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dimanche, 19 janvier 2014

A la manière de Georges Pérec

 

partir

 

« Plaisir d’écrire » vous souhaite

une

très bonne année 2014

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la lettre manquante

En 20-25 minutes, écrire un petit texte ne comportant pas de « E » et commençant par « partir »

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Partir solo, ou à trois ou à dix, mais partir ! Voir l’azur du Sahara, un lion au Congo, un boa constrictor qui dort, voir un magot à Gibraltar, un orang-outan à Sumatra, voir l’inconnu jamais vu jusqu’à l’instant. Parcourir Burundi, Rwanda, Botswana, photographiant à tout va ! Partir, jouir d’un pays lointain, Maroc aux parfums subtils, Mali aux baobabs à griots, Ghana au doux cacao, Rio,  samba,  carnaval.

Mais ici, qu’y a-t-il ? Il y a mon amour, charmant, aimant, rassurant ; Tout pour moi. Alors partir solo, non, mais duo, oui.

Gill

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je me souviens…..

Après avoir cherché plusieurs phrases commençant par « je me souviens », en choisir une et en 20minutes développer ce souvenir.

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partir

wikimédia

 

         Je me souviens… des larmes d’un légionnaire

       30 Avril 1962. Il fait nuit. Ma cousine Marguerite et moi venons de pénétrer dans la cour d’honneur de la Légion Etrangère. A Sidi-Bel-Abbès, comme il se doit. Normal puisque nous vivons dans cette ville depuis notre naissance…

   Nous ne sommes pas venues seules, oh, ça ne risquait pas ! Quels parents inconscients auraient laissé deux gamines de quatorze ans se balader seules dans les rues le soir ? Pas les nôtres en tout cas, terrorisés qui plus est par la folle témérité de leur progéniture ! Entre FLN et OAS, le danger est partout ! Mais nous, les gosses, n’en n’avons cure, bien trop excitées au contraire par l’atmosphère de guerre qui règne depuis plusieurs mois, depuis que la situation s’est brusquement aggravée de par l’affrontement des forces en présence, comme il est dit sur Radio Alger. Au cœur de cette tension, palpable, Maguite et moi nous prenons carrément pour des héroïnes. Tout droit sorties d’un roman d’aventures ou plus exactement d’un de ces magazines illustrés que l’on s’échangeait le Jeudi et qui ne portaient pas encore le nom de « bandes dessinées ». Tout ça pour dire qu’au lieu de jouer les trompe-la-mort ainsi que nous l’avions projeté, c’est dans la 4CV-d’un vert pas du tout militaire- de mon père que nous sommes arrivées, un chouïa un retard vu que la Titine, comme d’habitude, n’avait daigné démarrer qu’au dixième(au moins) coup de manivelle…

      Et il y a un monde fou dans la cour ! ! Ma parole, tout Bel-Abbès s’y est donné rendez-vous ! Pour célébrer sans nul doute ce que tout le monde pressent être le dernier Cameron en Algérie. Cameron, autrement dit, l’anniversaire d’une célèbre bataille livrée au Mexique, au cours de laquelle, un siècle auparavant, des légionnaires s’étaient illustrés en se faisant massacrer, jusqu’au dernier. Honneur de la Légion, elle-même fierté de notre ville.

   Depuis toujours, une retraite aux flambeaux avait lieu tous les 30 Avril, date anniversaire donc, dans les rues . Mais pas cette année, à cause des « évènements ». Voilà pourquoi plusieurs milliers de personnes, pressées comme des sardines, écoutent religieusement le récit de l’épopée héroïque entrecoupé, de temps à autre, par la musique de la Légion.

 Et soudain…Le Boudin. « Tiens, voilà du boudin, voilà du boudin… » Son hymne. Notre hymne. Dont toutefois, et jusqu’alors, les paroles m’ont toujours fait rire. Irrévérencieusement. Mais voilà que tous les bel-abbèsiens se mettent à chanter en chœur. Moi avec, bien qu’un demi-ton au dessus de l’octave requis, mais qu’importe ! D’autant qu’une belle voix grave, toute proche, couvre opportunément la mienne, avec une conviction incroyable. Charmée, je lève les yeux. La voix aux accents de certitude appartient à un capitaine. Et des larmes, un torrent de larmes, ruissellent sur son visage,sans retenue, tandis qu’il chante…

      C’est le 30 Avril 1962 aux alentours de 22heures, que j’ai cessé d’être une enfant en plongeant brutalement dans la réalité. La mienne, et surtout celle des autres. J’ai soudain pris conscience que la guerre n’était pas un jeu mais une innommable saloperie, engendrant des drames, plus horribles les uns que les autres. Le capitaine perdait ses illusions, les gens tout ce qui avait constitué leur existence, et moi, sous peu, ma terre natale. La guerre, ce n’était que souffrances et déchirements, voilà la sinistre vérité. Je restais là, immobile, muette, la gorge serrée, regardant fixement le Monument aux Morts trônant à l’entrée de la caserne- monument pourtant si familier-qui venait soudain de prendre toute sa signification.

          Je ne l’ai plus jamais oubliée, grâce aux larmes d’un légionnaire.

                                                                       El Pé

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Photos Oran
Cette photo de Oran est fournie gracieusement par TripAdvisor

 

Premier vol

Je me souviens de mon premier vol en avion. 1967, achat de mon billet avec un de mes premiers salaires. Direction l’Algérie, Oran pour être plus précise ; pays inconnu pour moi mais accueillant puisque ma sœur, institutrice, mariée à un officier marinier basé pour l’heure à Mers El Kébir, m’y attend. Conditions idéales pour des vacances de rêve.

L’Algérie de cette époque, c’est l’Algérie des premières années d’indépendance, l’Algérie où les Français coopérants sont bien accueillis.

Début du voyage : Orly. Avant même d’avoir posé un pied dans la carlingue, rien qu’à l’idée de me trouver en suspension dans l’air, je suis saisie d’une terrible angoisse. Cette peur insurmontable, irraisonnée et sans fondement va gâcher ce premier vol et m’empêcher d’apprécier ce tranquille voyage de deux heures comme j’aurais pu.

Stressée sur mon siège, à l’affût de tous les bruits, scrutant l’expression de tous les visages qui m’entourent, je m’attends presque à une catastrophe imminente, quand on nous distribue des formulaires à remplir pour entrer sur le territoire algérien : état civil, devises en notre possession et surtout adresse du lieu de notre séjour qu’évidemment, je ne connais pas exactement ; j’indique donc simplement le nom de la ville, Aïn-El-Turk. Puis commence la descente sur Oran et l’avion se pose sans problème. Ouf ! Mon calvaire se termine.

Et bien non, les tracasseries continuent. A un contrôle, un agent étudie ma carte d’identité d’un air soupçonneux, me prie de le suivre dans un bureau vitré où l’on me questionne sur l’objet de ma visite, l’adresse exacte où je me rends, ma profession, kinésithérapeute, mot ô combien barbare à cette époque et dans ce pays, enfin bref,  j’ai l’impression qu’on voit en moi une passagère suspecte et qu’on ne va plus me lâcher. Ne sachant plus que faire, je sens une vague inquiétude m’envahir quand soudain j’aperçois, à travers la vitre, ma sœur qui m’attend. La désignant aux agents inquisiteurs, je leur explique qu’elle et son mari sont coopérants dans le pays et que je vais en vacances chez eux. Après vérifications on nous laisse partir sans problèmes, moi rouspétant et disant : « mais qu’est-ce qu’ils sont chinois par ici ! » et ma sœur me chuchotant : « chut, chut, tais-toi, tu vas nous faire avoir des ennuis ; tu n’es pas en France mais en Algérie ». Oui, c’était la première fois que je sortais de France et je commençais à apprendre qu’ailleurs, on trouvait d’autres usages.

 Je n’ai jamais oublié ce premier vol. Et pourtant, maintenant, quand je passe les contrôles dans un aéroport, je me dis que les précautions de sécurité de cette époque étaient bien anodines par rapport à celles qui ont cours actuellement.

Gill

                                                                

 

 

mercredi, 15 janvier 2014

Noël est passé. Bienvenue à 2014

En 20-25 minutes, écrire un conte de Noël pour enfant ou adulte avec les éléments suivants :

3 adultes dont 2 enfants

4 animaux dont un chat et un chien

3 objets dont une ou des oranges

2 ambiances intérieure ou extérieure

Une saison

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blizzard_296692.jpg

freepik

 

LE MAGICIEN DE LA NUIT DE NOEL

 

Le grand Magicien de la terre fit irruption dans le ciel bleu nuit constellé d’étoiles. Il chevauchait une comète qui allait à la vitesse de la lumière. Il écarquilla les yeux sur la planète endormie - ou qui, du moins - le paraissait. Il avisa une petite maison, blottie dans une clairière enneigée. Des volutes de fumée s’échappaient de la cheminée. Vu de loin, cela faisait penser à un fumeur de pipe. Tiens, se dit le magicien, un petit coin sympathique où je pourrai peut-être me reposer. Il tournoya un peu au dessus de la clairière avant d’atterrir sur un terrain cotonneux.

Il frappa discrètement à la porte. Sans réponse, il frappa plus fort. La porte s’entrebâilla sur un visage buriné de vieil homme qui, fort surpris, l’invita néanmoins à entrer.

-   Venez vous réchauffer : le chocolat est encore brûlant, il vous fera du bien.

Près de la cheminée, pelotonnée sur un fauteuil dans une couverture râpée,  une vieille, l’air hagard, bredouillait des inepties.

Sur un édredon fané, à même le sol, deux enfants, un garçon et une fille, des jumeaux apparemment, étaient assis à côté du livre de contes laissé ouvert par le grand-père.

L’endroit semblait le témoin d’années de misère et de souffrance. Cependant il était rassurant malgré l’éclairage parcimonieux de quelques chandelles. L’âtre crépitait.

Sur le buffet, un bocal où tournaient lentement deux poissons rouges, mettait un brin d’animation dans ce coin un peu sombre. Sur la table, des oranges dans un compotier. C’était rare, mais c’était Noël. Des fruits secs et un pichet de vin complétaient le tableau.

Un chat et un chien, lovés sur un coin de l’édredon, dormaient d’un œil. L’arrivée de l’étranger ne les dérangeait pas. Etranger ? Pas tant que cela car ils savaient, eux…

Dehors, le ciel s’était couvert et la neige tombait à gros flocons. Le vent fouettait les arbres. Sans nul doute, nous étions en hiver.

Tout à coup, la pièce s’illumina. Un sapin étincelant jaillit de l’ombre, comme par enchantement. Des cadeaux enrubannés étaient disposés à ses pieds. Une bonne odeur de soupe chaude et de dinde rôtie envahit les lieux. Miracle d’une belle nuit de Noël !

Le Magicien repartit au petit matin, enfourcha sa comète et disparut à l’horizon.

Mouty

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Vacances de neige

J’y vais, ou je n’y vais pas… J’aime, je n’aime pas… Je peux ou ne peux pas… Réalité ou fiction.

 

En 20-25 minutes, écrire un texte sur ce thème, commençant par

« grâce à toi je suis… »

et finissant par

« …a changé ma vie »

En y introduisant les mots suivants :

Attention / bicarbonate / cartomancienne / déluge / ennui / folie / garrigue / haricots / idéaliste / jeunesse

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Garrigue - Cap Canaille
[Pinède, garrigue et calanques]

                                 Photo : cc by-nc-nd www.Photo-Paysage.com

 

VACANCES DE NEIGE

 

Grâce à toi je suis partie en vacances de neige, ce que j’enviais depuis longtemps. A l’arrivée à la station, j’y trouvai le déluge. Pluie et froid de Sibérie, mais pas de neige. Je crus mourir dans le blizzard. Je m’engouffrai vivement dans le chalet. Une bonne soupe à l’oignon embaumait les lieux et réchauffait le moral. Elle fut suivie de pâté, de haricots au jambon et de fromage. Je doublai ma dose habituelle de bicarbonate.

 

En allant rejoindre ma piaule, mon attention se porta sur une cartomancienne qui avait établi son quartier d’hiver sur une petite table de l’arrière-salle. Je m’arrêtais quelques minutes, le temps de m’entendre prédire un séjour d’ennui, comportant cependant une nuit de folie. Cette entrée en matière me mit le moral dans les chaussettes et je partis me coucher pour rêver de garrigues ensoleillées. Les idéalistes m’en voudront certainement, mais je ne suis plus de la première jeunesse pour gambader dans les éléments déchaînés.

 

Eberluée, je vis rentrer au bercail un groupe d’ados tonitruant des impressions irréalistes à mes yeux. L’un d’eux m’adressa même une appréciation mémorable : « Cette aventure dans l’inconnu a changéma vie ».

 

Mouty

                                                                  

Photos Îles Marquises
                   Cette photo de Îles Marquises est fournie gracieusement par TripAdvisor

 

Entorse providentielle

Grâce à toi, je suis enfin où je veux être. Ma jeunesse idéaliste avait imaginé vingt fois ce scénario, mais je ne l’avais jamais mis à exécution, le pensant impossible.

Il faut dire que lorsque je t‘ai épousée, je ne te connaissais pas bien mais j’étais fou amoureux de toi. Une cartomancienne m’avait prédit une vie de folie, un déluge de bonheur dans un paysage de garrigue empli  d’odeurs de thym et de lavande et je pensais que c’était avec toi que je trouverais tout cela. Aussi quand je me suis retrouvé à éplucher des haricots dans la cuisine, à prendre du bicarbonate pour mes maux d’estomac, à faire attention à tes sautes d’humeur et à mourir d’ennui pendant tes dîners d’affaires, j’ai commencé à avoir des rêves d’évasion qui se sont répétés de plus en plus au cours des années.

Entre les vacances d’été à Ibiza et les sports d’hiver en Autriche, j’ai fini pas abandonner, contraint et forcé, mes envies d’ailleurs.

Et puis il y a un mois, le 29 novembre exactement, je me suis fait une entorse, bêtement. Et voilà, impossible de t’accompagner aux sports d’hiver ! Bye bye neige, ski, hôtel huppé, soirées mondaines, obligé de rester là.

C’est là que j’ai mis mon projet à exécution ; je me suis dit que jamais plus je n’aurais une si elle occasion ; Il faut dire que je t’avais caché que j’avais gagné une assez belle somme au loto, étant prudent. Presque guéri, j’ai acheté un billet pour les îles Marquises, quitté mon employeur et pris l’avion, destination « Tranquillité ».

Et me voici, enfin seul, au calme, entouré d’une nature idyllique, au bord de l’eau, enfin tranquille. Ma mer a remplacé Ta neige ; je suis bien. Ah oui, on peut dire que cette entorse a changé ma vie.

Gill

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jeudi, 09 janvier 2014

Autour de Noël

 

En  20 minutes, écrire un soliloque:

Celui du père Noël / de la mère de famille nombreuse / de l’aîné des enfants / de dernier des enfants / de la grand-mère / de l’arrière grand-mère / de chat / du facteur / ou de n’importe qui d’autre.

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        J’en ai marre, marre, marre ! Quelle plaie cette fête quand on s’appelle Jean Balthazar, qu’on est le fils du Père Fouettard et qu’on est amoureux de Marie Noëlle, la fille du Père Noël.

        D’ailleurs, je ne suis pas le seul. Elle, tout le monde l’aime, évidemment. Tu parles ! Manière de donner un coup de main à son vieux, elle est de tous les goûters du mois de Décembre, belle à craquer croquer sous son petit bonnet rouge à pompons. Tous les gosses en sont fous et veulent lui faire la bise, leurs papas aussi mais les mamans montent la garde, sourire (forcé) aux lèvres, les braves femmes.

          Quant à moi ? A partir du mois de Septembre, j’entame le décompte des jours jusqu’au 24 Décembre, la peur au ventre, et lorsqu’arrive la date fatidique et que mon père, chevauchant déjà sa hyène, me crie d’en bas : « Qu’est-ce-que tu fiches encore, empoté ? Allez, c’est l’heure mon gars, au boulot ! », C’est carrément la colique. Alors je saisis mon martinet et saute sur ma monture-sœur jumelle de l’autre- les yeux rouges et le cœur lourd.

     Parce que la vérité, c’est que moi les gosses, je les adore ! Même les méchants que je dois fouetter à tour de bras la nuit durant, tout en mêlant mes sanglots aux leurs. A propos, où sont les caramels ? Je les ai si bien cachés que je ne les retrouve plus…faut pourtant que je remette la main dessus avant de partir, afin d’en donner aux mômes après chaque correction…Si mon père savait ça, il me tuerait…Ah les voilà !

        J’en ai marre, marre, marre ! Je suis raide dingue de Marie Noëlle et je voudrais l’épouser. Le pire, c’est que si elle me connaissait mieux, elle accepterait, je sens que je ne lui déplais pas, dans le fond. Mais que faire ? Notre histoire, c’est Roméo et Juliette en pire ! En tout cas, tant qu’il y aura un Père Noël. Vu que, selon le ying et le yang, le blanc et le noir ou le bien et le mal pour faire simple, tant qu’il y aura un Père Noël, il y aura un Père Fouettard. Que faire Boudiou que faire ? Faut que je trouve une solution, très vite. « Oui Papa, une minute, j’arrive !! »L’inspiration, vite, l’inspiration ! Ah j’y suis : Je vais tout de suite passer un coup de fil à Jacques Dutronc  pour lui demander de garder désormais les deux paternels avec lui dans son maquis corse. Après tout, c’est lui le responsable non ?

El Pé

                                                                              

 

Seigneur !!! Nous sommes le 22 Décembre et je n’ai encore rien décidé pour notre repas de Noël, que vais-je bien pouvoir préparer pour essayer de satisfaire mes six  diablesses , heureusement que l’arbre a été coupé et installé dans la grande salle ou il trône, stoïque ,  attendant qu’on le garnisse, ce sont les ainées qui vont s’en charger . En ce moment  elles s’activent , découpant , coloriant  sujets et guirlandes qui vont l’embellir, l’illuminer , ce beau sapin , mais reste tant à faire ; d’abord établir le menu , alors je vais prendre un bloc et un crayon  et aller voir les filles qui vont m’aider dans le choix des plats de ce réveillon , bah !   je connais déjà les réponses , je n’ai pas besoin de sortir  de cette cuisine :   tu fais comme pour tous les autres réveillons  non ?  Qui est d’accord pour l’ entrée,  le fameux foie gras fait par mamie , c’est toujours un vrai régal , ensuite la dinde farcie avec ma farce si moëlleuse,  mes filles raffolent  toujours de ces farces, et  le classique biscuit roulé fourré à la crème pâtissière décoré de chocolat fondant dessus , oui , oui,  toutes approuvent en applaudissant ; pour se rafraîchir on terminera par   une grosse salade d’oranges juteuses au vin blanc ça fera glisser le tout , ok  les chéries après avoir fini les décorations préparez-vous à venir donner un coup de main à la cuisine avec moi , trois pour la dinde , trois pour le biscuit et ensembles vous préparerez la salade d’orange ,  à l’attaque pour tout ce qui peut se faire d’avance , il restera la décoration de la grande table , on s’en occupera demain , du temps ,du temps il m’en faut plus et j’en ai si peu , comment vais-je y arriver ! Tiens on sonne , oh  zut,  qui  est l’emmerdeur  qui va retarder ces préparatifs ? j’ouvre et me trouve face à Monsieur le curé , il ne manquait plus que ça , il va encore me parler du toit qui fuit. Entrez mon père , vous avez l’air gelé,  venez je vais nous faire un bon vin chaud ,je vais en boire un aussi moi , asseyez-vous  , je mets une bonne rasade d’armagnac ,  je fais brûler  , goûtez moi ça   mon père ,  ça va  vous   requinquer , je m’écroule plus que je ne m’assois sur ma chaise ,   savourant  ce  breuvage brûlant qui descend  dans ma gorge ,le yeux fermés,  je n’entends rien du discours  plaintif du curé ;  voyons j’ai encore  ça et ça  à faire , quand tout à coup une forte brûlure sur ma cuisse me remet sur pieds illico,  j’essaye en vain de décoller le tissus imbibé de sirop de ma peau , mon père il faut m’excuser mais je dois me changer de toute urgence , il se lève de mauvaise grâce , tentant d’achever son verre, puis d’un signe de tête forcé sort ; je claque la porte , ouf !!!,  essayons de continuer , pas de panique , tout va bien se dérouler, je serai fin prête pour le fameux soir , je vois les visages rayonnants de bonheur des filles , leurs yeux étincelants en défaisant les paquets , il y aura des rires, de la joie ,  des chants et surtout ,beaucoup d’amour dans la maison,  pour ce nouveau Noël.    

 Rina

                                                              


Réveillon glacé

Mais combien de temps va-t-on rester coincé dans les voitures au milieu de ce champ de neige ? Je devais arriver ce soir, dormir dans un bon lit après m’être réchauffée devant la cheminée, et voilà que rien ne se passe comme prévu.

Ah le foie gras ne risque pas d’être trop chaud, il sera d’emblée à la bonne température, c’est toujours cela. Mais les cadeaux, si je n’arrive pas, qui les mettra au pied de l’arbre ?

Impossible de bouger la moindre roue ! Des voitures devant, derrière, sur les côtés, en travers ; ces chutes de neige impressionnantes dont la soudaineté et l’abondance ont surpris tout le monde vont perturber cette veille de Noël et il y aura bien des retardataires au réveillon. Je me demande même si nous ne devons pas nous préparer à la passer sur l’autoroute ; autoroute du soleil, tu parles !

Je n’ai jamais autant regretté la douceur du foyer, l’odeur de la volaille, les fruits déguisés où la pâte d’amande sucrée et colorée cohabite si joliment avec les noix et les dattes. J’imagine avec envie le sapin majestueux, paré de mille feux, de boules scintillantes, de guirlandes argentées ; je vois avec envie les cadeaux s’étaler à son pied. Je suis même nostalgique, en commençant à avoir les pieds gelés, de cette année ou Minou avait tant joué avec la crèche qu’il avait envoyé valser les santons aux quatre coins du salon.

Tiens, qui sont ces gens qui s’approchent ? Mais ce sont des bénévoles de la Croix-Rouge qui viennent distribuer des boissons chaudes. Et bien, on n’est pas sorti de là. Je vais me résoudre à téléphoner pour annoncer le retard des cadeaux. Et encore, faut-il avoir du réseau !

Gill

                                                                

SOLILOQUES DU PERE NOEL

Le Père Noël : Fouchtri de fouchtra ! Ils n’ont pas encore ramoné leur cheminée ! La prochaine fois, je fais demi-tour avant d’y entrer, d’autant plus que je n’ai aucun plaisir à offrir des cadeaux à ceux qui n’en n’ont rien à foutre ! Au petit dernier peut-être qui écarquille encore ses yeux à l’idée d’une surprise. A l’ainé des enfants ? Pfff ! Il attend sa console new-look, sachant pertinemment que je n’ai plus les moyens : il a depuis longtemps un œil dans les secrets familiaux le bougre ! Se doute-t-il pourquoi depuis un mois on ne mange plus que des pâtes à la maison ? A la mère au regard avachi qui attend sa machine à laver depuis des lustres, n’ignorant pas qu’il lui faudra attendre au moins un an de plus… A la grand-mère ? Je vais peut-être bien lui laisser deux pelotes de laine pour tricoter des chaussettes : il faut bien qu’elle s’occupe ! Quant à l’arrière grand-père, je vais lui laisser une pipe. Il n’en n’a plus pour bien longtemps à l’utiliser. J’irais jusqu’à supposer qu’il en a tout juste de quoi finir son paquet de tabac…

Quelques câlins pour le chat, c’est tout ce qu’il demande ; son ronron me réconforte. Quant au chien, brave bête, son regard profond, ses oreilles dressées et ses battements de queue me prouvent que je suis dans son cœur. Ces deux-là sont dans le mien aussi. Je repars le cœur léger, sachant qu’il existe encore des êtres désintéressés sur la terre.

Ciao ! A l’année prochaine… peut-être.

Mouty

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Métier de cinéma

 

 Vous exercez un métier de cinéma – réalisateur, caméraman, acteur….etc. Quel film aimeriez-vous tourner ? 20-25 minutes pour écrire un texte sur ce thème.  Vous pouvez parler de vous ou d’un personnage de votre choix ou encore d’une personne célèbre.

Inclure dans le texte les neuf mots suivants :

Sourire   astuce   anticonstitutionnel   bureau   quant   attaque   muguet   rythmique   kangourou

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JE M’VOYAIS déjà


Star ! Je m’voyais déjà… et j’y suis !

Finies les corvées dans un bureau exigu ! Quant à mon chef au regard douteux, finies les mains baladeuses ! Je craignais tellement ses attaques et ses fourberies que je ne vivais plus. Le matin même où je reçus l’avis d’engagement par la Société « Films Jean PASSE », il avait encore déposé un bouquet de muguet près de l’écran de mon ordinateur.

Le soir, je lâchai mon local confiné avec soulagement pour mon cours de rythmique, ravie d’être, dès la semaine prochaine, aux confins de la planète pour le tournage.

L’Australie me fascinait depuis longtemps pour ses grands espaces, ses kangourous et ses koalas.

J’adressai un radieux sourire à mes collègues pour accompagner mon geste d’au revoir, tout en réfléchissant à l’astuce qui me permettrait de sécuriser ma valise en l’absence du cadenas égaré.

Le lendemain, je pris la route de l’aéroport. La circulation était dense et quelque peu désordonnée. Une manifestation occupait bruyamment le pavé. J’aperçus une partie de banderole portant le mot « anticonstitutionnel ». Des étudiants apparemment. Plutôt tièdes ! Visiblement, ils n’avaient pas connu Mai soixante huit !

Vivement le bout du monde et les aventures de Jane que j’aurai le plaisir d’incarner auprès d’Arnold Schwarzenegger.

 

Mouty

                                                                    

 

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Caméraman,

J’ai toujours voulu  être Caméraman ; j’en ai rêvé depuis ma petite enfance ;  métier qui fait voyager,  filmer les oiseaux , les observer,  en apprendre le plus possible pour mieux les connaitre  bien sûr ; l’astuce qui  me fait sourire aujourd’hui ; exercer le métier de  Caméraman,  mon bureau, monter une toile de tente en pleine nature,  les forêts sont tout indiquées pour cela , pas toujours en France, non,  où l’on trouve du  muguet, mais les forêts d’Asie ou  d’Afrique où l’on peut les camoufler sans soucis en les recouvrant de feuilles,  branches ou mousses  permettant une protection complète pour éviter d’effrayer les oiseaux  mais aussi contre  une attaque de  fauve  qui chasse la nuit ou  tout autre animal curieux comme un kangourou pouvant faire chuter les caméras au sol . Les débuts n’ont pas été faciles,  les Pays Etrangers ont  eux aussi des lois et des règlements qu’ils faut respecter  si on ne veut pas être traité de personne  anticonstitutionnelle ;  tourner un film haut en couleur,  la vie au quotidien des oiseaux, c’est passionnant ; de très longues attentes,  mais le rythme se prend rapidement ,  aussi   quand on cadre la caméra sur un gros plan,  la morphologie,  la couleur du plumage , apport de nourriture , becquée des oisillons piaillant becs grands ouverts où descend la pitance rapportée par l’un des deux parents,  instant sublime d’un grand bonheur,  magie vivante  d’un moment unique, lieu de vie si riche  de diversité encore inconnue,  comment se lasser !   Même la chaleur tropicale qui poisse et colle vos vêtements à la peau,  les trombes d’eau s’abattant sur votre tente,  noyant tout sur le sol, seront compensées par la chaleureuse gentillesse des villageois   vous donnant une   envie toujours plus grande pour continuer ce beau métier.       

Rina

                                                                                       

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Cinéma et monde animal

J’étais un enfant sérieux, très doué pour les mathématiques, les sciences physiques, la biologie ; j’étais patient, opiniâtre, je pouvais rester des heures à observer un brin de muguet posé sur mon bureau pour voir si ses clochettes allaient s’ouvrir ; quant à mon avenir, il était tout tracé : je serais chercheur. Je n’étais pas contre cette idée. La seule chose que je détestais, c’était le Droit. Je ne me voyais pas employer le mot « anticonstitutionnel » toute la journée.

Cependant, j’avais une passion, le cinéma. J’avais envie de vivre la caméra au poing et de partager mes expériences avec le plus grand nombre ; à force de persuasion, je finis par emporter l’adhésion de mes parents et intégrai l’HIDEC.

Frais émoulu de cette prestigieuse école, je me lançai alors dans le documentaire animalier, mon autre passion. Au cours de mes nombreux voyages j’eus la chance de filmer le sourire des hyènes en Ethiopie, l’attaque des lions au Kenya, la rythmique des hordes de singes dans la forêt équatoriale. A force d’astuces, je réussis même à filmer l’entrée d’un petit kangourou dans la poche maternelle : un pur émerveillement.

Mais mon meilleur documentaire, ce fut sans conteste le sauvetage de ce lionceau blanc, blessé, que j’ai filmé mois après mois, jusqu’à ce qu’il devienne un grand et magnifique fauve. Il vit maintenant dans une réserve, protégé du plus redoutable des prédateurs, l’homme, la rareté de son pelage attirant les convoitises et mettant en péril la survie de son espèce. Ce film, « la Renaissance », a été primé à Cannes, vous vous en souvenez sûrement.

Quand je me suis retrouvé un César à la main et que j’ai pensé que j’aurais pu passer ma vie derrière un bureau, je me suis demandé si c’était bien moi et j’ai réalisé à cet instant, que j’étais l’homme le plus chanceux du monde.

Gill

                                                              

 


                    

 



les avions insolites

 

 Des images d’avions insolites sont proposées

Après en avoir choisi une, en 20-25 minutes écrire un texte inspiré par cette image : récit, dialogue ou conversation entre les différents éléments composant l’image.

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Mouty a choisi une image représentant un avion hilare

 

LES DENTS DE L’AIR

 Je ris sous cape. Vous pensiez à un sourire bienveillant ? N’en croyez pas votre première impression ! En réalité je suis les dents du ciel, avaleur de kilomètres, dévoreur d’espace. Je suis le roi des airs et des aérogares. Je suis l’ogre, engloutisseur de passagers qui s’engouffrent innocemment dans mes entrailles, ne voyant pas ma gueule entrouverte, prête à mordre, à dépecer, à mastiquer. J’en impose à tous, chipant la vedette au pilote que l’on n’aperçoit même pas, encabané dans le cockpit.

Je n’imagine plus la terre, je la domine, irréelle sphère bleutée aperçue dans les trouées des nuages cotonneux.

Je me plais à narguer mes collègues plus petits, ne transportant pas la moitié de ma contenance, pantouflards de l’aviation d’avant ce siècle et qui semblent fiers de leur train-train.

Je dédaigne les petits teigneux de l’armement qui se permettent des clins d’œil en faisant mine de me frôler.

Je me délecte du soleil, de l’air vif, de l’horizon sans limite.

Je ne crains rien ni personne, si ce n’est le tarissement des puits de pétrole et la négligence humaine qui peuvent contraindre mon avenir.

En attendant, je savoure ma liberté.

 Mouty

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Rina a choisi une image représentant un avion sur lequel est peint un oiseau

Avion oiseau

Mes couleurs chatoyantes attirent les regards très haut dans le ciel, je suis admiré  avec étonnement car je vole en silence ; piquant droit dans les nuages , telle une fusée dirigée  par les seuls mouvements de ma queue  qui  se dresse, tourne suivant les courants du vent , mes ailes petites mais vigoureuses  accompagnant vaillamment l’hélice,  tournoyant , essayant de modérer la vitesse , la stabilisant au bon moment ; c’est si pratique d’être un avion oiseau , sans  le vrombissement des moteurs ;  je fais planer mes passagers, heureux,  ne se lassant pas d’éloges sur mes prouesses artistiques ; mon plumage lissé par l’air vif subit des changements variables en couleurs qui les enchantent, faisant fuser des cris de joie  dans ma carlingue ;  attention, un trou d’air se présente, ça va secouer un peu,   mais je suis le champion d’atterrissage ; avec moi,  pas de panique, mes pattes faisant   office de roues savent moduler tout en douceur la sortie ; se dépliant délicatement, allez, un petit virage pris avec brio par ma queue et je me pose accompagné par la course de mes pattes sur  le tarmac, qui arrivent à faire ralentir la vitesse  puis stopper net ;  atterrissage plein de panache  très applaudi !!!

Rina

                                                                      


 

Gill a choisi une image représentant un éléphant tractant un avion


Dépannage insolite

- « Bonjour mesdames et messieurs, c’est le commandant de bord qui vous parle. Bienvenue à bord du vol 799 Paris-Bombay. La température au sol est actuellement de 1°, le temps est clair. Je vous souhaite un excellent voyage »

- «Bon, ça y est, le maître à bord est prêt au départ ; à moi d’entrer en scène avec assurance. Un fringant et puissant 747 comme moi se doit d’accomplir un voyage net et sans bavures ; c’est parti. Je roule tranquillement, un peu d’attente au croisement,  réacteurs à pleine puissance, accélération et hop décollage élégant, moment certes délicat, mais sans problème pour moi. Ascension, puis repos ; je vais pouvoir me détendre un peu avec la vitesse de croisière et le pilote automatique. Allez un petit somme pour être frais et dispo à l’arrivée  »

- « Votre attention s’il vous plaît, mesdames et messieurs ; nous allons amorcer notre descente sur Bombay. Veuillez relever vos sièges et attacher vos ceintures »

- « Ah c’est à moi ! Allez, paré pour un arrivée en douceur. Pas de panique, je suis l’as des atterrissages, le meilleur vous dis-je. Faisons vite, commandant car je commence à me geler les ailes »

Pout, pout, pout, out, out… « Mais qu’est-ce que j’entends, un réacteur en panne. Zut, mon atterrissage sans bavures est compromis et je vais être la risée de l’aéroport. J’espère que le commandant va assurer. On descend trop vite, j’ai peur, aïe, aïe… »

Cling, cling, cling, crich, crich… « Est-ce que je suis entier ? Mes ailes, mon nez, ma queue ? Et oui, je suis entier, rien de cassé, pas de blessés parmi les passagers, mais je suis en panne, tout est kapout, je ne peux plus bouger, quelle honte !! »

- « holà mon ami, vous semblez avoir quelques problèmes ? »

- « Mais qu’est-ce que c’est que ce drôle d’animal, grosses pattes, grand nez qui n’arrête pas de bouger, petite queue et oreilles en chou-fleur ; Que me veut-il ? »

- « Je viens vous dépanner très cher. Je ne sais pas si vous en avez conscience, mais vous encombrez la piste et ne pouvez rester là. On est à Bombay Monseigneur, je suis un éléphant sacré et c’est mon rôle de faire la circulation sur les pistes. Ne vous inquiétez pas, en moins de temps qu’il n’en faut pour le dire, vous serez dans un hangar pour un check up et en ressortirez bientôt en très grande forme »

Et, attelé au nez du 747, Jumbo se met à tirer la grosse masse du jet, et tranquillement mais sûrement,  semblable à l’Abeille Bourbon assistant un pétrolier en détresse, il se met en devoir de l’amener à bon port.

- « Quelle honte, quelle honte ! Moi, le roi du ciel à la merci d’un pachyderme qui, de surcroît, a l’air de se moquer de moi. C’en est fait de ma réputation ! »

On devinera, bien sûr, la morale de cette histoire : « soyons humbles car notre salut, un jour, viendra peut-être d’un plus petit que nous »

Gill