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vendredi, 28 décembre 2012

Les communes aux noms insolites

 

Tirer au sort une liste de noms insolites de communes françaises. En choisir un. Ecrire un texte dans lequel vous imaginez l’origine de ce nom. (20-25 mn)

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nom-de-ville-chatte.jpg

source photo:tayo.fr

 

 

     Il était une fois un petit village, perdu dans les neiges en hiver, dans de vertes prairies en été.

     On y vivait heureux. Comme on savait le faire autrefois. Quand les enfants ôtaient leur béret pour saluer ; quand les gars rentraient du service militaire tout farauds, avec leur quille suspendue au cou ; quand les filles les épousaient un peu plus tard et que tout se terminait autour d’un banquet (comme dans les meilleures histoires) et par des chansons…qui tournaient au leste à la fin du repas…Donc, tout allait pour le mieux dans le meilleur des villages  dont tout le monde a oublié le nom qu’il portait alors.

      Tout allait bien jusqu’au jour où il y eut une invasion de souris. Par centaines ! Et féroces avec ça ! Si redoutables que pas un matou des environs n’osait s’y attaquer.

     On se lamentait tandis que la vie économique et sociale du village périclitait à vue d’œil, perturbée comme elle l’était par ces satanés rongeurs qui s’insinuaient partout, dévoraient tout. L’on commençait à envisager l’exil, lorsqu’un soir…

      Ce fut un soir d’hiver, venteux, neigeux, qu’apparut la grande chatte blanche. Très grande en vérité, certains prétendent qu’il s’agissait d’un léopard des neiges. Mais comment savoir ?

      Elle avançait majestueusement, laissant dans la neige des empreintes en forme de fleurs, avec les yeux mi-clos et un sourire mutin s’étirant jusqu’aux oreilles…Bref, tous en déduisirent que la créature surgie du blizzard n’était pas un mâle.

       Elle s’arrêta au milieu de la place, qu’elle balaya posément de son regard d’or et poussa un miaulement (certains maintiennent dur comme fer que c’était un rugissement). Un seul quoiqu’il en soit. Sauvage. Les vieux qui s’en souviennent en frissonnent encore !

      Alors soudain, de partout, détalèrent les souris. En colonnes, cohortes, divisions, armées, elles fuyaient à toutes pattes, sans regarder derrière elles. On ne les revit plus jamais.

     La grande chatte blanche non plus, d’ailleurs. Elle disparut d’un coup, comme effacée par les flocons, devant les villageois médusés.

        Fée, ange ou panthère ? L’on opta pour Chatte, à l’unanimité et depuis ce jour, le petit village perdu dans la montagne porte ce nom ; les habitants quant à eux, vu qu’ils en sont les enfants, se nomment : chatons. Et que l’on me croit ou non, ils ont bien de la chance !!

                        El Pé                                     (Chatte dans l’Isère)

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source photo:passionbroderie

 

 

MONNAIE (Indre et Loire)

Péage pour traverser la Loire avant la construction du pont à Tours. Un bac faisait passer bêtes et gens d’une rive à l’autre sous réserve de présenter la monnaie demandée par le passeur.

 

TRAVAIL COQUIN (près de Langeais)

Après le péage, en suivant la berge de la rive droite, derrière la chaussée se trouvait une maison close où les hommes venaient de plusieurs lieues à la ronde pour un soi-disant travail agricole qui, s’il existait, avait une suite dans ce temple de récompense des efforts du guerrier. L’endroit fut baptisé « Travail coquin », ce qui permit de participer à l’essor d’un village sous un nom qui n’eut plus rien à voir avec son origine par la suite.

 

BOUC  ETOURDI  (Yvelines)

Dans ce hameau de la région parisienne, alors éloigné de la capitale par l’absence de transports en commun, se trouvait une ferme vers laquelle convergeaient bon nombre de paysans du coin avec leurs chèvres pour les faire ensemencer par un bouc fort vaillant, et s’avérant très efficace pour la valeur marchande de sa descendance. Un jour, ce fut la chienne, gardienne d’un troupeau, qui eut les faveurs quelque peu forcées du bouc, enflammé par certains effluves mais aveuglé par son trop grand désir de chair fraîche. On ne connait pas trop la suite, mais « Bouc étourdi » fut le nom attribué au lieu-dit.

 

PINARD (lieu-dit)

Que des vignes ! Des terres plantées de vignes, mais du vin apparenté à la piquette. Le troquet du lieu-dit prit le nom du tenancier qui s’appelait alors « Pinard » - le bien-nommé -  issu de plusieurs générations de vignerons. Ce nom fut donné au hameau par la suite.

 

MERDE DE CHAT (Haute Saône)

Dans ce hameau de paysans aux expressions souvent narquoises, voire grossières,  il fallait porter toute son attention sur les emplacements où l’on mettait les pieds. Les chemins étaient remplis de bouses de vaches, constellés de crottes de chèvres. Des chats, issus de parents incertains, se baladaient un peu partout. Alors, voilà : pour ne pas vexer le voisin aux vaches ni celui aux chèvres, on avait tout bonnement baptisé l’endroit « Merde de chat ».

              Mouty

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source photo jenormeg

 

 

Il y a fort longtemps,  sur ce petit chemin de notre actuel Loir et Cher, quelques maisons émergeaient,  serrées les unes contre les autres. L’une d’elles était occupée par un homme qui avait un très gros faible pour l’eau de vie, à tel point que dès midi,  il était mal assuré sur ses jambes et que son équilibre, fort précaire, donnait à sa marche des allures de danse saccadé. Bref, il était, disait-on dans le langage de l’époque,  « bourré * » pratiquement du matin au soir et tout le monde le connaissait à des lieues à la ronde.

A côté, dans une autre masure, vivait une famille dont l’une des  filles, gaie et charmante, avait une passion pour la danse. Avec d’autres jeunes villageoises des environs, elles se réunissaient pour imaginer des danses enjouées, accompagnées par des vièles et des pipeaux, qu’elles présentaient au cours des nombreuses fêtes locales.

Un jour, elles furent inspirées par les pas insolites de leur voisin et imaginèrent une danse où l’on sautait et tapait du pied, rythmée par le claquement des sabots. Ce spectacle fut très apprécié, attira les habitants des villages voisins qui firent fonctionner le bouche à oreille. On vint de loin en disant : « allons voir danser au village de l’homme bourré », ce qui devint rapidement : « allons voir danser au village du bourré », puis se transforma enfin en : « allons voir danser au Bourré ».

C’est ainsi que bien longtemps après la mort de cet homme, le village s’étendit et garda son nom. De même, la danse qui en était née s’appela « la Bourrée » et devint très célèbre.

 

*bourré. Terme encore employé actuellement dans le langage argotique, signifiant : en état d’ébriété

                    Gill

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