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lundi, 09 novembre 2015

Sensation de déjà vu!

N’avez-vous jamais eu la sensation, en allant dans un endroit, d’y être déjà venu et de le reconnaître ?  En 20minutes, écrivez sur ce thème un texte qui se termine par :

 

La mémoire est un outil impitoyable

 OU

 La mémoire est un outil fabuleux

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pont de pierre.jpg

freepik      par sxc

 

MEMOIRE D’UN LIEU

La petite route de campagne bordée de peupliers serpente dans un paysage printanier fleurant la sève montante. Chaussée romantique au bitume rapiécé, frangée d’herbes folles et de pâquerettes. Il me semble connaître les lieux. Plus loin il devrait y avoir un pont de pierre au dos arrondi sur une arche, enjambant une rivière aux accents montagnards dans une danse effrénée sur les roches saillantes. Nous y voici : ce n’est pas une surprise, ces lieux ressortent de ma mémoire… Une journée de pêche à la truite, un pique-nique sur l’herbe grasse : c’était hier ? C’était il y a cinquante ans ?

Je lève le pied de l’accélérateur pour adapter l’allure de ma voiture au tableau engrangé dans mes souvenirs.

Prosaïquement, il semblerait qu’une agitation instantanée de nos neurones nous donne l’illusion du déjà vu, prétendent les savants dépourvus de romantisme. Difficile de l’affirmer car la mémoire est unoutil fabuleux.

 

Mouty

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sous-bois.jpg

pixabay

 

Sensations

La journée est belle. Le soleil a envahi le ciel, pourtant dans la forêt d’épicéas l’air est frais et léger. Je reconnais les fougères, les mousses épaisses, les plants de myrtilles couverts de fruits.

Je savais qu’en suivant ce sentier ombragé, à un point précis, le son de la cascade s’arrêterait. Enfant, je m’amusais à passer et à repasser ce point pour m’assurer que le phénomène se reproduisait à chaque fois. Un pas en avant, j’entends les cataractes, un pas en arrière, le silence de la forêt.

Aujourd’hui, je suis à nouveau sur ce point. Ma mémoire me réserve d’autre surprise. Elle a gardé la fraicheur de l’eau, l’odeur des mélèzes et des sous-bois humides. Entre deux arbres, je reconnais le sommet qui montre toujours les mêmes crénelures.

Malgré les années, toutes les sensations sont là : mes sens ont gardé une empreinte. La mémoire est un outil fabuleux.

Claudie

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freepik    par stockvault

 

C’était dans une autre vie


Comme ces mains qui me soulèvent sont câlines et tendres. Je me sens tout de suite en sécurité. Je ne sais pas comment moi, jeune chaton à peine sevré, me suis retrouvé dans la rue, mais ce que je sais, c’est que je me suis perdu et que ces mains providentielles m’ont emmené avec elles et me déposent précautionneusement sur une surface moelleuse.


Immédiatement, l’endroit, un salon, me paraît familier. Je suis certain d’avoir déjà senti l’odeur qui s’en dégage : un mélange de tabac blond et de parfum aux senteurs marines, très agréable et très léger. Et ces mains, je les connais, je les ai déjà touchées, mais, dans mon souvenir, elles sont plus petites, plus potelées et plus malhabiles. Soudain, le propriétaire des mains se met à parler et, quel choc, cette voix, c’est comme si je l’entendais à nouveau, mais avec un son moins aigu.


Me sentant tout à fait à ma place et curieux d’en découvrir plus, je commence à explorer ce lieu en me promenant sur le vaste canapé ; je saute sur l’accoudoir et me trouve en face d’un cadre où sont exposées plusieurs photos : les occupants de la maison sans doute. C’est alors que je comprends tout à coup que sur cette photo, l’homme d’une soixantaine d’années qui tient dans ses bras un petit garçon, c’est moi ; je suis le grand-père des mains si douces qui m’ont trouvé, enfin sa réincarnation. L’homme qui va me prendre sur ces genoux, maintenant, était sur les miens, il y a 30 ans.


Ma mémoire a tout conservé : les odeurs, les bruits, les sensations ; elle est intacte ; oui vraiment, la mémoire est un outil fabuleux.


Gill
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wikimédia

 

            La mémoire…


Dieu sait si je n’ai jamais mis les pieds à Waterloo ! D’ailleurs, jusqu’à aujourd’hui, j’ai toujours été incapable de situer correctement cet endroit sur une carte.


Il avait fallu un sacré concours de circonstances pour que je me retrouve là-bas, campée sur un monticule verdoyant, admirant- si l’on peut dire-la morne plaine qui s’étendait en contrebas.


Concours de circonstances disais-je, et je ne vais certainement pas m’attarder sur le sujet, ce qui risquerait de plomber l’atmosphère du récit, déjà pas mal glauque au demeurant. Bref, tout ça pour dire que dès mon arrivée, j’avais été absolument certaine d’être déjà venue ici autrefois, impression qui allait en s’accentuant au fil des minutes.


Et qu’on ne vienne pas me raconter qu’il s’agissait d’un simple phénomène d’optique ou je ne sais quoi, comme on se plait à le dire. Pas du tout ! Car l’image que j’avais sur la rétine ressemblait fort peu à celle que j’avais devant les yeux. Bien au contraire ! Sur la première, tout n’était que bruit et fureur, qu’âcres fumées et qu’odeurs de sang ! Après tout, pourquoi faire durer le suspens ? Devant moi se déroulait tout simplement la bataille de Waterloo, en 3D et en life…et à des années lumière, je tiens à le préciser, des représentations cinématographiques que nous connaissons.


Je dus me plier à l’évidence : j’avais participé à cette bataille, dont j’avais été, à n’en pas douter, l’un des héros.


Qui ? That was the question dont la réponse est facile à deviner, d’autant que j’avais choisi d’emblée le célèbre monticule qui avait eu l’avantage d’offrir un point de vue imprenable sur le spectacle. Oui, j’ose le dire : j’étais toute prête à penser que Napoléon vivait quelque part en moi…lorsque soudain, à la vitesse de l’éclair, vint s’imposer à moi l’horrible vérité. Dont je ne me suis jamais remise.
Certes, certes, j’étais bien la réincarnation de quelqu’un, présent ce triste jour. Mais pas de Napoléon. De son cheval !


Décidemment, on ne le dira jamais assez, la mémoire est un outil impitoyable.

El Pé
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