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mardi, 03 février 2015

Rue ou autre lieu de Béziers

En 25 minutes faire un texte dont le thème est  

« le marché aux fleurs de Béziers »

 

Y inclure les 5 mots suivants :

      encornets/  biscuits/  orage/  magique/  étourneaux

 

Y inclure les quatre vers suivants

« Le bal champêtre est sous la tente,

   On prend en vain des airs moqueurs;

   Toute une musique flottante

   Passe des oreilles au cœurs »

(« Fête de village en plein air »  V. Hugo)

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Flowers In The Marché des Fleurs, Paris April 2014

wikimédia

 

C’est vendredi, il fait beau, pas trop chaud, pas trop froid, juste ce qu’il me faut. Dans le ciel, pas le plus petit nuage, aucun signe d’orage. Sur son socle, Pierre-Paul Riquet garde son air grave, se demandant peut-être si l’on va remplacer, et quand, les arbres abattus pas d’énormes machines. Il a entendu dire qu’ils étaient malades du chancre doré ; comme quoi, tout ce qui est en or ou simplement semblable, peut être nocif. Sur sa tête emperruquée, un étourneau bat des ailes, l’œil aux aguets pour piquer droit sur les miettes de biscuits semées par les enfants. Il fonce sur ce que je reconnais être un encornet, échappé du sac d’une passante venue admirer fleurs et arbres sagement alignés. Ces plantes venues de modestes jardins ou de grandes exploitations voisinent allègrement. Dans cette ambiance magique, je crois apercevoir des nains malicieux cherchant des clochettes, des pensées et autres bouquets pour Blanche-Neige.

Un groupe de jeunes, guitariste, saxo, clavier, égrènent des airs d’autrefois. Ils savent bien, qu’en général, ce sont les personnes d’un certain âge, les retraités, les touristes qui se promènent sur les allées, qui apprécient ces musiques un peu nostalgiques, ritournelles riantes et charmantes. Emue et souriante dans ma tête, je chantonne les vers de Victor Hugo appris quand j’étais une écolière, ébahie devant une telle profusion d’odeurs, de couleurs :

            Le bal champêtre est sous la tente,

         On prend en vain des airs moqueurs ;

         Toute une musique flottante

         Passe des oreilles aux cœurs.

Et si je demandais aux musiciens de les mettre en musique ? J’y vais ? Oui ? Non ? Ce sera pour vendredi prochain : j’oserai, oui. J’oserai les aborder mais pas aujourd’hui.

 

Line

                                                          

 

 


Cette photo de Marche aux fleurs est fournie gracieusement par TripAdvisor

 

Allées Paul Riquet, marché aux fleurs en plein mois de février, tristounet!

Je lève les yeux au ciel, noir. Il ne manquerait plus qu'un orage pour lessiver définitivement cette journée si peu magique.

Les étourneaux sont depuis longtemps partis, pas de toute petite musique flottante pour passer de mes oreilles à mon cœur.

J'hume, fortement, le nez relevé. J'inspire, cherchant désespérément une effluve florale que depuis le départ de l'été je désire, mais seule une odeur de biscuit gras mangé par un jeune enfant me chatouille les narines. Beurk, écœurant !

J'ai froid ! Mes pensées me rattrapent alors, me guidant vers des souvenirs printaniers.

Ce balèti, ce bal champêtre, celui-là même où les encornets farcis sauce armoricaine servis étaient pour les papilles gustatives un délice divin, celui-là même où, sous cette tente, la transpiration des danseurs la transformait en une étouffante étuve , celui-là même, ce dernier, où l'on prenait des airs moqueurs, mais en vain !

J'ai décidé, comme cette triste journée, ça ne me touchera plus !

 

Le Stylo Noir

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Cette photo de Marche aux fleurs est fournie gracieusement par TripAdvisor

 

Béziers aux deux visages

J’arrive à Béziers, pleine d’espoir : soleil, mer proche, jolie ville sur les cartes postales et les guides. Je suis prête à tout découvrir. Que voir en premier ? Les Halles ne me tentent pas ; je n’ai besoin ni de biscuits, ni de fruits, ni de crevettes ou d’encornets brillants. Pourquoi pas le marché aux fleurs du vendredi sur les Allées Paul Riquet. On m’a dit qu’il était d’une beauté magique.

Le ciel est bleu, aucun orage prévu, je décide d’y aller à pieds et j’attaque avec courage la côte qui m’amènera au centre ville. Un quart d’heure après, ayant évité avec adresse les déjections canines, les trous dans la chaussée, les irrégularités des trottoirs, ayant habilement contourné maints dépôts d’ordures sauvages, ayant frôlé plus de vingt fois, sinon la mort, l’entorse, la glissade ou l’écrasement par chauffard belliqueux ou simplement inconscient mais présentant un danger certain, j’arrive à bon port, ma bonne humeur légèrement émoussée par la face sombre que je viens de découvrir.

C’est alors que mon regard embrasse une myriade de couleurs vives et variées : du rouge flamboyant, du jaune lumineux, du mauve élégant, le vert rassurant des feuillages entourant comme pour les protéger les pétales délicats. Pas d’étourneaux dans le ciel et pourtant l’impression d’être dans une volière où l’on entend un jacassement permanent, celui des vendeurs et des acheteurs qui discutent, celui  des promeneurs qui s’interpellent et se racontent « avé l’acceng’ » les histoires du jour. Et puis des parfums, plein de parfums qui embaument l’atmosphère pour transformer un coin de ville en un coin de campagne, pour transformer le bitume en tapis de verdure. N’y manquent plus que la musique et les danseurs pour qu’on puisse dire :

« Le bal champêtre est sous la tente,

On prend des airs moqueurs ;

Toute une musique flottante

Passe des oreilles au cœurs. »

Oui, par chance, la ville a un autre visage, lumineux, celui-ci, et je l’ai découvert!

Gill

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