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lundi, 19 octobre 2015

Quand le légume devient héros

Remplir deux fiches contenant:

une couleur/un animal/un nombre/une météo/un défaut/une qualité/un objet de cuisine/un vêtement/un légume/un personnage de théâtre

Ecrire le texte le plus court possible, 60 mots au maximum, contenant tous les mots de la première fiche.

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Puis en 20minutes, écrire un texte contenant tous les mots de la seconde fiche, dont le héros sera le légume de la première fiche.

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héros,légume,aubergine,radis

pixabay

 

   Radis rouge ou l’Eternel Retour

   D’abord il y eut la  tempête  de météorites qui détermina-parait-il-l’apparition de la vie sur Terre. Puis il y eut les amibes, plus tard-bien plus tard- les dinosaures et enfin, il  y a un demi million d’années, ce fut le tour de l’Homme. Tout ceci étant très schématisé évidemment.

       Très vite, l’Homme s’avéra d’un orgueil quasi imbuvable, arguant par exemple qu’il était la seule créature terrestre à posséder une intelligence ; je vous demande un peu.

       Toutefois, cet état d’esprit évolua. Oh, pas de manière sensible, mais tout de même…

Il y eut d’abord les vaches sacrées, puis l’incroyable découverte concernant l’intelligence des primates et des dauphins, suivis de près par les cochons, puis les abeilles, les fourmis et enfin la merveilleuse certitude que les plantes adoraient la musique, et particulièrement celle de  Mozart, ce qui tend à prouver qu’elles avaient bon goût.

    Mais, comme l’affirmait autrefois Madame Parisot avec force, tout étant précaire en ce bas monde, l’inexorable machine du destin, Caligula de l’univers, se mit en route.

      Des espèces animales disparurent  de la surface de la Terre. Et quand l’Homme décida de s’en préoccuper sérieusement, il était déjà trop tard. Seules quelques rares spécimen de la race humaine survécurent quelque temps, juste assez pour voir les chiens* prendre leur place. Le règne canin dura quelques milliers d’années-qui furent d’ailleurs des années de paix et de prospérité- puis ils furent remplacés  par celui des araignées, qui disparurent lorsqu’il ne subsista plus aucun représentant de la race animale sur les cinq continents.

   Alors les légumes purent enfin s’exprimer librement. Pas seulement eux, bien sûr ! Toute l’espèce végétale était concernée ! Mais il existait chez elle une hiérarchie qui n’avait rien à envier à celle des humains d’antan…et au sommet de laquelle trônait les radis. Cela peut paraitre surprenant à première vue, mais c’est pourtant ainsi. Leur intelligence dépassait de loin celle d’Einstein et leurs belles robes rouges imposaient le respect à toute la Création. Toutefois, leur inconscient collectif commit une petite erreur lorsqu’ils décidèrent que leur dieu aurait la forme d’un racloir de cuisine ; ce qui ne tira d’ailleurs pas à conséquence.

    Bref, tout alla pour le mieux dans le meilleur des mondes jusqu’à l’explosion prévisible de l’astre du jour qui réduisit en cendres tout le système solaire.

      Les radis et leurs congénères furent alors précipités dans la XVIIIème dimension- celle qui nous attend tous, on le sait- et retrouvèrent du même coup amibes, hommes, dauphins et araignées.

    Et tout recommença depuis le début. Normal

                                                                                                 El Pé

*Merci à Clifford Simak

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Les yeux verts du chat, qui ne reflétaient aucune méchanceté, regardaient les 9 aubergines alignées à côté de la cuillère en bois. Il attendait pour manger la disponibilité de sa maîtresse. Dehors, où ne régnait ni pluie ni soleil, un chemisier séchait. Anachronique dans une cuisine, trônait le portrait du Cid.

Gill

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pixabay

 

Miss Aubergine

L’aubergine au ventre gonflé, seule parmi les courgettes et les tomates de la ratatouille, était en train de rêver qu’elle était à la plage. 

- « Quel dommage que j’ai tant bronzé, se mit-elle à déclamer ! J’ai perdu ma couleur vert émeraude, plus belle encore que celle des poireaux »

- « Tu veux rire, lui répondit alors le brocoli voisin, moi, tu peux dire que j’ai une couleur sublime, d’un vert génial. Je ne me lasse pas de m’admirer. Mais toi tu n’as jamais été verte, mais toujours de cette couleur improbable qu’on ne peut même pas nommer. Ma parole tu te vois avec les yeux d’une idéaliste ou alors tu te prends pour un poivron ! D’ailleurs on est en septembre, on ne bronze plus. »

- « Tu racontes des mensonges rétorqua l’aubergine, ou alors tu es daltonien. D’ailleurs, j’ai d’autres atouts : ma chair est blanche comme de la neige, et quand l’écumoire me dépose sur un plat, regarde comme mes tranches sont agréables à voir, entourées, tout en discrétion, de ce petit liséré foncé. Elles s’étalent avec grâce dans l’assiette, douces sous les dents les plus fragiles. Toi, tu es tout granuleux quand tu es cru et tout flasque quand tu es cuit. Il n’y a pas de quoi se vanter. Tiens tu ressembles à un wallabi en maillot de bain ! »

- « N’importe quoi. Et toi tu as la bedaine d’Ubu roi ! Et d’abord, un wallabi a de grandes pattes arrière et saute. Et pas moi.

Allons, calmons nous ma belle et arrêtons de nous chamailler. Nous avons chacun nos adeptes et chacun a sa place dans une assiette.

Et ce qui est sûr, c’est que nous finirons tous les deux à la casserole. »   

Gill

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ALCESTE

Alceste, habillé de bleu, tendit son arc en direction de l’aigle. Trois hommes se précipitèrent sur lui pour l’empêcher de tirer : c’était un aigle royal. La douceur est préférable à la sottise lui dirent-ils. La pluie commença à tomber. Les robesdes femmes leur collaient au corps. Les endives finissaient de cuire. Les cuillères à soupe débutèrent un tintamarre assourdissant.

Mouty

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freepik par sxc

 

LES ENDIVES

Avez-vous déjà mangé des endivesà l’orange ? Non ? Alors écoutez-moi, je vais vous en donner la recette pendant que mon chat regarde la pluie par la fenêtre. Tout d’abord, admirez ces endives fraiches, blanches et brillantes comme des porcelaines. Elles s’offrent à vous avec une générosité affriolante pour le regard. Ne vous rappellent-elles pas un peu les danseuses du Moulin de la Galette ? Leur robe coquine et ultra moulante vous laisse déjà espérer une dégustation à faire damner un Saint. Leurs voisins, deux choux, en frémissent de désir, frisant aux entournures. C’était un des mets préférés d’Arpagon qui les faisait venir dans sa cave en les bichonnant de son mieux.  J’en reviens à ma recette : préparées avec attention, creusées à la base, vous les disposez dans une poêle légèrement beurrée. Quelques minutes à feu doux, sous couvercle, vous les retournez, ajoutez le jus et le zeste d’une orange, une pincée de sel  de sucre, un soupçon de poivre et vous recouvrez la poêle de son chapeau pour les cuire lentement. Un couteau pointu planté dans le cœur de ces demoiselles assouvira votre côté sado-maso tout en vous renseignant sur leur tendreté pour arrêter la cuisson.  Parallèlement vous aurez fait cuire quelques pommes de terre à l’eau que vous passerez au moulin à légumes et que vous battrez à la fourchette avec une bonne dose de crème épaisse.  Imaginez ce double accompagnement de cailles cuites au four qui embaument déjà votre cuisine.

Alors, à vos fourneaux, c’est la semaine du goût. Et n’oubliez pas un petit Corbières pour arroser le tout.

Mouty

La semaine du goût

En 10 minutes faire l’acrostiche de

 SEMAINE DU GOÛT

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Sucrée, salée ou pimentée

Exotique ou d’antan

Moutardée ou beurrée

Anisée ou chocolatée

Importée ou du terroir

Nature ou aromatisée

Empreinte d’originalité

 

Dernière née d’un Bocuse, élaborée

Une pointe d’ail pour relever

 

Gingembre frais pour parfumer

Oubliée ou très branchée

Une recette est un coup de poker

Tout étant affaire de goût.

Gill

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SEMAINE DU GOUT

Si tu passes par Béziers

Evite les framboisiers

Même si la pâtissière

Attise la terre entière

Il te faudra patienter

Non sans brin de volonté

Enfin, que grand bien te fasse

 

Depuis que tu te prélasses

Une fois n’est pas coutume

 

Gastronomie en costume

Ou en jean couleur bitume

Un festin d’ogre ou roitelet

Tout est bon et tout te plait.

Mouty

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jeudi, 08 octobre 2015

La minute d'avant..................

La minute d’avant

20 minutes pour écrire un texte sur ce thème.

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National Park Service 9-11 Statue of Liberty and WTC fire

wikimédia

La minute d’avant

8H45

    Le gobelet en carton se remplit lentement de café noir. Je l’ai choisi sans sucre. Je suppose qu’Abigaïl ne rajoute jamais de sucre. Où que ce soit.

Le café-ou ce qui est censé en tenir lieu- coule au ralenti, ce qui me laisse le temps d’établir une stratégie. Comment lui présenter ma demande ? Cela fait des semaines que j’y pense et je ne sais toujours pas. J’ai juste un peu avancé avec le coup du café. Bien sûr, ça me donne une contenance et un prétexte pour l’aborder de bon matin, mais ça ne résout pas tout. Loin de là. Je lui dis quoi, finalement ? « Cela vous dirait d’aller prendre un verre avec moi à la pause de midi ? » Non, archinul. D’abord elle se doutera bien que je ne lui propose pas d’aller prendre un pot avec Robert Redford -et elle se mettra à le regretter aussitôt- et puis à midi, on n’aura jamais le temps de parler, triple buse! Non, plutôt, en prenant un air à la fois jovial et détaché, comme s’il s’agissait d’une chose tout-à-fait naturelle : « Hey, salut ! Je me disais justement que ce serait sympa d’aller discuter autour d’un verre, ce soir, en sortant du bureau. OK ?» Ouais. C’est un peu mieux, mais pas terrible quand même ! Je me ficherais des claques. Il faut pourtant ABSOLUMENT qu’elle accepte. Je n’en peux plus, moi, de rêver d’elle, nuit et jour ! Seulement rêver hélas ! Yeux  ouverts car je ne dors pour ainsi dire plus depuis que je suis amoureux d’elle. Autrement dit depuis le premier moment où je l’ai vue, il y a deux mois.

       Frank n’arrête pas de me dire qu’elle ne casse pas des manivelles. Question de goût. Et Dieu sait que le pauvre Frank, bien qu’il soit mon meilleur copain, n’est pas gâté sur ce plan là. Concernant les nanas spécialement. En réalité, Abigaïl est super sexy dans ses petits tailleurs stricts…et quand elle enlève ses lunettes, Ouah !!!C’est comme si elle se mettait toute nue ! Elle a un regard tellement langoureux et- comment dire ?- tellement désarmé en même temps ! Un regard qui me donne tout-de-suite envie de lui faire plein d’enfants qui lui ressemblent et de les regarder grandir en lui tenant la main. Je voudrais pouvoir lui dire tout ça. Et aussi que le jour où elle va défaire pour moi son chignon si sévère et que je verrai ses cheveux roux crouler en cascades sur ses épaules, et bien ce jour-là sera le plus beau de ma vie !

   Merde ! Le café déborde. Sûr que je vais en renverser la moitié dans le couloir. Et je ne sais toujours pas comment l’abor…

8H46

   L’avion frappe de plein fouet la première Tour Jumelle.

                     El Pé

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Je suis Charlie, Toulouse 8 January 2015 002

wikimédia

 

La minute d’avant

Charlie termina son édito sur un silence médusé, puis sur une ovation à faire vibrer les murs. Il avait trouvé les mots justes qui avaient fait coller son texte éthéré à la réalité : incertitude du moment mais confiance en l’avenir. L’humour grinçant était habillé de dentelles pour une fois. Pas de phrases abruptes, mais coulantes comme une eau de source. Un régal.

La minute d’avant, Charlie et son équipe prenaient un pot en l’honneur de l’anniversaire du journal.

La minute d’après, Charlie gisait dans une mare de sang.

Mouty

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Continuez cette phrase de Marcel Proust

Chaque participant dit une voyelle, son voisin une consonne, etc… jusqu’à l’issue du tour de table, les lettres obtenues sont :  

C - A - B - M - O - R - E

Chacun fait un mot avec le plus de lettres possibles puis  les mots sont mis en commun.

 

Chacun trouve  un palindrome puis ils sont mis en commun.

 

Tirer au sort 3 mots de la première liste et 3 mots de la seconde liste

 

En 20 minutes, écrire un texte contenant les six mots tirés au sort

cambré - crabe - cobra, bob - alla - sas

commençant par la phrase :

Longtemps je me suis couché de bonne heure (Marcel Proust)

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L14cobra

wikimédia

 

Le boa

Longtemps je me suis couché de bonne heure. Mais ce jour là, ou plutôt cette nuit, après avoir vu Bob, je me remémorai notre dernière entrevue. Cambré comme un i il se mit à avancer en faisant des pas de côté à la façon d’un crabe, un cobra enroulé sur son épaule et dont le regard fulgurant cherchait à hypnotiser les passants. Il alla vers son hôtel mais fut arrêté dans le sas par le portier. Il essaya de faire valoir son rôle essentiel dans le spectacle de cabaret donné par l’établissement, ses relations mondaines et politiques pouvant faire mettre le portier au placard, rien n’y fit. Celui-ci, inflexible, reconduisit l’artiste extraverti jusqu’à la porte d’entrée qu’il referma derrière lui.

Je finis par m’endormir en me disant que se coucher tôt ne favorisait pas forcément les rêves dorés, si ce n’est qu’un boa autour de mon cou ne m’aurait pas déplu.

 

Mouty

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