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dimanche, 19 octobre 2014

Que s'est-il passé ?

Parmi des photos de ruines ou de catastrophes, choisissez-en une.

En 20 minutes, Faites un texte où vous raconterez ou imaginerez ce qui s’est passé pour arriver à ce résultat.

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marée,noire

CDTL.fr

 

Autodafé…minin

      Avant ! Avant, le grand hall du collège avait résonné de cris, d’appels joyeux. Il conservait sans doute le souvenir de bousculades plus ou moins amicales, d’amours balbutiantes et de rêves d’adolescents. Et cela lui permettait de supporter la honte, aujourd’hui.

       Avant ! Avant c’était avant…la période de troubles, d’agitation puis de guerre civile.

       Avant, c’était avant l’avènement de la dictature à laquelle, jusqu’au dernier moment, personne n’avait cru ; en tout cas pas qu’elle serait aussi impitoyable.

        Pourquoi la junte au pouvoir avait-elle choisi, justement, le hall d’un collège mixte pour collecter les livres défendus ? Et il y en avait une liste interminable…

        Pourquoi, si ce n’est pour jeter le discrédit sur la Kulture, avec un K majuscule, comme leurs hommes de main se plaisaient à dire, d’un air goguenard et méprisant à la fois.

        Tous les livres au nouvel Index s’amoncelaient, en désordre, sur le sol. On y trouvait les philosophes et les poètes, le Théâtre, le Roman, l’Art et la Science ; et pour commencer, tout ce qui, depuis des siècles, avait été écrit par des femmes.

        Les livres s’entassaient, déjà brisés, déjà vaincus. Il en était arrivé de plus en plus chaque jour. Surtout dès que l’on avait appris que la peine de mort s’appliquerait à quiconque détiendrait l’un de ces livres maudits. Leur nombre s’accroissait presque d’heure en heure, en attendant l’incendie qui les anéantirait, en même temps que le collège. La population était d’ailleurs sommée de venir assister au spectacle, afin que chacun soit bien persuadé d’une vérité première : l’instruction était naturellement réservée à une élite, choisie par le pouvoir, et inutile pour les autres.

       Aucune fille, évidemment, ne faisait partie de cette élite, est-ce nécessaire de le préciser.

Mais les mères, en grand secret, récitaient le soir à leurs fillettes, des vers de Shakespeare, de Lorca ou de Verlaine. Et de bien d’autres encore.

    En un mot comme en cent, la résistance s’organisait.

                  El Pé

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Amoco Cadiz 2wikimédia

 

Marée noire

Bien avant d’être dans l’état où vous me voyez, c’est-à-dire en pleine agonie,  j’étais un superbe tanker chargé de transporter du pétrole. Je n’étais pas vieux mais un bateau s’use prématurément en subissant l’assaut répétitif des vagues. Je ne le savais pas encore, mais c’était là ma dernière mission.

J’avais rempli mes soutes du pétrole du Moyen-Orient, notamment d’Arabie Saoudite et je voguais vers l’Europe. Un dernier ravitaillement en carburant et en avant pour l’ultime étape.

La mer était grosse, les conditions météorologiques déplorables. Je me retrouvai alors vers la Bretagne, du côté du rail d’Ouessant. Et par malheur, j’eus une avarie de gouvernail. Impossible pour l’équipage de me diriger et de lutter contre le courant qui me faisait dériver vers la côte. Un remorqueur trop peu puissant essaya à plusieurs reprises de me tirer par l’arrière mais l’élingue se rompit plusieurs fois,  ce qui m’entraîna inexorablement vers la terre toute proche. Je touchai le fond et allai me fracasser sur les rochers ; alors,  tout ce que je transportais de liquide noir et visqueux alla se déverser le long de la côte, juste devant Porstall, petit port breton très prisé des touristes. Je venais de provoquer la plus grande marée noire de toutes ces dernières années, tuant des milliers d’oiseaux et de poissons, endommageant irrémédiablement la faune et la flore. C’était un soir de mars 1978.

Pendant plusieurs mois, ma proue fut visible au dessus de l’Océan, juste en face du port, dressée vers le ciel, semblant implorer son pardon. Maintenant, il ne reste plus de moi qu’une ancre noire et brillante, exposée, face au large, pour que personne n’oublie.

Je m’appelais « l’Amoco Cadiz ».

Gill

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le "P" à l'honneur

En 10 minutes, Faites un texte comportant  le maximum de mots contenant un «  P ».

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Tout en P

Plouf ! Pépé plonge dans la piscine. Pourra-t-il faire surface ? Peut-être… Pépé reparait sept pieds plus loin.

Apprivoiser les plongeons : passe-temps peu prisé, parfois périlleux.

Pisse-vinaigre, Mémé Pauline pleure de peur en papillonnant autour de la piscine. D’un pas pressé, pire qu’une dépravée, elle se penche sur la planche, et plouf !

Au potager les potimarrons se marrent, les topinambours  s’expriment, tandis que les patates, d’une puanteur panique, pourrissent dans un panier.

Le pitbull s’apitoie sur ce pittoresque paysage : quel tapage !

Mouty

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Pardon pardon papa ! J’avais posé ta pipe sur le piano et je l’ai perdue. En plus, Pierre avait placé ton paletot et tes pantoufles près du pouf et Pussy les as prises. Pour peu qu’il les ait planquées quelque part, elles seront paumées elles aussi. Patricia et Paul, pitié ! Pensez à ne pas parler si fort, Papy ne peut pas se reposer en paix. Permettez-moi de vous prévenir que si vous persistez à piailler, vous pourriez parfaitement être privés de patinage. Priez pour que papy ne se plaigne pas et vous pardonne.

Gill

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Ecrire sans réfléchir

Chacun à son tour propose un nom commun  (Personne, objet, animal, végétal, sentiment…..etc) que tout le monde note.

Sans réfléchir, dîtes en quelques mots à quoi vous fait penser immédiatement ce nom.

Vous avez 20 minutes

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Une pensée pour chaque mot

 

Bouteille - la treille est resplendissante sous le soleil d’automne.

Chaise - Assise au pied de mon arbre, j’admire le paysage qui se fond dans le lointain.

Vie - La vie est belle pour ceux qui savent la prendre du bon côté.

Bus - Que de temps perdu dans ces embouteillages !

Passion - Eclater de joie dans un tourbillon de délires et se donner à fond pour que le but soit atteint.

Elégance - Sa parole aisée, empreinte de tact, la classait dans la catégorie des conteurs féériques.

Lampadaire - Mon chien s’arrêtait à tous les poteaux rencontrés, aux arbres, aux réverbères, et levait chaque fois la patte pour une envie jamais assouvie.

Clarté - Ses yeux reflétaient la limpidité et la brillance d’une source.

Soleil - Je suis scotchée à la plage, imprégnée de chaleur bienfaisante qui avive mon intérieur.

Ciel - L’azur domine le paysage, adoucissant les couleurs vives de l’été.

Lune - Quand le soir descend, j’aime me laisser doucement aller, allongée sous le tilleul dont les fleurs papillonnent avant de poser leur légèreté sur le sol.

Arbre - Paysage insolite que cette immensité désertique à l’horizon de laquelle j’aperçois un peu de verdure.

Expérience - Des années de vie et des monticules d’évènements.

Douleur - J’ai mal à mon expérience, j’ai mal à mon savoir. Je suis rompue.

 

Mouty

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Je dis bouteille et je sens l’arôme envoûtant d’un parfum Dior.

Je dis chaise et je vois une joyeuse tablée.

Je dis vie et j’entends le cri d’un nouveau-né.

Je dis bus et je vois la plate-forme d’un vieux bus parisien bondée de voyageurs aux joues rougies par le froid.

Je dis passion et je vois le baiser d’une bouche rouge.

Je dis élégance et je vois un défilé de grand couturier.

Je dis expérience et je vois un ébéniste assembler un fauteuil selon une technique ancestrale.

Je dis lampadaire et je vois les réverbères de l’avenue des Champs Elysées.

Je dis clarté et je pense au champignon atomique.

Je dis soleil et je vois un astre rouge qui se couche derrière les montagnes.

Je dis ciel et je vois le planétarium du Palais de la Découverte.

Je dis lune et je vois Pierrot assis sur son croissant.

Je dis arbre et je vois l’avenue parisienne bordée de platanes de mon enfance.

Je dis douleur et je pense à la perte d’un être cher.

 

Gill

                                                                        

                       

 

 

 

dimanche, 05 octobre 2014

A qui appartient ce sac ?

A QUI APPARTIENT CE SAC ?

 

Dorothée trouve un sac de femme qui trainait sur la plage après la désertification de celle-ci. Elle le porte au Commissariat, où, en sa présence, le policier de service sort un à un les objets de son contenu : 15 en tout.

 

Chacun énumère 1 des 15 objets 

 

Portefeuille / Poudrier / Rouge à lèvres / Paquet de Kleenex / Stylo / Calepin / Petit bouquet de lavande / Couteau / Loup (masque) / Montre / Trognon de pomme / briquet / Trousseau de clefs / Paquet de cigarettes / Peigne 

 

En 25 minutes, imaginez l’histoire qui trotte dans la tête de Dorothée sur la propriétaire du sac, en insérant les 15 objets dans son texte et en terminant par la phrase :

 

« Elle devait (ou doit) repartir à zéro »

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sac.jpg

freepik

 

LE SAC PERDU

 

Dorothée regardait avec intérêt chaque objet sorti du sac en imaginant le profil de sa propriétaire, une tranche de sa vie.

Le portefeuille fatigué avait bourlingué semble-t-il pendant bien des années. Peut-être au bout du monde.

Le poudrier et le rouge à lèvres étaient indispensables à l’entrée et à la sortie de son bureau ou de sa boutique de fringues. Le peigne et les Kleenex également.

Un calepin et un stylo. Ces deux s’entendent comme larrons en foire. L’un n’existe pas sans l’autre. Ils sont sur les mêmes coups, encrés dans ce petit carnet. Passé et futur y voisinent.

Tiens, un petit bouquet de lavande : un amoureux aurait pu le cueillir dans la garrigue pour marquer un évènement mémorable.

Un trognon de pomme et un couteau enveloppés dans un papier. Un instant de fraîcheur sur la plage surchauffée.

Une montre : pas besoin d’heure pour se baigner et se prélasser en laissant courir ses rêves.

Un loup ! Devait-elle se rendre à une soirée masquée ?

Un paquet de cigarettes et un briquet. Dommage, elle doit puer le tabac.

Un trousseau de clefs. Les siennes ? Celles de son Jules ? Allez savoir !

En tous cas, la perte de son sac lui supprimait une tranche de vie : souvenirs et repères s’étaient volatilisés. Elle devait repartir à zéro.

 

Mouty

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Espionnage

Le commissariat est désert ce dimanche midi et Dorothée est seule devant le comptoir d’accueil où elle vient de déposer le sac qu’elle a trouvé sur la plage. Le policier de permanence, après avoir sorti un à un les objets qu’il contient, est parti chercher un imprimé dans les bureaux : le système informatique est en panne ! Évidemment…

Tout est là, pêle-mêle devant Dorothée, qui entreprend d’en faire l’inventaire visuel pour passer le temps.

« Tiens, je connais cette marque de poudrier. Elle offre plusieurs couleurs de poudre compacte dans le même boitier, de quoi changer radicalement de teint. Et le rouge à lèvres, à côté, est plutôt un crayon à lèvres à deux couleurs très différentes pour pouvoir transformer sa bouche. Le peigne aussi est double, un côté à dents ordinaires pour cheveux lisses et l’autre à grandes dents pour les coiffures frisées ou même crépues. Cette fille doit aimer se transformer ou se dissimuler si j’en crois ce loup noir, ou alors se déguiser, mais c’est certain, changer de tête.

Que fait là un trognon de pomme à moitié enveloppé dans un mouchoir sans doute sorti du paquet de kleenex presque vide. Elle a dû attendre en ayant une petite faim. En tout cas elle ne laisse rien derrière elle, peut-être pour ne pas se faire remarquer. Oh là là : La montre, ultra perfectionnée ; j’ai l’impression qu’elle fait chronomètre, boussole et altimètre……….et GPS aussi. Montre de pro., mais quelle pro. ?

Les clés du trousseau sont bizarres, longues avec des extrémités étoilées ou courtes ressemblant à des tournevis. Elles doivent ouvrir des portes blindées au moins, des portes de coffres ? Quant au couteau, vraiment pas sympathique avec son grand manche et son cran d’arrêt. Je n’aimerais pas l’avoir sur la gorge, j’en frissonne ! Je commence à me demander qui peut bien être cette nana. »

De plus en plus intriguée et prenant de l’assurance en attendant le fonctionnaire qui tarde, fabricant sûrement son imprimé, Dorothée prend le briquet qui ressemble à un de ces vieux briquets rectangulaires d’autrefois en acier et elle entreprend de le faire fonctionner. Une énorme flamme jaillit, la faisant sursauter de frayeur et reposer l’objet à toute vitesse. « Ah mais qu’est-ce que c’est ? C’est un lance-flamme, pas un briquet ! »

Méfiante mais intrépide, elle avise le bouquet de lavande qui ne colle pas du tout avec le reste pense-t-elle et l’approche de son nez : « Mais ça ne sent pas la lavande, ça pique le nez et fait pleurer ! Mais qu’est-ce que cette fille fabrique ? »

Alors, curiosité à son comble, elle entrouvre fébrilement le calepin qui dévoile des pages de chiffres et de lettres, étudie le stylo qui semble avoir un minuscule orifice pas catholique sur son capuchon et le paquet de cigarettes qui, lui, semble désespérément  ordinaire, ce qui le rend suspect ! Enfin, elle ouvre carrément le portefeuille et découvre trois passeports avec trois photos différentes où l’on reconnait pourtant la même femme, mais dont le teint, les cheveux et même les yeux sont savamment modifiés et qui affichent trois nationalités différentes, italienne, américaine et russe.

« Ca y est, j’ai trouvé, cette femme est un agent secret ; soit elle a été éliminée, soit elle a décidé de disparaître sans rien emporter de son passé car elle doit repartir à zéro. »

     Gill

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Le sac à main

      Dorothée commençait à regretter son civisme. L’affaire allait s’éterniser, elle le sentait. Assise sur le banc, elle attendait qu’un agent daignât s’occuper d’elle. Ce qui n’était pas près d’arriver, à en juger par le joyeux raffut provenant de la salle d’à côté, manifestement provoqué par un départ en retraite dignement arrosé ! Bon. Pour passer le temps, Dorothée décida de faire l’inventaire du sac. Vous auriez fait la même chose.

      Voyons donc : Poudrier, rouge à lèvres, peigne. Hum, coquette, la fille…Ensuite : un trognon de pomme. Oh la la ! Coquette certes mais pas très soigneuse, négligente, à la limite, enfin, passons. Quoi d’autre ? Stylo, calepin ; intéressant, ça ! Banal carnet d’adresses ou précieux réceptacle de réflexions poétiques ? On verrait plus tard. Peut-être. Un  paquet de kleenex, une montre. Tiens, pourquoi  la fille ne la portait-elle pas au poignet ? Elle était pourtant en état de marche, cette pauvre montre, et fort jolie ma foi. Ou bien…sa propriétaire ne revenait-elle pas de quelque rendez-vous galant, interrompu précipitamment ? Oh la coquine !

 La suite : paquet de cigarettes et briquet. Des mentholées, à bouts dorés qu’allumait un briquet rose bonbon. So cute ! Une petite nana, commençant à fumer ! Adorable ! Mauvais pour la santé mais adorable, si candide ! Et le bouquet de lavande ! Adorable, décidemment ! Petite touche de fraicheur si délicate, si féminine ! Tiens, ça rachète le trognon de pomme. Un  trousseau de clefs, drôlement lourd qui plus est. Combien de portes ouvraient-elles donc ? Sept ! Mystérieux tout-de-même. En tout cas la petite bichette devait être bien enquiquinée à l’heure présente. Et…qu’est-ce-que cela ? Oh un loup ! Noir, de carnaval, sexy en diable évidemment. Ah Ah Fifille ! Tu ne dois pas t’ennuyer, toi, dans la vie. Et derrière ça, un  couteau. Suisse, à quatre lames avec ouvre-boîte et tire-bouchon. A coup sûr pleine de contrastes, cette nana. Je me demande si je n’aimerais pas faire sa connaissance. Justement, voici le portefeuille. L’ouvrirai, l’ouvrirai pas ?

    Dorothée, hésite, partagée entre moralité et curiosité. Naturellement, cette dernière l’emporte, d’autant que notre Dorothée désire de plus en plus remettre ce sac  en mains propres, une amitié s’esquissant déjà, et forcement, n’est-ce-pas, dans ce cas, pour savoir l’adresse…

      Le portefeuille s’ouvre sur une carte d’identité. Examen de la photo tout d’abord. Quel visage étrange ! Mince, pâle, encadré d’une tignasse brune et bouclée. Un visage qui doit plaire, sans nul doute.  Un visage qui a nom : Duchamp ? OK. Et prénoms ?

     Jérôme, Alain, Gérard.

Elle devait repartir de zéro.

       El Pé

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Chemin de rêve ou de cauchemar

SUR LE CHEMIN DE MON RÊVE OU DE MON CAUCHEMAR

 En 25 minutes, écrire un texte sur une feuille comportant une illustration de chemin. Le narrateur est sur ce chemin et livre son admiration ou son effroi en décrivant le paysage, ce qu’il lui suggère, et peut-être son cheminement intérieur ou ses souvenirs. Fiction ou réalité, au choix.

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L’OASIS DE L’ERRANCE

Je marche depuis des heures. Je ne sens plus la plante de mes pieds. Mes vertèbres se tassent douloureusement sous le poids de mon sac à dos et m’exaspèrent. Ma tête est prise dans un vertige qui fait tanguer l’horizon. Je ne sais où je vais. Je n’ai pas de but. La chaleur harassante me transforme en zombie. Le soleil a fixé ses rayons sur la prairie qui offre une palette nuancée de jaune d’or. Il commence pourtant sa fin de course journalière. Quelques légers nuages ouatent le cobalt du ciel d’été.

Tout à coup, un arbre, là-bas, dans l’immensité uniforme. Un arbre, donc une ombre. Ah ! Mon sauveur ! Instantanément, je tombe amoureuse de toi, de ta prestance, de ton abri de rêve. J’enlacerai sans tarder ce tronc rugueux, et goûterai la douceur des  feuilles caressantes. Je serai  ragaillardie par ta couche d’herbes fraîches. Tu es mon oasis.

Un souvenir m’envahit : celui d’une forêt froide et sombre où je m’étais perdue. J’y avais subi une humidité malsaine qui m’avait anéantie, réduite à l’état d’éponge flasque.

Ici tu es MON arbre, mon seul et unique, mon réconfort.

Je suis enfin à tes pieds. Je jouis de ta présence dans ce monde austère. Je t’ai enfin trouvé, Oasis de l’errance.

Mouty

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oasis,errance

 

Chemin…de fer

     « Le p’tit train, s’en va dans la campagne… », Enfin, « s’en va » !, Un présent pas du tout d’actualité, en l’occurrence !

   La voie ferrée est désaffectée depuis longtemps : des herbes folles poussent entre les rails, et les traverses de bois manquantes la font ressembler à un sourire édenté.

   Un chemin de fer désaffecté dans un paysage bucolique si paisible, si lumineux qu’on le dirait peint par Cézanne. Mais où donc menait cette voie ? Ah !!

     Spontanément, on dirait : « Aux vacances bien sûr ! ». Dans quelque village pittoresque, blotti au creux d’un vallon fleuri, refuge béni de citadins chanceux, épris d’air pur et de lait de ferme… Ou bien encore vers quelque camp scout, fréquenté par nos parents dans l’entre deux guerres ! Et on les verrait presque, ces gamins en shorts kakis et chemises rouges, groupés autour d’un feu de camp et chantant sous les étoiles…

      Et bien non, malheureusement. Cette voie désaffectée, glissant dans ce décor champêtre conduit tout droit vers un lieu qui n’existe plus et avait nom : Dachau.

PS : Il s’agit du petit train des Rita Mitsuko, bien entendu.                

El Pé

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Le pont

Sur le chemin, les arbres sans feuilles m’entourent de leurs hautes statures et semblent désolés en attendant une saison plus clémente. Des branches et des souches jonchent le sol, m’obligeant à regarder par terre pour ne pas me buter. De la mousse et des feuilles d’un beau vert longent le sentier apportant une note de fraîcheur et de vivante nature. Il règne une atmosphère mélancolique mais pas désagréable, sereine pourrait-on dire.

Ce n’est pas un bois d’été, mais il me fait quand même penser aux promenades de l’enfance, pendant les grandes vacances à la campagne. Joyeuses promenades qui regroupaient toute la famille, où nous chantions pour ne pas sentir les kilomètres défiler sous nos pieds, où nous marchions en cadence d’un pas allègre, où nous cueillions noisettes ou fruits de ronciers et où nous avions parfois la chance d’apercevoir une famille de faisans.

Mais revenons à la réalité. Pour l’instant le chemin arrive à l’entrée d’un petit pont qui n’a pas l’air bien solide. Qu’enjambe-t-il d’ailleurs ? Un ruisseau ? Il ne semble pas y avoir d’eau mais un enchevêtrement de branches sèches qui masque la profondeur peut-être plus importante qu’elle n’en a l’air. J’hésite ; le pont a l’air vermoulu ; s’il s’écroulait sous mon poids ? Mais si je ne passe pas, je suis obligée de rebrousser chemin et je ne pourrai pas poursuivre ma promenade. Alors, après quelques secondes de réflexion, en me disant : « advienne que pourra », je m’élance et traverse le pont en trois sauts pour me retrouver, saine et sauve, de l’autre côté, ravie de pouvoir continuer mon chemin.

Il en est ainsi dans la vie. Il faut savoir prendre des risques pour pouvoir avancer. Sinon, le temps passe sans qu’on n’ait jamais rien accompli.

Gill

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Sur le chemin de mon imagination

 

Le vent souffle et fait chanter mes oreilles, je marche tranquillement sur ce chemin désert où tout semble calme et reposant ......

Mais pourquoi mon imagination me joue -t-elle des tours ? , impossible de la juguler , elle ne court pas elle galope à la vitesse d'un animal apeuré .... Je me vois tel l' acteur vedette dans le film Ben Hur , attelée à un chariot en donnant des coups de cravaches à un cheval furieux bavant et fumant par ses efforts désespérés .

Complètement prise par cet enfer, je décolle du chemin avec le chariot et le cheval se met à rire en montrant ses deux rangées de dents blanches comme de la nacre.

Je vole ! ... et oui je vole ! ... les cheveux dans le vent ... je passe au dessus des pins et je m'enfonce dans les nuages floconneux du ciel du midi.

Et puis soudain comme revenue à une triste réalité, je me retrouve sur le sol face contre terre et les bras en croix ..... mirage ou folie ? je ne le saurai jamais, et encore aujourd'hui j'espère que cette aventure soit réelle tant ces courts moments de folies furent pour moi un souvenir que je ne suis pas prête d'oublier…..

             Sylvie

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Cadavre exquis

CADAVRE EXQUIS

 

chacun dispose d’un papier sur lequel figurent les consignes suivantes :

 

Lieu / Saison / Personnages / Situation / Un animal / Un objet / Une courte phrase

 

Chacun inscrit une indication dans la première rubrique, passe le papier à son voisin de droite qui remplit la 2e rubrique, etc. jusqu’à la dernière.

 

Le papier passe encore entre les mains du voisin de droite qui, en 25 minutes, va monter une courte histoire en tenant compte de tous les renseignements donnés, et en introduisant la phrase dans son texte. Enfin, dernière consigne : trouver un titre.

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RETROUVAILLES

 

L’été est caniculaire. La vieille maison présente un visage buriné, daté du quatorzième ou du quinzième siècle apparemment. Classée au Patrimoine peut-être, avec ses contreforts de pierres. Elle respire la quiétude dans ce village desCévennes enclavé chez les Huguenots échappés des dragonnades.

A côté de la porte grande ouverte, un chat rondouillard lape un reste de lait dans une assiette ébréchée. Une plaque en bois clouée près de l’entrée : Presbytère. J’aurais dû m’en douter. Cette vieille bâtisse blottie à côté de la petite église ne pouvait abriter qu’un curé de campagne débonnaire. Enfin, selon la représentation que je m’en faisais.

 Dans le pré attenant, un cheval pousse un hennissement de stupeur. Un coupé rouge vient de faire irruption sur cette petite route perdue - une Ferrari semble-t-il - et s’arrête devant le presbytère en faisant crisser ses pneus, chose inhabituelle dans ce bled. Une créature de rêve genre top model en descend : une jeune femme longue, mince, et souple comme un roseau. Elégante et soignée. Belle à damner. Les accessoires complètent le portrait : chapeau, écharpe en soie, gants, talons aiguilles. Et l’indispensable chihuahua !

 Le curé surgit sur le seuil de sa porte. Grand, brun, basané, et jeune par-dessus le marché. Pas tellement l’allure d’un curé de village en fait. Pas mal du tout.

 Dorothée, le top model, lui saute dans les bras :

 -          Alors, tu ne te souviens plus quand nous allions à l’école ensemble ?

 -          Ô temps, suspend ton vol !

 pense-t-il si fort que Dorothée en est émue jusqu’aux larmes.

 Cela fait combien de temps qu’elle a quitté le village : quinze ans ? Vingt ans ?

Mouty

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