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vendredi, 25 janvier 2013

Impressions devant une toile de Monet

 

Parmi plusieurs reproductions de toiles de Claude Monet, en choisir une.

       En 15 minutes, donner ses impressions inspirées par ce tableau.

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monet mouty.jpg

 

Nympheas, Claude Monet 1916-1919, huile sur toile 150 x 197 cm, Musée Marmottan, Paris France. Giverny



Les nymphéas dressent leur corolle rose au-dessus des feuilles immobiles à la surface de l’eau indigo, telles des soucoupes présentant des fleurs d’anniversaire. Je les compte. Elles se multiplient à l’horizon, dépassant le nombre d’années pesant sur mes épaules.

Le ciel cobalt et cérulé, est tourmenté par l’arrivée capricieuse d’une brise de demi-saison. Assise sous un saule dont le feuillage commence à vibrer, je ferme les yeux et plonge dans des frémissements bleus et verts qui me portent, me bercent, caressée par des feuilles légères et taquines. Je vogue au gré du vent qui s’élève ou se fige dans l’attente d’une suite incertaine. Je suis suspendue à une frange lumineuse.

A la fois, espoir et désespoir sont inspirés par ce tableau de Monnet, dont les tons et les tourbillons m’interpellent.

 

Mouty

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Claude Monet, Impression, soleil levant, 1872

 

impression soleil levant    wikimédia

 

Je marche le long de ce sentier, très tôt, ce matin là, j'aimerais tant admirer le soleil apparaissant tout au bout de l'horizon, le voir  se refléter sur ce lac  formé par la montée subite de la rivière en crue. ça y est , je la vois , la grosse boule rougeoyante montant doucement éclairant de ses faibles rayons dorés , illuminant soudain, dans un émerveillement plein d'émotion  toute cette nature à moitié noyée , l'eau argent s'allume de flammes , la léchant semblant courir sur toute cette étendue mousseuse , les petites barques de pêcheurs glissant sans bruit pour ne pas faire fuir les poissons qu'ils voudraient bien ramener pour le déjeuner de midi  sûrement ; les grands tronc d'arbres dénudés, pareils à quelques squelettes maigres sombres , tranchent dans cette lumière éblouissante , annonçant un jour nouveau , des effilochages de nuages se lèvent vers le ciel, dégageant complètement la vue pour laisser un horizon pur , je suis saisie d'une joie très forte , quelle beauté , l'eau qui s'étale ainsi apportera de bons nutriments pour ses sols , si elle regagne vite son lit , ce que je souhaite , me repaissant sans fin de ce magnifique lever de soleil.

Rina

                                                                              


Claude Monet 037

 

les coquelicots à Argenteuil   wikimédia



Coquelicots, silhouettes imprécises d’enfant et d’adulte, arbres verdoyants en fond de tableau, tout ceci m’évoque les vacances à la campagne d’une famille citadine. Je vois un instantané de vie mis en couleur avec art par le peintre. J’imagine une joyeuse promenade dans les champs, à la recherche d’un bouquet à rapporter à la maison, mis dans un joli vase en rentrant et qu’on se désolera de voir faner dès le lendemain.

J’imagine les chaumes, à la fin de l’été, restes des blés coupés et mis en bottes pour former la meule. L’enfant s’obstine à marcher dedans avec des nu-pieds, malgré ses chevilles écorchées, lardées de sillons rouges sur sa peau brunie. La main dans la main de sa mère, il traîne ses semelles sur la terre  pour avoir la chance d’échapper aux écorchures en passant entre les chaumes, sans les écraser.

Le champ rougi par les coquelicots, c’est la vie, la gaité, l’insouciance, le ciel panaché de petits nuages, c’est peut-être l’orage qui s’annonce, le présage d’une pluie drue qui s’abattra sur les promeneurs, les surprenant, les trempant, faisant dégouliner leurs chapeaux,  puis aussitôt laissant place à un arc-en-ciel ; le goûter sera pris gaiement, un peu humide, un peu ramolli dans le sac de papier ; j’imagine alors, silhouettes bien découpées sur la verdure, la femme riant, les joues rouges comme les coquelicots et l’enfant, les yeux dans le bleu du ciel,  voyant la vie en rose.

   Gill

                                                                                   

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