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jeudi, 22 novembre 2012

Sans avoir ni être

 

  En 10 minutes, écrire un texte sans avoir ni être sur le thème

« Le marché sous les halles »

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Par Arnaud Malon (zemoko on Flickr). ("Marché de Nancy" on Flickr.) [CC-BY-2.0], via Wikimedia Commons


LES HALLES

Je m’engouffre dans la large porte entrebâillée, poussée par un courant d’air glacial. Une odeur de poulet rôti me harponne tout de suite.

 Les étals offrent aux regards de splendides marchandises fraîches et colorées. Les bruits familiers rappellent les activités des commerçants au milieu du brouhaha : la poissonnière coupe les têtes et les arêtes récalcitrantes à coups de hachoir  auquel répond en écho celui du boucher.

 Le maraicher sert des salades éclatantes de verdure et de rosée à une vieille dame tout en la baratinant d’une voix de stentor et en remplissant avec soin son panier roulant.

 Ici et là, parfumant le passage des clients, des odeurs hétéroclites de pain chaud et craquant, de fleurs fraichement cueillies, de paellas ou de grillades.

 Les mêmes scènes se renouvellent au fur et à mesure que j’avance.

 Mise en appétit garantie !

                   Mouty

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wikipédia par LPLT


  j'ai toujours aimé faire le marché sous les halles , halles de ma ville d'enfance , veille halle majestueuse aux voûtes grandioses , halles de petits villages de province ,  architecture faisant  partie du patrimoine ,  j'adore passer entre les stands colorés de pyramides de fruits imaginant les voir s'écrouler roulant de toutes parts , sous nos pieds ,  sentir les odeurs de bonne charcuteries , de pain chaud tout juste sorti du four  renifler le parfums mélangés de fleurs , voir s'élever les fumets des grillades qu'on déguste avec un bon vin de région , dans un brouhaha convivial en refaisant le monde entre amis , je regarde les longues queues des clients devant l'étal du boucher discutant patiemment   sachant qu'ils seront gâtés par une bonne viande goûteuse et fondante , tout le monde rit , s'interpelle dans une ambiance agréable et détendue , pleine de chaleur et de gaieté , je n'ai  qu'à aller au marché au halles quand mon moral est en baisse et me voilà requinqué , j'apprécie le courage des commerçants l'hiver quand il fait si froid et qu'eux se lèvent pour préparer leurs étalages qui fera le plaisir des yeux et du palais , au déjeuner du dimanche ,vive  les marchés paysans , artisanaux , ruraux qui apportent la vie aux  villes et  villages   avec le  savoir faire français.

              Rina 

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Marché de Fort-de-France 2009

 

 

Dans ce pays rôtissant littéralement sous le soleil, ce grand marché sous des dais de tissu pourrait faire penser aux marchés sous les halles de nos pays du Nord, mais cependant, tout y est différent.

Parfums sucrés, odeurs d’épices qui piquent le nez ou prennent à la gorge, qui entêtent et persistent longtemps dans la mémoire. Couleurs chaudes, infiniment variées, allant du rouge sombre au rose délicat, en passant par l’ocre doré, le brun brillant et le vert ardent. Textures fines comme de la poussière, glissant entre les doigts, ou dures, croquant si agréablement sous la dent. Silhouettes enveloppées de blanc et d’or, dont les mains noires tâtent, choisissent, pèsent et donnent avec un large sourire d’une blancheur immaculée, contre quelques pièces qui assureront leur survie d’un mois.

Au gré de votre imagination, vous pouvez le situer où vous voulez, ce marché.

           Gill

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et pour finir cet atelier, un petit jeu


 En 10-15 minutes, écrire un petit textecomportant  le maximum de sons   « J »

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 JULIE

Julie releva sa jupe pour juguler la force du courant qu’elle devait traverser jusqu’à l’autre berge. Elle jouissait d’une santé de fer : jamais malade.

Jojo, son chien, restait toujours dans ses jambes. Il l’accompagnait à son  rendez-vous avec son beau Jamaïcain. Il flairait déjà le julot avant même d’apercevoir son chapeau jaune.

Un troupeau d’oies cancanait sur la rive. Le jard se jeta sur lui en hérissant son joli plumage blanc.

Jojo ! hurla Julie, arrête de japper ! Laisse jacasser ce rabat-joie !

Julie et Jojo retrouvèrent Jaime le Jamaïcain, jouant du banjo sur un tronc d’arbre mort. Il leva la main comme pour jeter un sort à l’affreux Jojo qui déjantait déjà à l’idée de happer un bout de jambe.

Jamais sans mon chien ! déclara Julie.

Mouty

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Ce jeudi, je joue dans le jacuzzi en écoutant un air de jazz. Je jouis des joyeuses et jolies bulles. Jérôme vient me rejoindre pour jacter sur sa collègue Justine, jeune jordanienne qui passe ses journées à jacasser ; il juge que le jaguar jaune qui orne sa jupe jure avec le rouge de son corsage japonais. Et son jugement est sans appel ! Allez, Jérôme, arrête de jaser et va jardiner. 

Gill  

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Novembre et ses dix mots

 

 

En 15 minutes, écrire un texte contentant les dix mots suivants :

          posséder   roman  inspiratrice  déchirer  poème 

      parcours  voyage  sentimental  concevoir  fabuleux

                         sur le thème  « Novembre »

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George Sand

 wikimedia

       La mer tentait de déchirer les rochers de l’île tandis qu’Alfred composait un poème dont Aurore, bien sûr, était l’inspiratrice. Pour l’heure, blottie sur le sofa cramoisi, elle écrivait un roman qu’elle titrerait «  Indiana ». Fabuleux voyage dans une autre île, très loin celle-là,  perdue quelque part dans l’océan Indien. Parcours initiatique s’il en est d’une jeune fille trop sentimentale.

          Alfred ne pouvait concevoir comment l’on pouvait être « trop » sentimental. La passion le possédait tout entier et il s’y laissait aller avec un mélange de délice et de mélancolie : l’amour est hélas éphémère, quoiqu’on dise…

        La maison blanche de Minorque, de style colonial, résistait vaillamment aux tempêtes de Novembre, si fréquentes en Méditerranée. J’aurais aimé être une voyageuse égarée, afin de frapper au carreau et demander asile aux amants  romantiques. Pour les remercier, j’aurais composé une chanson ; « Alfred et George, c’est l’histoire de la mer et du ciel »… 

                  El Pé

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wikimedia

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automne-automne_19-125811 gisele 2.jpg

freepik

 

 

Fabuleux  mois de Novembre tu me rends  sentimentale  avec tes couleurs automnales je me sens une âme de  poète, toute la nature semble  possédée pour se parer  s'inspirer comme l'ont fait et le feront encore et encore tous les amoureux de la nature de l'écriture qui racontent, dessinent, peignent ta beauté ;  ton parcours  n'est pas si long, un  voyage  de trente jours mais  un si beau  roman

à écrire, après la chaleur infernale de l'été avec ses longues journées où l'on cherche désespérément un peu de fraîcheur qui ne vient pas, passe Octobre et  ses pluies bienfaisantes, tu arrives  toi  avec un air plus léger qui fraîchit au fur et à mesure que les journées raccourcissent quand le soleil décline et disparaît au zénith, boule de feu  déchirant  le ciel , affolant mes yeux qui ne savent plus où se poser de ses  rayons colorés se mélangeant aux mosaïques colorées des arbres  dégradés de mille couleurs enchanteresses ,  tu m'éblouis , tu m'inondes de joie et je ne puis  concevoir   de ne pas t'aimer.

                    Rina

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Photo  libre

 

 Plaidoyer pour Novembre

Salut, c’est moi Novembre ! Je sais, mon parcours commence mal avec mon premier jour ! Mais passons rapidement sur ce triste début. C’est fabuleux, pour trente jours, je suis la vedette. Etant un grand sentimental, je ne peux pas concevoir qu’on ne m’aime pas. Je sais, Décembre, qui me suit, possède de sérieux atouts : d’abord sa neige, inspiratrice de nombreux poèmes, romans et voyages. Et puis il a Noël, comment lutter avec Noël !

Mais je suis décidé à me battre pour qu’on m’apprécie à ma juste valeur. Regardez autour de vous les couleurs chaudes de mes feuillages jaunes, bruns, orangés, les rayons du soleil couchant qui déchirent les forêts touffues et s’insinuent délicatement entre les arbres pour venir réchauffer vos promenades dominicales.

Si vous sautez prestement au dessus du « 11 », vous ne trouverez rien qui soit morose ou triste pendant ces trente jours de règne. Tout juste ressentirez-vous un léger agacement si vous n’éliminez pas de vos pensées les impôts locaux que vous allez payer et qui sont douloureux pour votre porte-monnaie. Mais qu’est ceci à côté du fumet des châtaignes grillées et des bons potages aux légumes frais que vous allez concocter avec amour, pour réchauffer les quelques fraîches soirées qui commencent à arriver. Dîtes-vous bien que vous ne souffrirez pas autant que dans un mois, quand je serai parti et que décembre vous gèlera mains et pieds. Point de gel avec moi, point de chaleurs accablantes non plus, comme avec Juillet et Août, point trop de pluie comme avec Octobre, un temps idéal, vous dis-je.

Je le sais, vous allez m’adorer et me regretter.

           Gill

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wikipedia par Ian Sewell


NOVEMBRE

Mathilde possédait un roman de l’écrivain Jules Vernet dont elle fut l’inspiratrice. En ce mois de Novembre aux couleurs ternies par la sécheresse des dernières saisons, les coups de soleil puis les bourrasques, elle préférait aux sorties frigorifiantes enfonçant l’humidité dans le corps jusqu’à la moelle, se blottir dans un fauteuil près du radiateur placé sous la fenêtre.

Dans le livre qu’elle conservait précieusement, elle retrouva un poème que lui avait adressé jules. Elle avait déchiré puis recollé cette feuille écornée comportant des tas de ratures. Elle revoyait son parcours avec Jules, connu lors d’un voyage fabuleux au bord du Nil. Jules était très sentimental, surtout au moment des couchers de soleil.

A présent, elle concevait sa vie sans Jules, mais pas sans ces vieux souvenirs qui semblaient dater en même temps d’hier et de l’antiquité égyptienne.

Mouty

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mercredi, 21 novembre 2012

Phrases choisies de Charles Juliet

 

       En 25 minutes, écrire un texte qui commence par :

« En entrant dans la cuisine, monsieur Germain, l’ancien maire, se décoiffe et il s’immobilise au milieu de la pièce, l’air embarrassé, pétrissant sa casquette de ses grosses mains rougies par le froid »

        Et se termine par :

« alors il se lève, et sans avoir touché à son verre, dans un silence lourd, il prend la porte. »

        Extraits de « Lambeaux » de Charles Juliet

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wikipédia par langladure

 

 

ADELE

En entrant dans la cuisine, M. Germain, l’ancien maire, se décoiffe, et il s’immobilise au milieu de la pièce, l’air embarrassé, pétrissant sa casquette de ses grosses mains rougies par le froid. Il a repris ses fonctions en l’absence de son fils, le maire actuel, pendant sa mobilisation.

Il se tait. Aucun son ne peut sortir de sa gorge. Adèle, le chignon défait, se tient debout près de la fenêtre, tandis que ses parents, Paul et Clémence, sont assis près de l’âtre. Les flammes sont la seule source lumineuse qui éclaire pauvrement la pièce. Elles projettent des fantômes inquiétants sur les poutres noircies. Adèle est pétrifiée. Elle sait. Cette histoire sans paroles se renouvelle presque toutes les semaines. M. Germain a du mal à conserver sa dignité. Des larmes coulent doucement aux coins externes de ses yeux rougis.

C’est Pierre, finit-il par articuler. Il est tombé à Verdun…

Adèle ne dit mot. Elle pince les lèvres mais reste droite comme un cierge. Tout son environnement sombre dans la grisaille. Elle ne perçoit plus rien de ce qui l’entoure.

Clémence s’est effondrée et pleure à chaudes larmes sur le destin tronqué de son gendre et celui de sa fille, sur ces pauvres jeunes envoyés là-bas  défendre nos frontières sous les canonnades ennemies.

Paul se lève, la mine défaite, va péniblement chercher deux verres derrière la porte grinçante du buffet, ainsi que la bouteille de gnole servant, bon an, mal an, à fêter les heureux évènements ou à adoucir les moments malheureux.

Il pose le tout au bout de la table et remplit aux trois quarts les deux verres en invitant M. Germain à prendre place sur le banc de bois à côté de lui. Aucun des deux hommes n’arrive à rompre le silence.

M. Germain se mouche, essuie ses yeux, jette un regard compatissant à la pauvre Adèle.

Ces visites aux familles des soldats morts pour la France sont une rude épreuve pour lui.

Alors il se lève, et sans avoir touché son verre, dans un silence lourd, il prend la porte.

Mouty

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photo-chasse-300x200.jpg

 

Photos Gratuites

 

 

"En entrant dans la cuisine, Mr Germain, l'ancien Maire, se décoiffe et il s'immobilise au milieu de la pièce l'air embarrassé, pétrissant sa casquette de ses grosses mains rougies par le froid". C'est sa belle sœur  qui l'a conduit directement dans la cuisine, elle aimerait tant que les deux frères, jadis si proches, se reparlent. Et voilà, Germain s'en doutait, c'est trop tôt, Pierre  n'est pas encore prêt  à  l'écouter,  à entendre la vérité sur ce qui c'est passé le jour de cette terrible, dramatique  tragédie, mais Germain s'était  tellement dit et redit, il faut que j'y aille, il faut qu'il sache,  je ne peux pas continuer à repousser cette visite ; il était tout à fait conscient de ce qui pourrait arriver, subir l'affront  de son frère par un refus total de discussion sans un regard, un mot pour lui ; c'est ce qui arrive aujourd'hui ;il aimerait tant revenir en arrière et que cet accident maudit ne soit jamais arrivé, mais on ne peut pas, il faut essayer de vivre avec cette souffrance et espérer avec le temps qui cicatrise les plaies. 

 C'était il y a trois mois, Germain revoit le film de cette journée se dérouler, la chasse, sa passion, non partagée par Pierre qui était contre, mais par son filleul, le  fils de Pierre, oui; il  le harcelait sans cesse voulant à tout prix l'accompagner ; connaissant les idées de Pierre, Germain avait toujours refusé mais là, Jean avait été si convaincant, lui assurant que son père avait donné son accord  lui prêtant même son fusil, lui faisant confiance ; Germain ne pouvait se dérober puisque Pierre avait donné sa bénédiction, pourquoi lui ne ferait pas pareil ; comme il regrette aujourd'hui d'avoir été si naïf, de ne pas avoir demandé à son frère avant d'amener Jean avec lui, Jean qui avait menti à son oncle et aujourd'hui il le payait lourdement avec son handicap à porter, traînant sa jambe blessée  par ce malheureux coup de fusil, reçu à cause de son inexpérience qui l'avait fait mal se positionner. Pierre rendait Germain entièrement responsable, refusant tout dialogue, toute explication comme aujourd'hui. Mais Germain continuera de revenir, il laissera le temps passer, il sait que seul le temps lui donnera raison, qu'il pourra un jour expliquer à son frère, lui dire ses regrets et  combien il voudrait partager avec lui le poids de cette douleur, "alors il se lève, et sans avoir touché à son verre, dans un silence lourd, il prend la porte".

Rina

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Photo: www.Photo-Paysage.com (CC BY-NC-ND)

 

Photo : cc by-nc-nd    Bruno Monginoux
Photo-Paysage.com

 

« En entrant dans la cuisine, monsieur Germain, l’ancien maire, se décoiffe et il s’immobilise au milieu de la pièce, l’air embarrassé, pétrissant sa casquette de ses grosses mains rougies par le froid ». Combien de fois n’ai-je pas entendu Gilbert prononcer cette phrase quand il parle de cette histoire qui a longtemps fait partie des secrets de famille, ceux qui restent enfouis dans les mémoires avec leurs lots de non-dits, de silence, d’œillades gênées, de bouches closes sur ce qui aurait tant intérêt à être mis à jour et discuté pour éviter les ragots .

Cette histoire concerne sa grand-tante, la sœur de son grand-père paternel, Julien, dont la famille détenait alors en Touraine une petite exploitation agricole. Il y avait là, autour des parents, six garçons et quatre filles, dont Rose, de deux ans plus âgée que Julien. Celle-ci, magnifique jeune fille de 17 ans, était très amoureuse d’un fils de fermier du village, mais malheureusement les deux familles étaient brouillées à mort pour une histoire de terrain. Néanmoins les jeunes gens étaient si amoureux qu’ils vivaient sur un petit nuage et qu’ils commirent l’horrible faute, celle qui faisait perdre, à cette époque, l’honneur aux jeunes filles honnêtes. Jusque là, personne ne savait rien tant ils étaient prudents, mais quand le ventre de Rose s’arrondit, quel scandale ! La pauvre fille fut enfermée, rabrouée et surtout privée de son amour ; on lui raconta qu’il avait accepté de ne plus la revoir et de l’oublier, ce qui était faux, bien sûr, mais que dans son désespoir, elle avait cru. Alors un jour, la pauvre Rose s’était échappée et était allée se noyer, emportant avec elle son enfant, dans la rivière à la sortie du village. Lors des recherches, l’un des habitants avait trouvé son bonnet et son fichu accrochés à une souche d’arbre. C’était cela que Monsieur Germain, qui était leur ami, venait annoncer à ses parents.

Puis on ne parla plus de cette histoire qu’à voix basse, puis on n’en parla plus du tout pour cacher le déshonneur. Et la pauvre Rose fut bannie, sinon oubliée, dans les conversations. Seul Julien continua à l'évoquer et la livra, par bribes, à son petit-fils  Gilbert.

Immuablement, il termine cette histoire, l’air triste et la tête basse, comme s’il se mettait à la place de Monsieur Germain, accablé, un verre de vin plein devant lui, en disant : « alors il se lève, et sans avoir touché à son verre, dans un silence lourd, il prend la porte ».

      Gill

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