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samedi, 15 juin 2013

Arrêt sur image

 

Quinze minutes pour commenter une image à choisir parmi celles étalées sur la table.

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bateaux mouty.jpg

aquarelle d'André Mahu

 

 

LA VIEILLE BARQUE

La barque était là, depuis des années que Victor ne comptait plus, arrimée au bord de la petite plage. Victor, maintenant cloué dans un fauteuil roulant, la voyait dépérir de jour en jour. L’écaillement de la peinture et l’érosion du bois accompagnaient la désagrégation lente de ses neurones fatigués.

Les maisons de l’autre rive disparaissaient doucement aussi. Il gardait pourtant en mémoire les jeux de son enfance, près du cimetière, derrière l’église. La maison de sa petite Fadette s’évanouissait également. Les arbres, jadis valeureux combattants, dégoulinaient de vieillesse sur les pentes autrefois fleuries de genêts et de bruyères. Aujourd’hui, des ronces… De l’abandon. Abandon de la vie. Victor l’abandonnerait aussi sans tarder. Il en avait assez.

Mouty

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phaco gill.jpg

Afrika  phacochère

 

 

Différence

Oh, je crois que je suis un peu perdu ; j’ai traîné en arrière pour brouter un peu d’herbe et je ne retrouve plus les miens. Et bien ils ont dû prendre de l’avance, je vais courir pour les rattraper.

Tiens, je les entends. Mince, ce ne sont pas eux, c’est un troupeau d’éléphants. Je vais aller leur dire bonjour, ils m’aideront à retrouver les miens.

« Bonjour les amis ! Quoi mon nez, qu’est-ce qu’il a mon nez ? Ah bon, il est trop large, trop gros, pas assez long comme le vôtre. Et bien, non, je ne peux pas prendre de l’eau avec le mien pour m’arroser mais au moins, je ne risque pas de me prendre les pattes dedans. Et je n’ai pas les défenses dans le bon sens, vers le bas et l’avant, comme vous ! Et bien moi, au moins, je peux repousser les branches avec les miennes quand je passe dans les hautes herbes. Et mes oreilles sont trop petites ! Evidemment, elles ne ressemblent pas à des feuilles de choux, comme les vôtres, ne me tiennent pas trop chaud et leur petitesse les rend si agiles que je peux entendre le moindre bruit venant de toutes les directions.

Bon, si je comprends bien, vous ne voulez pas de moi dans votre groupe car je suis différent. Et bien, je m’en vais, je me débrouillerai seul ».

Et lentement, tristement, je m’éloigne en me disant qu’il est bien difficile de s’intégrer quand on n’est pas dans les normes.

Gill

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bateaux rina.jpg

aquarelle d'André Mahu

 

 

Les petites barques  avancent légèrement , secouées , soulevées  par les vagues ; voiles gonflées , elles paraissent vouloir se heurter tellement elle se rapprochent l'une de l'autre , mais  bien vite elles se stabilisent  sous l'effort du barreur qui tire de toute sa force sur le cordage de la voile, pour les rediriger doucement plus loin ;les nuages colorés se mêlent au bleu des flots , se confondant même à lui , on croirait voir un ballet dansant sur l'eau mouvementée , que je m'amuse à regarder , admirative, du bord de la plage ; j'aime à me laisser emporter loin, ma pensée s'égarant, divaguant,  se perd entre ces barques qui, arrivant sur la plage , seront tirées tout près de moi, au sec , me faisant ouvrir le coin d'un œil , puis replonger , rêvassant , somnolente , sous le chaud soleil  de ce coin paradisiaque .

Rina

                                                                                  

 

 

fille liliane.jpg

Maya à la poupée  Pablo Picasso

 

 

 

         C’est l’histoire d’une ambivalence. Celle d’une petite fille partagée entre son désir de tendresse et son désir de vengeance, avant que la peur ne la saisisse, brutalement.

Pourquoi ?

Son parrain vient de lui ramener d’Angleterre une poupée. Ou plutôt un poupon. Comme il est beau vêtu de son costume marin ! Craquant en vérité !

Mais il ressemble trop à son petit frère.

Alors la fillette a peur, car elle sait ce qu’elle va faire.

Elle va jeter le joli poupon par la fenêtre de sa chambre, le regarder tomber tout au long des cinq étages et finir éclaté sur le trottoir. Après…

Elle a peur parce qu’elle sera grondée et sévèrement punie. Sûrement même fouettée.

Mais elle sourit cependant. Car ni Papa, ni Maman, ni ce parrain si généreux ne sauront qu’elle vient de sauver la vie de son petit frère.

                                                                                                              El Pé

                                                                                          




 

 

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