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mardi, 10 juin 2014

Le plus beau jour de ma vie

 

En 20 minutes écrire un texte se terminant par

« Ce fut le plus beau jour de ma vie »

En y introduisant les mots suivants

Poches / futé / rubans / dîne

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Gavroche (Les Misérables).jpg
« Gavroche (Les Misérables) » par Émile Bayard — Originally from en.wikipedia; description page is/was here.. Sous licence Public domain via Wikimedia Commons.

 

Mon nom est Gavroche. Cela vous dit quelque chose ? Oui, sûrement ! Victor Hugo, n’est-ce-pas ? Et bien sachez que le père Hugo, c’est à moi qu’il doit sa renommée. Mais oui mais oui.  Pourquoi ? Parce que moi voyez-vous, je suis le vrai Gavroche. De Ménil muche M’sieurs Dames. Et que ce soir-là, comme tous les soirs, je marchais l’estomac  vide sur les Grands Boulevards. Faut dire que je suis un p’tit futé. J’explique : c’est dans les beaux quartiers, où se promènent les belles madames à rubans qu’on se fait du pognon. Ou pas, ça dépend. Bref  je suivais alors un quidam bien mis donc qui, logiquement, devait avoir les poches bien garnies. Vous l’aurez deviné, le truc c’est justement d’arriver à soutirer un portefeuille ou une montre à gousset, sans que le bonhomme s’en aperçoive. Et pour ça, vous pouvez me faire confiance, j’en connais un rayon.

       Mais cette fois-là, bernique ! A peine avais-je effleuré le gilet de ce monsieur qu’une main de fer saisit la mienne pour ne plus la lâcher. « Ah ! Ah ! Je t’y prends, polisson !! » Ce fut ses seules paroles. Moi, je tremblais, tentant d’échapper à l’étau qui me maintenait prisonnier, certain que le bourgeois allait sur le champ quérir la maréchaussée…Mais à l’évidence, il n’en avait pas l’intention, du moins dans l’immédiat…

      Sans me lâcher, il m’examina assez longtemps d’un air bizarre, en hochant la tête, puis, me tenant toujours aussi fermement, il me fit pénétrer dans une brasserie sise à deux pas de là. Je la connaissais bien sûr, je passais devant tous les soirs, mais je ne me serais jamais douté que c’était d’une telle splendeur à l’intérieur : une féerie de miroirs gigantesques, de nappes blanches et de lumières.

       Il me fit assoir à une table, pris place auprès de moi, appela le garçon (qui accourut aussitôt) et passa commande, tandis que je m’enivrais de merveilles et de fumets affriolants montant des cuisines.

        Les plats commandés arrivèrent. « C’est pour qui, Monsieur Hugo ? » s’enquit le garçon. D’un signe de tête, le dénommé Monsieur Hugo me désigna.

         Devant moi s’étalait un festin : poulet rôti, tartes à la crème et j’en passe. Je demeurai pourtant coi, n’osant y toucher. «- Quel est ton nom, petit ?  m’interrogea mon bienfaiteur.

-Gavroche M’sieur

-Et bien dîne Gavroche, bon appétit. »

Je ne me fis pas prier.

     Certes, certes, d’aucuns diront qu’avec ses ventes de livres et ses droits d’auteur, Victor Hugo fut bien remboursé du repas offert, et ce, en grande partie grâce à moi, convenons-en.

N’empêche, n’empêche, ce fut le plus beau jour de ma vie.         

             El Pé

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Jour de Pâques ce dimanche , j’ai seize ans  et je vais étrenner un corsage neuf très futé ; il se ferme avec des petits nœuds de rubans de couleur rouge qui bougent à chacun de mes mouvements ; je peux aussi les défaire et les laisser pendre.  j’aime les toucher , ils sont si soyeux sous mes doigts , je sens mon cœur battre très fort dessous , avec lui je me sens belle , je sais qu’on va admirer mon beau corsage si original avec ses deux petites pochesà rabat où je peux glisser mes petits secrets  et mon mouchoir brodé à mes initiales que j’ai parfumé ;  parfum qui m’enveloppe et me suit quand j’avance, toute fière vers mes copines ; je les vois écarquiller de grands yeux en poussant des exclamations, des « ho » , « ha »  de surprise ; elles l’envie mon beau corsage et voudraient bien en porter un identique, et ce soir,  on dîne à la maison avec mes cousins et cousines et je vais me pavaner avec mon corsage à rubans rouges ,  je sais que je vais susciter beaucoup d’envie  parmi elles ;  plus tard il faudra que je l’enlève et alors en le posant sur le dossier d’une chaise , je vais lui murmurer : « Tu sais, grâce à toi aujourd’hui, ce fut le plus beau jour de ma vie » .  

 Rina

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Premier jour

Pendant que je dîne, ce soir, je me remémore – c’est la date qui veut cela- ce jour très particulier de ma vie. Je me dis que c’est un jour miraculeux qui aurait pu ne pas exister tant il résulte d’une alchimie savante de mystères et de circonstances diverses.

Je ne suis pas la seule à l’avoir vécu, mon fils, qui est sans doute en train de se promener les mains dans les poches, dans un pays lointain, l’a vécu aussi ; tout le monde l’a vécu mais ce n’est peut-être pas un bon jour pour tout le monde. Pour certains, c’est le commencement d’un long chemin de souffrance, pour d’autres, d’un itinéraire passionnant, pour d’autres encore, le début de la gloire.

Pour moi, ce fut un conte de fées, le résultat d’une rencontre improbable entre un regard futé et un regard pétillant, le résultat d’un amour passionné et sincère. Pendant plusieurs mois, j’ai baigné dans une atmosphère feutrée où m’arrivaient des sons assourdis, de la musique, des voix chantantes ; j’étais bercée, au chaud, protégée.

Puis un jour, je me suis sentie comprimée, poussée, une lumière m’a aveuglée. J’étais un peu affolée ; puis on m’a posée sur une peau douce et c’est là que je t’ai vue pour la première fois. Tu me regardais avec amour, des rubans retenaient tes cheveux blonds et j’étais dans tes bras, maman. Si ce jour n’avait pas existé, je n’aurais pas su ce qu’était la vie et combien elle était précieuse. C’est pourquoi je crois pouvoir dire que ce fut le plus beau jour de ma vie.

Gill

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LE PLUS BEAU JOUR DE MA VIE

Le soleil entrait indiscrètement dans la chambre par les volets entrebâillés. Martin ouvrit péniblement les yeux, les frotta, et se mit à détailler les objets qui encombraient les étagères de la petite bibliothèque encadrée par les deux fenêtres. Peu de livres, bizarrement, mais des objets hétéroclites qui semblaient lui conter une histoire. Celle des occupants habituels sans doute, qui avaient libéré la pièce le temps de leurs vacances. Une aubaine certainement pour tante Madeleine qui piochait ça et là quelques petits revenus supplémentaires en hébergeant des touristes de passage.

Martin reluqua un vide-poches en porcelaine de Limoges dans lequel étaient roulés des rubans blancs de diverses longueurs. Souvenirs de mariage, jugea-t-il.

Il tira « Le petit futé » d’un coin d’étagère où étaient entassés divers prospectus concernant balades et patrimoine de la région. Il le feuilleta rapidement, s’attarda sur quelques pages et le remit à sa place. J’aimerais bien savoir où l’on dîne ce soir, ce bouquin présente surtout des boui-bouis.

Je souhaiterais pourtant offrir un repas aux chandelles à Charlotte pour son anniversaire. Mais dans cette putain de région il n’y a que des restos de ploucs. Bon, je vais lui acheter un bijou, puis ce sera la pizzéria. On aura peut-être mieux à faire que de passer une soirée entière à table…

Je pourrai ainsi dire plus tard : « Ce fut le plus beau jour de ma vie ».

Mouty

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