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mercredi, 02 juillet 2014

La Nouvelle (4) :"Charivari chez les curistes"

 

Retouvez  les consignes dans la note

« La Nouvelle (1) : consignes »

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« Thermes Napoléon Plombieres » par Thermesplb — Self-published work by Thermesplb. Sous licence CC BY-SA 2.5 via Wikimedia Commons.

 

CHARIVARI CHEZ LES CURISTES        

La Bretagne en été - surtout cet été là -  est superbe. L’océan offre toutes les couleurs du bleu profond au vert émeraude. Le ciel est sans nuage.

Près de la plage, un grand bâtiment blanc s’offre aux rayons du soleil qui inonde les chambres par ses grandes baies vitrées.

C’est l’heure de la sieste dans cet établissement de soins : il s’agit d’un Centre d’hydrothérapie où deux sportives viennent en rééducation. Elles ne se connaissent pas, mais elles ont sympathisé. Leurs lits ne sont pas éloignés, l’un près de la fenêtre, l’autre près de la porte d’entrée.

Celle qui se trouve près de la fenêtre regarde longuement vers l’extérieur et raconte à sa voisine tout ce qu’elle aperçoit : la mer, le vent, les gens qui se promènent. Soudain, elle dit : « Cette nuit j’ai rêvé du mur. Ce mur auquel j’ai parlé tout au long de l’été dernier ».

« Un mur, ça se tait. Ça a l’air d’être en veille quand on lui parle. Ça reste muré dans son silence ».

La première curiste allait répliquer lorsque la chambre est envahie par quatre joyeuses quinquas fort exubérantes, qui emplissent l’espace de leur présence et d’un brouhaha intense. - « Il faut qu’on vous dise… ». - « Vous ne devinerez jamais… ». - « Oh mes chéries, c’est merveilleux, merveilleux… ».   - « Chut ! Taisez-vous, vous autres, que je vous raconte… ».

Ernestine et Gabrielle, nos deux curistes avec qui nous avons fait connaissance au début de ce récit, se regardent, éberluées, un peu contrariées d’avoir été dérangées dans une conversation qui s’annonçait si bien…. Cependant, elles ne tardent pas à apprendre, en y mettant beaucoup de bonne volonté, que Julien Clerc en personne vient de débarquer au Centre, incognito ou presque, et que les joyeuses quinquas désirent fort lui concocter une réception de bienvenue… qui, toujours selon elles, restera dans toutes les mémoires.

Et bien dites-donc, quel évènement, c’est formidable ! Nous allons enfin passer une agréable soirée. Un peu d’animation avec Julien Clerc, ça va faire bouger tout le monde, curistes et personnel. Et nous allons reprendre les chansons en chœur. Peut-être aussi danser, enfin, se trémousser : entre les fauteuils roulants, les personnes avec leur canne, et tout ce monde, on ne pourra pas bien bouger. Alors on fera du surplace en tapant dans ses mains. Vite, vite, il faut aller se préparer ! Comment allons-nous nous habiller ? Que vas-tu mettre Gabrielle ? C’est qu’il faut faire attention, l’atmosphère va être étouffante, alors du fluide, de l’aisance ! Et il faut nous coiffer aussi ! Oh-la-la, moi j’y vais ! dit Ernestine, car je veux être belle, et, comme je suis lente, je dois tout de suite commencer. A vous toutes je dis - « A l’entrée du hall à 20h 30 ! ».

20 H 30 pétantes :   tout le monde est au rendez-vous.

Seul, Julien Clerc se fait attendre.

Il apparait bientôt, cheveux en bataille, vêtements déchirés, harponné par une dizaine de groupies qui se l’arrachent. Des rasades d’alcool ont, apparemment, fait des ravages. L’œil hagard et la bouche gouailleuse, ça y va grave !      Julien, le héros de la fête, est devenu le héros de la défaite.

Des mains hasardeuses happent au passage les bouteilles qui se trouvent à portée. Les verres sont inutiles. La masse grouillante s’accroche au buffet préparé avec un amour incommensurable par nos deux curistes et leurs quinquas festives. C’est la razzia. Il ne reste plus rien, à part quelques toasts écrasés sur le sol et des bouts de guirlandes qui pendouillent lamentablement.

6 heures du matin le lendemain.

« Petit déjeuner Mesdames ». « - Allons, on se réveille Ernestine ? »  « - Qu’avez-vous fait de votre nuit ? ». Gabrielle, souriante, lui dit : « - C’est le mur dont nous avons parlé hier qui vous est tombé sur la tête et vous a assommée. Vous vous êtes endormie comme une masse hier soir, après avoir pris vos cachets ». « - Mais, bafouille Ernestine, j’ai dû trop boire à la réception avec Julien Clerc, j’ai un mal de tête pas possible ».

« - De quoi parlez-vous donc, ma chère ? Quel Julien Clerc ? Quel alcool auriez-vous trop bu ? Vous savez bien qu’il n’y en n’a pas au Centre. Que de l’eau ! Vous avez fait un mauvais rêve. Par contre, moi, je n’ai pas pu dormir !

Et c’est là que l’infirmière s’aperçoit, en voyant les emballages de cachets près d’Ernestine et de Gabrielle, que les deux curistes ont interverti leurs médicaments. Et ceux destinés à Gabrielle sont bien plus forts et comportent des effets secondaires très particuliers chez certaines personnes.

C’est pour cela que Julien Clerc, ce n’était qu’un rêve !

                                        FIN

 

Dedou       El Pé       Rina        Mouty          Gill

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à suivre.......

 

 

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