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samedi, 20 juin 2015

Critique de théâtre

Vous êtes un critique de théâtre

En 10 minutes rédigez la critique théâtrale, positive ou négative, d’une pièce que vous venez de voir.

 ------------------------------------- Théâtre de l'Odéon, Paris 6e 140402 1

wikimédia

Phèdre 2015

 

              Certes, l’indulgence est toujours requise concernant le théâtre amateur. Elle a cependant trouvé ses limites  lors de cette mémorable première, donnée dans la salle des fêtes de la Courneuve par la troupe au nom peut-être un peu provocateur : «Les Salauds de Pauvres ».

       Pauvre Phèdre en effet ! Déjà qu’elle n’avait aucune chance avec ce petit péteux d’Hippolyte, l’affubler de surcroit  de jeans moulants et d’un débardeur panthère, juste pour faire moderne !! Quoique, à la réflexion, on est en droit de se demander si le concept « couguar », n’était pas ainsi finement évoqué… Au fait, il l’était assurément.

       Or donc, La bienveillance étant somme toute de mise, il est bon de noter que les vers de Racine, chantés en rap, ne manquaient pas de piquant ; et que le palais de Thésée, symbolisé (pour d’impératives raisons budgétaires, n’en doutons pas) par une rangée de poubelles se détachant sur un patchwork de toiles cirées (censé à coup sûr représenter la violence des passions humaines) avaient de quoi dépayser…

       Bref, malgré certaines réserves relatives essentiellement au verlan à mon goût trop souvent utilisé, je conseille néanmoins cette « Phèdre » originale, d’autant que l’entrée est gratuite et qu’un bon petit Faugères est offert à la fin du spectacle.

 

          El Pé

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Critique de théâtre

Le décor est planté : petit bourgeois. Bien. Les comédiens transmettent une ambiance de mystère. Biens dans leur peau et dans leurs rôles, ils assument.

Pièce truculente, amusante, où chaque acteur plante un personnage qui nous touche.

Un régal : pas une minute d’ennui. A voir et à revoir.

 

Mouty

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Spectacle de la Compagine des Génies

Où sont les génies ?

On peut se le demander après avoir assisté à ce spectacle navrant, digne de débutants, tant au point de vue du jeu des acteurs, que de la mise en scène, des décors et des costumes.

Où sont les spectacles de qualité auxquels nous avait habitués cette compagnie renommée.

On peut se demander s’il ne serait pas judicieux de renouveler le casting et d’apporter des touches de modernité à la mise en scène.

En attendant de voir leur prochaine pièce, vous l’avez compris, celle-ci est à éviter absolument.

G. A.

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Les instruments à la fête

En 20 minutes, écrire un texte qui se termine par

 « il y a plusieurs manières de s’évader »

Y inclure les trois instruments suivants

Cor/vielle/vibraphone

tirés au sort après un jeu, et au moins 2 autres instruments au choix  

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cor,vielle,vibraphone,harmonica,tam-tam

freepik    par www.sxc.hu

 

Faîtes de la musique !

La fête de la musique a le vent en poupe : tout le monde s’y met. Il faut célébrer l’arrivée de l’été par un tintamarre éblouissant, si possible harmonieux. Chacun doit participer et faire un effort suffisant pour faire accéder son association au triomphe. Bien sûr PLAISIR D’ECRIRE est de la partie, chacun pratiquant déjà un instrument grâce à des cours suivis au conservatoire.

Gilliane, en chef d’orchestre averti, place ses musiciens en banda un peu déjantée, mais susceptible d’éblouir. Line prend la tête, le cor enfilé sur son épaule. Liliane la suit avec son vibraphone posé sur un châssis de vieux landau. Paulette, issue d’un groupe folklorique auvergnat, joue de la vielle. Valérie balade déjà son harmonica entre ses lèvres pendant que Nanou se démène avec son tam-tam. Marie rejoint le groupe après coup en trimbalant son hélicon, suivie de Monique dans sa voiture-balai. Cette formation ne vous semble pas terrible ? Mais si, mais si ! Vous n’allez pas en revenir !

Au moins, cette virée au pas et en fanfare dans les rues de la ville a le mérite de sortir de l’atelier d’écriture ! Comme quoi, il y a plusieurs manières de s’évader !

Mouty

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cor,vielle,vibraphone,harmonica,tam-tam

freepik    par sxc.hu

 

Evasion

Je vais vous raconter l’histoire de Sacha, un adolescent d’un pays que je vous laisse imaginer.

Dans ce pays, Il y avait bien longtemps que nul n’avait le droit de lire ni d’écouter de la musique mais Sacha savait à quoi correspondaient ces mots, ses grands-parents le lui ayant expliqué dans sa petite enfance. Et après leur disparition, il     n’avait pas cessé de penser à leurs paroles.

Il avait lui-même expliqué cela à son petit groupe de copains et tous passaient des moments exaltants à échafauder des plans plus ingénieux les uns que les autres pour fuir cet endroit où tout était interdit. Ils avaient entendu dire qu’il y avait un lieu, de l’autre côté du monde, où on pouvait entendre cette chose appelée « musique ».

Et puis un jour, à force de fureter dans tous les coins et recoins sombres de la ville, l’intrépide Sacha s’était enfilé dans un boyau qui l’avait amené dans une sorte de grotte faiblement éclairée par un puits de lumière très haut au dessus de lui. Il avait découvert, gisant là, de curieux appareils pourvus de becs, de touches, de cordes. En les manipulant, il s’était aperçu que des sons en sortaient, pas vraiment agréables, mais des sons quand même. C’étaient les instruments de musique dont il avait entendu si souvent parler !

Ayant du mal à contenir son excitation, il était sorti à toute vitesse pour revenir avec sa petite troupe, en prenant bien soin de ne pas se faire remarquer. Se souvenant des descriptions de ses grands-parents, il avait reconnu instinctivement un cor, une vielle, un vibraphone, des congas, et un piano. Au fur et à mesure, en apprivoisant tous les jours ces instruments, le groupe avait fini par produire des sons harmonieux et avait décidé, de venir tous les jours s’exercer à jouer ensemble, ce qui leur procurait beaucoup de plaisir. Bien sûr, ils rêvaient toujours d’un ailleurs, et ils allaient sûrement le trouver un jour mais en attendant mieux, ils pensaient : la musique, c’est notre oxygène, notre évasion du triste quotidien et cela les rendaient heureux.

Voilà, mon histoire est finie. Et moi, en pensant à Sacha et à ses amis, je me dis que vraiment,  « il y a plusieurs manières de s’évader »  

Gill

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Adieu à qui vous voulez

En 20minutes écrire une lettre d’adieu à qui vous voulez en y incluant les mots ou groupe de mots suivants trouvés après un jeu :

extrême / Philip Roth / lilas / automne / saut à la perche / stylo

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saut-a-la-perche-2_21136869.jpg

freepik          par www.sxc.hu

 

ADIEU

Adieu mon chéri. Ma patience fut extrême au cours de ces longues années passées avec toi.

Tes lectures de Philip Roth que tu m’imposais tous les soirs, soi-disant pour une dégustation littéraire à deux, achevaient particulièrement mal mes journées. J’aurais préféré autre chose. Mais ton pyjama lilas ne m’inspirait pas tellement.

Quant à nos promenades dominicales d’automne pour - disais-tu - apprécier les couleurs sublimes d’une saison vouée aux peintres… Mon œil tiens ! Patauger dans la boue quand une épaisse brume vous enveloppe, c’est plutôt le merdier, pas autre chose !

L’hiver, c’était cocooner comme deux petits vieux près de la cheminée : dehors, ça caillait trop.

Au printemps, tu consacrais tes week-ends entiers à t’entrainer au saut à la perche,  sans même avoir l’idée de me payer un petit resto de temps en temps, ne serait-ce que dans cette modeste guinguette au bord de la rivière où nous nous étions connus.

Quant à l’été, n’en parlons pas ! Ou plutôt si : trop chaud ! Trop lourd ! Trop chiant ! Bref, seul  un coin de notre jardin faisait l’affaire : il abritait notre petit déjeuner à six heures du matin et notre tisane à dix heures du soir. Une demi-heure deux fois par jour… Le pied ! Le reste du temps, tu te disais tellement harassé que l’arrachage des herbes c’était pour moi ! La taille des arbustes aussi ! La plantation des fleurs et des légumes itou ! Et l’arrosage, et le bêchage, devinez pour qui ?

Marre, marre et marre !

Et comme il n’est jamais trop tard pour bien faire, je prends mon stylo à deux mains pour te dire A DIEU !

Mouty

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17-10-2005-659châteaudebrest

wikimédia

 

Ma chère,

C’est avec un extrême plaisir que je te dis au revoir, adieu même, tout au moins je l’espère. J’ai pris mon stylo le plus précieux pour te dire à quel point je suis heureuse de te quitter, tant j’ai vécu avec toi des années d’automne gris et pluvieux.

De toi, je ne regretterai presque rien, sauf la merveilleuse glycine lilas qui doit toujours orner le jardin. Je me souviendrai surtout des petits matins où la bruine me trempait jusqu’aux os, des tempêtes où le vent furieux, me sifflant aux oreilles, m’empêchait d’avancer, et du son de la corne de brume guidant les bateaux aveugles dans le brouillard cotonneux des matins d’été.

Je sais, d’emblée tu partais avec un handicap ; comment aurais-tu pu me plaire après tant d’années passées dans cette capitale qui m’avait vu naître et que j’avais eu tant de mal à quitter. Tes habitants, si peu accueillants, ne m’ont jamais vraiment ouvert ni leurs portes, ni leurs cœurs. Mais peut-être est-ce moi qui n’ai pas su aller vers eux.

Tout m’exaspère chez toi, le biniou, les fest-noz, l’accent….Je n’ai pas su aimer ton port, ton océan, tes sports nautiques, même s’il est plus facile de pratiquer chez toi la natation que le saut à la perche.

Et pourtant, j’aurais pu te trouver tous les atouts ; tu ne manques pas d’espaces culturels ou l’on peut lire Philip Roth, la luminosité si particulière de ton ciel a été peinte maintes fois, tu as été chantée par de grandes voix ; tu es forte de ton passé maritime, forte de ta jeunesse étudiante ; tu as souffert et, détruite tu t’es courageusement reconstruite. Oui, j’aurais pu t’aimer, mais  toi et moi, nous ne nous sommes pas comprises. C’est ainsi.

Je vais maintenant prendre le large, voguer vers un autre ciel, et toi, protégée par le château de Vauban, tu vas demeurer, impassible, sur ta pointe de la « fin de la terre » en contemplant cette rade qu’on dit la plus belle du monde.

Adieu cité du Ponant, adieu sans désir de retour. Je ne pense pas te revoir un jour.

Mais sait-on jamais quel sera l’avenir…

Gill

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Les films font leur cinéma

Après un jeu pour trouver des titres de film, nous avons deux listes de titres.

En 20 minutes, faire le  texte le plus court possible en utilisant obligatoirement les titres de la première liste et au moins deux titres de la  liste facultative.

Le texte doit commencer par « j’aurais voulu être un artiste »

 

                 Liste obligatoire                     liste facultative   

 

                      La grande illusion                           Certains l'aiment chaud

                      Les héritiers                                      Tombouctou

                      West side story                                 Indochine

                      Saint-Laurent                                   Le corbeau

                      La femme du boulanger                Cendrillon

                      Jeux interdits                                    La cité interdite

                      Hatchi                                                  Belle et Sébastien

                      Les orgueilleux                                 Le train sifflera trois fois

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freepik

 

J'aurais voulu être un artiste pour connaître La grande illusion, voyager avec Les orgueilleux et jusqu'en Indochine ; m'amuser avec Hatchi ou être à la montagne avec Belle et Sébastien, porter des vêtements dessinés par Saint-Laurent, sans pratiquer de Jeux interdits comme La femme du boulanger ou Les héritiers, enfin , j'aurais voulu danser dans West side story.

Marie

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J’aurais voulu être une artiste, comme dans West Side Story : danser, chanter, mais c’est la grande illusion, car ce sont les héritiers de grands artistes qui en sont capables.

Je me contenterai de jouer la femme du boulanger, et au lieu de la chatte, j’aurai un chien fidèle comme Hatchi. Mais mes parents les orgueilleux, m’empêcheraient de jouer. Pour eux, ce sont des jeux interdits, surtout quand ils ont vu le film sur le couturier Saint-Laurent. Tout ça, c'est très superficiel, ont--ils dit.

Polo

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J’aurais voulu être un artiste.

Comme Saint-Laurent,la femme du boulanger ou Cendrillon.

J’aurais voulu me livrer à des jeux Interdits, comme les orgueilleux,certains l’aiment chaud ou le corbeau.

J’aurais voulu vivre la grande illusion des héritiers ou de West Side Story.

J’aurais voulu connaître l’amour inconditionnel d'un Hatchi pour son maître ou de Belle pour Sébastien.

J’aurais voulu enfin prendre le train - qui sifflera 3 fois- pour aller en Indochine, àTombuctou ou visiter la Cité Interdite.

 

Valérie

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J’aurais voulu être un artiste. Comme tous les orgueilleux, j’aurais interprété les grands personnages, par exemple, Dior ou Saint-Laurent, plus tard, vieilli, j’aurais remplacé Raimu dans la femme du boulanger et Cendrillon aurait été mon épouse adorée. Hatchi n’aurait pas été à mes côtés, il m’aurait volé la vedette. Un chien, tout juste dans Belle etSébastien car c’était moi, le guide sauvant les skieurs enfouis dans la neige.

J’ai les chevilles fragiles, la voix dissonante, je laisserai West Side Story aux acteurs de pacotille qui savent tout juste lever la jambe sur l’écran.

Les héritiers m’auraient tenté, m’introduire par ruse dans une riche famille, mais depuis ma dernière condamnation, les jeux d’argent sont pour moi jeux interdits.

Mais tous ces rêves avortés ne sont que la grande illusion, le film archi-célèbre dans lequel je suis le soldat caché derrière un pilier, qui souffle dans sa flûte pendant que la caméra zoome sur les évadés qui s’évanouissent dans les lointains.

Line

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J’aurais voulu être un artiste, Saint-Laurent par exemple, toujours accompagné de son fidèle Hatchi. J’aurais habillé tous les orgueilleux de ce monde, les héritiers des grandes familles. Ou alors, j’aurais pu être acteur et jouer à des jeux interdits comme la femme du boulanger. Ou pourquoi pas scénariste ? J’aurais voyagé de la Mauritanie à Timbuktu, en passant par l’Indochine et les Etats-Unis qui m’auraient inspiré West Side Story.

J’aurais eu alors la grande illusion d’être un génie.

Gill

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vendredi, 19 juin 2015

Jeux de mots

Après avoir trouvé le plus possible de mots commençant par mo, chacun en choisit un pour former une liste commune.

 

En 20 minutes, écrire une page de notre journal intime en  utilisant les mots retenus 

 

monique - molester - molaire - mohican - monosyllabe - morbide - mosaïque - monnaie

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Lundi 18 Mai 2015

 

Aujourd’hui, temps morbide. Pluie froide et pénétrante qui vous ronge les os jusqu’au trépas. Ce n’est pas une journée de printemps mais d’automne, bien que les feuilles colorées jonchant habituellement le sol à cette période soient remplacées par une mosaïque de pétales de fleurs.. J’entends leurs hurlements mêlés au vent. Que diable un temps pareil ! Apporté par les saints de glace sûrement ! On se méfie de ces farceurs, mais pas assez, l’adage « En Avril ne te découvre pas d’un fil, en Mai fais ce qu’il te plait » nous ayant fait courir dans les boutiques de mode pour les vêtements d’été avant le printemps annoncé sur le calendrier.

Ma molaire me fait encore mal. Pas le courage d’aller chez le dentiste. Elle moleste pourtant ma mâchoire et ses alentours, envoyant des décharges côté tempe et côté cou après les mandibules.

Je décide de me changer les idées en regardant une énième fois une vidéo hors d’âge : Le dernier des Mohicans. Ils parlent par monosyllabes. Soporifique efficace. La matinée a passé sans que je m’en rende compte. Plus que la matinée d’ailleurs : il est quinze heures.

Et toujours ces lancements qui me harcèlent jusqu’à l’oreille.

De la monnaie traine dans le fond de ma poche. Un tour chez le boulanger et au café du coin, histoire de voir quelques têtes, sachant que je vais rentrer tête basse et dents serrées, insatisfaite de ma sortie.

Chose faite.

Doliprane et plongée dans mon lit.

Fin de ma journée.

Monique

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18 mai ….

      Dans le désert infini, j'ai marché, harassé, espérant trouver au moins quelques cactus, je titubais, des pensées morbides m'assaillaient . Pour me rassurer en entendant ma voix, je me suis mis à parler tout fort, mais mon épuisement ne me permettait que quelques monosyllabes. Et dans ma tête revenaient souvent « Monique , mosaïque » . Il m' a même semblé voir ma compagne artisan-créateur .A un moment, je me suis mis à fredonner « Money, money ». Puis j'ai sombré quelques temps dans l'hébétude.

       Un peu plus tard, revenu à moi, j'ai discerné le visage d'un Mohican tout près du mien, il ouvrait si grand la bouche que je voyais ses molaires, j'ai cru qu'il allait me molester , mais il m'a sauvé, ramené au campement.

Marie

 

18 mai 2015

          Dans la salle d'attente du dentiste, ce matin j'ai lu un article sur Le Dernier des Mohicans. Cette salle est joliment décorée d'une frise de mosaïque aux motifs grecs. Mais l'atmosphère est devenue morbide car le praticien molestait la molaire du patient qui hurlait un monosyllabe angoissant. Alors je me suis dit: «  Va-t 'en Monique, il n'aura pas ta monnaie. »

Marie

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Je me suis réveillée en pensant à Monique. La dernière fois que je l’avais eue au bout du fil, elle ne m'avait répondu que par monosyllabes. Elle devait être d’humeur morbide, elle avait des ennuis avec sa famille : elle avait une dent comme on dit, je dirai une molaire, contre son beau frère.

Celui-là, quand il avait bu quelques verres, il commençait à molester, à bousculer tout le monde.

Il n y avait que les enfants qui étaient épargnés et à qui il donnait quelque menu monnaie.

Enfin, moi j aurais aimé parler avec Monique du film que j'avais vu la veille à la télé "Le dernier des mohicans".  j'aurais aimé discuter enfin de l’ancienne version, discuter enfin de cette mosaïque d ethnies que représentent les indiens de l Amérique du Nord.

Enfin j ai pensé que c était partie remise et j ai noté tout ça sur mon calepin.

 

Polo

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freepik

Monique  m'a téléphoné ce matin, désespérée, son dentiste venait de lui arracher sa dernière molaire. Je la connais bien, elle a dû la récupérer pour la mettre sous l’oreiller ce soir, espérant que la petite souris va lui apporter un peu de monnaie. Comme jusqu'a présent elle e toujours été déçue, son discours était morbide. Pour me remettre, en buvant mon énième café, j’ai regardé l'émission « Mosaïque » à la télé. C'est une rediffusion, mais le présentateur a une coupe de cheveux à la mohican, fort amusante. S il avait des plumes et une lance, il pourrait jouer dans un film de cow-boy avec John Wayne ; mais c est vrai, John Wayne est mort, le présentateur, je n’en sais rien, mais à notre époque tout est possible.

Après midi, des cris m ont attirée à la fenêtre. Ma voisine molestait son insupportable fils, un gamin de 10 ans qui parle encore par monosyllabe, quand il y a deux syllabes il bafouille, et se photographie avec son smartphone, toujours satisfait de sa personne. Je plains ses parents, ils n'ont pas fini d avoir des ennuis.

Le téléphone a sonné en fin d après midi : c'était Monique, gémissante après sa dent. Je l 'ai invitée à dîner demain, je ferai de la purée. Elle pleurera encore car la petite souris l'aura encore oubliée.

Quelquefois, ça pèse l'amitié ! J'ai rempli ma page quotidienne, je m arrête.

 

Line

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Ce matin, j'avais mal aux dents, particulièrement à la molaire du fond. Cela m a donné des idées morbides, jusqu'à ce que je me souvienne que  j’avais rendez vous chez le dentiste demain, dentiste qui me coûte beaucoup de monnaie, mais qui me fait du bien. Mes idées morbides se sont donc envolées.... Et je suis partie marcher dans la garrigue avec mes chiens.

Qu'elle ne fut pas ma surprise de rencontrer un mohican en train de se molester avec un paysan du coin. Il était impossible de comprendre le pourquoi de leur bagarre, les deux ne parlaient que par monosyllabes, pow, pow, pow disait l'un, ben, ben, ben répondait l autre.

Mes chiens, inquiets, leur aboyèrent dessus, ce qui mit fin à la bagarre. Et chacun repartit de son côté, comme si de rien n était. Probablement une histoire de terre, bien fréquente dans les Hauts Cantons.

Je rentrai donc chez moi, bus un café et, comme chaque jour, nettoyai la jolie mosaïque des plans de travail de ma cuisine.

Un peu de jardinage, de lecture, et il était l'heure de partir à l atelier  d’écriture. Préparer cahier et stylo, comme pour aller a l école... J aime cet atelier, chacun y développe son univers. Et puis j y retrouve Monique, notre zélée secrétaire que j aime beaucoup taquiner....

 

Valérie

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                                                                                 Lundi 18 Mai 1963

         Cher Journal,

--Monique est arrivée à l’heure au cours de gym. Comme d’hab. N’avait pourtant pas l’air en forme, ne répondait aux questions que par monosyllabes. Finalement, a réussi à avouer qu’elle s’était fait draguer par un Mohican dans le métro. Pas banal. En plus, il a été (soit- disant) à deux doigts de la molester quand elle a sèchement refusé ses avances. J’sais pas, mais j’ai comme l’impression qu’elle regrette quelque chose. Qu’aurais-je fait à sa place ? Hein ?

--A quatre heures, Jean-Michel est venu m’attendre à la sortie du bahut. Toujours ses histoires morbidespour faire l’intéressant, sauf qu’il ne m’amuse plus. Du tout. J’crois bien que je vais le larguer, ça va pas être long. D’autant qu’il ne sait même pas danser le rock.

--Ah oui autre chose : la prof de dessin nous a fait reproduire une mosaïque, découverte à Pompéi, qu’elle a dit. Un gosse en robe avec un chien. Bref, ça ne me plaisait pas des masses. N’empêche que je me suis appliquée. Je t’en fiche ! C’est encore Bernadette qui a eu la meilleure note, normal, vu qu’elle est la chouchou de tous les profs. Je peux pas la voir celle-là. La Soubirous, comme on l’appelle pour rigoler. En tout cas, les copines sont d’accord avec moi : elle ne fera jamais partie de notre bande. Même qu’elle en crève d’envie. Bien fait.

--Faut absolument que je me fasse un peu de monnaie pour acheter le 45 tours d’Elvis où il y a Tutti Frutti d’un côté et It’s Now or Never de l’autre ! Il est formid super sensass j’adore !!!

   Pas possible de demander à Maman. Elle m’a donné mon argent de poche hier et j’ai déjà tout dépensé : une paire de bas nylon et un tube de rouge à lèvres…parce que je n’ai pas envie de passer pour une cloche- comme la dernière fois avec mes socquettes et ma jupe plissée- à la surpat’ de Dimanche. Finalement, je crois que je vais faire un peu de baby setting.

--Cher Journal, je dois te quitter, bien que j’aie encore une tonne de choses à te dire.  Le paternel m’appelle, c’est l’heure d’aller chez le dentiste. Quelle horreur !! J’ai une molairequi me fait mal. En fait c’est une dent de sagesse qui pousse de travers. Sûr comme deux et deux font quatre qu’on va me l’arracher et que Dimanche j’aurai la joue toute gonflée. J’en ai marre !! Tu sais Cher Journal, c’est très dur d’avoir quatorze ans à notre époque ! Heureusement que tu es là car personne, à commencer par mes parents, ne me comprend. Ouais, c’est vrai. Et personne ne m’aime. Qu’est-ce que je ferais sans toi ! Bon, faut que j’y aille.

A demain.                                                                        El Pé

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Lundi 18 mai 21h.

Je suis exténuée ! Et si j’utilise une page de mon journal pour raconter ce qui va suivre , c’est pour me défouler, et surtout pour pouvoir le relire, écrit noir sur blanc, afin d’éviter la même erreur.

Je viens de garder le petit Paul. Sa mère, Monique, l’a déposé vers 17h. Elle devait se rendre en consultation chez son psychiatre, alors impossible de l’emmener avec elle. Elle en a bien besoin, car en ce moment, très souvent, elle a des idées morbides.

Je n’aime pas beaucoup garder ce gamin insupportable et pourtant, chaque fois je me laisse convaincre.

Et bien, aujourd’hui, cela a été pire que jamais. Il a molesté Tango, mon brave toutou, en essayant de lui arracher une molaire avec une pince à épiler. J’ai essayé de lui faire faire de la peinture, une mosaïque dans un joli camaïeu de vert pour décorer le poisson de son cahier de dessin, et il a commencé à peindre à sa manière les fauteuils et le canapé du salon en brandissant, telle une arme guerrière, son pinceau assassin. J’ai voulu alors lui lire « le dernier des Mohicans », lui qui n’a, en guise de langage, que des monosyllabes du genre « non », « pas », « zut », pour l’occuper un moment ; mauvaise idée, il m’a arraché le livre des mains, l’a lancé en l’air après avoir déchiré une dizaine de pages avant de la piétiner rageusement, abrégeant ainsi son agonie.

C’est avec un plaisir infini que j’ai rendu le monstre à sa mère, me jurant de trouver n’importe quelle excuse pour ne pas renouveler cette désastreuse expérience. La prochaine fois, ce sera donc : adieu la monnaie, mais bonjour la tranquillité.

Gill

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