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vendredi, 28 décembre 2012

Les communes aux noms insolites

 

Tirer au sort une liste de noms insolites de communes françaises. En choisir un. Ecrire un texte dans lequel vous imaginez l’origine de ce nom. (20-25 mn)

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nom-de-ville-chatte.jpg

source photo:tayo.fr

 

 

     Il était une fois un petit village, perdu dans les neiges en hiver, dans de vertes prairies en été.

     On y vivait heureux. Comme on savait le faire autrefois. Quand les enfants ôtaient leur béret pour saluer ; quand les gars rentraient du service militaire tout farauds, avec leur quille suspendue au cou ; quand les filles les épousaient un peu plus tard et que tout se terminait autour d’un banquet (comme dans les meilleures histoires) et par des chansons…qui tournaient au leste à la fin du repas…Donc, tout allait pour le mieux dans le meilleur des villages  dont tout le monde a oublié le nom qu’il portait alors.

      Tout allait bien jusqu’au jour où il y eut une invasion de souris. Par centaines ! Et féroces avec ça ! Si redoutables que pas un matou des environs n’osait s’y attaquer.

     On se lamentait tandis que la vie économique et sociale du village périclitait à vue d’œil, perturbée comme elle l’était par ces satanés rongeurs qui s’insinuaient partout, dévoraient tout. L’on commençait à envisager l’exil, lorsqu’un soir…

      Ce fut un soir d’hiver, venteux, neigeux, qu’apparut la grande chatte blanche. Très grande en vérité, certains prétendent qu’il s’agissait d’un léopard des neiges. Mais comment savoir ?

      Elle avançait majestueusement, laissant dans la neige des empreintes en forme de fleurs, avec les yeux mi-clos et un sourire mutin s’étirant jusqu’aux oreilles…Bref, tous en déduisirent que la créature surgie du blizzard n’était pas un mâle.

       Elle s’arrêta au milieu de la place, qu’elle balaya posément de son regard d’or et poussa un miaulement (certains maintiennent dur comme fer que c’était un rugissement). Un seul quoiqu’il en soit. Sauvage. Les vieux qui s’en souviennent en frissonnent encore !

      Alors soudain, de partout, détalèrent les souris. En colonnes, cohortes, divisions, armées, elles fuyaient à toutes pattes, sans regarder derrière elles. On ne les revit plus jamais.

     La grande chatte blanche non plus, d’ailleurs. Elle disparut d’un coup, comme effacée par les flocons, devant les villageois médusés.

        Fée, ange ou panthère ? L’on opta pour Chatte, à l’unanimité et depuis ce jour, le petit village perdu dans la montagne porte ce nom ; les habitants quant à eux, vu qu’ils en sont les enfants, se nomment : chatons. Et que l’on me croit ou non, ils ont bien de la chance !!

                        El Pé                                     (Chatte dans l’Isère)

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source photo:passionbroderie

 

 

MONNAIE (Indre et Loire)

Péage pour traverser la Loire avant la construction du pont à Tours. Un bac faisait passer bêtes et gens d’une rive à l’autre sous réserve de présenter la monnaie demandée par le passeur.

 

TRAVAIL COQUIN (près de Langeais)

Après le péage, en suivant la berge de la rive droite, derrière la chaussée se trouvait une maison close où les hommes venaient de plusieurs lieues à la ronde pour un soi-disant travail agricole qui, s’il existait, avait une suite dans ce temple de récompense des efforts du guerrier. L’endroit fut baptisé « Travail coquin », ce qui permit de participer à l’essor d’un village sous un nom qui n’eut plus rien à voir avec son origine par la suite.

 

BOUC  ETOURDI  (Yvelines)

Dans ce hameau de la région parisienne, alors éloigné de la capitale par l’absence de transports en commun, se trouvait une ferme vers laquelle convergeaient bon nombre de paysans du coin avec leurs chèvres pour les faire ensemencer par un bouc fort vaillant, et s’avérant très efficace pour la valeur marchande de sa descendance. Un jour, ce fut la chienne, gardienne d’un troupeau, qui eut les faveurs quelque peu forcées du bouc, enflammé par certains effluves mais aveuglé par son trop grand désir de chair fraîche. On ne connait pas trop la suite, mais « Bouc étourdi » fut le nom attribué au lieu-dit.

 

PINARD (lieu-dit)

Que des vignes ! Des terres plantées de vignes, mais du vin apparenté à la piquette. Le troquet du lieu-dit prit le nom du tenancier qui s’appelait alors « Pinard » - le bien-nommé -  issu de plusieurs générations de vignerons. Ce nom fut donné au hameau par la suite.

 

MERDE DE CHAT (Haute Saône)

Dans ce hameau de paysans aux expressions souvent narquoises, voire grossières,  il fallait porter toute son attention sur les emplacements où l’on mettait les pieds. Les chemins étaient remplis de bouses de vaches, constellés de crottes de chèvres. Des chats, issus de parents incertains, se baladaient un peu partout. Alors, voilà : pour ne pas vexer le voisin aux vaches ni celui aux chèvres, on avait tout bonnement baptisé l’endroit « Merde de chat ».

              Mouty

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source photo jenormeg

 

 

Il y a fort longtemps,  sur ce petit chemin de notre actuel Loir et Cher, quelques maisons émergeaient,  serrées les unes contre les autres. L’une d’elles était occupée par un homme qui avait un très gros faible pour l’eau de vie, à tel point que dès midi,  il était mal assuré sur ses jambes et que son équilibre, fort précaire, donnait à sa marche des allures de danse saccadé. Bref, il était, disait-on dans le langage de l’époque,  « bourré * » pratiquement du matin au soir et tout le monde le connaissait à des lieues à la ronde.

A côté, dans une autre masure, vivait une famille dont l’une des  filles, gaie et charmante, avait une passion pour la danse. Avec d’autres jeunes villageoises des environs, elles se réunissaient pour imaginer des danses enjouées, accompagnées par des vièles et des pipeaux, qu’elles présentaient au cours des nombreuses fêtes locales.

Un jour, elles furent inspirées par les pas insolites de leur voisin et imaginèrent une danse où l’on sautait et tapait du pied, rythmée par le claquement des sabots. Ce spectacle fut très apprécié, attira les habitants des villages voisins qui firent fonctionner le bouche à oreille. On vint de loin en disant : « allons voir danser au village de l’homme bourré », ce qui devint rapidement : « allons voir danser au village du bourré », puis se transforma enfin en : « allons voir danser au Bourré ».

C’est ainsi que bien longtemps après la mort de cet homme, le village s’étendit et garda son nom. De même, la danse qui en était née s’appela « la Bourrée » et devint très célèbre.

 

*bourré. Terme encore employé actuellement dans le langage argotique, signifiant : en état d’ébriété

                    Gill

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jeudi, 27 décembre 2012

Phrase extraite de "Peste et Choléra"

 

Ecrire sur un papier des  mots en rapport avec le mouvement

Faire passer le papier à sa voisine qui en choisit un dans la liste. Ecrire un texte contenant les mots sélectionnés et commençant par « ce n’est pas une vie que de ne pas bouger » : Patrick Deville « peste et choléra » (Phrase extraite de la correspondance d’Alexandre Yersin).    (20-25 mn)


les trois mots:                            sautiller    danse    tourbillon

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patinage.jpg

 

freebievectors



« Ce n’est pas une vie que de ne pas bouger » se disait Hélène, clouée dans un fauteuil roulant depuis son accident de patinage. N’imaginez pourtant pas Hélène transformée en légume comme certains d’entre nous à l’apparence physique dite normale mais enfermés par une absence de curiosité, de motivation, au cerveau aplati.

Hélène bouillonnait secrètement derrière ses lunettes qui accentuaient son air mutin. L’œil étincelait de malice et de grâce. Elle écrivait passionnément des poèmes ainsi que des nouvelles qui avaient toujours une fin heureuse.

Depuis quelques semaines, elle s’était lancée dans l’écriture d’une chorégraphie échafaudée à partir de ses rêves. Un spectacle de danseet de tourbillons pour le prochain gala de patinage artistique patronné par une célèbre marque de parfums. Elle imaginait un couple féérique virevoltant sur la glace transformée en tapis par les éclairages. Elle voyait l’homme sautiller après ses doubles axels pour rejoindre la belle. Mozart accompagnait les prouesses de façon magnifique. Hélène n’était plus alors dans son fauteuil roulant mais dans la patinoire, virevoltant comme un papillon. Hélène ne savait plus alors ce que signifiait « ne pas bouger » car, en elle, tout était mouvement. L’apparence physique de sa vie avait changé, mais son bouillonnement  intérieur était devenu intense.

Mouty

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jack russel.jpg

 

 

« Ce n’est pas une vie que de ne pas bouger » ; Oh ! comme c’est vrai se dit le petit chien blanc et marron, dans la vitrine des galeries Lafayette. Il fait partie du décor de Noël, superbe, comme tous les ans, imaginé par les grands magasins parisiens, pour le plaisir des promeneurs et des touristes. Mannequin parmi d’autres, il est là, à côté d’une fillette et d’un garçonnet près d’une cheminée entourée de cadeaux et tout autour d’eux, des animaux variés dans un décor neigeux où brillent des dizaines d’étoiles.

La nuit est tombée et notre petit chien se met à rêver de mouvement, de visite de monuments, de promenade dans Paris……et il rêve si fort que tout à coup, une patte se soulève, puis deux, puis ses yeux bougent et sa tête tourne. Il se met à sautiller dans la vitrine, se sent prêt à entrer dans la danse, entraîné dans un tourbillon d’excitation et de joie.

Bientôt, sans savoir comment, il se retrouve sur le trottoir et commence alors une folle équipée dans les rues de Paris qui l’emmène de l’Opéra au Sacré-Cœur en passant par les Invalides, le parc Monceau et Notre Dame. Là il se retrouve bientôt sur les berges de la Seine, dans un endroit bien moins élégant où des silhouettes emmitouflées dans de vieux vêtements crasseux, des bonnets enfoncés jusqu’aux yeux, présentent des mains endolories par le froid à des chaufferettes bancales. « Qui sont ces gens ? » Se dit le petit chien. « Ne serait-ce pas ce qu’on appelle des SDF ou clochards ? J’en ai vu quelquefois passer furtivement devant la vitrine ». Il s’approche pour mieux voir mais aussi parce qu’il a faim et soif et renifle des odeurs alléchantes ; plusieurs paires d’yeux étonnés se tournent vers lui, il recule, craintif, quand des mains rudes mais douces à la fois le soulèvent puis l’approche d’une gamelle contenant une mixture inconnue mais odorante. En cet instant, il sait qu’il restera là, avec  ceux qui l’accueillent et partagent leur pitance avec lui. Peut-être ne bouger-t-il plus, mais ce sera son choix, et alors il  pourra dire : la vie peut être belle sans bouger quand on est en bonne compagnie.

Dans la vitrine des Galeries Lafayette, il y a une place vide près de la fillette, ce qui fait dire aux passants : « Le décorateur aurait dû faire plus attention à cette vitrine ; les personnages sont mal installés ; on a l’impression qu’il manque quelque chose ! »

     Gill

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mardi, 25 décembre 2012

le sapin de Noel

                   En ce temps de Noël, voici la consigne proposée

 

Trouver six mots à l'aide de grilles contenant des lettres. Les mettre en commun    puis en tirer trois au sort.

 

Sur le modèle de la fable de La Fontaine, « le rat des ville et le rat des champs », écrire une fable sous forme de poème ou de texte poétique, contenant les trois mots tirés, sur le thème : « le sapin des villes et le sapin des bois »     (15-20 mn)

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Photo: www.Photo-Paysage.com (CC BY-NC-ND)

 

 

Photo : cc by-nc-nd    Bruno Monginoux
Photo-Paysage.com


LE SAPIN DES VILLES ET LE SAPIN DES BOIS


Du haut de l’échafaud le beau sapin des villes

Snobait de ses six mètres le sapin des bois

Dominant de ses ors de manière futile

Ses frères enneigés  tristement aux abois

Agrippés au roc froid dans une brume épaisse.

De l’étal de poissons, la morue, œil vitreux,

L’apostropha tout net et sans qu’il y paraisse

Lui décrivit le sort des sapins malheureux

Car de fêter Noël est destin peu enviable.

Sans décors ni lumières tu seras miséreux,

Tes jours seront comptés, alors tais-toi que diable !

 

Mouty

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 Un sapin des bois coulait des jours heureux

Dans une grande forêt, pas très loin de Montreux

Làs ! Noël approchant, son beau tronc fut scié

Et il se retrouva sur une place de marché

Parmi des congénères, dont plusieurs synthétiques.

« Oh là mon brave fit l’un d’eux d’un air fort sympathique

Ce n’est pas la peine de faire ta gueule de bois

Noël est une fête formidable tu verras !

Moi j’ai l’habitude. Petits souliers au pied

Guirlandes , boules, étoiles, regards émerveillés ;

Cantiques, dinde, bûche, messe de minuit,

Ambiance garantie :

Douceur, tendresse et famille réunie. »

Quelque peu rassuré,

Le sapin des bois fut bientôt transporté

Dans une maison genre vieux loft rénové.

Pauvre conifère ! En guise de « Beau Sapin »

Il eut droit à des rocks jusqu’au petit matin

En guise de dinde, de la morue bouillie,

Et de Père Noël six punks, avec crêtes et treillis.

                                 El Pé

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Dans le livre d’images de Théo,

Le sapin des villes, sage, sur la page six

Jette un regard condescendant

Sur un grand sapin des bois, branches au vent

Dressé sur la page voisine.

Cher ami, lui dit-il de sa voix apprêtée,

Vous semblez tristounet dans ce vert appareil

Sans aucun avantage pour vous enjoliver.

Regardez mes dorures, mes lumières, mes guirlandes

Dignes d’une rock star sous les feux de la rampe.

Le grand vert, exhalant des effluves boisés

Lui répond d’une voix tranquille :

« -A Noël, sous votre habit de lumière,

Vous serez peut-être le roi de la fête,

Mais bientôt dépouillé de tout votre apparat

Vous me ressemblerez mais en plus gringalet

Car une morue, même bien préparée, reste une morue.

 -Pourquoi ce ton acerbe rétorque le doré

Par ces mots vous montrez que vous êtes jaloux

De tous ces agréments que vous ne possédez.

-Moi, jaloux, vous rigolez,

J’ai la forêt, l’air pur, la liberté,

Les rayons du soleil à travers mes épines

Et les flocons de neige tapissant ma ramure.

Bientôt privé de terre

Vous perdrez votre robe et vous assècherez.

Tandis que je m’épanouirai en respirant l’air frais,

Vous vous transformerez en petit tas d’aiguilles.

Rejetez les richesses et gardez vos racines

A vouloir trop briller on peut perdre la vie. »

     Gill

 

NOEL 2011 004wikimédia commons

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lundi, 03 décembre 2012

L'avocat du diable

 

Chacun écrit sur deux papiers les deux choses qu’il déteste le plus dans la vie ; Ces papiers sont pliés et mis en commun et chaque participant en tire deux au hasard puis choisit un des deux mots tirés.

En 30 mn, écrire pourquoi on doit aimer ce qui est écrit; s’en faire l’avocat.

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papier tiré par El Pé: m'ennuyer à une soirée


religieuse.jpg

VracImages

 

 

         Les voisins viennent de m’inviter pour la Saint Sylvestre. Génial !! Pourvu que ce soit comme l’an dernier !

         L’an dernier j’étais arrivée déguisée en bonne sœur, ayant compris, apparemment à tort, que c’était une soirée travestie. Ce fut très rigolo et agréable de porter jusqu’à cinq heures du matin une grande robe noire cachant les chevilles avec un voile assorti ne laissant  apparaitre le moindre centimètre de mes cheveux. Rigolo dis-je, car lorsque je voyais toutes ces pauvres nanas affublées de fourreaux lamés, je ne pouvais m’empêcher de les plaindre(le lamé grossit beaucoup). Et agréable… car ajouter grâce à sa propre chaleur corporelle une bonne dizaine de degrés aux trente-deux régnant dans la pièce ne peut qu’apporter une réconfortante et douce impression de bien-être.

         En attendant que soit ouvert le buffet, je me suis délicieusement promenée, un verre à la main, d’un groupe à l’autre, tous plongés dans des conversations passionnantes du fait que les interlocuteurs, à l’évidence, se connaissaient de longue date. A aucun moment je ne fus conviée à me joindre à eux. Tant mieux !! J’avais ainsi tout loisir de méditer sur des sujets de circonstance tels que la Métaphysique selon Descartes ou les causes immédiates et lointaines de la Guerre de Cent Ans…

        Hélas ! L’heure du buffet arriva bien trop tôt à mon gré ! Mais une bonne surprise m’attendait : un curry indien, plat que mon estomac ne supporte pas. Définitivement. Qu’importe ! Pour faire honneur à la maitresse de maison, j’emplis mon assiette, ce qui eut un avantage certain : celui de me maintenir vissée sur les toilettes pendant que sonnaient les douze coups de minuit et que tout le monde s’embrassait à qui mieux mieux. Quelle chance ! Ainsi j’échappais aux mains baladeuses de messieurs vieillissants autant qu’éméchés faisant feu de tout bois. Youpee !!

        Je ressortis des WC juste lorsque démarrait la Danse des Canards, suivie aussitôt d’une compile de tubes de Patrick Sébastien. Quel plaisir de mimer en cadence ces belles chansons du terroir… même si l’on s’aperçoit que les personnes autour de vous ne font pas du tout les mêmes gestes !

       Pas question de renter chez soi avant l’aube mais qu’à cela ne tienne ! Vaincue par une saine fatigue, je me suis endormie dans un coin, sur le tapis du chien. Après seulement que ce dernier m’ait copieusement léché la figure, fou de joie qu’il était d’avoir de la compagnie sur sa petite couchette. Brave bête !

      Les voisins viennent de m’inviter (à nouveau) pour la Saint Sylvestre .Génial !! J’ai hâte d’y être !

                           El Pé

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papier tiré par Mouty: l'indifférence


L’INDIFFERENCE 

Quel bien-être dans cet univers ouaté, dans ce monde où l’on navigue sans se préoccuper des lames de fond, des écueils, des requins, ou des méduses urticantes.

Peu m’importe le temps : soleil, froid, pluie, neige ou brouillard ne pèsent en rien sur ma vie qui se déroule dans la tranquillité.

Que va piano, va sano : ce concept s’applique à mon personnage depuis ma naissance. J’ai toujours avancé - si l’on peut dire - totalement indifférente à un environnement hostile ou chaleureux.

Bonnes ou mauvaises nouvelles, peu m’importe, qu’elles viennent de la famille, des amis, des voisins, des collègues…

Quant aux nouvelles des pays éloignés, elles ne sont ni au bord d’un rêve, ni d’un cauchemar. A quoi bon se soucier du Biafra ou de l’Afghanistan quand tout va bien pour soi ? C’est un bon moyen de se rendre malade ! Je ne navigue pas dans ces eaux-là. Je n’écoute même plus les informations depuis belle lurette.

Ma mère a la maladie d’Alzheimer et mon mari un cancer au foie : qu’y puis-je ? C’est le moindre de mes soucis.

Que puis-je changer au cours des choses ? Je me tiens dans mon petit coin feutré et n’embête personne. Et alors ? Ça vous dérange ?

Je vous conseille vivement de suivre mon chemin, pas cahin-caha, ni clopin-clopant, mais calmement, sans à-coups, sans forcer. Laissez-vous glisser vers ce monde merveilleux où l’on ne s’occupe pas des autres.

Vous pouvez trouver la zénitude ici-bas. Promis, vous baignerez dans le Nirvana.

Mouty

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                             papier tiré par Gill : les huîtres

 

 

buffet,danse,canards,indifférente,nirvana

freepik

 

 

Plaidoyer pour les huîtres.

Bonjour à tous.

Vous êtes réunis autour de cette table car vous avez un point commun, vous clamez tous haut et fort : « je déteste les huîtres. Leur texture est répugnante et me donne la nausée ; Je n’ose même pas dire à quoi elles me font penser, surtout quand elles sont décoquillées. »

Allons, allons, mesdames et messieurs, ne dîtes pas une chose pareille avant de les connaître vraiment. Y avez-vous goûté d’ailleurs ? Peut-être pas, ou peut-être trop rapidement. Regardez d’abord les coquilles, si différentes selon leur origine, si petites ou si grosses, en fait si variées. Les huîtres plates, arrondies, aux saveurs bien distinctes, Belon en Bretagne, Marennes à Oléron, Bouzigues à Sète ou Gravettes à Arcachon se font discrètes dans l’assiette, prenant peu de place. Les huîtres creuses, allongées, les plus nombreuses, peuvent avoir une coquille un peu pointue et trouvent tout naturellement leur place sur des tours à huîtres du plus bel effet. Regardez cet intérieur nacré, ce liséré gris clair palpitant qui frémit au moindre contact et cet œil plus foncé semblant vous inviter à la dégustation.

Elle s’accommode de mille façons, nature avec un filet de citron, avec une sauce vinaigrette, chaude ou froide, en coquille ou en cassolette. Vous pourrez la déguster sur le pouce, devant les bourriches du pêcheur, approcher la coquille de votre bouche et sentir, après le contact dur et râpeux, la douceur de la bête et le goût puisant qui envahit votre bouche. Plus élégamment vous pourrez la manger à la fourchette, mais ce goût si particulier ravira de même vos papilles. N’avalez pas tout rond, surtout, croquez, mastiquez et prenez votre temps pour en apprécier le parfum.

Si vous voulez bien vous laisser guider, l’huître vous fera, par sa saveur, visiter mers et océans ; elle vous entrainera dans un monde sous-marin silencieux et magnifique. Vous côtoierez, en la suivant, poissons fabuleux, requins fascinants et plantes aquatiques rares. Peut-être même rencontrerez-vous des sirènes ! Vous reviendrez éblouis de ce voyage en ayant avalé une simple petite huître.

Enfin l’huître c’est la fête, c’est Noël, c’est la convivialité autour d’une élégante bouteille de vin d’Alsace. C’est « l’incontournable » des plateaux de fruits de mer des Bretons ou des Sétois. L’huître, c’est tout cela!

Aussi je déclare ouverte cette dégustation. Et maintenant, bon appétit à tous.

Gill

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"Dans les steppes de l'Asie centrale"

 

 Chacun invente une charade pour faire découvrir un mot à l’assemblée.  A l’issue de ce jeu, quatre mots sont sélectionnés :

                          Bracelet   volonté   papyrus   rivière

Ecrire un texte contenant ces quatre mots ayant pour thème :

                           « Dans les steppes de l’Asie centrale »

(20mn)

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LES STEPPES DE L’ASIE CENTRALE

La musique de Borodine rendait Annie mélancolique. « Les steppes de l’Asie Centrale » lui rappelaient un voyage dans les pays de l’Est qu’elle revivait tous les jours, dès que le crépuscule floutait les contours du paysage.

Elle était alors partie avec Bernard dans la Deudeuche d’occasion qu’ils avaient achetée pour leur voyage de noces. Voyage de fauchés, mais la volonté, le cœur et l’allégresse y étaient.

Bernard lui avait offert un bracelet de cuir déniché dans la boutique d’un petit artisan de village qui connaissait quelques bribes de langues étrangères. Un écriteau, imitant un papyrus, le situait au fond d’une impasse.

Ils reprirent leur route mais furent bloqués par la crue d’une rivière qui avait débordé sur des dizaines de mètres au-delà des berges. Ils durent faire demi-tour avant la nuit et se réfugièrent chez l’artisan qui leur avait vendu le bracelet. Ils furent accueillis à bras ouverts, l’homme étant hospitalier et avide d’entendre parler des pays occidentaux, de la France en particulier, et surtout de Paris.

 Mouty

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deudeuche,artisan

 

europeaid

 Voyage à travers le Changtang

 

Cette œuvre de Borodine, « Dans les steppes de l’’Asie centrale », m’invite à une rêverie sans fin qui entraîne mon imagination vers des paysage arides, des chemins sableux martelés par le passage des caravanes. La musique suit l’ondulation de la file qui s’étire, si lointaine d’abord,  puis se rapprochant peu à peu pour imposer sa présence dans un festival de sons harmonieux qui vont crescendo, puis elle s’éloigne m’obligeant à tendre l’oreille pour sentir encore sa présence lointaine.

Que transporte cette caravane ? Il y a là des bijoux, bracelets de pierres fines, bagues et colliers qui iront orner la peau des riches Dames, des papyrus anciens destinés à de fortunés collectionneurs. Quelle volonté faut-il aux marchands pour acheminer tous ces trésors ! Mais ils savent qu’ils seront payés de tous leurs efforts par de nombreuses pièces d’or.

J’imagine une rivière, pour étancher la soif des montures. J’entends son clapotis qui se mêle aux sons réguliers et chantants des instruments et tout à coup, je reviens à la réalité : le bruit d’eau vient du robinet de la cuisine où ma mère prépare le repas ; Vite, il est temps d’arrêter le CD et de descendre dîner avant qu’elle ne s’aperçoive que je rêvasse encore ! Oui, oui, maman, je viens tout de suite, juste le temps de fermer mon cahier.

Gill

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