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samedi, 27 décembre 2014

Noël ailleurs

En 20 minutes, écrire une histoire dont le thème sera

"Noël hors de chez soi"

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Dragage des mines dans les Dardanelles en 1915

wikimédia

 

            Noël en mer

Roger se préparait à prendre son premier quart. Minuit serait bientôt là. Il enfila son caban, noua son cache-nez(non réglementaire), s’assura de la bonne tenue de son béret et s’engagea dans la coursive qui menait à la passerelle du commandant… pleine de courants d’air en toutes saisons.

      Il devait bien se couvrir en effet car une nuit de 24 Décembre, lorsqu’on se trouve au beau milieu de l’Atlantique Nord, il ne fait pas bien chaud.

      Et ce 24 Décembre 1943, encore moins que d’habitude.

« -Pic poil minuit, bravo mon vieux », s’exclama le quartier-maitre Buzau  en désignant d’un geste élégant le siège métallique qu’il venait de quitter, « Elle est toute chaude, à toi de jouer. Tu verras sur le carnet : RAS. Bon, moi je vais aller me pager j’suis frigorifié. Joyeux Noël, vieux !

-Joyeux No… » Répondit Roger, mais l’autre avait déjà disparu.

Roger s’installa, si l’on peut dire, sur le siège inconfortable, saisit une paire de jumelles et entreprit de scruter la mer. Rien en vue hormis un bâtiment de guerre  allié  en retour de mission dans les eaux territoriales ennemies et escortant un instant les trois dragueurs de mines opérant dans le secteur. Tant mieux.

   Pour l’heure, le sien filait allègrement ses vingt nœuds et dans son sillage s’esbaudissaient quelques marsouins, un peu par jeu et surtout dans l’attente que le cuistot, leur chouchou, ait enfin l’obligeance de vider ses poubelles par-dessus bord.

« -Ouais, parlons en, tiens de ce repas de Noël, se dit le pauvre garçon. Parfaitement dégueulasse, et leur Xmas pudding, encore pire que tout !! Mais à quoi s’attendre d’autre sur un rafiot anglais ? »

 

   Comment s’était-il retrouvé là ? Oh tout simplement, en s’engageant dans la Marine Nationale, à dix huit ans, juste après le sabordage de la flotte à Toulon. Ce qui lui avait valu, avec d’autres, d’être aussitôt embarqué sur un navire de Sa Gracieuse Majesté, qu’il n’avait plus quitté. Le navire.

D’où il était, il percevait vaguement les chants de Noël qui s’échappaient du carré en bas. « Il faut quand même leur reconnaitre ça aux Britishs, ils savant chanter. »

La nuit était belle, glaciale et calme. Une vraie nuit de Noël. Plongé dans ses réflexions  hautement philosophiques, Roger n’entendit pas l’officier de radar donner l’alarme. De toute façon il était trop tard. Deux torpilles tirées par un sous marin allemand venaient de toucher le navire… et aussitôt ce fut l’enfer : le dragueur de mines ne fut plus qu’un immense brasier qui sombrait rapidement dans l’océan.

Roger fit partie des rares survivants, c'est-à-dire des membres d’équipage qui, au moment de l’attaque, n’occupaient pas l’intérieur du navire. Agrippés à quelques morceaux de bois flottant sur les lieux du naufrage, ils ne tardèrent pas à être recueillis par le navire de guerre américain qui, fort heureusement, croisait non loin de là. Et qui, pour la petite histoire, parvint à couler le sous-marin à l’évidence trop sûr de lui.   

 

                     Quant à moi, je naquis très exactement quatre ans et une semaine plus tard et c’est pourquoi je peux évoquer aujourd’hui, avec pas mal d’émotion, le souvenir d’un marin français que, sa vie durant j’ai appelé Papa.

                       El Pé

                                                                

 

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Cadeau surprise

J’ai souvent passé Noël en pays musulman et la plupart du temps, rien n’est venu me rappeler la traditionnelle fête de mon enfance.

Pourtant, l’année dernière, je me trouvais dans un petit pays riche et prospère et une surprenante mise en scène m’a fait comprendre que partout où il y a des gens de bonne volonté, on peut avoir l’impression de retrouver un peu de ses traditions. Et oui, un sapin dans le hall de mon immeuble, un sapin dans la galerie marchande du plus gros centre commercial, des guirlandes scintillantes et une nuée de cadeaux en tout genre, savamment mis en valeur dans des vitrines plus attirantes les unes que les autres. Oui, un Noël très commercial, certes, mais donnant un air de fête à la ville pour célébrer un jour exceptionnel. Puis des attentions plus chaleureuses, des souhaits de gens n’ayant pourtant pas les mêmes croyances que moi, un repas de Noël sur mon lieu de travail. Que demander de plus ! Ah oui, le plus -le Noël religieux, l’église, la messe de minuit, la crèche – où le trouver ? Et bien, on le trouve dans son esprit, dans les tiroirs de sa mémoire, là où sont ancrés tous les souvenirs. On fait le vide autour de soi, on l’ouvre et surgissent alors messe, sapin, bougies, regards éblouis, table de fête, bonheur d’enfant.

Partout où l’on se trouve, ce tiroir-là, on l’emporte avec soi, prèt à être ouvert.

Mais cette année-là, surprise ! Pas besoin d’ouvrir le tiroir. Ceux que j’ai laissés en France ont décidé un voyage pour les fêtes. Ils arrivent, ils sont là, à l’aéroport. Je vais les chercher.

Oui, c’est vraiment Noël et mon cadeau est arrivé.

Gill

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freepik

 

Noël hors de chez soi

 

Cette année-là, Noël s’annonçait dans la neige. Les Eclaireuses de ma ville avaient mis sur pied un camp à la montagne proche. Un logement sommaire avait été retenu auprès d’un fermier de Ste-Marie de Campan. Il se trouvait dans une vieille maison rurale entre les cols d’Aspin et du Tourmalet, en bas desquels coulait l’Adour qui nous pourvoyait en eau pour étancher notre soif et pour notre toilette.

La baraque - on ne pouvait l’appeler autrement - comportait une pièce à vivre dans laquelle se trouvait une grande cheminée, un lit, un buffet, une table et quelques chaises paillées. Cette pièce jouxtait l’écurie abritant les vaches et surmontée d’un grenier au parquet de vieilles planches disjointes, recouvertes de paille étalée depuis les gerbes entassées dans le fond : c’était notre dortoir auquel on accédait par une échelle extérieure.

Nous avions toutes apporté de quoi bricoler des petits cadeaux : planchettes, clous, raphia, bouts de tissus, laine, aiguilles, ciseaux, etc. Nous passâmes l’après-midi à réaliser des créations rocambolesques. Enveloppés dans du papier journal savamment plié pour démontrer l’amicale attention que nous portions à celles qui les recevraient, ces cadeaux de Noël furent mélangés dans une grande panière en attendant leur distribution.

Puis, ce fut la marche nocturne jusqu’au village, portant nos flambeaux au-dessus de nos têtes afin d’éclairer le chemin.

Messe de minuit, psaumes, froid, et retour.

A notre arrivée, nous nous engouffrâmes dans la cuisine dont le parfum de soupe à l’oignon tenue au chaud dans la cheminée nous prit aux tripes, nous préparant à une soirée festive. Les crêpes sautèrent gaiement de la vieille poêle en tôle vers les poutres noircies, annonçant les cadeaux à piocher au hasard dans la panière. Nous les découvrîmes alors avec force cris de joie et d’extase. Remerciements chaleureux, embrassades.

Des histoires. Des chants. Des crêpes. Et encore des chants. Et encore des crêpes.

Puis, sous l’éclairage de nos lampes de poche, montée au « dortoir » où, enroulées dans nos couvertures, nous nous endormîmes au petit jour, dans un froid glacial, complètement harassées. Nous goûtions cependant un immense bonheur malgré la rusticité des lieux.

Mouty

                                                       

 

 

jeudi, 25 décembre 2014

Naturellement coquette

En 20à 25 minutes, écrire un texte se terminant par

« Je suis une femme, peut-être un peu coquette, que sais-je ? Mais c’est naturellement et sans artifice »

(extrait de La Religieuse de Diderot)

                                          Y inclure cinq mots trouvés après un jeu

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freepik

 

Coquetterie  féline

Naturel, je n’aime que le naturel ! Quand je pense que certaines passent leur temps à se regarder dans la glace, à épier le moindre changement sur leur visage, à utiliser fards et correcteurs pour paraître plus jeune, plus belle, plus lumineuse, plus attirante, plus ensorcelante.

Comme cela doit être fatigant d’être sans cesse sur le qui-vive, de s’étudier en permanence, de ne pas se permettre la moindre fantaisie qui gâcherait une coiffure savamment élaborée, de ne pas pouvoir rire sans penser  aux rides naissantes ou courir dans les prairies à la recherche d’élégantes renoncules, sans craindre de rougir un parfait teint de porcelaine.

Et pourtant, ne croyez pas que je sois négligée. Je prends grand soin de ma petite personne et ma toilette est un rituel quotidien incontournable d’une importance capitale. Même si j’étais au fin fond du Rwanda, je n’y manquerais pas. Installée au soleil, écoutant le rémouleur aiguiser ses couteaux, je lustre ma robe rousse et blanche aux longs poils soyeux, je polis mes ongles pointus et brillants. Quand je parais dans une assemblée, ma démarche féline et élégante attire tous les regards ; mes yeux dorés, derrière mes paupières mi-closes, hypnotisent ceux qui les croisent ; mes pattes, qui savent se faire de velours, sont invitées à fouler les plus riches et les plus beaux tissus ; mon pelage, comme un aimant, attire les caresses et j’en joue. Si je parlais comme Renée, ma douce maîtresse, je pourrais dire : « je suis une femme, peut-être un peu coquette, que sais-je ? Mais c’est naturellement et sans artifice ».

Gill

 

                                                                  

 

 

Flickr - cyclonebill - Salat af rucola, gulerødder, parmesan og solsikkekerner

wikimédia

 

 

René et la belle sirène

 

René  adore trainer sur la plage quand arrive le soir et que les enfants braillards ont viré des lieux.

Il s’étire, jouit tout un moment de la brise légère qui lui caresse les épaules et rend sa coiffure un peu folâtre. Ses épis qui bougent dans tous les sens attirent plus l’attention sur lui qu’une image statique.

Il n’y a pas de quoi fouetter un chat sur cette plage. Il se lève en développant ses muscles et va s’asseoir à une table de la guinguette proche qui diffuse en boucle les derniers tubes de l’été.

Une serveuse, que dis-je, une sirène au corps sculptural et bronzé vient prendre sa commande.

Devant l’hésitation de René interloqué - vous devinez pourquoi - elle lui suggère une salade rafraichissante.

Ce sera une roquetteavec des œufs durs, lui dit-il. Et un verre de rouge s’il vous plait.

Cette salade lui rappelait son Rouergue natal où il allait la cueillir, sauvage et odorante, dans les champs voisins.

René laissa alors vagabonder sa mémoire et se revit dans sa petite ville blottie au creux d’un vallon, avec ses jours de marché bruyant qui exhalait les arômes du Midi, où le rétameurcôtoyait le poissonnier et le maraîcher.

La sirène revient le rappeler à la réalité, avec sa salade de roquette : un bouquet de fraicheur.

Son regard s’attarde lourdement sur la croupe de la sirène, puis s’y fixe.

Elle le toise alors fixement et lui dit : Je suis une femme, peut-être un peu coquette, que sais-je ? Mais c’est naturellement et sans artifice.

 

Mouty

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Joyeux Noël

En 10 minutes, faire l'acrostiche de

JOYEUX NOËL

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JOYEUX NOEL

 

 

Joie ! Liesse ! C’est Noël !

Oyez bonnes gens,

Y va-t-on à la messe ?

Encore un peu, et ce sera la neige.

Une fois n’est pas coutume :

Xylophones, tambours, trompettes !

 

Ne vous y trompez pas,

On va faire la fête,

Et chanter, et danser

Le jour, la nuit durant.

 

 

Mouty

 

                                                      

 

Au pied du sapin

 

Joues rouges d’excitation

Olivier est debout avant l’aube.

Yeux écarquillés

Et souriant de plaisir,

Ursula découvre le sapin illuminé.

Xylophone pour papa

 

Nouveau chapeau pour maman

Olives en chocolat pour mamie

Et, enrubannés de liens dorés,

Leurs présents, si longtemps espérés.

 

Gill

                                              

 

lundi, 15 décembre 2014

Conte de Noël pour petits et grands (suite)

 

Le conte de DEDOU

 

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Chez les Paddington

La montagne est couverte de neige, le ciel s'est assombri et au loin le tonnerre  gronde. C’est impressionnant mais à l'intérieur règne la joie et la musique est à son maximum .Le chalet retentit de cris joyeux.

Tous les lutins protecteurs de la fôret (dont la forme fait penser à un hexagone) ont envahi le sous-sol et se travestissent de mille fanfreluches, c’est Noël et toute la famille Paddington attend avec impatience la venue du Père Noel.

Les oursons ont mis leurs chaussons doux et soyeux sous le sapin en espérant trouver au matin jouets, ballons et bonbons. Le plus jeune a demandé un plumier avec des crayons de couleur, car il voudrait aller bientôt à l'école.

Le sapin lumineux, odorant, parfume l'air ambiant .La joie mêlée d'une légère anxiété fait battre le sang dans les tempes des occupants  du chalet.

 

Les oursons dorment profondément. Monsieur Paddington attise les braises dans la cheminée, Madame Paddington tricote un chaud bonnet pour son mari. Tout est calme, soudain un grondement dans le lointain leur fait tendre l'oreille. Madame Paddington est très inquiète,  mais curieuse, tire les rideaux et son cri se perd dans le grondement .Elle vient d'apercevoir un charriot lumineux trainé par un petit renne au nez rouge comme un lumignon. Il est trop mignon, mais ce n'est pas le Père Noël !!

Derrière le charriot, en lettres d'étoiles, ces vers étonnants

Vienne la nuit, sonne l'heure                                                                                                     Les jours s'en vont, je demeure

 

 

Que peuvent-ils bien vouloir dire?

 

Les châtaignes crépitent dans le feu, un énorme pot de miel et du pain d'épices trônent sur la table .Les Paddington ont oublié ce qu'ils croient avoir rêvé .Le soleil qui brille fait scintiller la montagne, c’est un jour de liesse.

Soudain on toque à la porte ! Qui cela peut-il bien être ? Nous n'attendons personne s'écrient en chœur les oursons.

La porte s'ouvre et oh ! Surprise,  un personnage troublant fait irruption dans la pièce : Je suis la bienveillance, bien mal traitée dans ce monde égoïste, faites moi une place à votre table, et je veillerai sur vous. À votre tour vous chasserez  l'égoïsme et sèmerez la joie autour de vous

Le repas de noël se déroula dans une ambiance empreinte de douceur, la famille Paddington et leur hôte bavardèrent jusqu'au soir.

Lorsque la lumière du jour déclina, le visiteur prit congé et disparucomme il était venu, emmenant avec lui tous les lutins protecteurs, allant ainsi de maison en maison à travers le pays.

Dedou

                                                 

 

Le conte d’EL PE

 

 

Moulinsart

wikimédia

 

         Noël à Moulinsart

« Tonnerre de Brest, explosa le Capitaine  Haddock, ça y est, la Castafiore va débarquer, avec ses roucoulades et ses fanfreluches, bon sang de bonsoir !!

-Voyons Capitaine, répliqua Tintin, un peu de tolérance tout de même ! Vous savez bien que nous avons pris désormais l’habitude de tous nous réunir à Moulinsart, pour les Fêtes de fin d’année et nous sommes si heureux de nous retrouver, n’est-ce-pas ? Allons, ne vous faites dons pas plus bougon que vous n’êtes car votre bon cœur est connu de tous…

-Hum, ronchonna Haddock en rougissant, vous avez raison, comme toujours, Tintin ! Mais laissez-moi cependant demander à Tournesol  ce qu’il pense de la venue imminente de la …tralala… diva. Hé, Professeur, alors, c’est bien vrai que vous êtes fou de joie à l’idée de passer Noël avec la Castafiore ?

- Des fleurs pour Noël ? S’étonna l’aimable et toujours aussi sourd professeur, oui bien sûr, c’est une bonne idée, mais ne sont-elles pas un peu chères en cette saison ? Et pour ma part, il me semble qu’un sapin serait plus approprié, non ?

- Mille sabords, j’y renonce, soupira le pauvre Capitaine »

 Ce qui eut comme effet immédiat d’encourager Tournesol à retourner illico à ses travaux. Bien mystérieux en vérité car, saisissant un compas dans son vieux plumierd’écolier (vestige d’un passé ô combien lointain), d’une main sûre, il inscrivit un cercle parfait dans un hexagone non moins bien réussi.

   Milou, quant à lui, ne participa pas à la discussion. Plongé dans un profond sommeil, il rêvait de tout son petit cœur de chien qu’un Père Noël canin lui ouvrait enfin toutes grandes les portes de la boucherie Sanzo, garnie pour l’occasion de centaines de guirlandes de saucisses…

 

« Mais qui se soucie des rêves d’un fox terrier ? » Se dit-il en décidant finalement d’ouvrir un œil, rendu mélancolique autant par le silence qui régnait dans le grand salon que par l’heure crépusculaire ; mélancolie d’ailleurs plus ou moins partagée par les autre occupants de la pièce, hormis naturellement Tournesol, trop absorbé par la mise au point de sa nouvelle invention qui, bizarrement, prenait plus ou moins l’allure d’une soucoupe volante. Ils en étaient donc là lorsque soudain, un chant  strident perça le silence :

-« Vienne la nuit, sonne l’heure

    Les jours s’en vont, je demeure », le tout sur l’air entrainant de la Barcarolle. La Castafiore venait de faire son entrée.

« Catastrophe !!! », marmonna le Capitaine dans sa barbe.

Il ne croyait pas si bien dire.

Car dans la seconde qui suivit, un fracas épouvantable fit voler en éclats les vitres du château tandis que tous, diva comprise, obéissaient comme un seul homme à l’ordre péremptoire de Tintin : « Tous à terre !! Couchez-vous !! ».

  Au vacarme succéda le silence, terrifiant cette fois, alors que les uns et les autres s’interrogeaient du regard, sans oser relever la tête, toutefois.

                                               

Quelques minutes s’écoulèrent ainsi et évidemment ce fut Tintin qui, le premier, reprit la station debout en même temps que la parole. « Ne bougez pas, je jette un coup d’œil dehors. » Il s’approcha alors avec précaution d’une fenêtre donnant sur le parc et s’écria aussitôt, stupéfait: « Ciel, que s’est-il donc passé ?? »Car Tintin naturellement et quelques soient les circonstances ne perd jamais ni son sang froid, ni un parler correct.

 Tous se précipitèrent près de lui et se mirent à hurler de concert, Haddock plus fort que les autres, mêlant à ses vociférations quelques jurons échappant à son répertoire coutumier.

      Il y avait de quoi ! Un énorme cratère sombre et fumant s’ouvrait sur la pelouse, elle-même recouverte sur une centaine de mètres alentour d’une épaisse poussière noire.

    « -C’est certainement un météorite, proposa Tournesol

        - Pas du tout, c’est une bombe, affirma Haddock

        -Ô anges miséricordieux », entonna la cantatrice, sa voix de soprano aussitôt relayée par celle de ténor léger de Milou, fou d’angoisse.

   Tintin ne disait rien mais n’en pensait pas moins. Un plan d’investigations s’établissait déjà dans sa tête lorsque « Toc toc toc », on frappa à la porte du salon.

« Entrez ! », crièrent en chœur les convives, soulagés à l’idée de voir surgir Nestor, le valet de chambre. Espoir déçu. En effet, quand la porte s’ouvrit apparut une bien étrange créature. Humanoïde, sans doute…quoique. Ses membres, son cou, gigantesques et flexibles le faisaient plutôt ressembler à une grosse sauterelle.

     La créature les dévisagea l’un après l’autre, assez longuement, puis, apparemment satisfait du résultat, d’une voix éraillée, elle déclara :

    « ET needs home. »

                                                

« Rhizome ! Une fougère maintenant ! Je maintiens que le sapin est beaucoup plus de circonstance voyons ! »S’exclama Tournesol

-         Non Professeur, c’est de l’Anglais, hurla Haddock dans son oreille, mais du diable si je comprends quelque chose à ce que baragouine ce bachi-bouzouk !!

-         Je crois savoir, moi, intervint la Castafiore (habituée des livrets d’opéra internationaux). Ce jeune homme vient d’ailleurs, à l’évidence, et il voudrait retourner chez lui.

-         Qu’à cela ne tienne, nous allons l’y aider », décida Tintin, à son habitude.

 

 Aussitôt dit,  aussitôt fait, ou presque.

L’invention du professeur, si fraichement achevée allait s’avérer fort utile. L’on mobilisa la population du village de Moulinsart et sous la haute direction d’ET, de Tintin et du Professeur, et grâce aux plans extrêmement précis de ce dernier, en quelques heures, un vaisseau spatial, très simple mais de bonne facture ne tarda pas à se matérialiser. Le premier essai fut concluant, si bien que, quelques minutes à peine passées minuit, l’astronef était prêt à décoller.

    « Je vous en prie, montez à bord ! Je vous invite à faire un petit tour dans l’espace. C’est d’ailleurs tellement peu de choses, je ne sais vraiment pas comment vous remercier, mes amis ! », dit alors ET, un pied déjà sur la première marche du vaisseau. Le tout dans un français sans accent, car il avait indubitablement le don des langues.

    Tous acceptèrent, moitié par politesse, moitié par curiosité et surtout parce que de toute façon, ils n’en étaient plus à une aventure près.

     Le soir avait laissé place au jour de Noël, et ce fut assurément le plus beau de leur vie. Lorsque les lumières de la Terre disparurent dans la nuit céleste, une douceur incomparable emplit tous les cœurs, aidée peut-être par les quelques bouteilles de Champagne que le Capitaine avait pris la précaution de rassembler, juste avant le départ. Aux confins du système solaire, les chants traditionnels célébrèrent le grand jour, chants auxquels ET mêla sa voix, même si cela ne s’avérait pas tout-à-fait indispensable.

      L’histoire -qu’Hergé n’aurait sûrement pas écrite mais qu’il nous pardonnera volontiers- ne dit pas si Tintin, Milou, la Castafiore,  Haddock et Tournesol décidèrent finalement d’aller jeter un coup d’œil sur la planète d’ET. Sans doute le firent-ils car ça fait un bon bout de temps que l’on n’a plus eu de leurs nouvelles.

 

        El Pé 

                                                             

Le texte d’El Pé a séduit un jeune adepte de Tintin qui nous conte

« Un Noël Périlleux »

Nous n’avons pu résister au plaisir de vous faire partager son récit

 

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Un Noël Périlleux

 

Personnages : Capitaine Haddock, Tintin, Milou, Liliane Korisky, Bianca Castafiore et Professeur Tournesol.

 

 Hadd :

Je déteste les fêtes de Noël, à chaque fois, c’est la même chose ! La diva Castafiore va venir à Moulinsart me chauffer les oreilles pour ne pas attraper froid.

Tintin :

Allons Capitaine, ne vous énervez pas ainsi. Je reconnais que les fêtes de fin d’année sont des fêtes de famille sans diva…mais je suis sûr qu’elle ne va pas vous faire de gros poutous dans le salon.

Hadd :

Et son diabolique perroquet qui ne change toujours pas de disque !

Milou :

 Moi j’aime bien les animaux…

Hadd :

Cet incroyable Tournesol qui étudie les tournesols pour en faire des blancs en plastoc …quelle idée de cadeau pour une diva !

Tintin :

Tenez, le voilà justement.

Hadd :

Hé Professeur ! Vous pensez donc en lui offrant des fleurs qu’elle va vous aimer un jour ?

Tourn :

Non merci, mais un peu de sucre sera parfait pour moi.

Tintin :

Capitaine, une dame à la grille !

Hadd :

Tiens ? Ce n’est pas la Castafiore ? Mais c’est une vraie personne !

 Lili :

Bonjour ! Je me présente : Liliane Korisky. Fan de Hergé et ravie de vous voir ! Ici c’est bizarre, il n’y a que du dessin…Les arbres et les châteaux sont faits de feuilles cartonnées A1 et même vous ! Qu’Hergé dessine bien ! Je voulais voir beaucoup de gags, aussi je suis accompagnée de Bianca Castafiore. LOL.

Hadd :

 Non ! C’est…c’est un cauchemar !

Casta :

Bonjour Tintin, Capitaine Haddock et Tournepasse !

Tourn :

Madame, je vous offre des fleurs blanches de tournesols, pour vous !

Casta :

Mais savez-vous que j’en ai rien à faire de vos fleurs ? Vous me saoulez ! Adieu !

Hadd :

Merci du fond du c… ! Heu du cœur, Tournesol !

Tourn :

Non non, trop de sucre pour moi.

Lili :

Capitaine ! Décidemment, la joie vous égare ! Et bien, je retourne chez moi. A la prochaine quand même…

 

 

F I N

 

    MARK  11 ans

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jeudi, 11 décembre 2014

Conte de Noël pour petits et grands

Imaginer un conte qui comprendra 4 parties à écrire en 20minutes chacune.

 

1ère partie 

Camper les personnages (humains, animaux, objets, ou fictifs)  et leur environnement (lieu, temps, etc.). Penser aux éléments (eau, feu, etc.). Mettre en éveil nos cinq sens (vue, ouïe, toucher, goût, odorat)  L’histoire peut être contemporaine  ou passée, elle peut se dérouler à notre époque ou au temps jadis, il y a peut-être des siècles. Ce peut être un rêve ou la réalité.

Inclure dans le texte les cinq mots suivants :

fanfreluche / tonnerre / plumier / sang / hexagone. 

 

2ème partie

Un évènement insolite et inattendu se produit.

Introduire dans ce paragraphe les vers suivants extraits du poème de Guillaume Apollinaire, Le pont Mirabeau :

                Vienne la nuit sonne l’heure

Les jours s’en vont je demeure

 

3ème partie

Journée de blues ou journée de liesse.

Arrive un voyageur mystérieux qui va changer le cours des choses.

 

4ème partie

Fin de l’histoire.

Insérer dans ce paragraphe  les cinq mots suivants :

Noël / lumière(s) /  soir /disparaitre (conjugué) / douceur

Terminer éventuellement par une morale.

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Le conte de LINE

 

 

un-chien-----et-un-homme 2.jpg

freepik

 

A Noël, c’est traditionnel, il faut écrire un conte pour le journal télévisé. Il ne doit ni faire peur (donc pas Dracula) ni faire pleurer (donc pas Blanche-neige ou Peau d’Ane). Allons-y. Il était une fois ….il ou elle ? Va pour il, cela nous changera. Il était une fois un vilain monsieur qui ressemblerait à mon voisin qui excite son chien contre tous les locataires. Va-t-il habiter en forêt, au bord de la mer ? Non, le héros du conte pourrait habiter dans mon immeuble. Et d’abord comment s’appelle-t-il ? C’est écrit sur sa boîte aux lettres : Justin. Mais pas le Justin Bridoux du saucisson, mon Justin à moi est végétarien. Donc mon conte va se dérouler dans notre hexagone, la rue où il promène son chien, zigzagant sur le trottoir entre les poubelles qui ne sont pas décorées et les meubles de rebut. Quand je le regarde, il parait bien propre sur lui, mais son chien Médor aurait besoin d’un lavage parfumé. Justin suce toujours des bonbons, jamais il ne gronde son chien qui aboie et qu’on n’a pas envie de caresser. Personne ne sait s’il avait une femme que l’on ne peut imaginer portant des fanfreluches. Justin a le teint un peu foncé. Ou il ne se lave pas ou c’est un sang mêlé. Parfois, de son cabas émergent du papier, une règle, un plumier. Il m’intrigue. Mais tonnerre de Brest, comment entamer le dialogue avec un être pareil ?

Le téléphone sonne, c’est le rédacteur « ça avance ? Fais-moi de l’original, du jamais vu, du jamais entendu, un conte qui convienne aux grands et aux petits, et surtout au directeur de la chaîne ». Je soupire et râle « et puis encore ? Un peu de poésie, peut-être, pour ne pas oublier la magie de Noël ? » « Bonne idée répond-t-il  case moi dans ton texte vienne la nuit, sonne l’heure,les jours s’en vont, je demeure, nuit de Noël, sonne minuit, le jour est fini, le spectateur demeure devant son poste ». C’était, je devais en convenir, une demande insolite, un évènement inattendu. Cela ne m’aidait pas dans mon écriture, au contraire, cela compliquait ma tâche. Collée à la vitre je regardais Justin. Il n’avait pas le profil d’un humain heureux à qui papa Noël aurait apporté, non des joujoux mais plein de gâteries, et surtout, les sourires chaleureux d’enfants et l’aide d’une main bienveillante. Pour une télé où forcément tout le monde devait apparaître joyeux, il ne pouvait convenir pour un conte enchanteur. Planté sur le trottoir, immobile, il attendait que Médor termine des besoins qu’il ne ramassait jamais. Je m’apprêtais  en soupirant  à revenir à mon bureau, quand je vis Justin se figer plus encore, lâcher la laisse de Médor qui en profita pour courir après un chat, ouvrir les bras, murmurer un  ah émerveillé ; une dame aussi âgée que lui marchait à petits pas menus dans sa direction. Ils se regardaient, muets. Justin avait l’air extasié de qui aurait vu le Père Noël en personne.

Il me sembla que les lumières des lampadaires brillaient d’un plus grand éclat, semblables à celles de Justin et de la dame. Quand ils se rejoignirent, je compris que c’était sa femme (Justin avait une alliance) qui, en ce soir de Noël plein de douceur venait le chercher. Les cloches carillonnaient, les étoiles palpitaient, l’atmosphère sentait l’encens et la myrrhe. Se prenant par la main, ils s’envolèrent et disparurent.

Un nouveau locataire remplaça Justin, il adopta Médor. Il s’appelait Loué (pas celui des poulets élevés en plein air) il était gentil et serviable.

Il ne faut jamais désespérer: le rêve peut devenir réalité, mon conte est achevé.

Line

                                                                  

 

Le conte de Gill

 

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Grève chez le Père Noël

Le père Noël est assis dans son atelier, la tête dans les mains, l’air hébété. Son bonnet de travers penche tristement, son costume rouge, fripé, a perdu de son éclat et paraît aussi désespéré que celui qui le porte. Nous sommes au matin du 24 décembre et rien n’est près! Les chaînes de fabrication de jouets sont à l’arrêt, les ouvriers sont en grève, bloquant l’accès aux machines, brandissant des pancartes et scandant des slogans revendicatifs : de la main d’œuvre supplémentaire, augmentation de la ration de bonbons, du chocolat pour le goûter, des pauses supplémentaires pendant les fêtes ! Et tout cela parce qu’il paraît que la grève, c’est à la mode dans l’hexagone. Impensable.

Par contre, le Père Fouettard, avec sa longue barbe sombre et ses cheveux hirsutes, va et vient d’un air satisfait dans sa superbe usine, où ses ouvriers super-disciplinés et encore plus féroces que lui fabriquent avec un sourire démoniaque des milliers de martinets au manche rouge sang, des monceaux de tonnerre, et de puissants éclairs pour transformer la nuit de Noël en un gigantesque orage.

Le Père Noël, devant son plumier inutile dont aucun crayon ne sort pour noter les commandes honorées se demande bien comment il va sortir de cette triste situation. A quoi vont servir toutes les fanfreluches destinées à orner les paquets cadeaux.

 

Le Père Fouettard, qui se frotte les mains, se souvient alors, avec une pointe d’agacement, d’un Noël où des parents avaient jeté au feu un de ses martinets qu’il avait subrepticement déposé au pied du sapin familial. « Bah,  se dit-il, cela fait partie des échecs. Ce sont des choses qui arrivent. Il faut dire que cet enfant, qui s’appelait Guillaume, était particulièrement sage ; il disait sans cesse ces mots : vienne la nuit, sonne l’heure, les jours s’en vont, je demeure ». A peine a-t-il prononcé le mot « nuit » que toutes les lumières s’éteignent et que toutes les chaînes de fabrication s’arrêtent. Courant partout, tapant du pied, criant comme un beau diable, il s’aperçoit avec horreur qu’il va perdre son avance sur le Père Noël.

 

Les deux usines à l’arrêt, c’est un moindre mal, mais la situation est complètement bloquée. Que faire ? C’est alors que, jugeant la situation très préoccupante pour tous les enfants de la planète, arrive un personnage aux cheveux longs aussi blancs que sa robe ; sans hésiter, sachant qu’ils sont amoureux l’un de l’autre, il va chercher la fille du Père Noël et le fils du Père Fouettard, prénommés respectivement Marie-Noëlle et Jean-Balthazar (si l’on en croit Jacques Dutronc) et se présente : je suis Mac Gyverix, expert en potion magique et résolution rapide de tout problème. J’ai un plan pour que tous les enfants du monde puissent avoir leur commande le jour J. Et Mac Gyverix se met à s’affairer, faire bouillir liquides, herbes, aromates, filtrer, assaisonner, enfin, bref, à concocter deux chaudrons de potion : l’une, stimulante et euphorisante pour les ouvriers du Père Noël et l’autre, également euphorisante mais contenant un puissant tranquillisant. Marie-Noëlle et Jean-Balthazar sont chargés de distribuer ces potions aux ouvriers de leurs pères respectifs.

 

En moins de temps qu’il n’en faut pour le dire, les potions ont fait effet. Côté père Noël, les ouvriers, euphoriques, ne songent plus à revendiquer quoi que ce soit, et leur énergie stimulée est à son comble. Les chaînes se remettent à fonctionner à toute vitesse. La mauvaise humeur a disparu pour laisser place à une agitation joyeuse et efficace. Côté Père Fouettard, la lumière est revenue comme par miracle mais les ouvriers, gavés de potion calmante, s’assoient ou s’allongent les uns après les autres avec des sourires de satisfaction béate. Leur patron a beau tempêter, pas question pour eux de faire le moindre effort.

En un clin d’œil, toutes les commandes de Noël sont honorées. Ce soir, tout est prêt à partir et les lutins vont charger la hotte. Demain, 25 décembre, les cadeaux seront au pied des sapins et la douceur et la joie seront au rendez-vous. Même quand tout semble perdu, il ne faut jamais désespérer.

Gill

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Le conte de MOUTY

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SOUVENIR DE NOEL D’UN VIEUX PICHET ET D’UNE BOUTEILLE

 

I - Le pichet en céramique campe au bout de la table. Il désaltère la famille depuis plus d’un demi-siècle. Il maintient l’eau du puits au frais. Son bord ébréché témoigne d’une l vie de travail intense. Un clin d’œil à sa voisine, la bouteille de rouge, semble prouver que ces deux abreuvoirs sont de connivence de longue date.

Le pichet : - sais-tu, vieille copine, ce qu’on fera ce soir ? C’est la nuit de Noël. J’ai bien peur qu’on nous relègue au fond d’un placard : nous ne sommes plus très présentables…

La bouteille : - t’as raison, nous sommes des vieilles branches bonnes à cacher. La vue de nos atours risquerait de faire tâche. Ecoute, cachons-nous, le rideau bienvenu du bout de l’étagère saura nous protéger des malintentionnés. Sa jolie fanfreluche sera Noël pour nous. J’entends déjà la fête aux accents de tonnerre. Pousse-toi vieux pichet  à côté du plumier et de la belle rose rouge sang.

Le pichet : - Et bien crois-moi ma bonne, des has-been comme nous, y en a plein l’hexagone !

 

II - Blottis dans la pénombre, le pichet, la bouteille, le plumier, le cendrier et la pipe de bois chuchotent leur passé à la rose attentive : souvenirs et fraicheur meublent une conversation animée, quasi silencieuse.

Soudain, la comtoise au tic-tac monotone s’éveille : il est bientôt minuit !

« Vienne la nuit, sonne l’heure

Les jours s’en vont, je demeure »

clame-t-elle.

Un vent frisquet entre dans la pièce. Une présence impalpable frôle les murs. Une houppelande rouge caresse la bouteille.

« - Non mais ! » dit celle-ci.

Un nuage échevelé, comme dans un ciel d’hiver, la suit.

« - C’est une barbe blanche » dit le pichet.

Du coup, on se remémore les Noëls précédents.

 

III - Les fêtards arrivent en trombe. Ils s’éparpillent dans la pièce, grande cuisine salle à manger où brille un feu de joie dans la cheminée aux abords noircis.

La messe est terminée. Les psaumes ont fait place aux chansons de corps de garde.

Pichet et dive bouteille n’en reviennent pas : il y a toujours du nouveau par rapport aux années précédentes. Les enfants ont grandi. Bien grandi…

La rose fait sa précieuse, elle n’avait jamais entendu des paroles aussi licencieuses.

Et le Père Noël apparait, tout blafard de frimas mais gardant le nez rouge.

« - Ce vieux bougre m’avait oubliée l’an dernier » dit la pipe. « Va-t-il me récupérer ? »

Père Noël - ou Père Bacchus - entonne un cantique égrillard, laissant la maisonnée interloquée.

« - Beau Noël que voilà ! » dit la vieille bouteille, constatant béatement l’oubli des cadeaux sur la passerelle du ciel.

« - Et bien, dit le pichet, on remettra la fête. Si ce n’est aujourd’hui, ce sera pour demain ! ou peut-être plus tard ! ou peut-être jamais…

 

IV - ça pourrait être ici la fin de cette histoire, si les petits enfants, réveillés de bonne heure, n’avaient chassé les grands qui ne pensaient qu’à boire. A leur tour ils chantent Noël. Dans la douceur. Les lumières du soir ont disparu. Les jouets, par miracle, dorment sous le sapin.

Ah ! Quelle affreuse peur d’un conte qui s’effondre, alors que la réalité fait battre tous les cœurs !

Et notre beau pichet a retrouvé sa table où l’on rejoint la bouteille vidée, le cendrier, la rose fatiguée.

Tiens, la pipe a réintégré la poche du Père Noël ! Y sera-t-elle encore l’année prochaine ?

« - Encore un an d’attente, se dit le pichet. Une ébréchure de plus ou pire ? »

Mouty

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 à suivre.......

 

 

samedi, 06 décembre 2014

Le plus beau métier du monde

Ecrire sur un papier 2 métiers que vous n’auriez pas aimé exercer. Mélanger les papiers.

Chacun en tire un.

Chacun choisit un métier et en 20 minutes écrit un texte où il explique que c’est le plus beau métier du monde. Dans le texte introduire 7 mots qui ont été trouvés préalablement :

             Tornade/véto/rêve/vison/pire/doigt/neige      

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Police nationale France police patch blanc

wikimédia

 

Je suis policier

Depuis que je suis tout jeune, je fais un rêve : je suis policier. Actuellement, c’est une réalité et tous les matins, je me lève, et le cœur léger je vais l’exercer.

Je ne porte pas d’uniforme mais je suis le gratin de la police, je suis OPJ. Je traque les méchants, les voleurs, les violeurs, les pires tueurs en série et les abjects dealers qui tentent d’influencer les jeunes lycéens, acheteurs potentiels de drogues de tout genre. Qu’il pleuve, qu’il vente, qu’il neige, qu’il y ait une tornade ou une tempête, je suis en planque, en filature, en éveil 24 heures sur 24 si nécessaire et j’aime cela. Bien sûr mon arme me protège s’il le faut mais je n’ai pas le doigt sur la détente en permanence. C’est une sécurité dont j’use avec parcimonie et à bon escient, étant responsable et équilibré. Si je n’étais pas là, quel chaos dans les rues ! Qui mettrait hors d’état de nuire le rebus de la société ? Qui mettrait son veto face au crime ?

J’ai conscience d’être indispensable. Bien sûr, je n’offrirai pas de vison à ma femme mais je lui offrirai la possibilité d’être fier de moi.

Quand nous sommes tous réunis en uniforme de parade pour une cérémonie officielle, quand je regarde autour de moi tous ces ardents défenseurs de la loi, quand je vois les regards remplis de reconnaissance du public, alors je me dis : «  oui nous exerçons le plus beau métier du monde ! »

Gill

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