foyers on ne mangea plus que les légumes du jardin cuits à l’eau, les œufs des poules, du café sans sucre, du lait sans chocolat. Plus un seul bonbon ne croqua sous la dent d’un enfant, plus une seule demeure ne fut emplie du fumet d’une dinde aux marrons, plus une seule goutte de liqueur ne coula dans les gosiers. Les corps fondaient, et tandis que l’embonpoint s’envolait, la joie désertait les visages. Les habitants erraient dans les rues, sans un mot, l’air triste, n’osant pas regarder les vitrines à moitié vides. Les commerçants se désolaient, leurs stocks se périmaient, pourrissaient et leurs frigos débordants de victuailles restaient désespérément clos.

Mais il y avait un rebelle dans ce village, un petit galopin au visage espiègle constellé de taches de rousseur. Il avait bien essayé de résister à la tentation, au début, puis un jour, n’y tenant plus, il était allé quémander un gâteau à la pâtisserie et comme par magie, le pâtissier avait retrouvé le sourire. A la vitesse de l’éclair, et sans se poser de questions, tous les enfants du village l’avaient imité, ravis de suivre cet exemple et ne comprenant pas pourquoi c’était un péché de se faire plaisir en mangeant quelque chose de bon.

Puis les adultes, rasant les murs et se cachant d’abord les uns des autres, avaient suivi le mouvement, et les commerçants, timidement au début, puis avec de plus en plus d’ardeur, s’étaient remis au travail ; Tout le monde avait retrouvé le sourire pour le bonheur de ce village et la vie avait repris son cours.

Alors je suis sûre qu’après avoir écouté mon histoire, vous direz comme moi : La gourmandise est une qualité indispensable au bonheur de tous, alors adoptez cette devise :

                             Pour vivre heureux, vivons gourmands ! 

Gill

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Pieter Bruegel the Elder - Desidia (Sloth), 1557 - Google Art Project

wikimédia

 

Le paresseux est un créateur.

Il est tant envahi de flemme, qu'il passe son temps à inventer l'objet qui lui facilitera la tâche lui faisant gagner du temps pour la sieste. Exemple : j'ai acheté un lave vaisselle pour ne plus avoir à nettoyer mon assiette le midi ; 10 minutes de gagnées !

 

Le paresseux est un épicurien.

Tous s’accordent sur l'idée qu'un après-midi hamac tendu entre deux palmiers bordant une mer bleu azur fait partie des grands bonheurs. Le paresseux ne recule pas devant le bonheur, il en jouit pleinement.

 

Même si on le déteste parce qu'on le jalouse profondément, le paresseux est une star. Philippe Noiret en fait l'éloge dans Alexandre le bienheureux, à l'instar de Brassens et sa mauvaise réputation.

 

Les mauvaises langues prétendent du paresseux qu'il ne fait rien, moi j'affirme qu'il fait tout, tout pour son propre bonheur en grand égoïste, mais ça, ça ne fait pas parti des 7 pêchés capitaux.

 

Nanou

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Vertu.cathedrale.Sens.2

wikimédia

 

L’avarice

 

Dans un café du sud, au dehors on entend les cigales :

   –Aller les gars, celle-là, c’est ma tournée. C’est pas Albert avec son oursin dans le portefeuille qui va vous régaler.

   –Comment un oursin dans le portefeuille ? Vous pouvez rire. Moi, je suis économe, je ne dilapide pas mes sous pour un rien.

Tous les clients du petit bar sont hilares.

   –Ah, vous riez de plus belle. Un jour, vous comprendrez que j’ai raison de ne pas dépenser sans compter. Je suis économe et c’est une vertu. Ainsi, je fais attention à la planète :

Je mange frugalement : pas de lisier, pas de pesticide.

Je me lave de temps en temps : pas de gaspillage d’eau.

Je fais de l’autostop : tout le monde en vient au covoiturage.

 

   –Et tu uses tes habits jusqu’à la corde

   –Bien sur, les usines polluent, moins de fabrication, c’est moins de pollution. Alors, vous voyez au lieu de vous moquer de moi, vous devriez suivre mon exemple.

   –Ah c’est sûr, Tu nous as encore bien eus avec tes démonstrations, tu paieras pas ta tournée. Mais tu n’as pas tout à fait tort.

 

Claudie

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orgueil,gourmandise,paresse,avarice

nuit et sommeil par Evelyn de Morgan

Mythologica

 

LA LUXURE

Passer des bras d’Anatole - ou d’un autre - dans ceux de Morphée, quelle jouissance ! Usée par les frasques de l’un pour se retrouver dans le cocon de l’autre !... Je vous le recommande si vous ne l’avez déjà essayé. Passer de l’extase à un bien-être inégalé, c’est le pied. Et quand vous ouvrez doucettement les yeux en savourant les ébats divins que vous venez de traverser, vous vous rendez compte que vous avez passé des heures de bonheur, sans haine, sans rancœur, sans colère, sans orgueil, sans avarice d’amour débridé, avec une gourmandise exacerbée du revenez-y, sans autre envie que ces instants d’inexistence durent l’éternité… Alors, vive la luxure : ce sont les rares moments où vous ne faites de mal à personne.

Mouty

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Le sport à l'honneur

Choisir un sport parmi une liste d’activités sportives inscrites sur un papier:

 

sports de ballon, de glisse, aquatiques, de montagne, de lancer

parachutisme, boxe, gymnastique, VTT

agility, équitation, escrime, danse.

 

 Faire une « pioche » avec des noms d'objets servant dans différents sports, trouvés par chaque participants. En 20 minutes, écrire un texte sur le sport choisi en introduisant un mot tiré au sort au début du texte puis toutes les 5 minutes.

 

Mots à inclure dans le texte par ordre de tirage au sort:

 

filet / gant / ski / pagaie

 

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patins.jpg

freepik      par sxc

 

Souvenirs de gloire

Qu’est-ce que c’est que cette lumière ? J’étais bien tranquille dans mon armoire, dans ma boîte depuis des années, et me voilà réveillé.

Qui suis-je ? Et bien regardez-moi. Regardez ma lame un peu ternie c’est vrai, mais toujours fringante, ma blancheur un peu grisée mais qui ne demande qu’à retrouver son lustre d’antan. Imaginez-moi glissant élégamment sur une glace brillante au milieu de spectateurs retenant leur souffle, suivez des yeux mon envol périlleux mais toujours gracieux et la légèreté avec laquelle je retrouve le sol. Bien sûr, je suis un patin à glaces, mais pas n’importe lequel, un patin de compétition. J’ai travaillé sans filet, si l’on peut dire, sur les plus grandes patinoires du monde, frôlant souvent la chute, tant j’étais téméraire. Moi à ses pieds, à l’appel de son nom, Nathalie enlevait gants et bonnet, et nous nous élancions, ne faisant qu’un, pour exécuter un programme répété pendant de longues et difficiles séances d’entraînement. J’en ai connu, des heures interminables d’étude pour réussir à faire partie des plus grands.

J’ai débuté ma carrière au Palais des Glaces, à Paris. Plus tard, j’ai connu la patinoire de Grenoble, toute neuve, puis j’ai participé aux championnats du monde à Tokyo et aux jeux olympiques à Sarajevo; Si j’avais été un ski, j’aurais connu l’ivresse des hauts sommets, mais celle que j’ai connue sur les podiums, médaillé plusieurs fois, m’a suffi. Malheureusement, la carrière sportive est brève, et depuis longtemps je suis bien installé dans une boîte confortable, à une place privilégiée. Je me repose.

Ma vie internationale est terminée et maintenant j’habite dans une maison rose, dans une petite ville du sud de la France. Aujourd’hui, on me sort de ma boîte, on astique ma lame, on cire mon cuir. Pourquoi, dans une région méditerranéenne où l’on verrait plutôt les habitants manier la pagaie que s’élancer sur la glace ?

Et bien figurez-vous que dans cette petite ville, la municipalité a eu l’idée de créer une petite patinoire pour les fêtes de fin d’année. Nous allons emmener le petit fils de la famille pour l’initier aux joies de la glisse.

Voyez, il y a toujours de l’espoir. Moi qui pensait ne plus jamais connaître ce frisson, me voilà fringant, glissant gaiment comme au premier jour.

Gill

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Manta alfredi cruising - journal.pone.0046170.g002A

wikimédia

 

Plongée sous marine

 

Thaïlande, mois de février, chaleur, eau limpidement bleue à 30°c.

J'ajuste ma ceinture de plomb, attache mon gilet, endosse mes bouteilles, je m'apprête à sauter pour une randonnée sous marine. Ah ! J'oubliais mon filet. J'avais beau plonger dans une réserve aquatique protégée où rien de doit être prélevé ni seulement être touché, si je venais à trouver malencontreusement un rebut, j'aurais de quoi le ramener et le recycler loin de ce paradis "terrestre". J'enfile mes gants, les coraux sont nombreux et dangereux par ici, gare à qui s'y frotte !

Et c'est parti, plouf !

L'aventure débute par une féerie de couleur et de vie. Mille poissons viennent me narguer, me chatouiller le bout du nez, flairer cette grosse baleine, jouer à cache-cache avec les étoiles de mers. Dans un trou du massif, je me retrouve nez à nez avec une murène, le sien étant plus épaté que le mien, j'enclenche rapidement la marche arrière.

Soudainement, un bruit, un bruit bien différent de ceux que l'on entend au fond de l'eau.

Il faut que j'aille en profondeur, c'est un passage de bateau de ski nautique, rester proche de la surface serait mettre sa vie en péril.

Je surveille sur mon altimètre la profondeur à laquelle je me situe. Je n'ai pas la licence pour aller au delà des 12 mètres.

Les paysages marins changent, la luminosité aussi.

Au loin, j'aperçois le ballet gracieux d'une tortue géante quand mon regard est attiré vers le fond, vers une ombre. Serait-ce la raie Manta qui se tapirait là ? Contrôle : 11 mètres, je prends le risque de dépasser les 12 mètres, une raie Manta, c'est pas tous les jours qu'on en voit. J'en averti le moniteur en baissant mon pouce, C'est OK, on y va. La raie Manta ne bouge pas. On aura peut-être la chance de vraiment l'approcher. 2 m, 1m50, 1m quand enfin je découvre le trésor de la journée.

Le déchet ultime, une pagaie traditionnelle échouée et en parfait état.

 

Nanou

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Final Trophee Monal 2012 n08

wikimédia

 

Depuis la station spatiale, Léa regardait l’espace. L’immensité de l’Univers l’avait toujours attirée. Elle avait suivi un entrainement rigoureux pour être retenue dans la première équipe qui irait sur Mars.

Son sport préféré, l’escrime, l’avait beaucoup aidée. Il fallait y déployer rigueur, adresse, résistance, qualités indispensables dans l’espace.

Le choix de sa carrière d’astronaute s’était fait sans filet. Sa famille modeste ne pouvait lui assurer un changement d’orientation. Elle était fière de faire partie de ce voyage.

Après avoir vérifié sa tenue, elle enfila ses gants. Elle allait faire une inspection dans les quartiers de la station pas encore occupés. Il était nécessaire de vérifier périodiquement l’état du matériel, qui ne serait utilisé qu’à leur arrivée sur la planète rouge.

Pour maintenir une bonne ambiance, dans l’équipe de jeunes gens dont Léa faisait partie, le Capitaine avait pour habitude de les réunir. Chacun devait raconter une histoire ou imaginer les occupations qu’il pourrait avoir tout au long de leur mission.

Ils avaient bien ri lorsque Hugo, le savoyard, avait avoué avoir emporté ses skis dans ses bagages. Qui sait ? Peut-être pourrait-il dévaler les dunes martiennes. Rien n’est impossible à un grand sportif, un passionné de la glisse.

Léa devait animer la réunion du soir. Elle hésitait à poursuivre sur les traces d’Hugo. Ses expériences à ski n’avaient rien de remarquable. Elles y étaient plus souvent sur les fesses que sur les skis. Pour être à son avantage, elle pourrait raconter sa descente du Tarn en canoë. Elle avait très facilement assimilé le maniement de la pagaie et avait profité du paysage magnifique des gorges.

Soudain, elle se rendit compte que la terre était bien loin. Hugo avait surement raison de s’attacher à sa passion et de l’emmener avec lui.

Claudie

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LA BOXE

  1. a) filet

Boxeuse la nana ? Et bien oui ! Et musclée comme un lutteur avec ça ! Bondissante sur le ring comme un cabri endiablé, elle envoie ses directs et ses uppercuts, bien ciblés,, violents, sans aucune contrainte. De quoi tuer son adversaire, quoi ! La victoire espérée est là ! Victoire sans filet, sans ceinture de sécurité ! La salle explose sous un tonnerre d’applaudissements !

  1. b) gant

Adeline, la boxeuse, ôte ses gants qui lui faisaient une poigne démesurée. Elle les range avec ses directs, ses uppercuts, sa hargne, et donne l’accolade à son adversaire, fair-play malgré les coups qui l’ont à moitié démolie.

  1. c) skis

Adeline - quel prénom pour une boxeuse ! - s’ébroue, s’étire, et hèle son compagnon qui l’attend assez loin du ring. Il déteste la boxe.

« Je prends ma douche et je te rejoins. Arrime bien les skis sur la bagnole : dans moins de deux heures on est aux Angles ».

  1. d) pagaie

Loulou, le chéri d’Adeline, s’exécute en quatrième vitesse. Il en avait marre d’être dans cette salle explosive au brouhaha assourdissant. Avec les skis, il attache aussi très solidement le canoë et les pagaies : on ne sait jamais, ils pourraient peut-être profiter de leur virée au ski pour se faire une petite descente sur un torrent pyrénéen.

 

On dit que tous les chemins mènent à Rome : pourquoi la boxe ne mènerait-elle pas au rafting au moyen d’un petit canoë romantique ?

« Adeline, je t’adore, je crois que tu as bien compris mon penchant pour le sport ! »

 

Mouty

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pixabay

 

Les Egéries, nouveau spectacle de Zingaro, troupe du génial Bartabas

 

Les coulisses avant le spectacle, dix jeunes cavalières se préparent : culottes de cheval et chemises blanches, bottes hautes en cuir noir, spencers rouges, lavalières noires. Maquillage discret, cheveux ramassés dans des filets sur la nuque, chapeau tricorne. Magnifique ! avant même qu’elles montent en selle : prestance, majesté, beauté !

 

Dans les écuries, les palefreniers préparent les chevaux : étrillage à la brosse puis au gant de crin, crinière et queues tressées, enrubannées. Couverture bleue marine, selle en cuir cirée rutilante, mors, brides, étriers scintillants. Rien n’est trop beau pour eux : ce sont les vraies vedettes du spectacle.

 

Le spectacle peut commencer dans  le manège des écuries de Gstaad, célèbre station de sport d’hiver en Suisse. Les derniers spectateurs arrivaient, certains directement des pistes de ski qu’ils déposaient à l’entrée du manège.

 

Les cavalières enfourchent leurs chevaux, règlent selles et étriers, ajustent rênes et brides, parlent à l’oreille de leur cheval, les flattent, les encouragent. Puis un petit tour, pas, trot, galop, petit saut au-dessus d’une pagaie posée sur 2 rondins. Voilà, tout est prêt, musique, entrée en scène. Le spectacle commence !

 

Valérie

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Qu'y a-t-il dans le monde ?

Anaphore : En 10 minutes écrire un petit poème (avec ou sans rimes) commençant par

 "dans le monde, il y a...."

 et dont toutes les lignes suivantes commencent par

 "il y a ....."

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Dans le monde il y a les intolérants

Il y a aussi les indulgents

Il y a les terroristes

Il y a les altruistes

Il y a ceux qui meurent

Il y a ceux qui pleurent

Il y a les matins pluvieux

Il y a les jours heureux

Il y a les fusils, les tombes

Il y a les mains qui soignent, les colombes

Il y a la haine

Il y a la peine

Il y a l’oppression

Il y a l’émancipation

Il y a l’amour

Il y a enfin l’espoir, toujours.

Gill

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DANS LE MONDE IL Y A…

Dans le monde il y a la foule,

Il y a le meilleur,

Il y a le pire.

Il y a le temps qui nous roule !

Il y a le soleil,

Il y a la pluie.

Il y a ma tristesse,

Il y a l’ennui.

Il y a aussi la carte maîtresse,

Il y a cette carte traitresse…

Il y a cette faille en moi,

Il y a cet état qui pétrit mon émoi.

Il y a paradoxe : étoile vengeresse.

Il y a cet oiseau qui vole à tire d’aile,

Il y a un pigeon ou une tourterelle.

Il y a brusquement abus de l’existence,

Il y a une fin.

 

Mouty

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Dans le monde

Il y a des poules, des canards, des oies

Il y a des chats, des chiens, des chevaux

Il y a des bateaux, des traîneaux, des asticots

Il y a des petits, des moyens, des grands

Il y a des blancs, des jaunes, des noirs

Il y a mon voisin qui m'emmerde

Il y a des tracteurs qui font du bruit le matin

Il y a des hystériques, des envieux, des coléreux

Il y a des tomates dans mon jardin

Il y a la famine dans les déserts

Il y a les oiseaux qui chantent

Il y a les hommes qui s'entretuent

 

Le stylo noir

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Dans le Monde il y a


Il y a
les moustaches du chat
Il y a les outils de Papa
Il y a les gâteaux de Maman
Il y a les petites autos de Nathan
Il y a le grand voilier de Loïc
Il y a le bonheur qui tombe à pic
Il y a tout ce que l’on veut
Il y a aussi tout ce que l’on ne veut pas

Claudie

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mercredi, 02 décembre 2015

Le sac: un visage, une vie

Les objets suivants sont sortis d’un sac noir qui n’est pas à vous.

Mots croisés / cigale en céramique / carnet / pense-bête / flacon de parfum / petit paquet de gâteaux / lettre déchirée / lettre froissée / paquet de mouchoirs / brosses à dents / rouge à lèvres / poudrier / petit cœur avec l’inscription « maman » / ombre à paupières / miroir-brosse / stylo / étui à lunettes

 

contenu sac.jpg

En 20 à 25 minutes, écrire un texte nous éclairant sur la propriétaire du sac et ce qu’elle faisait avant qu’il ne soit entre vos mains.

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freepik        par sxc

 

Inventaire

 

-Je vous jure, m’sieur le Commissaire, que je l’ai trouvé ce sac !

-Ouais, bien sûr Jojo. Je sais bien que tu ne vas pas me dire le contraire…Mais dis-moi un peu, quand l’agent Blanchard t’a arrêté, avec ce sac à la main, t’allais où ? Hein ?

-Mais au commissariat, je me tue à vous le dire !

-Admettons. Et tu l’as trouvé où, ce sac ?

-Cela fait trois fois que je vous le dis, M’sieur le Commissaire ! Sur un banc du Plateau des Poètes…Abandonné, qu’il était…

-Bon. Robert, vide-donc le sac sur la table. Là, voyons un peu : de quoi se coiffer, se maquiller : OK, une jeune femme. Carnets, agendas, stylo : employée de bureau à l’évidence. Cigale en plâtre, petit cœur avec « maman » écrit dessus : sentimentale à coup sûr la gazelle. Une midinette, quoi. D’ailleurs, le sac lui-même, style fillette, en dit long à ce sujet, pas besoin d’aller chercher les psys de la PJ. Ah oui, des crackers : tout le repas de midi de la midinette, manière de garder la ligne en faisant des économies.

     Bon. Passons aux choses sérieuses : deux lettres. L’une déchirée, l’autre chiffonnée ; Robert, toi qui aimes ça, reconstitue le puzzle de la première pendant que j’essaie de déchiffrer la seconde… Mais avant tout, dis-donc, Jojo, tu ne remarques rien d’anormal ?

-Non, M’sieur le Commissaire, je ne vois pas…- -

-Tu ne vois pas ce qui manque ? Ça ne te saute pas aux yeux ?

-Ben non M’sieur…

-Il manque le portefeuille et le porte-monnaie, abruti ! Allez, avoue ! Tu les as chourés en route, pas vrai ?

-Non, j’vous jure, M’sieur le Commissaire !!

-Tu parles ! Allez Robert, fouille le.-

-Y avait pas de portefeuille. Juste un porte-monnaie en pastique rouge avec un billet de cinq euros dedans. J’ai pris l’argent et j’ai jeté le porte…

-Ouais. On verra ça plus tard. La lettre. Passe-moi mes lunettes, Robert. Alors : « Ma chérie, bla blabla, bla bla, bla », en fait, le mec lui annonce qu’il se barre. Et toi, Robert, le puzzle ?

-Ca y est, Commissaire. Regardez, ça ressemble à une lettre d’adieu : « Je demande pardon … » Quoi, qu’est-ce-qu’il y a? Oh ! C’est Garcia, il veut vous dire quelque chose Commissaire.-

-Oui Brigadier, je vous écoute

-Commissaire, c’est pour vous prévenir qu’on vient de découvrir une femme décédée au Plateau. Elle avait la tête enfoncée dans le bassin aux poissons rouges. Avec toute la vase et les saletés que balancent les touristes, c’était pas beau à voir…

-Je m’en doutais. Alors Jojo, tu ne dis-rien ? Va falloir te mettre à table bonhomme, et fissa !

-Mais que voulez-vous que je dise, M’sieur le Commissaire ? Cette pauvre fille, se foutre en l’air pour un mec, si c’est pas malheureux ! En pleine jeunesse, et belle comme tout…

-Ah ! Tu viens de te trahir, crapule ! Comment tu le sais qu’elle était belle, hein ? C’est toi qui lui as flanqué la tête sous l’eau !!

Je vois la scène comme si j’y étais. Il n’y avait personne à cette heure-là. Tu as remarqué la nana, et tu t’es assis près d’elle avec l’intention de lui piquer son sac et te cavaler avec. Seulement la fille, déprimée, a lié conversation, et t’a raconté un peu sa vie. Toi alors tu as saisi l’occasion de pouvoir voler sans témoin, sûr que l’on prendrait la mort de la fille pour un suicide.

             Seulement Jojo, tu as commis une erreur, une erreur colossale ! Pourquoi, si elle avait eu l’intention de mourir, aurait-elle déchiré sa lettre d’adieu ? Allez, ça s’est effectivement passé comme ça n’est-ce-pas ? Avoue !

-Oui

-Et tout ça pour cinq euros ! Robert, passe-lui les menottes.

-Voilà, c’est fait. Commissaire, vous êtes vraiment très, très fort !!

-Ouais. Je sais.

 

               El Pé

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freepik             Conçu par Kreativkolors-freepik.com

 

 

Le sac en dit long…

Mon Dieu, je vais être en retard au gala de danse de Ludivine. Impossible, elle ne me le pardonnera pas deux fois ! L’année dernière, déjà, j’ai dû déployer des trésors de diplomatie pour qu’elle comprenne que je n’avais pas oublié mais qu’une réunion de bureau m’avait retardé. Et oui, même un samedi après-midi, cela arrive. De plus, sa mère ne m’avait pas facilité la tâche. Il faut dire qu’Elodie n’a jamais supporté que je fasse passer mes réunions professionnelles avant nos enfants.

Bon, un appel sur mon portable maintenant. Ah, c’est Elodie ; qu’est-ce qui ne va pas encore ?

« Allo oui Elodie, qu’est-ce qui se passe, je suis prêt à partir. Quoi ton sac noir avec la fleur? Tu l’as oublié chez moi quand tu es venu chercher Ludivine hier soir. Non je ne l’ai pas vu ; où exactement ? Au pied du fauteuil rouge. Bon je vais voir et oui, je te le rapporte ; à tout à l’heure. »

Toujours aussi tête en l’air Elodie. Ah le voilà son sac, coincé entre le fauteuil et la table basse. Et zut, j’ai tout fait tomber, j’aurais dû me douter qu’il n’était pas fermé, comme d’hab’. Il fallait bien que ça arrive maintenant !

Quel fatras d’objets hétéroclites, elle n’a pas changé. Bon je vais tout remettre sans prendre trop de précautions : son sac est toujours mal rangé.

Les mots fléchés, son parfum préféré – toujours le même –, des gâteaux pour ses petites faims – elle a toujours grignoté –, sa brosse à dents, son rouge à lèvres, son ombre à paupières et son miroir-brosse, pour être toujours impeccable – pas comme son sac –, des mouchoirs, le petit cœur de Ludivine et la cigale en céramique de Nathan qu’elle a toujours avec elle, son stylo, son pense-bête et son carnet pour pouvoir noter la moindre idée pour écrire un jour ses mémoires, dit-elle – elle s’y prend à l’avance – et son étui à lunettes de soleil, évidemment sans les lunettes.

Tiens, des lettres. Celle-ci est déchirée et je reconnais mon écriture. Oh c’est vieux, ça, elle date d’avant notre divorce. Elle l’a déchirée et conservée ; je ne le savais pas. Et celle qui est froissée, je parie que c’est sa réponse ; je n’ai même pas besoin de regarder, je le sens.

Bon, tout est rangé. Il n’y a pas à dire, dans ce sac, il y a tout Elodie : sa vie, ses pensées, sa manière d’être. J’en ai fait l’inventaire et c’est elle que je vois, tellement complexe, aussi distraite qu'elle peut être concentrée, mélange d’élégance, de fantaisie mais aussi de rigueur, agaçante mais si attachante, sur mon canapé rouge. Et cela me rend mélancolique. Pourquoi avons-nous divorcé déjà ?

Allez, il faut que j’y aille sinon je serai vraiment en retard. Et n’oublions pas le sac !

Gill

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