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samedi, 15 juin 2013

Arrêt sur image

 

Quinze minutes pour commenter une image à choisir parmi celles étalées sur la table.

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bateaux mouty.jpg

aquarelle d'André Mahu

 

 

LA VIEILLE BARQUE

La barque était là, depuis des années que Victor ne comptait plus, arrimée au bord de la petite plage. Victor, maintenant cloué dans un fauteuil roulant, la voyait dépérir de jour en jour. L’écaillement de la peinture et l’érosion du bois accompagnaient la désagrégation lente de ses neurones fatigués.

Les maisons de l’autre rive disparaissaient doucement aussi. Il gardait pourtant en mémoire les jeux de son enfance, près du cimetière, derrière l’église. La maison de sa petite Fadette s’évanouissait également. Les arbres, jadis valeureux combattants, dégoulinaient de vieillesse sur les pentes autrefois fleuries de genêts et de bruyères. Aujourd’hui, des ronces… De l’abandon. Abandon de la vie. Victor l’abandonnerait aussi sans tarder. Il en avait assez.

Mouty

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phaco gill.jpg

Afrika  phacochère

 

 

Différence

Oh, je crois que je suis un peu perdu ; j’ai traîné en arrière pour brouter un peu d’herbe et je ne retrouve plus les miens. Et bien ils ont dû prendre de l’avance, je vais courir pour les rattraper.

Tiens, je les entends. Mince, ce ne sont pas eux, c’est un troupeau d’éléphants. Je vais aller leur dire bonjour, ils m’aideront à retrouver les miens.

« Bonjour les amis ! Quoi mon nez, qu’est-ce qu’il a mon nez ? Ah bon, il est trop large, trop gros, pas assez long comme le vôtre. Et bien, non, je ne peux pas prendre de l’eau avec le mien pour m’arroser mais au moins, je ne risque pas de me prendre les pattes dedans. Et je n’ai pas les défenses dans le bon sens, vers le bas et l’avant, comme vous ! Et bien moi, au moins, je peux repousser les branches avec les miennes quand je passe dans les hautes herbes. Et mes oreilles sont trop petites ! Evidemment, elles ne ressemblent pas à des feuilles de choux, comme les vôtres, ne me tiennent pas trop chaud et leur petitesse les rend si agiles que je peux entendre le moindre bruit venant de toutes les directions.

Bon, si je comprends bien, vous ne voulez pas de moi dans votre groupe car je suis différent. Et bien, je m’en vais, je me débrouillerai seul ».

Et lentement, tristement, je m’éloigne en me disant qu’il est bien difficile de s’intégrer quand on n’est pas dans les normes.

Gill

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bateaux rina.jpg

aquarelle d'André Mahu

 

 

Les petites barques  avancent légèrement , secouées , soulevées  par les vagues ; voiles gonflées , elles paraissent vouloir se heurter tellement elle se rapprochent l'une de l'autre , mais  bien vite elles se stabilisent  sous l'effort du barreur qui tire de toute sa force sur le cordage de la voile, pour les rediriger doucement plus loin ;les nuages colorés se mêlent au bleu des flots , se confondant même à lui , on croirait voir un ballet dansant sur l'eau mouvementée , que je m'amuse à regarder , admirative, du bord de la plage ; j'aime à me laisser emporter loin, ma pensée s'égarant, divaguant,  se perd entre ces barques qui, arrivant sur la plage , seront tirées tout près de moi, au sec , me faisant ouvrir le coin d'un œil , puis replonger , rêvassant , somnolente , sous le chaud soleil  de ce coin paradisiaque .

Rina

                                                                                  

 

 

fille liliane.jpg

Maya à la poupée  Pablo Picasso

 

 

 

         C’est l’histoire d’une ambivalence. Celle d’une petite fille partagée entre son désir de tendresse et son désir de vengeance, avant que la peur ne la saisisse, brutalement.

Pourquoi ?

Son parrain vient de lui ramener d’Angleterre une poupée. Ou plutôt un poupon. Comme il est beau vêtu de son costume marin ! Craquant en vérité !

Mais il ressemble trop à son petit frère.

Alors la fillette a peur, car elle sait ce qu’elle va faire.

Elle va jeter le joli poupon par la fenêtre de sa chambre, le regarder tomber tout au long des cinq étages et finir éclaté sur le trottoir. Après…

Elle a peur parce qu’elle sera grondée et sévèrement punie. Sûrement même fouettée.

Mais elle sourit cependant. Car ni Papa, ni Maman, ni ce parrain si généreux ne sauront qu’elle vient de sauver la vie de son petit frère.

                                                                                                              El Pé

                                                                                          




 

 

Incipit: "La marquise..............."

 

 

En vingt minutes, écrire un texte commençant par cette phrase :

« la marquise quittait son hôtel à cinq heures »

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 Wikimédia  Cannes  La Croisette  Par Gilbert Bochenek

 

 

 

LE JOGGING DE LA MARQUISE


La marquise quittait son hôtel à cinq heures. Son réveil la tirait du lit avant l’aube. Son rituel était alors immuable. Après avoir jeté un regard alangui sur le ciel de lit qui la surplombait - il faut dire qu’il était agrémenté d’un grand miroir circulaire orné de fresques coquines - elle ouvrait sa porte-fenêtre encadrée de rideaux de satin broché et allait prendre quelques grandes aspirations sur son balcon en admirant la Croisette où brillaient encore les réverbères en attendant les premières lueurs du jour sur la mer ambrée. Elle se faisait elle-même une tasse de thé - du Royboss -  et le savourait à petites gorgées en regardant changer doucement la couleur des flots, virant sur l’oranger puis l’azur.

La marquise enfilait alors son jogging et ses Adidas de marche sportive, et, à cinq heures pile, elle franchissait le seuil de l’hôtel pour aller courir le long de la Croisette en revenant par la plage. A cette heure-ci, les lieux n’étaient pas trop encombrés, mis à part quelques fêtards pour la couleur locale.

La marquise aimait faire sa course quotidienne au lever du jour qui transformait les couleurs et les ombres et amenait doucement les bruits de la ville qui s’éveille. C’était sa mise en train. Aller faire du sport en salle n’était pas sa tasse de thé justement. Elle préférait l’espace et la brise légère des journées qui s’annonçaient ainsi favorables à son bien-être. Son jogging était une partie indissociable de sa vie. Après son heure sportive, elle rentrait épanouie à son hôtel, bluffant le personnel de service qui la saluait obséquieusement.

 

Mouty

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photo libre

 

 Espoir du matin


La Marquise quittait son hôtel à cinq heures, hiver comme été, invariablement. Son habillement  changeait à peine, car dans ces îles du Pacifique, la température ne varie pas beaucoup au cours des saisons. Un paréo drapé autour de la poitrine et des samaras aux pieds, elle partait pour le bord de mer, à une petite demi-heure de marche. Elle n’était pas peureuse du tout car il faisait nuit jusqu’aux alentours de six heures ; mais qui aurait pu lui vouloir du mal  dans cet endroit.

Ce qu’elle aimait par-dessus tout, c’était voir le soleil se lever sur l’océan encore sombre ; Cette lueur pâle, s’éclaircissant petit à petit, ce halo doré, à peine visible, s’élargissant de seconde en seconde, ce disque sortant de l’horizon puis montant vers le ciel, embrasant l’infini, éclairant de sa chaude lumière, réchauffant les corps et les âmes.

La Marquise restait là, assise, contemplant cette merveille de la nature. Vous vous doutez bien que ce n’était pas une vraie marquise. En réalité, cette marquise-là n’était pas une cliente mais elle était propriétaire du seul hôtel de l’île, une magnifique construction ancienne, et descendante d’un marquis  portugais dont un ancêtre avait découvert l’île. On disait que l’épouse de ce portugais lui ressemblait beaucoup, d’où ce surnom de « Marquise ».

Et savez-vous pourquoi on la voyait là, immuablement, tous les matins ?  Parce qu’à part le lever de soleil, qu’elle voyait comme l’espoir, elle attendait l’arrivée d’un bateau, d’un canot, d’un radeau qui lui ramènerait l’homme qu’elle aimait et qui s’était volatilisé après être parti pour un voyage en mer, il y avait déjà dix ans. Elle ne pouvait croire à sa mort et attendait là jusqu’à sept heures tous les jours. Après, elle repartait sans perdre une once d’espoir, en se disant ; « demain, il sera là, demain ».

Gill

 

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 François Boucher  wikimédia



La MARQUISE Quittait son hôtel à Cinq Heures , juste au moment ou Mr le MARQUIS sonnait à la porte d'entrée ; il ne risquait pas de se croiser car  Isabelle, la ravissante Marquise de Chaudron , pour la nommer, était sortie par une porte donnant sur une ruelle à l'arrière de L'hôtel particulier des Chaudron ; Joseph , le valet, courut ouvrir  et voyant se matérialiser la silhouette du Marquis devant lui , eut un petit mouvement de recul , vite réprimé ; c'était exceptionnel pour le Marquis de rentrer si tôt , il sentit que quelque chose clochait mais sut rester impassible .

 « Joseph dit -il , je monte à mes appartements , vous m'y apporterez mon dîner s'il vous plait .

-Monsieur est-il souffrant ?

-Euh !!!! non , non , tout va bien Joseph »

dit le Marquis s'esquivant rapidement , un peu trop vite au goût de Joseph ,il avait remarqué le visage au traits tirés du Marquis et son dos vouté comme ployant sous le poids des ans , il savait qu'il ne pourrait pas prévenir Madame la Marquise de ce retour impromptu, ne sachant pas évidement où elle passait tous ses après midi , car ISABELLE était jeune et rester tous les jours dans ce grand hôtel si silencieux ne lui convenait pas du tout , elle aimait s'amuser et aurait aimer y donner de brillantes soirées , le faire vivre, le voir s'illuminer avec les somptueux lustres accrochés au haut plafond ; elle rêvait d'entendre la musique qui ferait tournoyer au son d'une valse les jolies femmes , leur traîne soulevée d'une main , la tête penchée, les yeux dans les yeux  d'un beau partenaire .

Elle se voyait dans les bras de Charles, Charles  qui était fou d'elle, de son corps svelte, qui lui passait tous ses caprices , vous avez compris que ce Charles était son amoureux , depuis longtemps déjà, car le Marquis était bien gentil mais si vieux et  le bruit et surtout, la musique, les fêtes , tout cela l'ennuyait tellement , il préférait passer tous ses après midi, sa petite sieste terminée, dans son club, rejoignant ses chers amis, aussi déprimants et grognons que lui , à jouer au bridge ;il ne rentrait que fort tard dans la nuit et sitôt couché, Isabelle savait qu'il s'endormait comme une masse , elle s'était assurée de la profondeur de son sommeil plusieurs soirs de suite , avant de commencer ses sorties nocturnes , collant l'oreille contre la porte de sa chambre ,entendait les ronflements sonores qui lui procuraient un sentiment de sécurité , elle était tranquille ; alors la belle Marquise s'était organisée ; avec l'accord de Charles, c'est à son Hôtel ,chez lui , qu'elle les faisait, les fêtes , si joyeuses avec de nombreux amis, tous gais et aimant tant rire et s'amuser ; aussi à chacun de ses retour, elle se glissait sans bruit, sur la pointe de ses pieds déchaussés , jusqu'à sa porte de chambre  qui était toujours fermée ,mais  l'huis bien huilé  s'ouvrait sans bruit ; de toute façon depuis longtemps déjà  le Marquis avait aussi délaissé la chambre  de sa si jolie Marquise mais cela n'empêchait pas le pauvre Marquis  de ressentir l'aiguillon de la jalousie le piquer , et se doutant que sa jeune épouse le trompait ; il s'était renseigné , à présent il allait la surprendre , lui demander des explications  ce soir même , ce pourquoi il était rentré si tôt .

Isabelle ne se doutait de rien, confiante , elle fit comme à son habitude, se déchaussa , marcha tout doucement jusqu'à sa porte, et  au moment ou elle introduisait la clé dans la serrure , il surgit devant elle, tel un spectre, allumant toutes les lumières ;elle poussa un cri strident ; « vous mon ami , mais comment , pourquoi, devant ma porte , si tard ? Etes-vous souffrant ?  Le Marquis furieux était livide , il voulut s'avancer , menaçant, vers elle,  lui crier toute sa colère, mais ne put ; aucun son ne sortit de sa gorge , seul un cri puissant s'éleva dans l'air, ses bras se tendirent puis  il s'affaissa au sol comme un pantin ; terrifiée la Marquise était incapable de bouger , mais tout ce bruit avait réveillé le personnel  qui accourait ; se penchant sur le Marquis, le maitre d'hôtel le premier  posa son oreille à l'emplacement du cœur et, constata qu'il ne battait plus ; « Madame la Marquise , Monsieur est mort »  dit-il ,se courbant vers elle ;son cœur a cessé de battre ; blême, Isabelle le regarda  sans avoir l'air de comprendre , puis d'un seul coup elle réalisa et donna toutes les directives pour le transporter dans ses appartements , et appeler le médecin qui devait certifier le décès ,tout n'était à présent qu'une question de temps , de patience ; qu’y pouvait-elle, si son vieux mari , sous le coup d'un forte colère , avait cessé de vivre , il était si vieux et si fatigué, c'était tout à fait normal pour elle ; à présent, se dit-elle, je vais pouvoir enfin vivre à ma guise ,  faire des fêtes autant que je voudrais ;mon ami , je pense à vous avec tristesse , je vous dois beaucoup , mais la vie est si courte savez- vous  !!!!!!!!!

Rina

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Penguins in the zoo of vincennes

wikimédia

 

     La marquise quittait son hôtel à cinq heures. Vêtue d’un imperméable kaki et de bottes en caoutchouc assorties, nul n’aurait pu deviner son titre, et pourtant ! Pourtant elle descendait d’une des plus grandes familles de France, n’en déplaise aux Sans Culottes demeurés parmi nous (moi-même, il y a de cela quelques jours, j’ai chanté « Ah ça ira » avec une telle ferveur que j’en ai eu les larmes aux yeux mais là n’est pas le sujet), d’une des plus nobles familles Ventrebleu !

     Noblesse de sang : l’un de ses ancêtres avait participé aux Croisades avant de mourir de la peste à Tunis, près de Saint Louis, mais l’évènement le concernant avait été beaucoup moins médiatisé, bien sûr.

      Noblesse de Cour : un autre ancêtre, un peu plus récent celui-là, avait eu l’honneur de vivre à Versailles dans une chambre ressemblant à une cage à poules, et qui en avait d’ailleurs l’odeur. Mais diantre quel honneur lorsque Le Roy (Louis XIV en l’occurrence), daignait l’inviter à une partie de piqué, en soirée privée. Sa vie en était illuminée durant des semaines à ce cher marquis…

     Noblesse de bouchon enfin puisque son vin de Bordeaux ultra millésimé provenait de vignobles prenant naissance en bordure des Landes et avaient vu le jeune Mauriac gambader en culottes courtes parmi les pieds de vigne, lorsqu’il était invité pour les vacances au Château.

  C’est vrai, on aurait plutôt vu sortir la marquise en tailleur haute couture et prendre place dans une limousine noire dont le chauffeur, casquette à la main, maintiendrait ouverte la troisième portière droite.

   Mais que nenni. La marquise, chaque jour que le Bon Dieu fait, été comme hiver, toujours vêtue de la même façon, quittait à dix sept heures son hôtel,  particulier et avec vue sur le bois de Vincennes.

    Munie d’une glacière en plastique bleue, elle s’acheminait alors vers le zoo, passait les portes, saluée par les gardiens qui la connaissaient bien…puis elle marchait droit vers le bassin où s’ébattaient phoques et otaries, y pénétrait, s’arrêtant toutefois quand l’eau atteignait le haut de ses bottes et là…

      La marquise lançait des sardines à ses charmants pinnipèdes qui accourraient vers elle avec de joyeux barrissements et moult applaudissements de nageoires. Elle lançait des sardines et récitait des vers.

                                                    El Pé

                                                                                                                      

 

 

La lettre qui change tout

 

Trouver des mots qui,  en changeant une lettre, donne un nouveau mot

 Choisir un couple de mots  pour soi,  donner deux couples de mots à sa voisine

 En 25 minutes, écrire un texte sur un thème tiré au sort, en y incluant les six mots retenus

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freepik



INONDATIONS


La mer s’était colorée d’ocre apporté par les eaux boueuses des petits fleuves côtiers qui érodaient leurs rives et débordaient sur les terres argileuses ou ferrugineuses.

J’avais dû arrêter ma voiture devant un mur de sacs de sable empilés au travers de la route pour endiguer les flots. Je descendis de ma Deudeuche dont le plancher laissait déjà passer des jets de flotte à l’aspect inquiétant. Sur un tertre voisin, un âne en train de braire me fendit le cœur. Je ne pouvais rien pour lui. Après tout, il pouvait monter le versant situé derrière son are de terrain au lieu de rester planté sous son arbre.

Un paysan, juché sur son tracteur, fut le bienvenu. Les roues de son engin ne craignaient pas les cinquante centimètres d’eau recouvrant cette route souvent inondable. Il avait l’habitude. Cela arrivait pratiquement tous les ans depuis quelques décennies. Il eut tôt fait d’arrimer ma voiture à son tracteur bien que ce fut tout un art : ma Deudeuche avait l’esprit d’indépendance et ses pare-chocs n’avaient plus la solidité d’implantation d’une prime jeunesse. Il parvint néanmoins, malgré force soubresauts, à la tirer vingt mètres en arrière, pratiquement au sec.

Après les remerciements et civilités d’usage, je remontai dans mon carrosse qui redémarra derechef. Quelle fidèle compagne ! Bonne pour le musée me direz-vous ? Que nenni ! Nous avons encore quelques années devant nous, elle et moi, pour en faire usage et peut-être vivre encore quelques aventures…

 Mouty

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inondations,paysan,biens,mal,acquis,village,cirque,panthère                                         wikimédia  Par Évrard Bapst, Frédéric Bapst


Biens mal acquis...

Le train avait du retard en arrivant à Paris, et pourtant j’étais parti au chant du coq pour être sûr de ne pas le rater. Le trajet en bus s’était passé sans problème, arrivée à la gare pile à l’heure, et voilà qu’à cause d’un abruti qui avait décidé de terminer là son passage sur terre, sous les roues de MON train, je me retrouvais avec six heures de retard sur l’horaire prévu. Mon manque de chance me laissait coi et je commençais à rire jaune. Qu’est-ce que j’allais faire ? Il n’était plus question de prendre le RER pour aller à Roissy puisque mon avion était tout juste raté et mon rendez-vous avec sa majesté Bogada III, riche Empereur du petit état bien connu d’Afrique Centrale,  bien compromis. Je n’allais pas pouvoir lui fournir le diadème d’émeraudes et de diamants destiné à son épouse préférée, la plus jolie et la plus jeune de ses 32 femmes.

Qu’est-ce que j’allais devenir ? J’aurais beau lui dire, avec une profonde révérence et de la manière la plus obséquieuse qui soit : « Sire, je suis vraiment désolé de ce malheureux contretemps », il ne voudrait rien entendre et me ferait jeter à bas de son Palais, dans ces horribles prisons où l’on meurt de faim et de soif dans le meilleur des cas, ou pire, dans un raffinement de cruauté dont l’idée me faisait déjà dresser les cheveux sur la tête de frayeur.

Et bien, m’étais-je dit alors, puisqu’inexorablement je me dirige vers ce triste destin, je veux profiter de mes derniers jours de liberté et de vie. Aussitôt pensé, aussitôt fait ! J’allai vendre le diadème et avec tout cet argent, je fis une fête énorme, visitant tous les lieux de plaisir de la capitale : Maxim’s, la Tour d’Argent, le casino de Paris, Pigalle et ses petites femmes, jusqu’à avoir tout dépensé dans des achats aussi onéreux qu’inutiles dans mon état : montre en or, Lamborghini, appartement aux Champs Elysées….etc.

En fin de compte, ruiné mais environné d’une sereine inconscience,  j’étais prêt à prendre l’avion, le lendemain, pour aller affronter mon destin, quand la radio annonça à mes oreilles stupéfaites : « de notre correspondant en Afrique : il ya une heure, l’empereur Bogada III a été renversé par un coup d’état ; Sa tête est exposé au bout d’une pique devant le Palais. »

Alors, avec un ouf de soulagement, je me préparai à jouir béatement et sans états d’âme, de mes biens si malhonnêtement acquis !

Gill

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Petit village de campagne tranquille avec ses quelques cinq cent âmes paisibles où nous voulions passer un week end de découverte , laissant l'autoroute si monotone , nous prenons un petit chemin bordé de chênes centenaires magnifiques , et le voilà au loin qui apparait, le village, niché dans la verdure , montrant ses toits de tuiles rouges et  ses balcons fleuris ;  on commence à entrevoir sa petite place où l'on entend le glouglou rafraîchissant , mais une surprise de taille nous fais ralentir ,  « regarde , la route est carrément barrée » dis-je à mon mari ,on ne peut accéder au centre du village ,zut ; voyant un groupe de riverains sur le côté discutant avec animation , je descend me renseigner ; ils m'apprennent qu'un cirque installé dans un champ face à nous , pour donner une représentation le soir même, a laissé échapper une de ses deux panthères ; le village est bouclé jusqu' à ce que celle ci soit retrouvée .

« -Mais c'est une farce,  ce n'est pas possible » réponds-je, tournant la tête vers mon mari arrivant à son tour ,  comment est-ce arrivé ? 

- et bien la cage était paraît-il  mal  crocheté ; la panthère était très agitée, elle tournait en rond en grognant, furieuse , ces animaux sont tout en muscles, ils ont une telle force  , la cage s'est retournée et ouverte et la panthère s'est sauvée ; c'est comme ça que c'est arrivé ; elle est surement terrorisée , mais pas autant que nous le sommes .

- bon vous allez la retrouver , avec la chaleur de ce mois de Mai  , elle va avoir soif et s'approchera du bord en  bois de la fontaine pour se désaltérer non ?

-sûrement répond un homme s'avançant vers nous et se présentant comme étant le Maire du village

-que faisons-nous alors

- mais vous devez malheureusement faire demi tour , hélas , dit-il

-nous ne pouvons même pas visiter alors, dit mon mari dépité , ni boire un coup au petit bistrot

- ma foi c'est à vos risques et périls, répond ,commençant à s'impatienter le Maire

- regarde soiffard, fais comme la dame là, elle boit  à la fontaine ; l'eau est si fraîche ça étanchera ta soif et après demi tour , écoutons Monsieur le Maire , je ne suis pas tranquille moi  »

Je n'avais pas terminé ces mots que je me sentis soudain nerveuse , levant la tête je vis deux grands yeux dorés fixés sur moi , bloquant net mes paroles et comme paralysée par ce regard qui accrochait le mien , je restais statufiée , toutes les têtes se tournèrent vers le point que je fixais , il me sembla entendre des voix qui chuchotaient, mon dieu ; la Panthère !!!!!! puis un silence de mort s'établit , plus rien, seul le glouglou de la fontaine parvenait à mes oreilles tel un  grondement de torrent , je vis le Maire se pencher, saisir un gros morceau de bois , mais avant qu'il ne se relève, la belle avait, d'un bond , disparu derrière un épais taillis ; ce fut comme un signal , toutes les poitrines se soulevèrent dans un grand soupir de soulagement ouf!!!! , puis chacun se dispersa en allant s'abriter chez soi , et nous , sans demander notre reste , nous grimpâmes à toute vitesse dans le véhicule, fîmes demi tour dans un crissement de pneus et , adieu mon beau week-end , ce sera une autre fois , peut-être !!!!!!!!!.

Rina

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mardi, 04 juin 2013

La machine à explorer le temps

 

Vous entrez dans une machine à explorer le temps et appuyez sur les commandes. Vous vous retrouvez à une époque différente. En 25-30 minutes, racontez. Votre texte devra comporter quatre mots choisis au hasard dans des livres :

            Aube    mouchoirs    relative    tard

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2CV liliane.jpg

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Julien avait été fortement marqué par « Retour vers le Futur ». Le Film.

C’est certainement ce qui détermina plus tard sa vocation de physicien. Modeste thésard dans une équipe de chercheurs au CNRS- branchée sur les nanoparticules mais cela n’a pas une importance primordiale pour la suite du récit-il fabriquait dans le garage de ses parents, en grand secret et à ses heures de loisir une machine à explorer le temps.

    N’ayant malheureusement pas à sa disposition une De Laurean, il avait tant bien que mal bricolé sa vieille Deux Chevaux-héritée de sa grand-mère- et, alors que ce dimanche matin s’annonçait plutôt brumeux, il décida soudain de mettre son invention à l’épreuve.

     A peine installé derrière le volant, il opéra sur le tableau de bord quelques réglages spatio-temporels, rendus assez aléatoires compte tenu du caractère plutôt spartiate du véhicule, inspira un grand coup, mit le contact…

    Il y eut un éclair aveuglant et avant même de dire « Ouf », de deuche et pilote se retrouvèrent sur l’herbe d’un pré noyé par la brume dans ce qui semblaient être les premières et timides lueurs d’une  aube  naissante.

    Julien chaussa ses lunettes alors que dans le même temps de courageux rayons de soleil parvenaient à traverser les nuages, ce qui eut pour effet immédiat de dévoiler un bien étrange spectacle.

   A l’évidence, deux hommes venaient de se battre en duel car les pistolets qu’ils tenaient fumaient encore. L’un d’eux, ressemblant férocement à Barry Lyndon (dans le film de Kubrick) appuyait contre sa cuisse gauche un mouchoir taché de sang.

     « Mince alors, j’ai débarqué en Irlande au XVIIIème siècle !! » hurla, fou de joie, l’imprudent jeune homme. D’autant plus imprudent que, jaillissant de la voiture, il s’avança de quelques pas, désirant, muni de son portable, prendre la scène en photo sous son meilleur angle.

     Hélas ! Miraculeusement réconciliés, les duellistes en jabots de dentelles ainsi que leurs quatre témoins tout de noir vêtus accourraient vers lui, animés, à première vue, d’intentions rien moins qu’amicales. Le sosie de Barry Lyndon surtout, dont la gravité de la blessure, finalement, se révélait toute relative.

 Julien n’attendit pas de faire plus ample connaissance avec ces gentlemen. Il se précipita vers sa machine et ne prit même pas le temps de s’assoir avant d’actionner les manettes tandis que six visages patibulaires se pressaient déjà contre les vitres. Puis ce fut l’éclair blanc et par bonheur le retour au point de départ.

     Il s’aperçut alors, avec une consternation bien compréhensible, que son portable avait disparu, tombé sûrement au cours de sa fuite. Quel dommage ! De toute façon, il était trop tardpour faire demi-tour, d’autant que la bagnole avait pété une durite. N’empêche, grâce à lui, quelqu’un recevrait peut-être bientôt un appel venant du passé ! Brusquement, à l’idée qu’un possible paradoxe temporel était sur le point de s’accomplir, le pauvre garçon fut empli d’effroi, puisque tout le monde le sait, n’est-ce-pas, ce genre de chose entraine inexorablement la fin du monde. Mais il se ressaisit assez vite cependant, pensant, à juste titre, que jamais des contemporains de Louis XV ne découvriraient comment faire fonctionner cette petite merveille de la technique moderne qu’est un I phone.

      Julien fit réparer la voiture et peu après, son second voyage l’emmena au cœur du XXVIIème siècle. Vous et moi aimerions beaucoup connaitre le récit de cette aventure, naturellement. Mais çà, comme dit le papa de Mowgli, çà, c’est une autre histoire.

           El Pé

                                                            


Listed Völuspá Dwarves by Frølich wikimédia

 

 

A  l'aube  de toute cette technologie moderne , le nouveau millénaire , l'ère fantastique , nouvelles inventions, changements si rapides , pour une ancienne comme moi , qui n'arrive ni à maitriser ,ni à suivre , alors j'ai inventé ma propre machine , un engin qui doit me permettre d'explorer le temps à mon rythme ; je laisse aux radoteurs  qui pleurent le temps de leur jeunesse , sortir leurs  mouchoirs , il faut savoir  relativiser , après tout il n'est jamais trop tard pour se lancer, et là, je suis toute excitée à l'idée du grand départ , je suis curieuse  de voir ce que je vais découvrir si ma folle invention se met en route , alors j'appuie sur les pédales et je me sens soulevée et emportée a une vitesse vertigineuse qui me fait traverser les nuages ; hourra je vole !!!!!, la tête me tourne , tel un fétu de paille tournoyant dans l'air , je fonce surement vers une nouvelle planète , j’ai l'impression de  ne plus rien contrôler, mes pieds perdent les pédales et dans une terrible secousse qui me font reprendre mes esprits, j'ouvre les yeux un peu secouée , et ébahie , je regarde autour de moi ; ma parole ; je suis au paradis, un air léger me caresse le visage, j'entends des oiseaux chanter , je sens la douceur du soleil sur mon corps , tout n'est que beauté et lumière , quel beau jardin , des parterres de milliers de petites fleurs de toute les couleurs tapissent le sol , des arbres fruitiers minuscules croulent de fruits juteux si j’en juge  par les abeilles qui les butinent , dessous j’aperçois circulant , gais et  insouciants tout une foule de petits êtres , tout a l'air d'être fait pour des enfants ici , des chalets de couleur vive semblent abriter des humains hauts comme trois pommes et cette piscine ; mais je rêve, ce sont des lilliputiens qui se baignent , ils sont si petits , et je réalise que j'ai atterri sur une planète de nains , où  tout est à l'échelle de leur taille , je ne peux absolument pas descendre de mon engin, je vais tout piétiner , si je marche avec mes pieds géants , je vais les écraser , ces malheureux ; baissant les yeux, je sens des chatouillement sur mes chevilles , ils grimpent sur mes jambes , ils veulent me toucher , mais je n'ose pas ouvrir la bouche, rien que le souffle de ma voix va les affoler  et les faire chuter au sol , je ne veux pas , il faut que je fasse redémarrer mon engin avant de provoquer une catastrophe , dans la si belle harmonie de ce peuple ou ils vivent si tranquilles , vite, une petite secousse des pieds les fait fuir et, dans un coup de pédale, je sens que je prends de la hauteur ouf !!!!!!, je respire , j'espère pouvoir retourner sur ma planète  sans soucis , mais je renouvellerai l'expérience et  d'abord pour maitriser la direction de mon engin , je vais me pencher sur l'apprentissage de toutes les nouvelles technologies  qui nous donnent à tous la fabuleuse envie de vivre pour découvrir encore et toujours .
Rina

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Moliere2wikimédia

 

 

EXPLORER LE TEMPS


Je suis sortie de ma machine à explorer le temps à l’aube. Je ne reconnus plus ma ville dont les rues avaient rétréci ou disparu. Les immeubles haussmanniens étaient remplacés par des maisons en torchis et à pans de bois, et qui s’étaient rapprochées de façon indécente, laissant franchir d’une fenêtre à l’autre des quolibets ou des poses hardies, des images de personnes avinées, plus ou moins dénudées. Je pataugeais au milieu de la ruelle, au milieu d’une foule bigarrée, dans un cloaque nauséabond, évitant de justesse des contenus de seaux balancés depuis les étages.

J’errais comme une âme en peine tout le jour, n’arrivant pas à capter les sujets de conversation dans un français farfelu, tronqué, imagé, ou bafoué.

Où suis-je tombé ? Me dis-je, pas en pays étranger, les trognes ressemblant relativement à la mienne. Le soir avançait à grand pas. Les chandelles allumées dans les maisons m’incitaient à franchir une porte avant qu’il ne soit trop tard.

Le froid commençait à engourdir mes membres. Je sentais la crève m’envahir. Mon nez coulait, et j’avais utilisé mon stock de mouchoirs. Je m’essuyais avec la manche de ma veste.

Je débouchais sur une place de marché où se mêlaient les marchands de légumes, de volailles, d’œufs, de soupe, et divers camelots hélant les passants.

Sur une charrette-estrade officiait une troupe de théâtre qui déversait des tirades captivant les spectateurs. Je fus clouée de surprise : Jean-Baptiste Poquelin lui-même, et sa suite d’acteurs, déclamant leurs rimes sataniques !                                                                        

Mouty

                                                                     


Le paradis terrestre avec la création d’Ève - par Jan Brueghel le Jeune wikimédia

 

 

Voyage d’anniversaire

Je me suis levé à l’aube  et il n’est pas tard quand je monte dans la machine à explorer le temps construite par mon grand ami, le docteur Euréka. Mon impatience est relative  car je sais depuis longtemps que je dois attendre le jour de mon 17ème  anniversaire  pour y monter, ce que j’ai fait patiemment. Ce jour est arrivé et avant d’en franchir le seuil, je m’éponge le front avec mon mouchoir et je m’installe, faisant un petit signe au professeur.

Porte fermée, je mets en marche, le cœur battant, et pousse sur le levier doucement, puis de plus en plus fort. J’ai l’intention de remonter très loin  dans le temps, pour voir à quoi ressemblait mon quartier, des siècles auparavant. Quand, estimant mon voyage suffisamment long  je veux remonter le levier, impossible d’y parvenir ; ce n’est qu’après un temps qui me paraît interminable  que le levier remonte seul et que la machine s’arrête.

Je sors, un peu étourdi, et me trouve dans un décor splendide : verdure, fleurs odorantes aux couleurs magnifiques, lacs, cascades, au loin, l’océan d’un côté, les montagnes de l’autre. Spectacle idyllique pour moi qui n’ai eu pour univers qu’une barre HLM de banlieue ; Des animaux déambulent tranquillement sans se soucier les uns des autres ; Chaque espèce est représentée ; je n’en ai jamais vu autant cohabiter dans la plus parfaite harmonie. Mais pas d’humains ! Où sont-ils donc ? Tiens, un chemin. J’y vais. Tout au bout, un homme de dos, à la haute taille et aux cheveux argentés, penché sur un ouvrage  qui semble particulièrement délicat.

Je m’approche. « Bonjour », dis-je ; L’homme se retourne et laisse entrevoir son œuvre. J’en suis stupéfait : un jeune homme est là, allongé sur une table, semblant dormir.

« Il est beau n’est-ce pas, Bientôt il sera en mesure de vivre et je lui donnerai une compagne. A eux deux ils peupleront ce beau monde  que j’ai déjà créé et feront de très belles choses. Mais dis-moi, toi qui viens de loin, la vie est-elle belle, à ton époque. Raconte-moi ce qui va se passer pour mes créatures et leurs descendants ».

Alors je me remémore mes cours d’histoire à l’école et je raconte à l’homme aux cheveux d’argent les disettes, les épidémies, les crimes, les guerres, les attentats, les armes de destruction, enfin tout ce que je sais sur ce que les hommes ont fait au cours des siècles. Attristé tout à coup, il me regarde, puis tourne la tête vers sa créature en attente de vie et me dit : « ce que tu me dis est bien loin de ce que je pensais et désirais. Je ne sais pas si je dois poursuivre ». Puis il se retourne et le dos courbé reste immobile, semblant se plonger dans une réflexion qui ne fait que commencer.

Alors je me précipite derrière lui et lui débite en bloc, pêle-mêle les courageux, les charitables, les progrès de la médecine, la découverte des vaccins, la beauté des arts, le rire des enfants, les grandes inventions,  Mère Térésa, L’abbé Pierre….. Parce que tout d’un coup, j’ai envie de pouvoir rentrer à mon époque.

Alors dans ses yeux je vois une lueur d’espoir.

Gill

                                                                

Scènes de crime

 

Un crime a été commis ; la police arrive sur place et procède aux premières constatations. En 25-30 minutes, écrire un texte dans lequel c’est la victime qui parle. Utilisez les éléments (tirés au sort) que vous possédez : le lieu du crime, l’arme du crime et le nombre de suspects potentiels ainsi que les mots à inclure dans le texte :

                       Dissuasif    diminutif   diable   dilettante

 Vous pouvez traiter le sujet à la manière sérieuse des « experts » (série télé) ou de manière humoristique ou farfelue.

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Théâtre municipal de Béziers wikimédia

 

 

LE CRIME DU THEATRE


Les loges du théâtresont si exigües et su peu équipées en étagères et placards que le diable n’y retrouverait pas son trident. Au milieu d’un amoncellement de fripes, git Victor, le vieil acteur cabotin, yeux grands ouverts et langue pendante. Arrivent le brigadier de gendarmerie et son équipe, le commissaire flanqué des agents de la police scientifique. La vue du cadavre et l’étroitesse des lieux eurent un effet dissuasifsur ceux qui n’avaient pas un premier rôle dans l’intervention à effectuer. Un scientifique, affublé d’un survêtement blanc - qui n’était pas un costume de théâtre mais l’uniforme de sa profession - scella un sachet en plastique après y avoir introduit un pistolet ramassé à un mètre du corps.

Victor, dit Vic - c’était son diminutif- regardait la scène de là-haut, imperturbable. Le passage vers l’au-delà l’avait planté dans la zénitude.

Quelle bande de cons dit-il, ils ne sont même pas foutus de mettre les pieds aux endroits où il y a de la place ! Ils piétinent mes rhingraves bordés de dentelle que j’arborai pour le derniers Molière ! Ont-ils seulement pris les photos d’usage avant de bouger mes membres pour passer ? Je savais bien qu’ils étaient nuls, mais là, ils dépassent les bornes ! Ils n’ont même pas pris la peine d’arranger un peu mon visage. Pourtant, j’aurais aimé ne pas être trop moche pour ma dernière sortie.

J’espère qu’ils vont interroger mes quatre collègues de scène avec lesquels j’ai joué maintes fois. On a bien rigolé ensemble, l’issue des spectacles n’était pas triste ! Mais on ne sait jamais ce que chacun a derrière la tronche, d’autant plus qu’ils venaient souvent en dilettantes

Eh, les amis, c’est peut-être bientôt fini les planches pour vous aussi ! Je vous attends dans mon coin de paradis. On reprendra la conversation et les rigolades après.

 

Mouty

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Real fingerprints on fake crime scene

wikimédia

 

 

« ALLO ! Commissariat, BONJOUR , je signale un crime au 5  Rue du Château,  Appartement Rez de Chaussée  gauche.

- oui Monsieur, ne raccrochez pas S V P , votre nom ? Tu , tu , tu… Zut, il a raccroché l'imbécile » , fulmine l'agent qui a noté l'appel , un coup de fil anonyme ; les gars , une équipe pour le 5 rue du Château , c'est à deux pas d'ici , on nous signale par un coup de fil anonyme un crime , sans aucune précision , il faut aller voir ce qui se passe.

Alors ils arrivent ou quoi, ces flics , ce n'est pas que j'ai besoin d'eux maintenant , mais ce couteau  entre mes omoplates commence à me gêner sérieusement  et je sens un grand froid m'envahir, engourdissant tous mes membres ; pourtant je n'ai pas mal et vu d'en haut je sens que je vais me régaler de voir les tronches de la flicaille chercher des indices, une dernière fois, c'est moi qui domine la scène de ce crime qui est le mien . Ah les voilà , toute cette clique pour moi , Mo Mo , c'est mon diminutif je m'appelle Maurice et je suis un grand Caïd dans le milieu de la cambriole ; je n'en ai jamais tant vu , il doit y avoir de la nouvelle recrue en formation là ; alors qui commence c'est le légiste , au rapport , et enlève moi ce foutu couteau avant de me retourner vieux , c'est vrai que je suis mort  et que je ne dissuaderai plus personne à présent avec ma grande gueule et ma carrure , moi le Grand Maurice ; c'est que ça n'a pas été un voyage en dilettante , sur cette planète terre , alors je crois que je vais avoir droit directement à l'enfer avec le diable qui va pouvoir montrer tous ses satanés tour de cruauté à commencer par son rire sarcastique , j'en tremble ; mais je suis tout  ouïe. «  Commissaire, regardez,  le crime vient d'avoir lieu environ 20 à 30 mn au plus le corps est tiède et souple et l'arme est fiché entre ses omoplates , la victime était sûrement en train de vider ce coffre dos tourné ,il n'a pas entendu  les autres s'approcher , ils étaient au moins deux , c'est sûrement un règlement de compte. »


Mais évidement que c'est un règlement de compte , de ces salopards de Jojo et René  qui ont eu peur que je me taille avec le fric ,et à présent je n'en profiterai plus de ce fric , voilà, j'ai voulu être trop gourmand , je le paye au prix fort , ils doivent bien rire tous les deux ,mais leur tour viendra , je les attends car on va se retrouver tous ensemble dans cette fournaise enfer ;un rire tonitruant fait trembler toute la pièce ; horreur le diable arrive ,on me tire par les pieds , TERMINUS, Messieurs , je vous tire ma révérence.
Rina

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 La Défense - Les Tours 2wikimédia

 

 

 

Le Crime du 16ème étage

Etalé à plat-ventre, groggy, je suis en très mauvaise position pour voir ce qui se passe dans ce bureau du 16ème étage d’un immeuble de la Défense ; mais j’entends des bruits, en fait tout un brouhaha autour de moi. Et je vois du coin de l’œil des pieds, dont certains sont couverts de chaussons de bloc, s’affairer autour de ma personne.

Que fais-je dans cette posture bizarre ? Et bien je suis mort, ayant été pris en traitre par un familier qui m’a proprement fait passer de vie à trépas, si j’en crois la flaque de sang dans laquelle je baigne et le sacré mal de tête que je me trimbale. J’ai dû être assommé par un objet dur et massif qui m’a fait exploser le crâne, style gros cendrier par exemple. D’ailleurs, si je tourne un peu la tête, je peux m’apercevoir que le dit « gros cendrier », qui est sur mon bureau d’habitude, a disparu !

Mes chers amis de la police scientifique, je ne vais pas vous être d’une grande utilité, car, étant de dos, je n’ai pas vu mon agresseur, mais à mon avis, il n’y a que 3 suspects : ma secrétaire, à laquelle je donne le diminutif de kiki, une grosse idiote qui ne peut pas me voir en peinture, mon adjoint qui ferait n’importe quoi pour prendre ma place et mon collègue du 17ème étage avec qui j’ étais en compétition pour ce poste et qui travaille en dilettante plutôt qu’en professionnel. C’est bien le diable si la police n’arrive pas à coincer le coupable.

Quoi que, en observant ce qui se passe, je commence à douter de l’efficacité de ces scientifiques. Regardez la grande fille, là, elle a des cheveux qui dépassent de sa combinaison et va en semer sur toute la scène de crime, de quoi fausser les données et perturber tous les tests ADN ; et le grand balèze, là-bas, à la stature dissuasive, il ne s’aperçoit même pas qu’il transporte une petite goutte de sang sur son chausson ; il va en laisser partout. Et Dieu sait combien les taches de sang sont importantes pour la compréhension des faits.

Quant aux trois faux-jetons, les suspects, voyez leurs larmes de crocodile ; j’espère bien que la police ne se laissera pas abuser par leurs jérémiades. Hou hou, Monsieur le commissaire, ils me détestent, ils me détestent ; ne les croyez pas. Zut, pas facile de se faire entendre quand on a été assassiné. Je vais être obligé de patienter, d’attendre que l’enquête se déroule. Ce qui m’embête, c’est de me retrouver bientôt en tête à tête avec le médecin légiste. J’espère que ce ne sera pas douloureux, car le temps, à la limite, j’en ai maintenant, et attendre, je n’ai plus que cela à faire, mais avoir mal, ça, jamais. Je suis mort, c’est déjà pas mal, faut pas exagérer quand même !

     Gill

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dimanche, 02 juin 2013

Cannes et son festival

 

En 15 minutes, écrire un texte sous forme de poème, texte poétique ou acrostiche ayant pour thème « le festival de Cannes »

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Cannes festival palace 2007

wikimédia

 

 

FESTIVAL DE CANNES

Festival de Cannes

Envié du monde entier,

Sur tous les tons tu clames

Tes talents en ciné.

Inimaginables créatures

Vedettes de satin, de soie, ou de bijoux,

Arborant leurs fracs noirs et robes de gala,

Leur désir bien caché de palme et d’extra.

 

D’une voix toutefois empreinte d’espérance,

Emphatique ou bien feutrée, certes,

 

Chacun peaufine son discours

Argumentant de façon peu alerte

Néanmoins des Merci alentour

Non sans soigner les apparences

Essuyant une larme entretemps

Sachant qu’une hirondelle ne fait pas le printemps.

 

Mouty

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Je m’voyais déjà

Je m’voyais déjà sur le tapis rouge   

Montant les marches du palais.

Les fans m’admiraient

Les flashs crépitaient

Dans les lumières du soir.

Maquillage soigné

Coiffure sophistiquée

Robe de grand couturier

Bijoux de créateur branché

Je m’voyais déjà star adulée.

Prix d’interprétation

Meilleure actrice féminine

Applaudissements des peoples

Remerciements au micro

Larmes savamment étudiées

Perlant aux coins des yeux fardés.

Gloire éphémère !

Et l’année d’après

Paillettes évaporées

Anonyme dans la foule

Devenue ex-star d’un jour.

       Gill

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Festivité grandiose, si éphémère

Espoir souvent déçu, grande envie de paraitre

Saveurs, parfums, couleurs, crépitements de flash   

Tant de regards  émerveillés, tournés vers l'élégance, la beauté

Ivresse, esquisses de pas sous jupes froufroutantes

Voitures carrosses, débarquement de créatures de rêve

Allégresse,joie, émotions, pleurs pour la remise du prix

Lumières, scintillements, paillettes, fastes démesurés

 

Douceur d'un regard sous l'épais maquillage coloré  

Eclat d'une pierre sur une main aux ongles carminés

 

Cœur défaillant de la foule admirative de ses fans 

Approche risquée d'une star au pied du grand escalier   

Nouvelles starlettes se précipitant,  affamées de gloire

Numéros de poses, déhanchements, accrochage du téléobjectif  

Edifiant panorama de voyeurisme clinquant

Sorties d'un soir, princesses d'une nuit, puis, peut-être, l'oubli !!

Rina

 

 

Croisette 2007wikimédia