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samedi, 06 décembre 2014

Mode et couture

 Trouver un objet en rapport avec la couture. Le noter et le dire à l’assemblée

Ecrire sur des papiers des mots en rapport avec la couture ou la mode et mélanger tous les papiers.

En 20 à 25minutes, écrire un texte commençant par :

   « le (la)  objet trouvé en premier par chacune  est (était) devant moi »  (on peut choisir le présent ou l’imparfait)

                 et finissant par :

  « finalement cela s’est bien passé »                  

Y introduire au début puis toutes les 5 minutes un mot tiré au sort dans les

papiers communs

 

Voici les mots tirés au sort 

 petite mainrobe/ défilé de mode/ soie

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fermeture éclair.jpg

freepik

 

La fermeture éclair

      La fermeture éclair était devant moi. Que pouvais-je en faire ? Avec mes mains couvertes d’engelures, pas question que je puisse actionner la tirette du haut en bas de mon anorak. Je me creusais la tête, considérant l’ouvrage sur la table. Il fallait pourtant achever le travail, sinon le froid me gèlerait les os en sortant.

      Tout-à-coup la lumière jaillit, illuminant mes neurones en déroute. La voisine du quatrième avait travaillé comme petite mainchez Dior, avant de prendre sa retraite dans mon immeuble. Je pris l’anorak, la fermeture éclair, les fournitures, et je grimpai en soufflant l’escalier, prenant garde à ne pas perdre mes pantoufles avachies par un trop long usage, je frappais à la porte et elle me dit ; « Tirez la bobinette, la porte s’ouvrira ». J’ouvris les yeux de stupéfaction : « Avait-elle perdu la tête ? », elle ajouta : « Mais non c’est pour rire, entrez. ».Quand je fus dans la pièce, je m’arrêtais éblouie : elle portait un long fourreau crème, une robe de star. « Eh oui, dit-elle,  c’st la copie de celle que portait la femme de l’émir du Qatar et qu’elle avait achetée chez nous. J’avais faufilé l’ourlet, je n’étais que la cinquième cousette dans l’ordre hiérarchique. Je restais dans l’ombre, à l’atelier, et je n’admirais les défilés de mode que le soir à la télé. »

      Je restais médusée. Enfin je voyais, j’entendais, celles qui créent des merveilles mais qui ne signent jamais leur chef-d’œuvre. Elle drapa ses épaules dans une étole de fourrure blanche et devant ma bouche ouverte, elle précisa : « Ce n’est pas du vison mais du synthétique, mais le faux chauffe autant que le vrai. Ce n’est pas tout, que puis-je faire pour vous ? ». Je lui montrai l’anorak et les accessoires. « Pourriez-vous mettre cette fermeture éclair à sa place ? C’est un travail délicat qui requiert du talent.

_ Bon, voyons voir. Evidemment, je travaillais dans la soie et pas dans la toile, mais je veux bien vous rendre service, en échange, vous monterez le sac que j’ai laissé dans le couloir. »

        Je sentis des tiraillements dans mes épaules, le sac m’avait paru bien lourd. Qu’importe, je mobiliserai le voisin du troisième, bien serviable, avec un merci  il sera satisfait, elle et moi aussi.

      Finalement, ça s’est bien passé.

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freepik

 

Le fil

       Le fil était devant moi. Magnifique. Argenté. Déjà je me réjouissais de la broderie qui allait naitre sur la soie blanche de cette robe de mariée….Mais avant tout je crois qu’il faut que je me présente : Anita, petite main chez Balmain… depuis vingt ans et une semaine et pas un jour d’ennui. De stress oui. La Haute Couture, évidemment ! Métier de stress et de strass comme je dis toujours…parce que j’aime rire. Comme tous les catalans ; vous l’ignorez peut-être mais nous sommes réputés pour ça.

      Je pourrais parler pendant des heures de la Catalogne et de ses habitants mais j’ai une toute autre histoire à vous raconter, alors j’y vais :

  La robe était presque terminée. Quelques retouches à faire sur le mannequin au dernier moment, pratiquement rien. Il ne manquait plus que la guirlande de roses argentées qui allait garnir le bas du modèle. Ce serait une merveille. Je saisis donc le fil qui glissa docilement à travers le chas de mon aiguille, fine, fine, piquai le taffetas neigeux et lançai le premier point de la première rose. En chantant-les catalans, on est connus pour aimer chanter- je me souviens, c’était, bien sûr les « Roses Blanches ». Chanson aussitôt reprise en chœur par tout l’atelier. Contrairement à d’autres que je ne citerais pas (vêtements noirs, queue de cheval), Monsieur Balmain encourageait plutôt ce genre de choses.

    Le défilé de modeaurait lieu demain. Inutile de préciser, par conséquent, que nous finirions toutes tard cette nuit. Chacune d’entre nous portant la dernière touche à un modèle différent. C’était le meilleur moment des collections, ces veilles fébriles et laborieuses. Le temps passait, le soleil s’était couché depuis longtemps et l’atelier était à présent éclairé a giorno par les néons…lorsque soudain, paf, tout s’éteignit brusquement. Les cris d’impatience ne tardèrent pas à succéder aux rires tandis que le nom de « Manu, Manu » retentissait dans les couloirs obscurs. Appels s’adressant à notre homme à tout faire et Dieu sait si aucun homme sur cette terre n’a autant mérité ce titre. Alors que (bien que ce fut formellement interdit) quelques bougies s’allumaient ici et là, Manu apparut, la mine défaite et une lampe torche à la main. « J’peux rien faire, c’est une panne de secteur, faut attendre » nous assena-t-il avant de tourner les talons.

     Nous avons attendu toute la nuit, sommeillant par intervalles dans la soie et la dentelle.

Le retour du soleil revenant avant celui de l’électricité nous trouva à pied d’œuvre. Sans prendre le temps de boire ou de manger, sans pause café ou pipi, nous avons travaillé toute la matinée. A midi, nos grandes filles anorexiques sont arrivées et l’on put procéder aux ultimes essayages.

     Bref, que vous dire de plus ? Que la collection Printemps Eté de Balmain fut un franc succès ? Que la robe de mariée qui clôtura le défilé  reçut une standing ovation ? En un mot comme en cent, et essentiellement grâce à la prière à Santa Mercedes- la sainte patronne de Barcelone, voyons, tout le monde sait cela- prière que j’ai répétée à chaque heure de la nuit, finalement tout ça s’est bien passé .

El Pé

                                                                     

 

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Le dé

Le dé est devant moi. Je l’avais posé là ce matin après avoir terminé l’ourlet de ma robe –ourlet digne d’une petite main-  mettant une touche finale à mon œuvre. Je pensais ne plus en avoir besoin et je m’aperçois que tout est à refaire ! Après lavage, le tissu a rétréci et je dois défaire l’ourlet pour rallonger la robe autant que je le pourrai. C’est déjà difficile de confectionner un vêtement de fête dans ce camp de brousse, mais avec un tissu qui joue les accordéons, cela devient carrément une prouesse. Pourtant l’africain qui me l’a apporté d’Abidjan m’a garanti sa qualité.

Voilà, j’ai réussi à gagner quelques centimètres et la robe tombe très bien, frôlant le dessus du pied. Elle est un peu brillante, la couleur est chaude, mettant en valeur mes cheveux bruns et mon teint halé. Le décolleté est parfait. C’est une tenue élégante dont la simplicité est légèrement atténuée par  une pointe d’exotisme et de fantaisie, qui sied parfaitement à l’épouse du gestionnaire du camp, chargée de recevoir tous ceux qui y travaillent, en ce soir de Nouvel An. On pourrait presque la voir dans un défilé de mode. Bon, il est temps que j’aille vérifier que tout est en place.

La soirée commence très bien pour notre hôtesse, le repas préparé par les cuisiniers du camp est excellent et tous les invités ont l’air parfaitement satisfaits. Blancs et noirs, ingénieurs et ouvriers s’amusent dans la plus parfaite harmonie quand on décide d’abandonner la table pour danser. La maîtresse de maison se lève donc et se dit : « tiens, j’ai l’impression que ma robe couvre beaucoup le bout de mes pieds ; je dois me faire des idées »

Mais non, elle ne se fait pas d’idées et au fur et à mesure que le temps passe, la robe, n’ayant pas la qualité de la soie, s’étire, s’allonge lamentablement et, rejouant les accordéons, regagne petit à petit sa longueur d’origine, balayant le sol. Heureusement, au bout d’un certain temps, l’allongement maximum est atteint, et le tissu s’organise, donnant l’illusion d’une sorte de traîne du plus bel effet voulue par le couturier. On a frôlé la catastrophe, mais finalement ça s’est bienpassé.

Gill

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