Midilibre.fr
Tous les blogs | Alerter le modérateur| Envoyer à un ami | Créer un Blog

samedi, 05 juillet 2014

La Nouvelle (6) : "Le mur"

 

Retouvez  les consignes dans la note

« La Nouvelle (1) : consignes »

---------------------------------------------------------

 

mur.jpg

freepik

 

LE MUR

Le soleil faisait miroiter la mer, comme d’habitude, malgré l’heure bien matinale. Une brume légère s’élevait à l’horizon, prémices de chaleur pour la journée à venir. Sur la plage, deux jeunes garçons, d’une quinzaine d’années environ, sommeillaient sur des draps de bain bariolés. Leurs corps déjà bien halés laissaient deviner qu’ils n’étaient certainement pas arrivés de la veille. Ce qui était d’ailleurs le cas, car leurs parents possédaient, legs de plusieurs générations, une superbe villa aux allures de miroir qui trônait fièrement sur le boulevard Front de mer de cette ville de Normandie. Honfleur pour ne pas la nommer.

Soudain, le téléphone portable, posé sur une des deux serviettes de plage, se mit à sonner. L’un des deux jumeaux, car il s’agissait de jumeaux bien qu’à première vue on n’aurait su l’affirmer, ouvrit les yeux, bailla bruyamment, puis, sans même regarder le numéro qui s’affichait sur le cadran, d’un geste nonchalant il éteignit l’appareil.

Son frère avait à présent les yeux ouverts et regardait un point mystérieusement situé au zénith du ciel sans nuage. Brusquement, comme mu par une impulsion soudaine, il déclara d’une voix un peu éteinte :

-      « Cette nuit j’ai rêvé du mur. Ce mur auquel j’ai parlé tout au long de l’été dernier ».

-      « Un mur, ça se tait. Ça a l’air d’être en veille quand on lui parle. Ça reste muré dans son silence ».

Soudain, il entendit des éclats de voix et des rires qui semblaient se rapprocher. Levant son buste, il tourna la tête pour regarder d’où provenaient ces sons. Il les vit, tous les trois, devant lui : des garçons de son lycée, les plus dissipés des durs à cuire. Ils les entouraient, lui et son frère, semblant vouloir les intimider. Leurs ombres se projetant sur eux leur cachaient la mer et les coupaient de tout ce qui était agréable et rafraîchissant. Se levant d’un bond, Jérôme les toisa l’un après l’autre.

- « Que nous vaut le plaisir, ou peut-être pas, de votre venue, vous trois ? ».

Après un silence, l’un d’eux qui semblait être le chef de groupe, parla.

- « Et bien, nous allons fêter l’anniversaire de Paul. Alors on s’est dit que vous pourriez nous rejoindre, que pour l’ambiance ce serait bon. Vous savez plaisanter et détendre l’atmosphère. Si vous êtes d’accord on enterre les rancœurs et on fait la paix. C’est l’occasion, non ? »

L’anniversaire de Paul battait son plein. Les garçons étaient déjà passablement éméchés malgré les recommandations des parents sur la modération des alcools.

Jérôme s’activait au barbecue qui avait du mal à partir. Il fit un saut dans le garage et revint avec la bouteille d’essence qui servait habituellement à l’allumage, envers et contre tout principe de prudence. Une petite giclée sur les braises, et ce fut l’explosion.

Cris, panique. Paul roula Jérôme dans le tapis du chien pour éteindre les flammes qui embrasaient les vêtements, léchant les mains et le visage.

Les hurlements de Jérôme jetaient l’effroi. Des récipients d’eau arrivèrent de la cuisine. On brancha le robinet du jardin pendant que le portable mettait en relation avec le Centre de secours.

Les Pompiers, le SAMU, tous les secours arrivèrent en moins de trois minutes. Célérité, efficacité, compétence, c’est ce qu’on pouvait dire en voyant les gestes précis de tous ces hommes et femmes, calmes et sûrs d’eux, même si l’inquiétude était palpable.

Le barbecue fut éteint, la zone sécurisée par les pompiers, les jeunes tenus à distance de l’endroit du drame, tandis que le médecin administrait à Jérôme des antidouleurs et des calmants afin de le placer dans une sorte de coma artificiel. Il évalua rapidement la gravité des brûlures. Elles siégeaient surtout sur la partie supérieure du corps mais ne paraissaient pas trop profondes, n’engageant pas le pronostic vital. Cependant, il fallait l’hospitaliser dans un service spécialisé. On était à Honfleur, et bien ce serait Paris. Donnant les consignes de réhydratation d’un côté, téléphonant pour avoir l’hélicoptère du SAMU de l’autre, il menait à bien toutes les tâches.

Jérôme, perfusé, enveloppé dans une couverture de survie, était prêt à partir, sur son brancard, quand arriva l’hélicoptère.

Rêve ou cauchemar que cette obsession récurrente d’un mur auquel on peut parler sans jamais obtenir de réponse. Peut-on dire qu’à travers lui se dessinent des désirs réprimés, des peurs enfouies, des souvenirs lointains ? Chacun peut-il y chercher sa propre réponse ? Nul ne saurait le dire !

                                                                       FIN

          El Pé            Rina         Mouty         Gill         Dedou

_____________________________________________________

C'était la dernière des cinq nouvelles qui ont terminé notre saison d'écriture. "Plaisir d'écrire" vous souhaite un très bel été et vous donne rendez-vous au mois de septembre.

---------------------------------------------

 

 

La Nouvelle (5) : "Les cent ans de mémé Catherine"

 

Retouvez  les consignes dans la note

« La Nouvelle (1) : consignes »

----------------------------------------------------

http://upload.wikimedia.org/wikipedia/commons/thumb/5/5e/Van_Gogh_-_Landschaft_im_Schnee_mit_Arles_im_Hintergrund.jpeg/573px-Van_Gogh_-_Landschaft_im_Schnee_mit_Arles_im_Hintergrund.jpeg


« Van Gogh - Landschaft im Schnee mit Arles im Hintergrund » par Vincent van Gogh — repro from art book. Sous licence Public domain via Wikimedia Commons.

 

LES CENT ANS DE MÉMÉ CATHERINE      

Nous sommes en plein hiver à la campagne. Le sol gelé durci par le verglas est très glissant. Un seau de chaque côté, l’anse bien serrée dans mes doigts gourds malgré de gros gants qui sont plus gênants que protecteurs, je me dirige tout doucement vers la mare. Je cherche mentalement un endroit pour en casser facilement la glace de façon à remplir mes seaux. Il faut que j’y arrive, sinon comment mes animaux, la volaille, les petits canards, pourront boire ? Je me tourne vers ma petite sœur qui grelotte et me regarde, angoissée. Je la rassure : - « Ne t’en fais pas, n’aies crainte, nous allons y arriver, tu vas voir. Il suffit d’être très prudente. Toi, tu restes derrière, tu me regardes et tu ancres bien tes pieds au sol. Tu es là au cas où je dégringolerais la pente et tomberais dans la mare, tu irais alors prévenir maman. Mais, pour l’instant, tout va bien. On continue d’avancer. Tu vois, cette nuit j’ai rêvé du mur. Je l’ai vu ce mur de glace qui se dressait devant moi, inaccessible, infranchissable. Mais je pensais que ce n’était qu’un mauvais rêve, que ce matin le soleil serait là, et qu’il le ferait fondre avec ses puissants rayons ». - « Mais voyons, me répond Monique, le soleil en hiver ne chauffe pas assez. La bise glaciale redurcit tout  au furet  à mesure qu’il essaie de radoucir l’air ambiant et de dégeler les sols. Peine inutile et perdue.

Survient le fermier voisin, le vieux Ferdinand, à la recherche d’une chèvre fugueuse.Il est accompagné de sa femme, de son valet Basile et de son chien.

« - Il a encore picolé » dis-je à ma petite sœur à demi rassurée. « - Mais chut, motus et bouche cousue, ne répète surtout pas mes propos ».

« - Vous en avez du courage les filles, avec un froid de Sibérie pareil. Attention, la glace est fragile » !

« - On prépare l’anniversaire de Mémé Catherine dis-je. Il nous faut beaucoup de glace pour conserver les charcuteries et les pâtisseries. Cent Ans ça se fête. On va mettre les petits plats dans les grands. Nous avons fait des pâtés, des saucisses à griller et des œufs à la neige. On vous invite Monsieur Ferdinand, avec votre femme et avec Basile. Ça mettra un peu plus de monde et de gaité dans la fête. Ce n’est pas tous les jours qu’on festoie par les temps qui courent ».

« - C’est d’accord, j’apporterai quelques bouteilles et mon flacon de gnole » !  

Tout le monde se retrouve autour de mémé Catherine, toujours l’œil incisif et le propos plein d’humour, malgré ses cent ans.

« - Alors mon gars », dit-elle à Ferdinand qui a un gros morceau de pâté dans la bouche et un verre de rosé bien frais dans la main, « tu tiens encore debout à c’te heure ! Pour combien de temps ? »

« - Oh Oh » dit Ferdinand, « j’crois ben pouvoir tenir jusqu’à la soupe ! Fameux ces pâtés, c’est toi qui les a faits fillette ? » me dit-il.

L’heure est à la bonne humeur, quand, tout à coup, on voit le visage de Mémé rougir, pâlir, bleuir. Une quinte de toux semble vouloir arriver mais refuse de sortir de sa bouche, ses yeux pleurent, ses bras battent l’air et tout le monde affolé se précipite vers elle. Même le chien de Ferdinand, sentant une sorte d’électricité dans l’air et une inquiétude grandissante, se met à aboyer.

C’est là que Ferdinand soulève Mémé, la secoue, lui tape dans le dos, et là, elle expulse une grosse saucisse ainsi que deux molaires. Mais les couleurs lui reviennent progressivement. Sauvée ! Ferdinand, rouge comme une tomate, se précipite avidement sur sa bouteille de gnole.

Une fois la frayeur passée, tout ce petit monde se remet à festoyer. Mémé Catherine qui a eu très peur est la première à vouloir poursuivre la fête car elle a bien cru sa dernière heure venue. Esquissant un pas de bourrée, elle invite Ferdinand.

Mais voilà que survient le fils aîné de Mémé qui était encore au travail. Voyant sa mère si excitée, il pense que la vieille dame a bu. Il se met très en colère, furieux après Ferdinand qui, un peu éméché, le prend de haut. Les deux hommes sont prêts à en venir aux mains.

Quel dommage, tout avait si bien commencé !

Mais soudain, on entend s’élever un chant dans le lointain ; on ne tarde pas à apercevoir un groupe de garçons et filles, des fleurs dans les cheveux et le sourire aux lèvres. Puis, on finit par reconnaître les gars et les filles du village voisin… La Marie-Noëlle, la Marie-Christine, le Claude, le Jean-Marie, et même le Louis-Xavier, le fils du château, pas fier pour deux sous.

« - Et alors ? On ne danse pas ici, on dirait ! Et pourtant il faut danser les soirs de fête ! » s’écrie le Joseph, chef de la bande. L’accordéon de Maurice se met à jouer. Mémé Catherine va de nouveau inviter Ferdinand. Chacun fait de même avec sa chacune…

Quant à ma petite sœur, elle regarde les braises du grand feu de cheminée dont les étincelles montent vers le ciel pour se mêler aux étoiles.

Quant à moi, je crois bien que je me suis endormie.

Finalement, peut-être tout ceci n’est-il qu’un rêve ?

                                       FIN

 

Rina             Mouty               Gill            Dedou                El Pé

________________________________

à suivre......

mercredi, 02 juillet 2014

La Nouvelle (4) :"Charivari chez les curistes"

 

Retouvez  les consignes dans la note

« La Nouvelle (1) : consignes »

-----------------------------------------------


« Thermes Napoléon Plombieres » par Thermesplb — Self-published work by Thermesplb. Sous licence CC BY-SA 2.5 via Wikimedia Commons.

 

CHARIVARI CHEZ LES CURISTES        

La Bretagne en été - surtout cet été là -  est superbe. L’océan offre toutes les couleurs du bleu profond au vert émeraude. Le ciel est sans nuage.

Près de la plage, un grand bâtiment blanc s’offre aux rayons du soleil qui inonde les chambres par ses grandes baies vitrées.

C’est l’heure de la sieste dans cet établissement de soins : il s’agit d’un Centre d’hydrothérapie où deux sportives viennent en rééducation. Elles ne se connaissent pas, mais elles ont sympathisé. Leurs lits ne sont pas éloignés, l’un près de la fenêtre, l’autre près de la porte d’entrée.

Celle qui se trouve près de la fenêtre regarde longuement vers l’extérieur et raconte à sa voisine tout ce qu’elle aperçoit : la mer, le vent, les gens qui se promènent. Soudain, elle dit : « Cette nuit j’ai rêvé du mur. Ce mur auquel j’ai parlé tout au long de l’été dernier ».

« Un mur, ça se tait. Ça a l’air d’être en veille quand on lui parle. Ça reste muré dans son silence ».

La première curiste allait répliquer lorsque la chambre est envahie par quatre joyeuses quinquas fort exubérantes, qui emplissent l’espace de leur présence et d’un brouhaha intense. - « Il faut qu’on vous dise… ». - « Vous ne devinerez jamais… ». - « Oh mes chéries, c’est merveilleux, merveilleux… ».   - « Chut ! Taisez-vous, vous autres, que je vous raconte… ».

Ernestine et Gabrielle, nos deux curistes avec qui nous avons fait connaissance au début de ce récit, se regardent, éberluées, un peu contrariées d’avoir été dérangées dans une conversation qui s’annonçait si bien…. Cependant, elles ne tardent pas à apprendre, en y mettant beaucoup de bonne volonté, que Julien Clerc en personne vient de débarquer au Centre, incognito ou presque, et que les joyeuses quinquas désirent fort lui concocter une réception de bienvenue… qui, toujours selon elles, restera dans toutes les mémoires.

Et bien dites-donc, quel évènement, c’est formidable ! Nous allons enfin passer une agréable soirée. Un peu d’animation avec Julien Clerc, ça va faire bouger tout le monde, curistes et personnel. Et nous allons reprendre les chansons en chœur. Peut-être aussi danser, enfin, se trémousser : entre les fauteuils roulants, les personnes avec leur canne, et tout ce monde, on ne pourra pas bien bouger. Alors on fera du surplace en tapant dans ses mains. Vite, vite, il faut aller se préparer ! Comment allons-nous nous habiller ? Que vas-tu mettre Gabrielle ? C’est qu’il faut faire attention, l’atmosphère va être étouffante, alors du fluide, de l’aisance ! Et il faut nous coiffer aussi ! Oh-la-la, moi j’y vais ! dit Ernestine, car je veux être belle, et, comme je suis lente, je dois tout de suite commencer. A vous toutes je dis - « A l’entrée du hall à 20h 30 ! ».

20 H 30 pétantes :   tout le monde est au rendez-vous.

Seul, Julien Clerc se fait attendre.

Il apparait bientôt, cheveux en bataille, vêtements déchirés, harponné par une dizaine de groupies qui se l’arrachent. Des rasades d’alcool ont, apparemment, fait des ravages. L’œil hagard et la bouche gouailleuse, ça y va grave !      Julien, le héros de la fête, est devenu le héros de la défaite.

Des mains hasardeuses happent au passage les bouteilles qui se trouvent à portée. Les verres sont inutiles. La masse grouillante s’accroche au buffet préparé avec un amour incommensurable par nos deux curistes et leurs quinquas festives. C’est la razzia. Il ne reste plus rien, à part quelques toasts écrasés sur le sol et des bouts de guirlandes qui pendouillent lamentablement.

6 heures du matin le lendemain.

« Petit déjeuner Mesdames ». « - Allons, on se réveille Ernestine ? »  « - Qu’avez-vous fait de votre nuit ? ». Gabrielle, souriante, lui dit : « - C’est le mur dont nous avons parlé hier qui vous est tombé sur la tête et vous a assommée. Vous vous êtes endormie comme une masse hier soir, après avoir pris vos cachets ». « - Mais, bafouille Ernestine, j’ai dû trop boire à la réception avec Julien Clerc, j’ai un mal de tête pas possible ».

« - De quoi parlez-vous donc, ma chère ? Quel Julien Clerc ? Quel alcool auriez-vous trop bu ? Vous savez bien qu’il n’y en n’a pas au Centre. Que de l’eau ! Vous avez fait un mauvais rêve. Par contre, moi, je n’ai pas pu dormir !

Et c’est là que l’infirmière s’aperçoit, en voyant les emballages de cachets près d’Ernestine et de Gabrielle, que les deux curistes ont interverti leurs médicaments. Et ceux destinés à Gabrielle sont bien plus forts et comportent des effets secondaires très particuliers chez certaines personnes.

C’est pour cela que Julien Clerc, ce n’était qu’un rêve !

                                        FIN

 

Dedou       El Pé       Rina        Mouty          Gill

            ___________________________

à suivre.......

 

 

La Nouvelle (3) : "La chorale en ginguette"

Retouvez  les consignes dans la note

« La Nouvelle (1) : consignes »

-----------------------------------


« Diakonie-kantorei » par NahefotoTravail personnel. Sous licence Public domain via Wikimedia Commons.

 

LA CHORALE EN GUINGUETTE

Madame de l’Amoral et Mademoiselle de Lelonbec prennent leur thé-citron habituel à la terrasse du Cristal. C’est leur lieu declôture de leurs répétitions à la chorale paroissiale. Aussi teigneuses l’une que l’autre, elles s’entendent comme larrons en foire  quand il s’agit de coiffer une copine ou un membre de la famille. Elles ont pourtant des tas de problèmes personnels qu’elles ne divulguent à personne - oui, vraiment personne - si ce n’est à leur chien ou à leur chat quand le trop-plein de malheurs, réels ou supposés, les étouffe.

Marthe de l’Amoral et Julie de Lelonbec existent dans la société sous leurs pseudonymes respectifs attribués par des gens « insignifiants et jaloux » disent-elles.

Il commence à faire frisquet en cette soirée d’automne. Elles rajustent en chœur leur gilet gris et leur foulard blanc. Qui se ressemble s’assemble, dit l’adage, confirmé par leur ressemblance physique et morale.

Marthe : « Cette nuit, j’ai rêvé du mur, ce mur auquel j’ai parlé tout au long de l’été dernier ».

Julie : « Un mur, ça se tait. Ça a l’air d’être en veille quand on lui parle. Ça reste muré dans son silence ».  

Marthe et Julie poursuivent allègrement leur conversation, égratignant au passage toutes leurs prétendues « amies » : 

« - tu as vu le ridicule chignon de Lucie !   

   - Et le corsage affreux de Sophie ?     

   - Et la jupe de Valérie ! Pour qui se prend-elle ! Elle se croit encore adolescente ! ».

Et c’est sur ces aimables réflexions qu’arrivent les trois susnommées : Lucie de Kermadec, Sophie Kermorgant et Valérie Beaulieu, toutes trois appartenant à la même chorale.

 « Oh mes chéries, comme vous avez raison de vous faire plaisir avec un petit thé ! Allez, nous allons vous tenir compagnie et vous proposer une idée que nous venons d’avoir. Pourquoi ne pas faire une fête avec tous les participants à la chorale après la représentation de fin d’année ? »

« Excellente idée » répondent en chœur Marthe et Julie, sourire crispé aux lèvres.

L’organisation est impeccable, chacune y a mis du sien. Marthe et Julie ont installé des tables recouvertes d’une nappe en papier fleuri, des assiettes et des verres en plastique. Lucie s’est occupée des boissons. Chacune a fait de son mieux pour que la fête soit réussie.

Ça n’est pas vraiment la chaude ambiance. On sent les tensions monter entre les soi-disant amies : sourires moqueurs, clins d’œil de connivence. Sophie et Valérie font bande à part. Elles se font apostropher par « Le chœur des Anges ».

Mais, soudain, un coup de vent opportun vient mettre tout le monde d’accord en balayant assiettes, gobelets, bouteilles, mettant fin à ces minauderies hypocrites. 

Hélas, ce n’était que les prémices à la catastrophe  qui allait suivre, puisqu’une dizaine de pompiers en uniforme envahissent la salle en hurlant des chansons de corps de garde et riant très fort.

Les pauvres choristes en sont tout effarées ! Si elles s’étaient attendues à ça ! Mais l’irruption ne s’arrête pas là. Sortant un vieux transistor venu de Dieu sait où, et branché sur Radio Nostalgie, le capitaine des pompiers invite Sophie à danser, imité peu après par ses camarades.

Joyeuse après-midi dansante. Pas très protocolaire, certes, mais après avoir appris que les pompiers ici présents forment eux aussi une chorale et répètent juste à côté (ce qui leur a donné l’idée, n’est-ce pas), le Chœur des Anges, pour une fois unanime, décide de les suivre à la guinguette du bord de l’Orb pour finir la soirée.

Avec l’heure qui avance, l’air se rafraichit, et la guinguette au bord de l’eau se trouve bien ventilée. Une piste en planches toute neuve attend les invités. Des chaises sont disposées tout autour pour ceux qui sont fatigués ou ont tout simplement envie de se poser, un verre de vin frais à la main pour se désaltérer. Du bon vin de ces vignes biterroises, gouleyant à souhait, et toujours apprécié. Et puis, au lieu des chants de chorale, voilà que s’élève une musique sortie d’un magnétophone, et qu’on appelle populaire. Les groupes sentent aussitôt des fourmis dans leurs jambes et, le tonus retrouvé, les voilà repartis pour festoyer jusque tard dans cette nuit chaude. Les couples se forment, et dans les exclamations portées loin dans la nuit, la fête bat son plein dans une joyeuse cacophonie.

Demain, le lever sera sûrement douloureux !!!

                                    FIN

Mouty    Gill       Dedou         El Pé        Rina

____________________________________

 à suivre.....

mardi, 01 juillet 2014

La Nouvelle (2) : "S.P.A. ou starter pour l'adoption"

 

Retouvez  les consignes dans la note

« La Nouvelle (1) : consignes »

-----------------------------------------------------------------------------------------------------

 

nouvelle,starter,adoption

 

S.P.A. ou Starter Pour l’Adoption

L’enclos est triste et pourtant il fait beau dehors, en ce dimanche d’été. La SPA de Gennevilliers est bondée, comme d’habitude, et ce n’est pas fini. Les abandons d’été, en 2014, il y en a de plus en plus. Vous pensez bien que pendant les vacances, nos amis à quatre pattes empêchent ces messieurs dames de jouir sans contrainte du bord de mer et des boîtes de nuit. Chouki, le jeune labrador, arrivé depuis peu, a encore du mal à comprendre ce qui lui arrive mais il a quand même l’intuition que son maître ne viendra pas le rechercher. Il le sent. Quant à Sultan, le croisé berger de 11 ans, là depuis sept ans, il voit l’avenir tout tracé de son compagnon d’infortune et lui dit.

« - Cette nuit, j’ai rêvé du mur. Ce mur auquel j’ai parlé tout au long de l’été dernier.

    - Un mur, ça se tait. Ça a l’air d’être en veille quand on lui parle. Ça reste muré dans son silence. Mais il faut voir à travers le mur, il faut voir derrière le mur, au-delà du mur ; c’est ça qui est intéressant. Un mur, c’est fait pour être contourné, escaladé, pris d’assaut. Je ne resterai pas derrière !

    - Ce mur là est trop haut, trop long, trop épais. Tu ne pourras pas le franchir. Impossible d’espérer être de l’autre côté. »

Sultan est résigné, sage si l’on veut, trop sage. Il a sept ans de sagesse derrière lui ; Il rêve du mur, le regarde mais ne songe même pas qu’il pourrait chercher à s’enfuir.

Chouki est jeune, plein d’ardeur, plein d’espoir. Sa vie ne se terminera pas là. Il l’a décidé, foi de labrador !

Aujourd’hui, c’est portes ouvertes, de nombreuses personnes sont venues à l’appel de Brigitte Bardot. Un couple avec ses deux enfants s’arrête devant les cages où les regards expriment le désarroi de l’abandon et le besoin d’amour. Ils hésitent et les enfants voudraient les prendre tous, mais hélas, ce n’est pas possible ! D’autant qu’ils voulaient un chien plutôt petit car ils préparent l’anniversaire du plus jeune qui, lui, est resté chez mamie.

Après maintes discussions, leur choix se porte sur Chouki. C’est certain, il est jeune et déjà grand, mais tellement doux avec les enfants, leur dit la directrice de la SPA. Chouki, lui, a compris et manifeste sa joie, il savait qu’il ne resterait pas là.

Le refuge se remplissait peu à peu. Des familles, des personnes seules défilaient devant les cages, accompagnées soit d’aboiements racoleurs, soit de regards implorants. Par-dessus tout ça, le concerto pour clarinette de Mozart passait en boucle, tentant d’apporter une note apaisante et optimiste.

Soudain, un cri jaillit : « le Pitbull s’est enfui ! Quelqu’un a ouvert sa cage ! » Il y eut un moment de flottement dans la foule avant qu’un vent de panique ne vint la balayer.

Les tout nouveaux et heureux propriétaires de Chouki avaient saisi leurs enfants et les serraient contre eux, terrorisés. Le père, dans un élan de protection, souleva le jeune chien et le maintint contre lui, également.

La directrice du refuge tentait de calmer tout le monde, se voulait rassurante. Pourtant, en réalité, elle n’en menait pas large. En effet, le Pitbull en question, fraîchement arrivé de la veille, n’avait pas un pedigree très clair. En fait, d’après son dossier, sa mauvaise réputation n’était plus à faire….Et la pauvre femme se demandait avec angoisse si ce bel après-midi festif n’allait pas se terminer en tragédie.

Tout à coup, la voix amplifiée par un haut-parleur se fit entendre, ce qui fit tourner toutes les têtes et dans le silence qui s’ensuivit, on écouta cette voix : « Mesdames, Messieurs, la police est prévenue, le chien présumé meurtrier n’ira pas très loin ; d’ailleurs, affolé par tout le bruit, il doit sûrement se terrer derrière ou sous les cages et n’ose plus se montrer, terrorisé. Alors je vous demande le plus grand calme ; un animateur est devant vous, il va vous faire sortir, suivez-le dans une file sans bousculade et sans cris ; d’autres gardiens sont de chaque côté de la file pour parer à toute éventualité, au cas où le Pitbull déboulerait entre vos pieds. Tout va bien se passer, il n’y aura pas de catastrophe si tout le monde garde son sang-froid, nous comptons sur votre responsabilité ; et surtout, gardez vos enfants près de vous. Merci de votre compréhension à tous.

Soudain un homme baraqué fit irruption dans l’arène dont l’ébullition était endiguée avec peine. Il était accompagné d’un personnage haut en couleurs, l’œil vif et taquin. Il tenait en laisse le Pitbull qui ne paraissait pas plus excité que ça et semblait s’accommoder fort bien de cette chaîne qui le reliait à l’homme dont l’air tranquille donnait confiance. Il salua la Directrice et se présenta : « Je suis César, employé du cirque Hippopotamus qui fait étape à 200mètres. Je souhaite adopter ce diable de Pitbull : nous avons sympathisé et devrions bien nous entendre. Je vous présente mon collègue Prosper, le clown, qui est en mal de compagnie, un genre Berger allemand lui irait bien. Il vient d’en perdre un et peine à émerger de son chagrin.

« Sultan ! C’est Sultan qui lui conviendra le mieux » répondit la Directrice, heureuse de caser ce brave vieux.

                                     FIN

Gill       Dedou       El Pé       Rina      Mouty

 

______________________________

à suivre.....

La Nouvelle (1): Consignes

 

Pour ce dernier atelier de la saison, le thème est le suivant :

                                 Ecrire une nouvelle

Cinq consignes vont se succéder et à chaque nouvelle consigne, chaque participante passera sa feuille à sa voisine qui, après avoir lu les écrits précédents continuera la nouvelle. Ainsi, chaque nouvelle sera le fruit  de différentes imaginations et de différentes écritures. Comment sera le résultat ? Cohérent ou pas ?

                   Découvrons-le en lisant les cinq nouvelles!

                              -----------------------------------------

I – Camper deux personnages dans un environnement bien déterminé, en décrivant l’époque, la saison, le lieu, le moment de la journée.

Commencer le dialogue par :

   -   1er personnage : « Cette nuit j’ai rêvé du mur. Ce mur auquel j’ai parlé tout au long de l’été dernier ».

   -   2ème personnage : « Un mur, ça se tait. Ça a l’air d’être en veille quand on lui parle. Ça reste muré dans son silence ».

(Extraits du roman de l’écrivain suédoise Katarina Mazetti : Entre Dieu et moi, c’est fini.)                

(15 minutes)

-------------------------------------------------------------------------------------------------

II – Introduction de 3 ou 4 personnages supplémentaires. C’est une rencontre qui fait plaisir ou pas. La conversation se poursuit avec les nouveaux-venus. Il est décidé de préparer une fête : évènement familial ou autre.

(15 minutes)

-------------------------------------------------------------------------------------------------

III – La fête bat son plein quand survient un évènement insolite et inattendu. Branle-bas.

(15 minutes)

------------------------------------------------------------------------------------------------- IV – Arrivée d’une (ou plus) personne(s) qui va (vont) se mêler à l’affaire, l’arranger, ou l’aggraver.

(15 minutes)

-------------------------------------------------------------------------------------------------

V – Chute de l’histoire. Finit bien ou finit mal…Trouver un titre s’il n’a pas servi de fil rouge dès le début de l’histoire.

(15 minutes)

-------------------------------------------------------------------------------------------------


LECTURE PAR CHACUN DE L’ENSEMBLE DE SON HISTOIRE

                   ------------------------------------------------------------

à suivre..........