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mardi, 10 juin 2014

La mémoire

En 20 minutes, écrire un poème ou un texte en prose poétique ayant pour thème la mémoire.

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mémoire.jpg

freepik

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            La mer-mémoire glisse sur le sable

            Elle y laisse les signes du temps

            Epaves, fossiles ou fables

             De marins, de sirènes, de Léviathan.

 

            La mer-mémoire te chante

            Ton histoire. C’est celle de tes aïeux

             Avec ses mots qui jamais ne mentent

             Elle emplit un coquillage très vieux.

 

             La mer-mémoire n’oublie rien

             De la préhistoire au monde d’aujourd’hui

              Elle sait tout. Du passé, de demain

             Elle sait tout, et même pourquoi tu vis.

 

                                        La mer c’est ta mère

                                        Et ton sang, c’est le sien.*

 

                    El Pé

*Teneur en sel identique : neuf pour mille.

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Volutes en circonvolution

Cases en ébullition formant la révolution

Soulevant le clapet en corolle

D’où sortent les fumerolles.

Des mots reviennent, s’envolent

Se dispersent puis s’étiolent

D’autres plus hardis, encore endormis

Bondissent, titubants, pantelants, engourdis

Reprenant des pans de notre  passé

Les  regroupant pour en ressortir tout neufs, revivant

Tout joyeux d’être à nouveau  dans le présent

Puis disparaissent pour longtemps.  

Mémoire d’avant mémoire tu fous le camp

Tu m’entraines dans ton néant

Tu te meurs en m’attirant

Inexorablement dans tes pas de perdant

C’est la fin, le bout du chemin

Le terminus d’où jamais on ne revient.  

Rina

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LE TILLEUL

Je me souviens du gros tilleul

Trônant au Jardin des Poètes.

Il flamboyait les jours de fête

Sous le soleil, sur les glaïeuls.

 

Il m’attirait sous son ombrage

Me protégeant des rayons d’or

Du Dieu d’Egypte un peu retors,

Remettant mon cœur à l’ouvrage

 

Pour dénicher rimes à foison,

Trouver des mots en ribambelle,

Me brancher sur des hirondelles,

Des pivoines ou des hannetons.

 

Je ressens encore les caresses

Des rayons de la fin du jour

Qui m’effleuraient avec amour

Les soirs où j’étais en détresse.

 

Le temps qui passe n’arrange rien

Car on a brisé l’existence

De ce tilleul, de son ambiance,

En l’abattant comme un vaurien.

 

Mouty

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Dans les tiroirs de ma mémoire

J’ai rangé tous mes souvenirs.

Il me suffit, pour les ouvrir,

D’un mot, d’un son, d’une odeur,

Alors s’en échappe un rire ou un pleur

Une gaie partie de campagne

Ou un jour de mélancolie

Passé derrière un carreau

A regarder tomber la pluie.

Il en est cependant

Que je voudrais tenir scellés

Mais je ne puis

Ils s’ouvrent sans arrêt.

Ils contiennent tous un souvenir

De ceux qui sont partis

Là d’où l’on ne revient pas.

Ma mémoire me tient tête

Elle conserve la clé

Qui permettrait de les fermer.

Par moment cependant,

Baissant les bras,

Elle me laisse savourer

L’instant présent.

Alors, j’en profite

Car ce n’est peut-être pas

Pour longtemps.

 

Gill

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