Midilibre.fr
Tous les blogs | Alerter le modérateur| Envoyer à un ami | Créer un Blog

samedi, 30 mars 2013

La journée de...

 

1/ Choisir trois mots dans des pages de livres :

                               Arriver/ guerre/refuge

2/  *Chercher des mots de vêtements et les mettre en commun :

     Sari/ saharienne/ short/ robe/ gilet/ jupon/ jupe/ béret/ chaussure

      *Chercher des mots d’objets qu’on emporte avec soi quand on sort et les mettre en commun :

           Clé/ téléphone portable/ carte bleue/ sac/montre/boussolle                      kleenex/ bâton de pommade à lèvres

       *  Choisir un vêtement et un objet dans chacune des deux listes

3/ Choisissez le vêtement ou l’objet et en 20-25 minutes,  racontez une journée de sa vie. Dans votre texte, incluez les trois mots trouvés dans les livres et le second mot (vêtement ou objet) que vous n’avez pas choisi pour être le héros de votre récit.

                      ----------------------------------------------------

 

saharienne 2.png

 

Ma chère Saharienne , comme je t'aime et combien tu me plais ; je te porte avec beaucoup de plaisir , car je te trouve  si seyante et  tellement pratique , tu es truffée de poches , des grandes, des plus petites , sur les côtés à l'intérieur, j'adore !!!! J'y glisse tant d'objets oh!combien précieux et  utiles pour moi , mais malgré cela, tu restes toujours aussi belle et impeccable , tu me permets de libérer mes mains , je ne ressens aucun tiraillement sur les épaules comme cela serait le cas avec la bandoulière d'un sac , c'est toi qui le remplace , avec panache ; pourtant tu ne m'étais pas destinée , mais je te lorgnais depuis longtemps sur le dos de Pierre mon cousin , tu as voyagé  loin avec lui , il ne t'a pas amené en guerre non !!  le safari , la réserve d'un grand parc animalier au Nigeria , est-ce que tu te souviens ? Les longues journées à sauter sur les pistes où Pierre essayait de prendre des photos dans des postures très inconfortables , pourtant plus extraordinaires les unes aux autres ; heureusement, le soir, arrivés dans les refuges si agréables, préparés pour le plaisir de la détente récupératrice et bienfaisante , tu pouvais aussi souffler, accrochée sur un porte-manteau de fortune ; repos si court  car  le lendemain  vous repartiez  pour une autre nouvelle aventure , tu étais toujours prête, fraîche et  lisse, à être posée sur ses épaules meurtries ; tout ça  est bien terminé à présent , car Pierre, le séjour achevé, t'a offerte à moi , qui, sautant de joie , t'ai tout de suite adoptée , et depuis tu fais partie de mes vêtements préférés et je te bichonne , avec beaucoup d'amour.

Rina

______________________________________________

 

cousin,porte-manteau,épaule

freepik

 

Quelle journée !

La journée a été calme jusqu’à ce soir, je suis resté au repos et maintenant ça y est, le cours de Sophie est terminé et je sens qu’elle va me remettre en service normal ; il n’aurait pas fallu que je me mette à sonner allègrement pendant les T.P. de massage chinois !

Nous allons pouvoir rentrer à la maison. Il est tard car ses cours du soir finissent quand même à 22 heures ; Direction le métro Pigalle ; et oui, c’est un quartier de plaisir mais aussi studieux à certains endroits. Tout se passe très bien jusqu’à la station Père-Lachaise où nous devons changer. Les couloirs sont déserts et Sophie presse le pas ; s’il arrive quoi que ce soit, pas moyen de trouver refuge où que ce soit. Ce n’est pas la guerre, mais le métro à cette heure, c’est toujours un peu risqué. Sophie a la main dans sa poche et me sert de façon rassurante.

J’entends des voix derrière nous ; pas de panique, ce sont des voyageurs, comme nous. Mais je ne sais pas pourquoi, je suis inquiet, et Sophie aussi. Avant d’avoir eu le temps de dire « ouf », je sens trois types qui empoignent Sophie, la poussent contre le mur, faisant voler son béret et lui mettent un canif sous la gorge. Je n’entends pas ce qu’ils disent mais je sais qu’ils n’ont pas de bonnes intentions. En deux secondes l’un d’eux fourre la main dans la poche de sa veste et me voilà agrippé par une grosse patte et étranglé, malmené, moi qui ai l’habitude d’être manipulé avec douceur.

Je n’en mène pas large, vous vous en doutez et je prie le Dieu des téléphones portables pour que quelqu’un arrive ; Oh, je crois que j’entends des pas et des rires au bout du couloir ; ouf, des voyageurs, on est sauvés, enfin moi, pas tout à fait, toujours saucissonné par la grosse paluche du malfrat. Mais par chance, ce sont des couards et ils ne demandent pas leur reste en entendant arriver nos sauveurs. Ils lâchent Sophie, et dans sa fuite mon ravisseur me lâche aussi, m’envoyant valdinguer contre le mur du couloir ; j’en vois trente-six chandelles, j’ai l’impression d’être complètement déglingué ; « au secours, je suis mort », dis-je dans un balbutiement d’outre-tombe.  Le temps de reprendre mes esprits et je me rends compte que ma housse bien capitonnée m’a protégé ; Sophie est indemne aussi. Nous en serons quittes pour une grosse frayeur. Merci à nos sauveurs qui prennent le temps de nous réconforter malgré l’heure tardive. Heureusement qu’il y a encore des gens qui s’intéressent aux autres !

Quelle journée, dirons-nous demain, après un bon repos !

Gill

______________________________________________

saharienne,sac,porte-manteau,téléphone,portable,béret

freepik

 

LA BOUSSOLE


Je marche, je cours, et je dégringole, mon contenu et sa suite avec, mes crampons de caoutchouc n’étant pas familiarisés avec les pierres qui roulent sur les pentes hasardeuses. Je suis la chaussure gauche d’une paire de godillots achetés chez Décathlon voici une dizaine d’années. Ils ont fait leur temps et randonné dans toute la France. Ils sont maintenant parfaitement adaptés aux oignons et orteils tordus de la gente dame dont je prends le meilleur soin, à charge pour elle de me nettoyer, encaustiquer et bichonner afin de prolonger ma vie dans les meilleures conditions. Ceci avec ma sœur jumelle bien sûr. Aujourd’hui, randonnée dans les Cévennes. Dès l’aube, je tourne et vire dans l’appartement : nous sommes à la recherche d’une boussole, de LA BOUSSOLE ! Je dis Nous car il s’agit de moi, de ma sœur jumelle, et de notre contenant et sa suite que je n’aperçois que dans une perspective abrupte : un bord frangé de jambe de jean, le bas d’une saharienne mamelonnée, un bout de menton, des narines, et une visière de casquette.

Cette boussole nous fut offerte lors d’une randonnée mémorable dans le cirque de Navacelles où les copains nous croyaient perdues. Je dis encore « Nous », car, vous l’avez bien compris, ma sœur et moi et notre contenant faisons partie de la même bande. Cette boussole en métal recouvert de dorure était passée de main en main et avait reçu un bisou de chacun. C’était un souvenir chargé d’histoire suite aux nombreuses vadrouilles qu’elle avait accompagnées par la suite, et bien des fois remises sur le bon chemin. Elle était indissociable de la poche droite du sac à dos, toujours prête à entrer en fonction. Et voilà qu’aujourd’hui elle n’était pas à sa place. Perdue ? Prêtée ? La mémoire est en friche. Les placards et les étagères de la maison sont vérifiés, les tiroirs retournés. En vain. Boussole de mon cœur, tu ne vas pas nous faire un coup tordu un jour pareil ? Les appels et les coups de sifflet restent sans effet. Manifeste-toi, tu nous es indispensable ! Rien. Rien de rien !

Alors, on finit de remplir le sac avec le sandwich, et là, juste à côté, dans le frigo, la boussole se serre contre la pitance ! C’était pour ne pas l’oublier…

Et bien, en route avec notre boussole qui a réintégré la poche droite du sac à dos dont elle ressort au moins tous les quarts d’heure, fidèle au poste, et ravie de servir encore. Elle est vraiment de la partie. Elle randonne avec un plaisir évident, brillant de tous ses éclats sous le soleil. Elle nous conduit par les sentes feuillues entre Saint-Jean du Gard et Anduze. Nous arrivons à Mialet où nous bénéficions d’une partie intéressante de l’histoire de France locale portant sur les guerresde religion. Au retour elle rejoint son refuge : étui méticuleusement rangé dans la poche droite du sac à dos, jusqu’à la prochaine sortie. Quant à moi, je suis délacée et remisée sur une étagère du garage avec ma sœur.

La Chaussure (Il parait que je me lève la première quand les choses vont mal, ce qui fut le cas ce jour).

 

Mouty

___________________________________________________





 

vendredi, 29 mars 2013

Ecrivez la suite

 

    en 20-25 minutes écrire un texte à la suite d’un des incipit suivants :

« Dans la chambre, le piano était collé au pied du lit et constamment encombré » (les champs d’honneur. Jean Rouaud)

« Il marchait en batteur de brousse un peu incliné vers l’avant, à foulées nonchalantes et rapides » (le lion. Joseph Kessel)

                  ----------------------------------------------

Renoir, Pierre-Auguste - Two Girls at the Piano 1892wikimédia

 

 

Le piano de Lise

« Dans la chambre, le piano était collé au pied du lit et constamment encombré ». Le piano, vestige d’une splendeur passée, qui avait séjourné dans un environnement beaucoup plus digne de lui ; heureusement que c’était un quart de queue, parce que plus grand, il n’aurait pas pu être sauvé et serait exilé on ne sait où. Maintenant, on ne l’entendait plus beaucoup, car pour y accéder, c’était tout un problème ; Lise devait attendre que sa mère ait quitté sa chambre pour se frayer un chemin et atteindre le tabouret.

Autrefois, quand son père était encore là, le piano trônait dans le grand salon et Lise en jouait tous les jours ; elle était très douée disait son professeur particulier et les mélodies qui naissaient sous ses doigts étaient si harmonieuses que les invités l’écoutaient pendant des heures sans ennui. C’était l’époque des riches soirées et le piano était entouré et frôlé par des robes vaporeuses aux tissus soyeux. Du champagne pétillait dans des coupes en cristal de Bohème et les conversations discrètes et élégantes commentaient les dernières poésies à la mode.

Puis un jour, de mauvais placements, la perte de sommes fabuleuses, la ruine, le discrédit, puis le suicide ; terminées les coûteuse leçons de piano et les belles soirées. Sa mère et elle, seules, sans revenus, le déménagement, l’abandon de tous les meubles précieux, tous, sauf le piano. Lise n’avait pas pu se résoudre à se séparer de ce compagnon de tants d’heureux moments. Mais dans ce tout petit logement, où l’installer ? Salon trop petit pour y loger plus que le nécessaire ; restait la chambre où il sert maintenant d’étagère plus que de piano. Mais cela ne fait rien, il est là, et Lise espère en des jours meilleurs où il retrouvera sa splendeur d’antan.

Gill

 _________________________________________________________________________________

 

DSC00111q1.jpg

 

 

i l marchait en batteur de brousse ,un peu incliné vers l'avant, à foulées nonchalantes et rapides, avec ses muscles jouant sous sa peau huileuse , ses pieds semblaient danser , si légers, effleurant le sol couvert de hautes herbes coupantes de la savane, donnant l'impression de les frôler sans aucune gène , la machette levée tranchant tout ce qui pouvait entraver son chemin , le nez dans le vent , reniflant la moindre petite odeur, les oreilles en alerte, tête haute , son arc à l'épaule , ce chasseur de fauves , de singes , aussi d'antilopes, le premier qui se trouvera sur son chemin , car s'il chasse, c'est uniquement pour se nourrir, lui et  toute sa tribu qui compte sur la viande dépecée qu'il ramènera , pour partager un repas dans une fête , où chants et danses accompagneront joyeusement  la cuisson de l'animal embroché sur une longue barre, chair grillant et  crépitant dans d'agréables parfums , ce festin tant espéré , il doit le trouver . Pour l'instant en alerte , il s'immobilise, repérant des traces sur le sol moussu , le reste du groupe suit, un peu en retrait, espérant un signal pour s'avancer à ses côtés ; quel animal sera pris au piège aujourd'hui ? Comment se passera la traque? Les fléchettes empoisonnées ne laissent aucune chance mais  certains courent et tombent loin , devenant invisibles  sous toute cette forêt si dense , et ils doivent courir et chercher longtemps ; ça y est , il l'a aperçu , ajustant son arc , il se positionne , et lentement se met à ramper le plus près possible de la cible. Elle est aux aguets , mais ne peut l'apercevoir , malgré son flair , elle sait qu'elle est en danger et semble paralysée de terreur , alors d'un seul geste très précis il lance sa flèche qui atteint l'antilope au cou. Affolée elle se met à courir mais le poison agit si vite ; elle s'écroule lentement s'affaissant sur ses pattes fines , et là, tout le groupe retient sa respiration ; comptant les minutes , le chasseur lance le signal , le groupe entre en mouvement ; se mettant en marche, accélérant le pas , ils savent qu'ils doivent être rapides, chacun sait ce qu'il doit faire , trouver l'animal, étendre la bâche, le dépecer , le couper  en gros morceaux , tout se passera en quelques minutes , rien ne restera pour les charognards . Epuisés , ils se passent la gourde à tour de rôle , se désaltérant avec délice , puis reprennent la marche du retour, joyeux  malgré la chaleur moite et insupportable qui les ralentit , avec le lourd fardeau qui  changera d'épaule au fur et à mesure  de leur avancée , rejoignant le village où déjà  montent les clameurs de joie et le grand feu de flammes rouges s'élançant vers le ciel , qui sera prêt pour leur arrivée . Une folle impatience les fait accélérer le pas ,à l'idée de la nuit à venir qui sera écourtée par la fête en grande pompe qui les attend.


Rina

________________________________________________

 

vestige,splendeur,ruine,suicide,machette,chasse,antilope,charognards

wikimédia

 

 

Masaï story

      IL MARCHAIT EN BATTEUR DE BROUSSE, UN PEU INCLINE VERS L’AVANT, A FOULEES NONCHALANTES ET RAPIDES. « Coupez ! cria le metteur en scène, ce n’est pas mal Koko, mais ça manque un peu de naturel ! Allez, on s’arrête dix minutes et on reprend. »Puis il alla rejoindre le whisky qui l’attendait près de sa chaise-longue à l’ombre d’un palmier touffu.

      Lionel Bongo, alias Koko, considéra le metteur en scène avec un sourire un tantinet narquois. Manquer de naturel, lui !! Alors que toute une généalogie de guerriers masaïs lui avait légué force et majesté ! Alors que cette même brousse avait entendu son cri de nouveau né ! Alors qu’il tenait son prénom du fameux rite ancestral : à savoir qu’un garçon devait tuer un lion avant de devenir un homme.

       Comment le gros type rouge, hirsute et suant l’avait-il appelé ? Koko. Oui, c’est ça, Koko. Lionel regretta un bref instant les caprices de la vie qui l’avaient conduit au cours Simon, puis à une certaine notoriété théâtrale. Avec nostalgie, il se dit combien il aurait été voluptueux d’embrocher avec la sagaie qu’il tenait encore à la main les mots dans la gorge de ce blaireau. Mais enfin, il fallait manger en attendant que les portes de la Comédie Française puissent enfin s’ouvrir devant lui. Il préféra hausser les épaules avec un ostensible mépris. C’est alors qu’un grand cri retentit. Lionel tourna la tête et aperçut un énorme boa qui descendait le long du palmier, lentement mais sûrement, en direction d’un metteur en scène, blême, immobile et fasciné de terreur.

      Le monstre avait la gueule démesurément ouverte ; elle se balançait à quelques centimètres de la tête de l’homme, prête à l’engloutir. Pour commencer.

       L’instant d’après Lionel avait lancé sa sagaie. Elle se ficha dans l’arbre, juste au dessus de la tête du serpent. Ce dernier, effrayé peut-être, prudent à coup sûr, choisit de battre en retraite  et disparut parmi les herbes de la savane. Heureux d’avoir atteint son but, Lionel lui adressa par la pensée un amical salut.

       Quant au metteur en scène, lui, il claquait  des dents d’une façon qui faisait plaisir à voir. Une sagaie vint se ficher à ses pieds, il leva alors les yeux. Lionel se tenait près d’elle, très droit et bien découpé sur le bleu implacable du ciel d’Afrique.

      « Avec les compliments de Koko, Bouana ! Tourner en décor naturel entraine toujours de petits désagréments. On finit par s’y faire, vous verrez. »

       Puis il se dirigea, d’un long pas tranquille, vers sa tente. La script girl lui sourit. Il lui rendit son sourire. Allons, le tournage était terminé pour aujourd’hui et la vie…belle pour longtemps.

                               El Pé

____________________________________________

vestige,splendeur,ruine,suicide,machette,chasse,antilope,charognards,masaï,boa,bouana

freepik

 

 

LE PIANO

 

 

Dans la chambre, le piano était collé au pied du lit et constamment encombré. Ses touches d’ivoire jauni attestaient un vécu long et besogneux. Sans doute avait-il enchanté ce lieu où s’étaient succédées quelques générations. D’héritage en héritage il avait apprécié les caresses ou endossé stoïquement les assauts de doigts effilés, ossus ou trapus. Il gardait en lui, particulièrement bien conservées, les traces des doigts d’enfants qui, par la suite, avaient grandi et s’étaient échappés de la maison ou vers le grand large.

Edouard avait aussi grandi dans la même maison mais ses gammes avaient été de courte durée. Il n’aimait ni le piano, ni les autres instruments de musique. Il ne goûtait que les concerts de haut niveau écoutés sur sa vieille chaine. Il aimait trop la perfection pour s’entendre marteler des discordances insupportables.

Lors du dernier héritage familial, la maison ancestrale vendue, Edouard avait récupéré ce piano qui renfermait des souvenirs inoubliables : des sons, mais aussi une ambiance et des odeurs qui lui rappelaient son enfance et des êtres chers maintenant disparus.

Edouard, à ce jour vieux célibataire, avait fait transporter le piano dans son petit deux-pièces. La modeste salle de séjour étant trop petite pour l’accueillir, il l’avait collé au pied de son lit, dans sa chambre déjà passablement encombrée par des monticules de livres et de revues anciennes. Une fois les étagères remplies, la paperasse avait continué à s’entasser dans un angle entre la fenêtre et le mur du fond, puis sur le piano. Sur l’ébène défraichi du couvercle rabattu sur les touches, puis sur le dessus où l’avaient rejoint le cendrier la plupart du temps débordant de mégots, un compotier vide poches, et une boîte à chaussures dans laquelle s’amassait le courrier depuis de nombreuses années.

Edouard aimait avoir tout sous les yeux, sous la main. Un regard ou un simple geste suffisaient à le maintenir dans une nostalgie qu’il affectionnait. En un instant il retrouvait un espace de vie passée. Il se laissait alors aller à rêver, blotti dans son cocon familier.

Le piano aurait-il une autre vie après celle-ci ?

 

Mouty

____________________________________________________

 

 

 





Le cirque est arrivée

 

              Un jeu a permis d’établir la liste de mots suivante :

Duo/ fou/ foi/ dû/ fui / gui/ houe/ dey/ feu/ hue/ fige/ dieu/ oh/ yé

En 20minutes, écrire un texte sur le thème du cirque, en y incluant le maximum de mots de la liste ci-dessus

-------------------------------------------------------

tente cirque.jpg

freepik

 

 

Oh Yé ! Le cirque Mégalos est arrivé dans notre ville. Les copains et moi, chenapans du quartier des hirondelles, sommes tout excités. Nous qui avons l’habitude de jouer aux équilibristes et aux jongleurs dans le terrain vague du coin, nous allons pouvoir voir tout en vrai ; peut-être pas le spectacle entier, car il faut des sous, mais nous arriverons sûrement à nous faufiler et à glisser un œil par une fente du chapiteau. Par Dieu, nous avons la foi.

D’abord, allons voir la ménagerie, ça, c’est gratuit. Oh, les singes, comme ils ont l’air canaille, et là, les chevaux, comme ils sont beaux. Les lions, par contre, n’ont pas l’air bien gais, ils sont même un peu figés, je dirais.

Bon, allons voir vers le chapiteau ; hé, c’est ouvert, on va pouvoir regarder la répétition. Personne ne fait attention à nous. Regardez ! à l’entrée de la piste, il y a un clown qui a une branche de gui à la main ; il a l’air d’un fou avec ses cheveux oranges en pétard, on dirait Poil de carotte ! Et là, et là, les trapézistes vont s’entraîner ; ils vont travailler en duo et s’élancer l’un vers l’autre pour voler dans les airs. Et regardez un peu lus loin celui qui jongle avec les balles ; il a beaucoup répéter car moi, je les fais toujours tomber ; le petit Nicolas tire sur ma manche : « et dis, y’aura p’têtre un cracheur de feu ? ». Mais non, Nicolas, ça c’est pas possible, ce serait trop dangereux sous le chapiteau.

On a les yeux pleins d’étoiles après ce beau spectacle, et encore, c’était pas le vrai ! Ça donne encore plus envie d’être parmi les spectateurs, tout à l’heure ; mais peut-être que si on y pense très fort, des billets nous tomberont du ciel, on ne sait jamais.

Gill

_______________________________________

chiens traineau G.jpg

freepik

 

 


Il a fui la place, le beau Cirque coloré , le Dey, craignait d'être bloqué dans le village par la neige ; mon dieu, c'est fou ce calme soudain, et  comme la place semble figée sous cet immaculé manteau blanc ; seuls les deux arbres , duo de houx , apparaissant à l'entré du village, laissent entrevoir leur boules rouge feu, éclairant le passage, reliant le petit groupe de maisons blotties sous la neige ; oh , le son de clochettes annonce l'arrivée du traineau glissant sous les hu ! du conducteur , laissant des longues traînées sombres sur cette si belle blancheur ; enfoui sous d'épaisses couvertures l'homme a foi en ses chiens , recevant parfois la gifle d'un branche de gui qui lui fouette le visage , d'un petit geste de la main il la repousse, s'ébrouant pour chasser les morceaux de neige tombant sur lui, mais  reste stoïque malgré tout ; les chiens nerveux s'élancent soudain, attelage fumant sous le froid glacial , dans de fous aboiements résonnant dans la vallée.

 
Adieu , Cirque , joie bruyante , gaieté , couleur , adieu artistes qui affrontent l'hiver pour nous apporter quelques jours de bonheur , vous laissez un grand vide , mais on vous espère très fort
une prochaine fois ,pour redonner un peu de vie à notre village endormi.


Rina

_______________________________________

 

chenapans,hirondelles,traineau,neige

freepik

 

 

Le clown était amoureux de la danseuse. Il est vrai qu’il devait être un peu fou, ce pauvre diable puisqu’étant si laid, il se prenait à l’évidence pour un dieu.

   Un dieu lui ? Oh ! Certainement pas. Il se serait jeté au feu plutôt que d’avouer sa flamme à celle qu’il aimait. « Pense-donc, s’écriait-il face à son miroir, son regard te fuit déjà, tu le sais bien ! Qu’adviendrait-il si tu avais l’audace d’ouvrir la bouche ? Cette fille te haïrait sur le champ ou pire, éclaterait de rire !! »

     Aussi se contentait-il d’imaginer des numéros fabuleux. Un duo peut-être : elle danserait sur air que lui, jouerait à la flûte. Ou bien un tableau exotique, très coloré avec des figurants, des fauves, des fleurs ; il serait le dey d’Alger, elle serait la belle esclave qu’il élèverait au rang de première épouse… Oui, il rêvait, et se disait que cette année il oserait…déposer un chaste baiser sur les lèvres  adorées, le soir de la Saint Sylvestre, lorsque toute la troupe ducirque s’embrasserait sous le gui.

     Tout au long des jours et des nuits le clown si laid ne cessait de rêver, tandis que deux petits chaussons piétinaient, déchiraient son cœur.

     C’est un soir, sous le chapiteau, que ce pauvre cœur s’est figé à jamais, juste à la fin d’un numéro particulièrement rigolo, alors que le public, hilare et ravi, applaudissait en mesure sur une musique de Charlot.

     Cela vous étonne ? Alors sachez, Mesdames et Messieurs que même un clown ça peut mourir d’amour.

                     El Pé

________________________________________________________

chenapans,hirondelles,traineau,neige,amoureux,danseuse

freepik

 


LE CIRQUE


Entrez, Entrez, Mesdames et Messieurs, Venez admirer le spectacle des montreurs d’ours, des danseuses et des acrobates. Vous pourrez admirer chez nous des numéros que vous ne verrez dans aucun autre cirque !

Les meilleurs artistes de la planète vont vous réjouir, vous étonner, vous émerveiller :

-      Le duode clowns avec saxo et trompette va caresser vos oreilles, plier vos tripes, émouvoir votre cœur !

-      Le foudu roi vous surprendra sur son échiquier !

-      Le jeune prodige qui a foien sa monture vous fascinera !

-      Les otaries, après leurs numéros époustouflants viendront réclamer leur à la plus belle des sirènes !

-      La panthère qui avait fui a été ramenée au bercail : venez admirer sa docilité !

-      Vous tremblerez devant les trapézistes qui s’enlacent sous le guien haut du chapiteau !

-       Vous serez interloqué par Aladin et sa houe magique ! il décapite et ressuscite sous son dey mystérieux !

-      Le feude l’amour et non pas du hasard des fildeféristes vous dévoilera les secrets de leur équilibre !

-      Les chevaux menés à hue et à dia vous feront découvrir la maitrise de leurs cavaliers !

-      Monsieur Loyal et son laser qui fige vous laissera pantois !

-      Les dieux du cirque sont chez nous !

Entrez, Entrez et vous verrez…

Oh Yeh !

 

Mouty

_________________________________________

 

 




lundi, 18 mars 2013

l'amour à trois voix

 

 Pour nous associer au Printemps des Poètes dont le thème est « les voix du poème », en 30 minutes, écrire un poème de 3 strophes de 4 vers chacune, libres ou rimés, qui parle de l’amour.

   La première strophe parle de l’amour par la voix d’un enfant

   La deuxième strophe parle de l’amour par la voix d’un adulte

   La troisième strophe parle de l’amour par la voix d’un vieillard

-------------------------------------------

 


                              Une femme comme les autres

 

Ta voix Maman dans mon sommeil

Appelle une étoile qui se pose

Sur mes rêves d’enfant. Au réveil

Plane encore ton parfum de rose.

 

La passion qui m’enflamme, Chérie

Fais de moi ton esclave, ton fou

Ton maitre et ton amant, la nuit.

Toi le jour aux mots sages si doux.

 

Près de ton mari, ton enfant

La  vie est tendresse et m’enchante.

Ma fille quand ta chaude main prend

Et caresse la mienne vieillissante.

                                                       El Pé

                                                                                       



                             Au fil de la vie

 

Maman, ton baiser est si doux

Papa, tes bras si rassurants  

Mon refuge quand je pleure, c’est vous

Je dors sous vos regards aimants

 

Avec toi je connais la passion, les tourments

D’un désir qui me brûle, une soif absolue

De ton corps, de ton cœur, et le déferlement

D’un bonheur idyllique longtemps attendu

 

Mon amour, puissions-nous vieillir 

Toujours proches de nos enfants

L’un près de l’autre sans faillir

Amants jusqu’au dernier instant        

                                                 Gill

                                                                                            



                               AMOUR

 

Ma petite maman, tu es mon grand amour,

Un être merveilleux qui occupe ce monde,

Après m’avoir créé tu m’as donné le jour,

Je t’en remercie fort à chaque heure ou seconde.

 

Ma chère bienaimée, tu occupes mon cœur,

Grâce à toi je comprends comme la vie est belle

Tu enchantes ma vie et donnes le bonheur

En murmurant souvent des mots en ribambelle.

 

Mon amour de toujours, nous partirons bientôt

Pour un endroit meilleur peut-être un peu plus sage

Nous nous tiendrons la main, puis la taille aussitôt,

Nous irons tous les deux faire le grand voyage.

 

                           Mouty

________________________________________________________________________

 

 

 

samedi, 16 mars 2013

Nos animaux de compagnie parlent

 

      Votre animal familier parle de vous. En 20 minutes, écrire ce qu’il dit.

--------------------------------------------------------------


titi.jpg

 

 

Je te regarde du coin de l’œil. Toi tu me tournes le dos mais je sais que tu me vois. Tu prépares en secret tes potions, tes pommades, tes pansements ; tu es inquiète, je le sens ; Tu te dis : « Mon Dieu, que vais-je inventer cette fois-ci pour le soigner ? La douceur, le raisonnement ? Allez mon Titi, montre ta patte, tu n’auras pas mal ; la fermeté ? Coucher là, pas bouger ; la ruse ? Viens mon toutou chercher la croquette. Oui, que vais-je inventer ! »

Je vois ton dos courbé, ton application à disposer fioles et compresses. Tu es stressée ; tu le sais, ce sera dur, car peureux comme je suis, je vais tenter de m’échapper, me tortiller au risque de me faire encore plus mal. Et pourtant je sais que tu m’aimes et que personne au monde n’est si doux que toi pour me soigner. Tu te dis : « ce chien est pire qu’un enfant, il a toujours quelque chose. Tu es désolée de me faire mal mais tu ne perds pas ton temps en jérémiades ; cela ne sert à rien de tergiverser ; ce qui doit être fait le sera ; Tu es celle qui prend les décisions, je le sais et je te fais confiance. Tu es celle à qui je peux confier ma vie, je le sais aussi, alors je m’abandonne à tes soins.

Après, quand viendra la caresse, si douce sur mon corps douloureux, je te sentirai soulagée, et sous ta main réconfortante, le calme reviendra et les yeux fermés, apaisé, j’oublierai tout.

          Gill

______________________________________

 

potions,pommades,fioles,soigner

http://www.bzho.com

 

 

Je m'appelle Tigre , j'ai la même robe que lui ; on me prend souvent pour un vrai Tigre  mais je n'en suis pas un ; elle aussi, Rina , me le serine souvent , ta robe couverte de ces magnifiques rosaces te fais ressembler a un vrai félin , un tigre , non plus-tôt un Léopard , avec tes yeux vert émeraude tu es splendide , tu es le plus beau , le plus admiré ; des fois elle me saoule , comme aujourd'hui , alors je lui tourne le dos, assis sur mon derrière , enroulant ma queue autour de mes pattes , faisant semblant de ne pas voir qu’elle a pris la laisse pour me sortir ; mais où vas-tu encore m'amener  aujourd'hui , tu ne sais donc toujours pas que je déteste qu'on touche à mon pelage , je viens de le lisser toute la matinée ; après toutes ces mains qui l'auront tripoté hérissé emmêlé dans tous les sens, tous ces enfants qui accourent m'appelant Tigre , Tigre , approche-toi , une caresse , moi , moi , ils sont fous , tu ne vois donc pas que je n'en peux plus , sors-moi de là avant que je le fasse en crachant dos rond queue gonflée pour que tu comprennes enfin que ça suffit ; mais Tigre ce ne sont que des enfants et ils te montrent leur affection , il te faut accepter ces compliments , non ? Enfin elle semble lire la colère dans mon regard : bon , j'ai compris je t'entends , on y va , tu peux peut-être te montrer gentil et patient avec ces enfants , tu les connais ; oui oui , un peu ça va , je le sais que je plais mais allons ailleurs ; je crois savoir ce que tu veux , tu veux voir si ta copine Hôhara montre le bout de son nez peut-être , là tu pourras bicher , je suis sûre que tu ne l'a pas encore vue ; mais tu me prends pour un idiot ou quoi , je l'ai aperçue avant toi mais attends je dois me refaire beau je ne peux pas l'approcher avec mon pelage tout emmêlé ; ne t'en fais pas , tiens regarde je te le remets en place avec un caresse, tu sais que je t'aime et, ne veux que te faire plaisir, voilà , tu peux te pavaner à présent , tu as belle allure , elle va se pâmer à ton approche ; mais tu ne comprends donc rien , c'est moi qui à sa vue vais fondre , vois  comme elle est élégante et belle , je me sens tout gauche ,et si intimidé ; mais non regarde , elle t'attend , tu peux ronronner avec elle, tu luis plais, vous allez bien vous entendre ; là, j'avoue que sans toi Rina , je ne connaitrais pas tout ce bonheur , tu sais si bien ce que j'aime et  tu fais tout pour je vive et m'épanouisse
heureux.
               Rina

_________________________________________________

Chatpersan

wikimédia

 

 

Je me présente : je m’appelle…non pas Henri, mais Sacha. Quelques esprits chagrins diront de moi (je les entends d’ici) : « Que nous importent les élucubrations d’un chat de gouttière ! ». Il ne faut pas s’y arrêter ! ». Mes pensées sont profondes et sensées. La preuve ? Et bien tiens, aujourd’hui, je vais vous parler d’El Pé.

              Qui est El Pé ?  D’aucuns (les mêmes que tout-à-l’heure, en fait) déclareraient qu’El Pé est ma maîtresse. Les cuistres !! C’est absolument faux ! Primo : MES maîtresses, j’en fais tout de suite mes épouses, les choisissant d’ailleurs toujours avec une grande moustache. Secundo : le maître des lieux, c’est moi et nul autre. Incontestablement. Et El Pé le sait bien, elle qui s’ingénie, normal, à me rendre la vie douce et agréable.

         Elle fait ce qu’elle peut, pauvre créature. J’aurais mauvaise grâce à lui dénier sollicitude et bonne volonté, cependant, parfois, elle m’énerve terriblement ! Spécialement quand elle me susurre à l’oreille : « Sacha, le Pacha, le beau Chat » tout en me grattant sous le menton. C’est délicieux, je ne dis pas le contraire. C’est délicieux…un moment. Seulement voilà, El Pé, malgré tous ses efforts- et ils sont nombreux, je le reconnais-demeurera à jamais un être humain. Et comme tel totalement dénué du sens de la mesure, tout au moins telle qu’elle s’entend chez la gente féline. Pauvre fille, c’est son drame. Elle en fait toujours trop ou pas assez. Trop, je ne reviendrai pas là-dessus, quant à « pas assez »…Un exemple : Me voici confortablement installé sur ses genoux, par un après-midi d’hiver, tandis que pluies et vents font rage dehors. J’adore. Nous sommes si bien, seuls tous les deux, que je daigne, plissant de contentement mes yeux au vert troublant, oui parfaitement que je DAIGNE ronronner, heureux de régaler ma compagne de cette musique dont elle raffole, en mélomane avertie…Et bien n’ose-t-elle pas, la traîtresse, se lever brusquement, prenant tout juste la peine de me déposer sur un coussin, et encore pas le plus moelleux ! Pourquoi me brutaliser de la sorte ? Parce qu’une sonnerie est venue briser l’harmonie de l’instant. Son horripilant entre tous qu’émet le téléphone, cet objet redoutable et détesté, quelle saisit alors avec une hâte, une quasi avidité de très mauvais gout. Comment le préférer à moi ? Moi son confident mais aussi moi merveille de la nature et petit dieu de l’Egypte ancienne, les gens savaient vivre alors !

        Mais tant pis, je lui pardonne. Tout. Ses faiblesses et ses imperfections, ses éclats de rire qui blessent mes oreilles délicates…. Et aussi ses larmes qui me paniquent et m’attristent à la fois durant des heures. Je lui pardonne parce que je l’aime. Et qu’elle le sait.

             El Pé

                                                                                            

potions,pommades,fioles,soigner,tigre,léopard,hôhara,chat,gouttière,dieu,egypte

freepik

 


C’EST LE PIED !


Je suis dans un cocon, je le sais, tu me l’as dit cent fois. Pour ne rien te cacher, je suis tout à fait d’accord avec toi. Mais… Quand tu hausses le ton je me sens misérable. Je me demande bien ce que j’ai pu te faire ! Quoique…  mon pipi au salon n’est pas fait pour te plaire ! Ni mes jappements brusques qui te font sursauter… Il faut pourtant que je te dise à quel point tes genoux me sont si familiers et confortables, c’est mon asile de prédilection. Je m’y laisse glisser dans des rêves de promenades et de bonne chaire. Au fait, quand j’entends les premiers tintements de casseroles et d’ustensiles de cuisine, je te porte aux nues, sachant que des fumets sympathiques vont bientôt  exciter mes narines avant de chatouiller mes babines et ma gorge. J’attends là,  espérant un bout de friandise échappé de la planche à couper.  C’est le pied, sauf quand le tien, d’un mouvement agile fait taire mon impatience.

Je supporte, stoïque, tes mouvements d’humeur, tes moments d’énervée, même l’aspirateur !

Et quand tu prends la laisse pour aller en balade, fou de joie, je gambade en tous sens, oubliant mes malheurs. Il est vrai que ceux-ci ne sont pas bien terribles. J’adore ces sorties qui m’emmènent humer les odeurs des copains, des copines, et autres. Même au bout d’une laisse j’apprécie fort l’espace.

Mais j’apprécie aussi  de prendre le chemin de la maison douillette où je vais, avec joie, retrouver ton giron.

Oui, c’est le pied !

 

Mouty

______________________________________________________________

 

 

 


Bientôt le Printemps!

 

  Voici notre première consigne du jour

 Avec les neufs lettres suivantes, faire plusieurs mots, dont le mot le plus long.

E  B  I  U  M  P  A  L  O

                     Faire une liste commune avec tous les mots trouvés.

Opale     plume   mule    Loi     Boule

poule      pâle    abîme      Emu     palombe

publie     Lame       miel  lubie     meubla

Après avoir choisi dix mots dans la liste commune, en 20 minutes, écrire un texte sur le thème du printemps, contenant ces dix mots.

---------------------------------------------------------------


Common Wood Pigeon

wikimédia

 

 

Un bruit de branches froissées me fait lever les yeux qui se portent au-dessus des cimes, et j'aperçois dans le ciel opale, une palombe aux plumescouleur miel s'élançant d'un arbre en fleurs telle une lame, glissant dans un souffle léger, fendant l'air printanier  qui embaume toute la forêt ; tiens , quelle  lubie lui a pris, rien apparemment n'aurait dû l'effrayer qui la fasse si vite fuir ; voir dans la pâleurnaissante de ce nouveau jour s'envoler cet oiseau m'émeus ; me voilà tirée de cette belle vision  par au autre bruit, une charrette chargée d'une grosse boule d'herbe fraîche qui semble avoir beaucoup de mal à avancer , trainée par une mulerécalcitrante refusant les encouragements de son maître, l'incitant  par maintes flatteries, à repartir , lui promettant de cette belle herbe verte et grasse dès que le chargement sera engrangé, mais elle ne semble pas le comprendre ; allez, ne fais pas tant de manières lui-dis-je, passant près d'elle, le régal est pour après quand tu auras atteint la grange , reprend ton trot , tu es tout près du but ; laissant là  l'attelage immobilisé , je poursuis ma promenade humant avec délice les parfums qui se déploient de toutes parts, venant de cette diversité d'arbres et de végétaux , apportés par ce nouveau printemps, toujours tant attendu .

Rina

___________________________________________________



Photo: www.Photo-Paysage.com (CC BY-NC-ND)

Photo : cc by-nc-nd  Photo-Paysage.com


 

L’air est léger comme une plume, en ce matin aux senteurs de miel. L’aube pâle resplendit d’une douce lumière que mes yeux émus découvrent dans l’entrebâillement de la fenêtre ouverte. Ce n’est plus l’hiver avec ses matins frileux où les palombes se cachent sous leurs ailes protectrices, où les poules, ébouriffant leurs plumes, se serrent les unes contre les autres, où les mules redoutent de quitter leur tiède litière. Non, l’hiver est tout juste parti et déjà le printemps s’annonce dans cette aube aux couleurs d’opale. La journée sera gaie, je le sens ; on rira dans les champs et dans les jardins ; on la passera à s’émerveiller des bourgeons, de tout ce renouveau de la nature qui s’éveille à une nouvelle vie. On écoutera les oiseaux qui chantent, une multitude de parfums se bousculeront sous nos narines et on sortira de l’abîme de ce rude hiver sans y penser, tout naturellement.

C’est la loi des saisons ; l’une remplace l’autre, immuablement . Régi par cette mécanique implacable, le temps passe sans qu’on y songe, les années s’écoulent sans bruit et l’on se retrouve avec des cheveux blancs, sans savoir comment, pour un nouveau printemps.

Gill

                                                                                  

branches,oiseau,flatteries,matins,frileux,mécanique,implacable

freepik

 

LE PRINTEMPS


Le Printemps a posé sa lumière d’opale

Sur les arbres et les nids déjà garnis de plumes

Sur les champs, les rivières, les insectes et la mule

Et même les humains qui sont sans foi ni loi.

 

Saison bénie des dieux, tu mets l’hiver en boule

Tu excites le coq, le dindon et la poule

Et fais virer leur teint du cramoisi au pâle

Plongeant les quelques chants dans un profond abîme.

 

Les changements discrets me laissent tout ému

Heureux de constater le retour des palombes

Et divers passereaux que le journal publie.

On va de la froidure à la brise de miel. 

 

Mouty

________________________________________________