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lundi, 03 décembre 2012

L'avocat du diable

 

Chacun écrit sur deux papiers les deux choses qu’il déteste le plus dans la vie ; Ces papiers sont pliés et mis en commun et chaque participant en tire deux au hasard puis choisit un des deux mots tirés.

En 30 mn, écrire pourquoi on doit aimer ce qui est écrit; s’en faire l’avocat.

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papier tiré par El Pé: m'ennuyer à une soirée


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VracImages

 

 

         Les voisins viennent de m’inviter pour la Saint Sylvestre. Génial !! Pourvu que ce soit comme l’an dernier !

         L’an dernier j’étais arrivée déguisée en bonne sœur, ayant compris, apparemment à tort, que c’était une soirée travestie. Ce fut très rigolo et agréable de porter jusqu’à cinq heures du matin une grande robe noire cachant les chevilles avec un voile assorti ne laissant  apparaitre le moindre centimètre de mes cheveux. Rigolo dis-je, car lorsque je voyais toutes ces pauvres nanas affublées de fourreaux lamés, je ne pouvais m’empêcher de les plaindre(le lamé grossit beaucoup). Et agréable… car ajouter grâce à sa propre chaleur corporelle une bonne dizaine de degrés aux trente-deux régnant dans la pièce ne peut qu’apporter une réconfortante et douce impression de bien-être.

         En attendant que soit ouvert le buffet, je me suis délicieusement promenée, un verre à la main, d’un groupe à l’autre, tous plongés dans des conversations passionnantes du fait que les interlocuteurs, à l’évidence, se connaissaient de longue date. A aucun moment je ne fus conviée à me joindre à eux. Tant mieux !! J’avais ainsi tout loisir de méditer sur des sujets de circonstance tels que la Métaphysique selon Descartes ou les causes immédiates et lointaines de la Guerre de Cent Ans…

        Hélas ! L’heure du buffet arriva bien trop tôt à mon gré ! Mais une bonne surprise m’attendait : un curry indien, plat que mon estomac ne supporte pas. Définitivement. Qu’importe ! Pour faire honneur à la maitresse de maison, j’emplis mon assiette, ce qui eut un avantage certain : celui de me maintenir vissée sur les toilettes pendant que sonnaient les douze coups de minuit et que tout le monde s’embrassait à qui mieux mieux. Quelle chance ! Ainsi j’échappais aux mains baladeuses de messieurs vieillissants autant qu’éméchés faisant feu de tout bois. Youpee !!

        Je ressortis des WC juste lorsque démarrait la Danse des Canards, suivie aussitôt d’une compile de tubes de Patrick Sébastien. Quel plaisir de mimer en cadence ces belles chansons du terroir… même si l’on s’aperçoit que les personnes autour de vous ne font pas du tout les mêmes gestes !

       Pas question de renter chez soi avant l’aube mais qu’à cela ne tienne ! Vaincue par une saine fatigue, je me suis endormie dans un coin, sur le tapis du chien. Après seulement que ce dernier m’ait copieusement léché la figure, fou de joie qu’il était d’avoir de la compagnie sur sa petite couchette. Brave bête !

      Les voisins viennent de m’inviter (à nouveau) pour la Saint Sylvestre .Génial !! J’ai hâte d’y être !

                           El Pé

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papier tiré par Mouty: l'indifférence


L’INDIFFERENCE 

Quel bien-être dans cet univers ouaté, dans ce monde où l’on navigue sans se préoccuper des lames de fond, des écueils, des requins, ou des méduses urticantes.

Peu m’importe le temps : soleil, froid, pluie, neige ou brouillard ne pèsent en rien sur ma vie qui se déroule dans la tranquillité.

Que va piano, va sano : ce concept s’applique à mon personnage depuis ma naissance. J’ai toujours avancé - si l’on peut dire - totalement indifférente à un environnement hostile ou chaleureux.

Bonnes ou mauvaises nouvelles, peu m’importe, qu’elles viennent de la famille, des amis, des voisins, des collègues…

Quant aux nouvelles des pays éloignés, elles ne sont ni au bord d’un rêve, ni d’un cauchemar. A quoi bon se soucier du Biafra ou de l’Afghanistan quand tout va bien pour soi ? C’est un bon moyen de se rendre malade ! Je ne navigue pas dans ces eaux-là. Je n’écoute même plus les informations depuis belle lurette.

Ma mère a la maladie d’Alzheimer et mon mari un cancer au foie : qu’y puis-je ? C’est le moindre de mes soucis.

Que puis-je changer au cours des choses ? Je me tiens dans mon petit coin feutré et n’embête personne. Et alors ? Ça vous dérange ?

Je vous conseille vivement de suivre mon chemin, pas cahin-caha, ni clopin-clopant, mais calmement, sans à-coups, sans forcer. Laissez-vous glisser vers ce monde merveilleux où l’on ne s’occupe pas des autres.

Vous pouvez trouver la zénitude ici-bas. Promis, vous baignerez dans le Nirvana.

Mouty

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                             papier tiré par Gill : les huîtres

 

 

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freepik

 

 

Plaidoyer pour les huîtres.

Bonjour à tous.

Vous êtes réunis autour de cette table car vous avez un point commun, vous clamez tous haut et fort : « je déteste les huîtres. Leur texture est répugnante et me donne la nausée ; Je n’ose même pas dire à quoi elles me font penser, surtout quand elles sont décoquillées. »

Allons, allons, mesdames et messieurs, ne dîtes pas une chose pareille avant de les connaître vraiment. Y avez-vous goûté d’ailleurs ? Peut-être pas, ou peut-être trop rapidement. Regardez d’abord les coquilles, si différentes selon leur origine, si petites ou si grosses, en fait si variées. Les huîtres plates, arrondies, aux saveurs bien distinctes, Belon en Bretagne, Marennes à Oléron, Bouzigues à Sète ou Gravettes à Arcachon se font discrètes dans l’assiette, prenant peu de place. Les huîtres creuses, allongées, les plus nombreuses, peuvent avoir une coquille un peu pointue et trouvent tout naturellement leur place sur des tours à huîtres du plus bel effet. Regardez cet intérieur nacré, ce liséré gris clair palpitant qui frémit au moindre contact et cet œil plus foncé semblant vous inviter à la dégustation.

Elle s’accommode de mille façons, nature avec un filet de citron, avec une sauce vinaigrette, chaude ou froide, en coquille ou en cassolette. Vous pourrez la déguster sur le pouce, devant les bourriches du pêcheur, approcher la coquille de votre bouche et sentir, après le contact dur et râpeux, la douceur de la bête et le goût puisant qui envahit votre bouche. Plus élégamment vous pourrez la manger à la fourchette, mais ce goût si particulier ravira de même vos papilles. N’avalez pas tout rond, surtout, croquez, mastiquez et prenez votre temps pour en apprécier le parfum.

Si vous voulez bien vous laisser guider, l’huître vous fera, par sa saveur, visiter mers et océans ; elle vous entrainera dans un monde sous-marin silencieux et magnifique. Vous côtoierez, en la suivant, poissons fabuleux, requins fascinants et plantes aquatiques rares. Peut-être même rencontrerez-vous des sirènes ! Vous reviendrez éblouis de ce voyage en ayant avalé une simple petite huître.

Enfin l’huître c’est la fête, c’est Noël, c’est la convivialité autour d’une élégante bouteille de vin d’Alsace. C’est « l’incontournable » des plateaux de fruits de mer des Bretons ou des Sétois. L’huître, c’est tout cela!

Aussi je déclare ouverte cette dégustation. Et maintenant, bon appétit à tous.

Gill

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