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lundi, 18 mai 2015

Mai en poème

Petit poème sur le mois de Mai 

En 10 minutes, faire un petit poème de 4 vers ou plus, ne dépassant pas 12 pieds

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Mai

 

« En Mai, fais ce qu’il te plait »

Je te remercie bien ma douce,

Il faut bien qu’une amie me pousse

Pour faire un poème complet.

 

Alors inspire-moi donc la suite

Afin d’écrire le bonheur,

Bonheur, santé, et vite vite

Viens te blottir près de mon cœur

 

Mouty

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Joli Mai

 

Muguet, joli muguet

Tes clochettes porte- bonheur

Enchantent le mois de mai

Embaument notre cœur

 

Gill

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12:15 | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : mai

Un moment du quotidien

Ma madeleine (25 mn)

A travers une spécialité culinaire décrire avec minutie le décor, l’ambiance, l’entourage, les opérations d’un moment que vous appréciez ou avez apprécié particulièrement.

Employez dans le texte les dix mots suivants :

arguments, binocles, carottes, direction, énormément, farce, girouette, honneur, ironie, jamais. 

Terminer par « Et je pèse des mots dans la balance de cet instant ». Extrait d’un poème d’Octavio Paz : Issue (Liberté sur parole)

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chocolat-chaud.jpg

freepik   par sxc.hu

 

Mon chocolat au lait

Le chocolat au lait du matin, préparé par ma grand-mère, était « mon chocolat », et celui de ma grand-mère bien sûr, qui n’avait pas son égale pour le préparer.

Les matins d’hiver où le givre égayait les vitres de ma chambre - il n’y avait pas d’autre chauffage que celui de la cuisinière émaillée qui ronflait déjà au moment où j’entrais dans la cuisine. Là, c’était le paradis : chaleur enveloppante, odeur de chocolat, bref, le pied.

C’était une pièce plutôt sombre, éclairée seulement en son centre par une ampoule faiblarde couverte de chiures de mouches et pendant tristement au bout d’un fil torsadé.

Sur le bord de l’évier en pierre, des carottes rutilantes après un bain sous la pompe attendaient patiemment la suite. Sur le bout de la table, la farce de chair à saucisse serait bientôt tassée dans les pommes de terre creusées en leur centre par un petit outil magique qui fabriquait des tire-bouchons. Le chat ronronnait à mes côtés en entrouvrant ses yeux de biche.

Ma grand-mère ajustait ses binocles avant de prendre la direction du fourneau où patientait une petite casserole de lait chaud. Elle y râpait alors une demi-barre de chocolat noir avant de remuer en donnant deux ou trois tours de bouillon. « Grand-mère, un peu plus » lui disais-je. « Il ne faut pas en mettre énormément me rétorquait-elle, ça te ferait mal au foie ! ». Je lui parlais alors des forces dont j’avais besoin pour accomplir le chemin de l’école, de la nécessité de ne pas faiblir pendant les cours jusqu’à midi. Elle restait imperturbable. A bout d’arguments, je laissais tomber ma plaidoirie, je savais qu’elle était inutile. Je sentais tout de suite après envahir mes narines par les effluves divines du liquide chaud coulant dans mon bol. « Arrête de faire la girouette, tu vas te brûler » me lançait ma grand-mère alors que je fondais de bonheur. Je crois qu’elle mettait son pointd’honneur à me faire le meilleur chocolat du monde. Je ne l’oublierai jamais.

Ironie de la transmission culinaire, je ne parviens pas aujourd’hui à réaliser un aussi bon chocolat. Et je pèse mes mots dans la balance de cet instant.

Mouty

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freepik par sxc.hu

 

Art culinaire

Quelle farce ! Quelle ironie ! Une consigne sur l’art culinaire ! Le mot, déjà, me donne envie de prendre la direction opposée à ma feuille. Parole d’honneur, je n’apprécie jamais de me trouver dans une cuisine, et comme je ne suis pas une girouette, aucun argument ne peut me faire changer d’avis. Ne me parlez pas de carottes, navets, bœuf ficelle ou veau marengo.

J’insiste. RIEN ne peut me faire changer d’avis…… Quoi que ! Un mot, un seul, le mot « chocolat » peut me faire prendre le chemin des fourneaux. Oui, la bouillie au chocolat de mon enfance. Je revois nos trois têtes brunes penchées sur la casserole où lait, maïzena et cacao se mélangeaient doucement pour former un liquide onctueux et chaud, à l’arôme puissant. Je revois ma sœur aînée tournant avec art le breuvage afin qu’il ne soit ni trop liquide, ne trop épais et surtout sans  grumeaux pour être dégusté sans attendre. Je me brulais un peu la langue mais comme j’appréciais énormément, avec outrance même, cette sorte de crème chocolatée réconfortante, je faisais juste une petite grimace, mi-douleur, mi-contentement, avant d’avaler avec délice.

Nous n’avions pas besoin de binocles pour lire cette recette, nous la savions par cœur, comme nous saurions la réaliser encore aujourd’hui les yeux fermés. Mais il y manque sanas doute notre jeunesse pour l’apprécier pleinement « et je pèse mes mots dans la balance de cet instant ».

Gill

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Angoisse, chagrin, désespoir (25mn) 

Décrire un instant malheureux avec la même minutie, en employant les mêmes mots que la consigne précédente. Le texte se termine par la même phrase

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Place Saint Jacques Metz

wikimédia

 

Départ pour l’inconnu

Je débarquai à Metz un 1er Octobre pluvieux et froid après un voyage depuis le sud-ouest de la France assez angoissant et mouvementé pour rejoindre mon premier poste de travail : j’allais vers un Nord inconnu, peut-être inhospitalier. Une journée de train qualifié d’Express mais n’ayant rien d’un TGV. La traversée de la Seine à pied sur le pont balayé par le vent entre les gares d’Austerlitz et de l’Est, en portant péniblement ma lourde valise en bois chargée de bouquins, fut un supplice. Puis, direction Strasbourg en côtoyant des voyageurs parlant allemand ou alsacien, langues totalement étrangères pour moi.

Ironie du sort, je n’avais pas prévu un tel changement de température. Je sortis de la gare de Metz complètement frigorifiée. Je longeai un petit marché où les denrées alimentaires voisinaient avec les brocantes et les puces. Binocles, carottes, girouettes, charcuterie… Jamais je n’avais vu des choses aussi hétéroclites sur si peu d’espace. Enormément de bric à brac baigné par les odeurs de légumes ou de viande. Un clown, sous un parapluie troué, racontait des blagues en faisant des farces aux passants.

Je pris la direction de l’hôtel en mettant mon point d’honneur à porter ma valise sans défaillir. Jamais je n’avais été aussi harassée, transpercée de froid.

Mon train avait pris du retard, et j’arrivai à l’hôtel quinze minutes après l’heure limite imposée. Je fus accueillie assez froidement, à l’image du temps, par un cerbère qui me fit perdre tous mes moyens. Je serais entrée dans un trou de souris. J’en oubliai tous mes arguments préparés à titre d’excuse. Moi, d’habitude si diserte, je restai coincée, muette. Et pourtant je pesais mes mots dans la balance de cet instant.

Mouty

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freepik     par sxc.hu

 

La tache de la honte !

Sagement assises derrière leurs pupitres, trente têtes brunes et blondes, penchées sur un cahier de dessin, s’attachent à reproduire avec énormément de soin, un panier de légumes avec carottes, poireaux et navets, ou une église surmontée d’une girouette. J’en suis à la phase délicate du dessin de la flèche indiquant la direction du Nord. Voilà, c’est terminé. Il faut que je fasse honneur à ma mère qui a toujours eu le 1er prix de dessin. Jamais elle ne me pardonnerait si c’était médiocre. Il ne me reste plus qu’à écrire mon nom à l’encre sur la feuille.

Malheur, un gros pâté, j’ai pris trop d’encre ! Je vais attendre qu’il sèche puis gommer avec le côté crayon, cela ne devrait pas abîmer le papier. Ah, cela ne gomme rien, il faut essayer le côté plus râpeux. Je frotte je frotte et je finis par percer le papier. Quelle farce, quelle ironie ! Plus de pâté mais un gros trou. Que vais-je faire, moi qui suis si soigneuse d’habitude. Je vais me faire gronder et quand je pense au visage anguleux et aux petits yeux cruels surmontés de binocles de mademoiselle Jorbier, je frémis d’angoisse. Elle ne va voir que ce gros trou bordé de bleu et son regard va me fusiller.

« C’est terminé mesdemoiselles », entends-je. Et elle commence à passer dans les rangs. Evidemment, arrivée vers moi, elle s’arrête, j’entends comme un grognement d’indignation, et n’osant la regarder, j’imagine son visage rouge de colère.

«  Mademoiselle vous me décevez. Je ne vous imaginais pas reine du gommage. C’est un argument pour vous punir, vous le savez. Vous serez notée zéro en soin. Vous quitterez le premier rang et irez au fond de la classe pour une semaine. Vous n’êtes plus digne d’être devant le tableau, et je pèse mes mots dans la balance de cet instant. »

 

Gill

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samedi, 16 mai 2015

De phrase en phrase

Chacun écrit un mot sur une feuille volante et la passe  à son voisin  qui écrit une courte phrase en introduisant ce mot. La feuille est alors passée au voisin  qui, à son tour, écrit une  phrase en utilisant un mot de la phrase précédente . Et ainsi de suite jusqu’au tour complet de la table. L’auteur du 1er mot écrit la dernière phrase.

 

Chacun lit la feuille qu’il a commencée et terminée. Puis il découpe chacune des phrases qu’il restitue à leurs auteurs.

 

Chacun écrit  un texte en y insérant toutes ses propres phrases.

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Souvenirs

Je me regarde dans le miroir et me dis instantanément : « ma chérie, ce matin tu as la tête des mauvais jours » puis je baille sans scrupules car bailler est un exercice qui détend considérablement.

Je me suis habillée avec soin, j’ai mis mon corsage mauve et mon pantalon noir ; j’aime le mauve, car pour moi, le mauve est une couleur qui incite à la rêverie. Cela tombe bien, car ce matin mes souvenirs se bousculent dans ma mémoire et j’ai envie de les retrouver.

Je me souviens de la maison familiale, celle de mon enfance ; je revois la treille qui procure une fraîcheur bienfaisante les jours de grand soleil. Je repense aux rudes hivers, à la luge, au patinage, aux boules de neige et au feu dans la cheminée. Quelle belle saison c’était, comme nous nous amusions, mes cousins et moi ! Je revois les joyeuses promenades dans les prés où les vaches semblaient dire, le regard placide : « brouter, c’est très agréable ».

Et puis je me remémore les amis de voyage, et ce jour où j’ai croisé un chameau dans les rues de Nouakchott, ce jour où je t’ai rencontré et où ne nous sommes plus quittés.

Et maintenant, je pourrais bien raconter n’importe quoi, faire n’importa quoi, tout le monde m’écouterait avec patience, car le grand âge permet toutes les fantaisies, elles seront toutes pardonnées. Alors, je m’en donne à cœur joie et j’oublie ma tête des mauvais jours pour sourire encore une fois et apprécier la vie tant qu’elle est là.

Gill

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chat fenêtre.jpg

freepik     par stockvault

 

C'était un soir de juillet où la chaleur aurait dû égayer l'atmosphère mais, lorsque le soleil s'en allait, Viviane perdait le sourire.

         Pourtant son agréable voisine l'avait conviée à la pendaison de sa crémaillère, elle devait s'activer, se préparer.

         En sortant de la salle de bains, elle vit s'ouvrir lentement la porte de sa chambre, alors qu'elle était seule à son domicile. Elle fut prise de tremblements. Elle recula ; son imagination lui faisait craindre le pire. Avec le festival de  théâtre qui se déroulait chaque année dans les rues de la ville, les surprises étaient nombreuses. Le centre et les quartiers périphériques étaient envahis par les policiers et cela créait une ambiance  trouble plutôt que rassurante.

         Mais pourquoi ai-je si peur, pensa-t-elle, la mémoire devrait se vider comme l'évier. Ce n'est pas parce qu'un cambrioleur s'est introduit chez moi une fois que cela va recommencer.

         Elle domina ses craintes, s'avança dans le couloir à nouveau et se mit à rire : un chat traversait le séjour ! L'animal était simplement entré par la fenêtre ouverte. Elle le mit dehors en lui glissant : "  Tu reviendras me voir un jour ou l’autre."  Vite, vite, elle revêtit sa robe rouge et finit de s'apprêter.

         Elle sonna chez sa voisine Virginie qui lui présenta deux amies et l'informa du retard de quatre invités victimes d'une crevaison. Puis elle proposa donc de les attendre en s'occupant à un jeu d'écriture qu'elle appelait boule de neige. "L'écriture peut donner lieu à toutes les fantaisies, vous savez, les mots c'est comme les flèches, quand la corde de l'arc se détend, la flèche part et fend l'air avec un sifflement, vos mots vont jaillir aussi."

      

     Marie

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سوق تطاوين souk tataouine10

wikimédia

 

Tataouine

Le palais des papes est silencieux à cette époque-ci. C’est l’été, l’époque du plein soleil et du sexe. Mon lycée respire la période des pré-vacances. Des élèves entonnent la rengaine de la saison précédente « Il est là ce printemps, avec ses fleurs, ses insectes et ses oiseaux » sur un air de slam fatigué.

Je rêve de grands espaces, sirotant un thé à la menthe à Tataouine, aux confins du désert. Mais la chaleur m’y accable. L’ivresse du grand air et du jus de la treille me retiennent dans le Languedoc, plus diversifié à mon goût, bien que la cour du lycée me dessèche les sens.

Je m’ennuie à mourir quand il n’y a pas de séance anti-profs dans ce bahut sinistre. Une petite séance de taquineries mettrait bien un peu de sel à la routine. Mon professeur de musique a, de toute façon, la tête à ça : une bouille de punching-ball. Cependant, ça tourne au vinaigre de plus en plus souvent pour donner suite  à une révolution contre l’apprentissage du solfège de manière aussi ringarde. La rébellion au collège, ça ne s’est pas vu depuis belle lurette, et pourtant ses fréquences se rapprochent.

Le cours de musique est suivi par celui de français. La galère. Les notes, leurs dièses et leurs bémols encombrent mon crâne prêt à exploser. Quel désarroi ! J’en arrive à confondre le verbe être et le verbe avoir ! A l’issue du cours je sors du lycée en respirant à pleins poumons. Je m’arrête un instant devant la boutique du fleuriste. Les senteurs m’enivrent. Je préfère le lilas mauve au lilas blanc, il est plus parfumé.

Mouty

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Rm46

wikimédia

 

Souvenir de Collège

 

Du Collège je garde les bons souvenirs, j’oublie les mauvais pourtant nombreux. Pendant ces évocations, je ne m’ennuie jamais, et pourtant je baille. Pas quand je me remémore les cours de sciences, ni physiques ni naturelles, mais de science-fiction. Je me voyais appartenir au troisième sexe, mutation originale s’il en est, folâtrant gaiement sous la treille avec des satyres cornus et des nymphes aux cheveux tressés de fleurs.

Pourquoi le prof, cet individu insipide, fait-il la tête ? Est-ce qu’il a mal à l’estomac ? Sa femme, lassée de voir sa pâle binette chaque matin, aura poivré son café au lieu de le sucrer. S’il croit que je l’écoute, il se trompe. Il pense que j’enregistre ce qu’il dit, mais non, j’extrapole. Si on passait directement de l’hiver à l’été, on gagnerait un trimestre sur l’année scolaire. Quel bonheur !

Accrochée au mur, une carte géologique représente le désert sans fin. Une caravane y chemine. Montée sur un chameau qui me balance noblement, je fixe l’horizon où se devinent les bâtiments de Tataouine qui accueillent les bataillons disciplinaires. Mon caftan mauve flotte. Pourtant, comme le chantaient les aèdes grecs, cette couleur ne sied pas aux teints de rose et de lys, celui que je me flatte d’avoir.

Flûte ! A mon âge, j’ai confondu la droite et la gauche, le haut et le bas, et quand le prof me dit « Vous êtes là ? » j’ai dit non en secouant la tête. J’ai emprunté le sens interdit de l’inattention. Quatre heures de colle, cela m’apprendra à préférer l’imaginaire au réel.

 

Line

                                                                                     

 

Visibabe

wikimédia

 

 

Veuvage

Accoudé au comptoir, un homme se morfond en buvant u panaché dans un costume mordoré.
Plongé dans ses pensées, il regarde le printemps naissant en se disant qu'il était bien dommage que le perce-neige ne fleurisse malheureusement pas en ces douces périodes.

" Ah, si seulement ma satanée femme n'avait sapé mon rêve de cascade trônant au milieu d'une serre de forêt tropicale !
On s'en dispute et ça continue encore et encore, et je sais bien que ce n'est que le début, d'accord, d'accord !"

Soudainement, une réflexion furtive, légère comme ce souffle printanier vint lui chatouiller le cerveau : " Et si le veuvage était la tranquillité de mon esprit tourmenté ?"

Rasséréné, émoustillé, il s'en fut immédiatement auprès de son fidèle ami, l'apothicaire de la rue Denfert Rochereau.

"George, George, se précipita-t-il dans la boutique en criant, époque et époxy, est-ce identique ?" Essoufflé, il explique à Georges, les yeux esbaudis, son profond désir de veuvage et que à l'endroit ou à l'envers, il lui fallait une stratégie, certainement pas comme celle de l’escargot, qui à part le colimaçon, n'avait pas une dent de faire et encore moins une d'agir.
George lui répond alors, que peu importait la forme, l'important étant de participer, que entre faire et agir, il se posait pas la question et que mieux que l'époxy, il lui fournirait l'arsenic.

Nanou

                                                                                 

samedi, 09 mai 2015

Aux caisses du supermarché

En 20 à 25 minutes, écrire un texte commençant par :

« Je me dirigeai vers les caisses en espérant qu’il n’y aurait pas trop de monde. Il était déjà tard ….. »

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pot de confiture line.jpg

freepik   par www.sxc.hu

 

Je me dirigeai vers les caisses en espérant qu’il n’y aurait pas trop de monde. Il était déjà tard, ma montre indiquait 17h 30, me voici dans la file. Combien de personnes devant moi ? 5, non 4, ce jeune aux cheveux multicolores est avec cette minette grassouillette. Quelle hérésie ! Elle a acheté des plats cuisinés et des biscuits salés. Encore une obèse qui coûtera cher à la sécu et mes cotisations augmenteront. Et celle-là, elle ne pouvait pas préparer son porte-monnaie d’avance au lieu de farfouiller dans son sac ? Je sais bien que le soir, les employées sont fatiguées et mal payées mais quand même, les caisses automatiques c’est plus rapide quand on sait s’en servir. Et moi je  ne sais pas. Flûte ! J’ai oublié la confiture, je vais la chercher, pas question de m’en passer. Où est le rayon ? Comment, monsieur, je vous ai bousculé ? Si vous étiez galant et bien élevé, c’est vous qui vous excuseriez de m’avoir heurtée. Quelle époque ! Tout Béziers acheteur s’est donné rendez-vous ici, pourtant il n’y a pas de soldes, du moins je n’en vois pas. Me voilà à nouveau en queue de file. J’ai chaud,  j’ai mal aux pieds, on pourrait ouvrir une caisse supplémentaire. « Le client est roi » dit la réclame, on voit bien qu’ils ont été guillotinés ou chassés de leur trône. Si cela continue, je commanderai par téléphone et me ferai livrer mes provisions. Mais on n’est jamais si bien servi que par soi-même, j’aime choisir personnellement. Que c’est long, j’en ai assez, j’avance lentement, c’est interminable.

Ah, enfin, à moi, je dépose confiture et pain de mie sur le tapis. C’est tout ? Oui, c’est tout, donnez-moi un sac. Comment, il faut le payer ? On est vraiment des cochons de payants. Ouf, c’est fini. Comment il est 18h30 ? J’ai raté questions pour un champion, je ne saurai pas si Jérôme revient. Et puis Julien Lepers a un si joli sourire. Ma copine dit « c’est le gendre idéal, celui qu’on voudrait pour sa fille ». Oui, mais moi je n’ai pas de fille. Demain, je viendrai plus tôt, vers 17 heures par exemple.

Line

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julien,lepers,

freepik  par stockvault

 

LA CAISSE DU SUPERMARCHÉ

 

Je me dirigeai vers les caisses en espérant qu’il n’y aurait pastrop de monde. Il était déjà tard.La nuit était tombée d’un coup, le temps de faire mes courses. Je pris patience de mon mieux dans une file de clients fatigués qui maugréaient en attendant leur tour sous les yeux d’une caissière harassée. Sa journée allait bientôt se terminer, elle en espérait vaillamment la fin. Pourtant elle parvenait à se redresser sur son tabouret inconfortable, percluse de douleurs dans le dos, les épaules, les bras. Vivement vingt heures ! Bientôt finie la galère ! Elle résistait en pensant au bain chaud dans lequel elle allait se glisser dès qu’elle aurait franchi le seuil de son appartement. Elle gardait le sourire en prononçant un bonsoir évasif, supportant de son mieux les trognes impatientes, parfois bienveillantes, souvent grotesques à cette heure de la journée. « Marre de cette queue » entendait-elle de temps en temps, ce qui la laissait imperturbable.

Enfin, ce fut mon tour. Je commençai à disposer mes victuailles sur le tapis roulant quand le client précédant bloqua la progression pour un sachet de tomates non pesées. Aller et retour au stand Fruits et légumes, à l’autre bout du magasin bien sûr. Cinq minutes peut-être. Une éternité quand on poireaute là, depuis un temps qu’on n’a pas compté, mais d’une longueur interminable.

« Tout vient à point à qui sait attendre »…A mon tour.  Nouveau blocage avec mes achats : le code à demi effacé de mon tee-shirt demeura illisible pour la machine à fabriquer les clients dociles. Coup de fil de la caissière au central. Attente. Deuxième appel. Attente. Les râleurs qui espéraient aller plus vite en me suivant au vu de mon caddie aux trois-quarts vide se furent de plus en plus bruyants et irrespectueux. Des mots aigres-doux martelaient mes oreilles et celles de la caissière. Puis - tout à une fin - ce fut la délivrance.

Je sortis de ce purgatoire pour retrouver l’enfer de la nuit, de celui des zones d’ombre sensées être protégées par des réverbères défaillants, l’enfer des pétarades des mobylettes, des voitures qui me frôlaient.

Je sortis d’un endroit illusoire pour entrer dans un monde de fêlés.

 

Mouty

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freepik  par www.sxc.hu

 

               COUVRE-FEU

 

Je me dirigeai vers les caisses en espérant qu’il n’y aurait pas trop de monde. Il était déjà tard. Bientôt la sirène retentirait, annonçant le couvre-feu et je voulais surtout ne pas être dans la rue à ce moment-là.

        La loi s’était encore durcie depuis six mois ; désormais les miliciens pouvaient tirer à vue, sans sommation.

        Je regardai distraitement une jeune fille qui poussait son caddie, juste devant moi. Elle jetait nerveusement des coups d’œil à sa montre, comme la plupart des clients dans les files d’attente. Sauf qu’elle, n’avait pour ainsi dire jamais connu autre chose, ou si tôt dans sa vie que le souvenir devait s’être effacé… Quant aux miens, ne me trompaient-ils pas ?

         Avait-il existé un temps sans couvre-feu, sans bracelet électronique pour tous, sans télécran de surveillance dans chaque pièce…et, pire que tout, sans contrôle cérébral auquel chaque citoyen devait impérativement se soumettre, chaque trimestre ?

         Combien de mes proches avais-je ainsi vu disparaitre, au fur et à mesure ? A vrai dire, je me considérais comme un survivant. Jusqu’à présent, j’avais pu tromper les machines, passer à travers les mailles du filet…Mais jusqu’à quand ?

       Et cette file qui n’avançait pas !

       Bien sûr, la solution aurait consisté à tout planter là et se tirer en vitesse. Mais c’était impossible. D’abord parce que cette attitude, tout de suite enregistrée par les caméras, ne manquerait pas d’être tenue pour éminemment suspecte, mais avant tout parce que je ne voulais surtout, surtout pas rentrer à la maison les mains vides

       Paulo avait trop envie de ce camion de pompier rouge vif et l’arrivage de ce jouet(en nombre limité qui plus est, comme d’habitude) n’avait eu lieu que ce soir, alors qu’il avait été annoncé depuis plus d’une semaine. Moi qui, depuis une semaine, guettais anxieusement ce moment… je n’allais pas abandonner, maintenant ? Evidemment pas !!

        Paulo, c’est mon petit-fils. Je n’ai que lui et lui que moi. Tous les autres ont disparu. Ses parents, sa grande sœur, ma femme, mes frères. Sont-ils vivants ou morts ? Cela, personne ne le sait.  D’ailleurs, il est interdit d’en parler.

   «   Ouf, ça y est !! » J’atteignis enfin la caisse, passai ma bague d’identité sur le cadran, certain que mon compte serait débité à la seconde et m’éloignai d’un bon pas.

        Courir dans les rues est interdit.

       J’arrivai à la maison. Ouvris la porte et la refermai juste au moment où la sinistre sirène se mettait à retentir dans les haut-parleurs.

         Paulo accourut vers moi, avec ses cheveux roux en bataille, ses taches de rousseur sur le nez et ses six ans tout neufs. Alors je m’écriai, avec plein de rires et de larmes dans la voix : « Joyeux Anniversaire, mon grand petit homme !! »

 

                        El Pé

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Scène de caisse

Je me dirigeai vers les caisses en espérant qu’il n’y aurait pas trop de monde. Il était déjà tard et je risquais d’arriver après l’heure au bureau, si j’attendais trop.

Tiens, là, il n’y a que deux chariots, une femme avec trois enfants et un monsieur qui semble avoir peu d’achats. Ce sera parfait. En attendant je me mets à observer l’enfant qui est derrière le premier chariot, qui s’agite sans arrêt, touchant à tous les objets que sa mère s’efforce de déposer sur le tapis, touchant aussi le monsieur qui est derrière lui ; celui-ci après avoir  patiemment supporté l’attitude du gamin,  manifeste un brin d’agacement en lui disant de se tenir tranquille. N’écoutant rien, l’enfant continue son manège pendant plusieurs minutes et tous les spectateurs de la scène le trouve insupportable. C’est alors qu’il entreprend de déboucher un yaourt à boire d’un geste brusque et que le liquide jaillit et se répand sur les chaussures et le pantalon du monsieur. Ce dernier, déjà fatigué par le comportement du gamin, s’adresse alors à la mère, qui reste passive devant la scène.

-« Vous pourriez dire à votre fils de rester tranquille et de s’excuser pour ce qu’il vient de faire.

- Mais Monsieur, c’est un enfant, il s’amuse et il a bien le droit de vivre sa vie »

C’est alors que l’homme, ne disant mot, prend un yaourt dans son panier, le secoue consciencieusement, l’ouvre précautionneusement et le verse d’un coup sur la tête du garçon. Puis je l’entends dire : « Ah mon bonhomme, tu es un enfant qui a le droit de vivre sa vie, et bien moi, je suis un grand-père et j’ai aussi le droit de vivre la mienne. »

Celui-ci, un béret blanc sur les cheveux, s’arrête instantanément de gesticuler, interdit, bouche bée, avant de se mettre à hurler, tandis que la caissière, les autres clients et moi-même réprimons une furieuse envie de rire. La mère, ayant réglé ses achats, récupère alors son chariot et maugréant des paroles que je ne peux retranscrire ici, s’en va, emmenant sa progéniture.

Finalement, l’attente à la caisse m’a parut courte et se termine dans la bonne humeur, tout le monde riant. Voilà une anecdote amusante à raconter à mes collègues.

Gill

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Mélange de syllabes

Chaque participant écrit les syllabes de son nom sur un nombre de petits papiers correspondants, qui sont mélangés. Chacun tire deux ou trois papiers.

 

Ecrire un mot inventé à partir des syllabes tirées et lui donner une définition.

 

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MAU / CON

MAUCON : nom féminin et ce malgré sa sonorité, désignant la femelle d’une animal extrêmement rare, dont on suppose du type volatile, voire rapace, nichant dans la région lyonnaise, dans les environs de Mâcon.

Nanou

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SEM / ZIA / NIN

Sem.Zianin : semaine des zigotos et des animaux nuls

Mouty

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SI / NIER

Sinier : adjectif caractérisant un personnage rêveur commençant toutes ses phrases par « si » et ne donnant jamais de réponse.

Gill

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