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samedi, 27 octobre 2012

Transformation

A quoi vous fait penser « la transformation » ? Cherchez des mots en rapport avec ce sujet. Chacun en choisit un dans tous les mots trouvés pour faire une liste commune.

 

En 20 mn, écrire un texte sur le thème de la transformation, contenant les cinq mots retenus et commençant par cette phrase : « en se réveillant un matin après des rêves agités »  extraite du roman de Kafka « la métamorphose ».

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Two Druidswikipédia

 

 

En se réveillant un matin, après des rêves agités !!!!......Nuit difficile où un rêve a pris possession de tout mon être, un rêve qui peut-être a voulu me dire que j'avais des ressources en moi pour continuer ma route, me tournant et me retournant,  je me suis vue, et j'y ai cru , en complète   métamorphose; je n'étais plus la personne coincée, manquant d'assurance mais  je savais m'imposer, grande, pleine de verve, ne manquant pas de culot,  j'osais le déguisement,  je ressentais ce changement qui m'élevait  au rang des sages ;  ces sages se tenant humbles avec une grande humilité,  adorant leur dieu dans une totale sublimation,  rien ne pouvait paraître plus important à leur yeux  que cette croyance si forte, cette façon d'accepter leur transformation qui provoquait en moi  un questionnement,  pensant à des être inaccessibles et immortels, et j'étais là,  à leur côté  sans aucune gène, me sentant comme  une des leurs,  envahie par une grande fierté, vibrant de joie et  de bonheur,  je me sentais grandie,   dans mon cœur, mon corps ;  était-ce une voie à prendre, une direction nouvelle à envisager ?

 Je crois à la transformation qui  peut amener  des êtres à changer tout en gardant en eux  l'amour et le partage pour leurs concitoyens. 

Clignant des paupières, sortant d'un sommeil  lourd et trouble,  j'écarquille mes yeux, me précipitant devant mon miroir ; où est passée la grande,  la sage moniale de cette nuit ?   Fin du rêve !!!!!!!! Mais peut--être   approche sur une réflexion à venir !!!!!!!!!!.

Rina

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Sans-Culotteswikimédia

 

 

« En se réveillant un matin après des rêves agités », Fanny réalisa avec délice et impatience que le jour J était arrivé. Nous étions en 1989, c’étaient les fêtes du bicentenaire de la Révolution, les fêtes du changement dans la vie des français de 1789, époque où la colère accumulée au cours des siècles avait été sublimée dans les excès sanguinaires de tout un peuple. Cela, elle l’avait appris à l’école et bien sûr, ce n’était pas ce qui la réjouissait ; Non, ce qui la réjouissait, c’était le rôle qu’elle allait jouer dans quelques heures. Elle écarquillait les yeux, encore couchée, pour tenter d’apercevoir dans la pénombre de la chambre le costume de l’époque que sa mère avait confectionné pour l’occasion : un déguisement qui allait permettre la transformation de la sage fillette en révolutionnaire déterminée et prête à chanter « Dansons la carmagnole, vive le son, vive le son… ». Elle distinguait la jupe longue rayée bleu et blanc, le corsage aux manches bouffantes et le long tablier blancs, la charlotte aux bords de dentelle et le châle rouge ; une cocarde tricolore sur la coiffe et un galon assorti autour du châle complétaient ce costume de femme de Sans-Culottes.

Pour l’occasion, tous les élèves costumés allaient défiler à travers la ville. Toutes les écoles y participaient ; Elle adorait se déguiser, devenir autre, et sa mère avait un don pour lui inventer de merveilleux costumes ; Elle avait alors l’impression de sortir d’elle-même ; Elle qui était un peu timide pouvait se cacher derrière cette autre et prendre de l’assurance ; elle se sentait alors capable de tout.

Laissant là ses réflexions, elle sauta du lit, avala rapidement son petit déjeuner et fila dans la salle de bains pour se préparer et enfin revêtir son costume de rêve. Ainsi parée, elle s’admira dans la glace sans se reconnaître. La métamorphose était parfaitement réussie. Elle était en 1789, pouvait partir à l’assaut de la Bastille et se mit à chanter à tue-tête sous l’œil amusé de la famille : « Ah ça ira ça ira ça ira, les aristocrates on les aura ! ».

         Gill

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wikimédia 

par Franz Jüttner [Public domain]



BLANCHE-NEIGE

En se réveillant un matin, après des rêves agités, Blanche-neige observa un changement très important dans son apparence. L’image renvoyée par son miroir était d’une sublimation incroyable. Elle ne se reconnaissait plus : grande, blonde, évanescente, le regard étincelant, elle n’osait croire en une transformation pareille.

A côté d’elle, dans le lit chaud, dormait encore Atchoum, qui n’était plus revêtu de son déguisement de nain. Beau comme un éphèbe, il reposait sereinement. Blanche-neige n’en revenait pas de cette métamorphose. Elle n’osait faire le moindre geste, de peur que s’évanouisse ce brillant cavalier d’une nuit. Il était là, près d’elle, offrant à son regard une musculature qui la faisait vibrer, dégageant un parfum de mâle qui l’envoutait.

La scène se figea sur ce tableau érotique et attendrissant qui revisitait avec mansuétude la fin d’un conte dont la débilité déformait déjà les cerveaux d’enfance de nos aïeux.

Mouty

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mardi, 23 octobre 2012

Autour du goût

  l'atelier s'associe à la semaine du goût en proposant la consigne suivante

 

Choisissez un mot en rapport avec le goût (ustensile de cuisine, appareil électroménager, ingrédients, etc….) et révélez-le à l’assemblée.

De même, choisissez un autre mot et écrivez-le sur un papier ; Mettez les papiers au centre de la table.

Commencez votre texte en rapport avec le goût avec le premier mot choisi. Toutes les 5 minutes, un participant tire un papier, livre le nom qui y est inscrit et chacun l’incorpore dans son récit dans les 5 minutes qui suivent. Ainsi de suite jusqu’à épuisement des papiers.

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mixeur giselle.gif

 

 

Mon petit  robot magique, quel plaisir je prends à t'utiliser, grâce à toi je gagne un temps fou et je peux tellement en mélanger des ingrédients, ils tournent, dansent, se font malaxer, broyer, pulvériser, pour faire ressortir tous les arômes, avec les différents goûts qui vont délicatement apporter une délectation à mon palais, titiller mes papilles enchantées , me faisant monter l'eau à la bouche ;  je me sens gonflée de joie quand je vais poser sur la table joliment décorée cette préparation . Mais tu as une assistante que je ne peux oublier, aide précieuse, la planche à découper  attend de recevoir la succulente entrée qui aura refroidi et pris la bonne consistance au réfrigérateur  pour se faire trancher en parts les plus égales possible, le couteau à large lame ne devra laisser échapper aucun morceau du mélange imprégné d'olives que le dénoyauteur s'est empressé avec dextérité de faire glisser le noyau  hors du fruit, ne laissant que la chair moelleuse et juteuse à souhait dans la préparation somptueuse de cette entrée; bien sur elle n'aura  pas nécessité la gousse de vanille des îles qui tristement regarde avec envie, se demandant quand viendra son tour ; mais je la rassure  : « bientôt se sera à toi de faire partie d'un met et, un plus pour toi, tu pourras te blottir dans un moule à tarte glissé dans la chaleur d'un four qui te fera rougir de plaisir, te gonflera, faisant entendre des clapotements, des grésillements de contentement, pour donner du bonheur à tout une tablée, avide de se délecter de tous tes délicieux parfums »  .  

                     Rina 

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RoscheiderHof-Takenplatten-10-2008-1

wikimédia

 

Je suis très fier, moi le piano, de trôner dans cette superbe cuisine du célèbre restaurant Maxim’s. Oui oui, le piano ! Oui oui, dans la cuisine ! Il faut savoir que dans l’argot -si l’on peut dire- des gens de bouche, un piano est une très large cuisinière avec plusieurs plaques de cuisson et fours, permettant de faire de la cuisine élaborée, à grande échelle. Je suis ici le souverain qui blanchit, mijote, réduit, cuit, frit ; du chapon à la brioche, de la sauce poulette au pâté de lièvre, je suis le virtuose de la juste cuisson. Sans moi, point de repas gastronomique, ni de combat de chefs, comme aujourd’hui, dont le meilleur sera récompensé par une toque de platine.

Les planches à découper, en face de moi, sont rangées comme un bataillon en attente de l’assaut final. Elles essuieront bientôt un salve de coups de couteaux qui couperont, hacheront, éminceront, cisèleront pour permettre aux parfums subtils des aromates de s’exhaler. Pour l’instant, tout est encore en sommeil avant l’arrivée des toqués étoilés, prêts à la compétition.

Les dénoyauteurs, tout petits dans leur tiroir, piaffent d’impatience. Ce n’est pas leur petite taille qui en fait des inutiles, loin de là. Rendez-vous compte du temps qu’ils font gagner et de l’art avec lequel ils présentent des fruits élégants, olives, cerises et autres, qui garniront pâtés, feuilletés et tartes. Imaginez le drame si l’un des convives se cassait une dent sur un noyau  récalcitrant et oublié. On a déjà perdu un concours pour moins que cela !

Au fait, où sont passées les gousses de vanille, celles de Madagascar qui sont les plus odorantes ? Ah, là, dans ce grand bocal en verre fumé. Elles seront toutes utilisées, c’est certain, pour la préparation de ce flan succulent, tout simple censément, mais aux ingrédients si subtilement dosés, qui fait la renommée du chef L…, bien connu en Bourgogne, à moins qu’elles ne soient partagées pour parfumer la pâte pétrie avec art qui garnira les moules à tarte.

Bon, chacun est en place, en attente de servir pour faire chanter les papilles des gourmets,  peut-être aussi gourmands. Les portes battantes vont s’ouvrir : messieurs les toqués, au travail, régalez-nous !

     Gill

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Spaghetti di Gragnano e colatura di alici

wikimédia

 

 

Nous avions décidé de faire des pâtes. C’est convivial, nourrissant, facile surtout. Et notre génération soixante-huitarde n’engendrait pas tellement de cordons bleus. En tout cas, dans notre groupe d’étudiants, nous n’en connaissions pas.

    Bien. L’eau bout, les spaghettis sont prêts, autrement dit le sachet de Lustucru est déjà ouvert et le morceau de gruyère gît sur la table.

     Mais… la râpe à fromage ? Où est la râpe à fromage ? Panique à bord. On ouvre tous les tiroirs, on fouille tous les placards. Pas de râpe à fromage. Drame.

      « Ne nous affolons pas, décrète Marie-Jeanne une fille d’à peu près un mètre quatre-vingt, ce qui, évidemment impose tout de suite l’écoute- ne nous affolons pas. Roland, va chercher la planche à découper, là ! Juste derrière-toi sur l’évier ! Allez les garçons, chacun son couteau suisse et faites-nous de jolis petits cubes, hein ? »

     C’était très amusant .Nous les filles, les regardions faire et les encouragions en chantant en chœur du  Bob Dylan .Chouette ambiance.

      Nous n’avions certes pas trouvé de râpe à fromage, en revanche, un tas d’autres ustensiles jonchaient ce qui pouvait s’apparenter à un plan de travail. Jean-Pierre, le plus inventif de la bande, se saisit soudain d’un dénoyauteur avec un cri de triomphe et entreprit de nous expliquer que les cubes seraient plus arrondis( ?), donc plus appétissants a priori, en se servant du dénoyauteur comme d’un poinçon à tickets de métro (Ah ! Nostalgie !). Sitôt dit sitôt fait et une série de petites olives fromagères commencèrent à s’empiler dans le bol. Du plus bel effet.

       Tout au fond d’un placard, Paquita, une jeune Argentine mi étudiante en Arts Plastiques mi réfugiée politique dénicha un bâton de vanille. « Manifico !!! »S’écria-t-elle, et sans nous demander notre avis, elle le jeta dans l’eau bouillante, suivi immédiatement par les spaghettis. « Recette de gaucho (on a tous dû faire un contre-sens, je présume), mucho bueno !!! »

    Nous étions jeunes, nous étions fous ! Nous l’avons crue sur parole.

Dans la foulée, personne n’a pensé à saler l’eau, mais quelle importance !

         Le temps de chanter « La mauvaise réputation «  et « Santiano », les pâtes étaient prêtes. Comme nous n’avions pas trouvé de plat non plus, nous les avons servies dans un moule à tarte dont le diamètre dépassait facilement les cinquante centimètres, vestige à n’en pas douter d’une civilisation inconnue. Vous dire que nous nous sommes régalés serait très exagéré mais nous avons cependant fini le plat. Puis, le temps d’un   petit hommage à Nicolas and Bart, et nous avons sagement été au lit.

            Car le lendemain, dès quatre heures, nous attaquions le Pic Saint Loup. Par la face nord !

              El Pé

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freepik

 

 

JOURNEE CONFITURE

Quatre coups de cuillère en bois sont donnés sur le bord du chaudron. C’est le signal immuable de ma mère marquant la fin de cuisson de la confiture. L’odeur des poires cuites envahit la maison. J’en ressens déjà le goût sur le bord de mes lèvres, sur ma langue… Mes rêves d’enfant se perpétuent au travers d’un arôme ancestral qui planait dans la maison déjà du temps de ma grand-mère.

Ma mère pose le chaudron sur la planche à découper installée sur la table, à côté des pots étincelants, attendant leur remplissage. Le parfum de poire cuite emplit mes poumons qui savourent en même temps que mes papilles.

Le dénoyauteur est resté en attente sur le bord de l’évier. Ma mère avait envisagé de mélanger quelques cerises gardées précautionneusement au congélateur, mais, au dernier moment, elle s’était décidée pour des noix qui accorderaient mieux leur côté craquant et leur saveur à celle des poires. Elle avait aussi ajouté deux gousses de vanille ramenée de La Réunion par ma sœur. Elle les avait fendues avec le petit couteau à éplucher et en avait gratté les graines minuscules qui s’étaient disséminées dans la marmelade onctueuse.

Pour marquer cette journée confiture ma mère avait fait une pâte qu’elle avait disposée dans le moule à tarte, puis garnie, bien sûr, avec des quartiers de poires, des noix, et parsemée aussi de vanille. L’odeur venant du four prit le relai de celle montant du chaudron, et un goûter délicieux agrémenté de tarte et de chocolat chaud vint ponctuer cette journée mémorable.

Mouty

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dimanche, 14 octobre 2012

Phrase au hasard

 

Cinq papiers où sont écrits respectivement un substantif, un verbe, un complément d’objet direct, un complément de temps, un complément de lieu sont tirés au sort. Ils forment une phrase.

En 15-20mn, écrire un texte libre incluant cette phrase.

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arbre giselle.JPG

 

Photo : cc by-nc-nd    Bruno Monginoux

Photo-Paysage.com


     je me trouve dans une forêt profonde et obscure, respirant un air lourd et étouffant, griffée par des longues ronces piquantes en colère qui veulent me barrer le chemin, ça craque, ça crisse sous mes pieds qui, par endroits, s'enfoncent sur un sol moussu et gluant, je cherche un croisement, une clairière qui me permettra de m'orienter pour sortir de ce labyrinthe où  je tourne angoissée, entendant  toute sorte de bruits plus insolite les uns que les autres, de chuchotis, de claquements, de frôlements qui m'affolent .

     Comment ais-je pu m'éloigner de mon groupe à ce point, comment suis-je allé si loin sans m'en rendre compte, toujours ma curiosité; un son inexpliqué et je me dirige vers lui pour savoir, pour voir qui est-ce qui peut émettre ce son, quelle bestiole, ou quel animal, et j'ai quitté le sentier, voilà, ça a suffit au groupe pour disparaître dans cette vapeur moite, comme happé par toute l'épaisseur de l'atmosphère régnant dans cette forêt équatoriale, ne panique pas, j'essaie de me rassurer, mais je ne la mène pas large, des tas d'idées sombres commencent à envahir mon cerveau, je dois les chasser;  je ferme les yeux, me concentrant, je les rouvre et tout à coup, comme par magie, il apparaît devant moi,  traversant le rideau d'eau dans un rayon de lumière, l'arbre tortueuxqui adorait la barbe à papasous la pluie battante au bord de l'amazone. Des trombes d'eau s'abattent,  bouchant tout l'horizon autour de moi mais, dans cet éclat de lumière, j'ai eu le temps de l'apercevoir, mon groupe,  agglutiné contre lui, dégoulinant, se  serrant  contre ses grappes géantes de fleurs, en forme de barbe à papa, que les enfants adorent tant, et moi le cœur gonflé de joie, j'avoue, j'en aurais bien mangé une, aussi, barbe à papa . 

               Rina   

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Spectacle en plein air


Les comédiens amateurs sont en ébullition. Ce soir, c’est la première. Les crêtes qui entourent le cirque de Gavarnie accrochent les derniers rayons de soleil. Je vais au marché avant la fin de la journée qui verra Louis XIV escalader lamontagne. Il doit se mettre en place avant la nuit tombée marquant le début du spectacle.

Les spectateurs commencent à affluer, et les files d’attente aux guichets s’allongent démesurément. Heureusement, j’ai acheté ma place en début d’après-midi. De temps en temps, je tâte mon ticket qui patiente dans ma poche. Ce soir il sera un peu défraîchi, mais qu’importe, c’est mon sésame. L’accès à la scène immense au décor grandiose proposé par la nature est un peu caillouteux. Il laisse présager la magie qui va se dégager des lieux. Je me retrouve au milieu des gradins, endroit idéal pour embrasser toute la scène.

Les dernières touches de soleil ont disparu. La musique de Lully provoque soudainement le silence dans la foule, alors que les spots de sécurité s’éteignent et que les projecteurs, braqués sur les artistes nous plongent dans le XVIIe siècle. La féérie éclate : le mariage de Louis XIV entouré de sa cour est en scène. Les personnages apparaissent ici et là, sur les déclivités ou les rochers, avant de se regrouper au premier plan.

Comédie, éclairage et musique tiennent en haleinejusqu’au tonnerre d’applaudissements qui marque le fin du spectacle.

           Mouty

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free2use-it

 

 

Ramina ouvre un œil ; il laisse apparaître une fente dorée entre ses paupières mi-closes. Il n’a pas besoin de pendule pour savoir l’heure ; les multiples petites habitudes de la maison, accompagnées des manifestations de son estomac lui indiquent qu’il va bientôt être l’heure de manger. Ramina n’est pas un chat de gouttière, il ne passe pas son temps dehors même s’il lui arrive de faire une petite promenade dans la forêt proche, juste derrière la maison, et comme tout chat civilisé il prend ses repas à heures fixes. Il aimerait bien pouvoir manger en permanence, par petites quantités, et surtout la nuit, comme tout félin qui se respecte, mais ses maîtres ne l’entendent pas de cette oreille. Alors il se soumet, car c’est facile de ne pas chercher sa nourriture et Ramina est un gros paresseux ! Il se dit, philosophe : si le chat n’a pas assez de sa pâtée à la maison, le chat mangera le superflu peut-être demain, dans la forêt, musaraignes, oisillons qu’ il n’ est pas question de rapporter à sa maîtresse ; elle crierait en le traitant d’assassin, lui qui est né pour être chasseur de mulots et autres chairs fraîches ; c’est ainsi pourtant, Ramina est un chat et comme tel se doit de courir après les souris ! Mais sa maîtresse ne veut pas le savoir alors, pour lui plaire, il se comporte en chat de salon et il en rajoute : miaulant à fendre l’âme, il se frotte à ses jambes, tourne autour de sa gamelle, lui jette des regards éplorés. Et elle, se penchant, le prend dans ses bras, lui murmurant : « mais oui, mais oui, mon pauvre minou, je te donne à manger »

Ramina se dit alors : « finalement, c’est bon d’être un chat de salon ».

                Gill

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vendredi, 12 octobre 2012

A la manière de....

  Après avoir lu un extrait du livre de Philippe Delerme,

    « La première gorgée de bière et autres plaisirs minuscules »

décrivant des actes de la vie quotidienne,

écrivez un texte à sa manière en choisissant un thème parmi plusieurs

propositions. (30 à 40 mn)

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photos-de-trains.net

train Sylvie.jpg

 

 

DANS UN VIEUX TRAIN 

 

Mon cœur bat à tout rompre, j'ai 5 ans et c'est la première fois que je prends le train …...

Je suis accompagnée de ma mère, jeune femme encore svelte et brunette elle va d'un bon pas. Depuis longtemps on en parlait en famille, Maman disait «  il faut que j'aille voir ma mère à TROYES, car dans sa dernière lettre elle me réclame et aimerait m'embrasser …..

Papa est tout à fait d'accord mais, lui dit-il, n'y va pas seule emmène Sylvie avec toi, elle sera heureuse de la voir elle aussi ! ….  Maman est ravie à cette idée et moi aussi pardi !

Nous voici toutes les deux sur le quai de la gare de l’Est, un monde fou envahit l'espace du bitume et grouille en courant dans tous les sens. Maman me sert fortement la main puis de l'autre porte une petite valise en carton bouilli qui contient nos quelques affaires.

 Enfin elle trouve comme par enchantement un wagon de 3ème classe qui lui parait convenable.

 Il est vrai que je suis de petite taille à 5 ans, et je me trouve à la hauteur des roues et des pistons de cette énorme machine qui lance de la vapeur comme un monstre, je suis  terrorisée ! …  je lève les yeux, alors  je vois  la tête de ce dragon  avec une cheminée; ma mère me dit que c'est la locomotive qui est chargée de tirer les wagons ….  tout cela me paralyse et je sais en voyant cet engin crachant et suant dans un bruit d'enfer, que se n'est pas ma Grand-Mère que je vais retrouver mais Lucifer  aux plus profonds des ténèbres !

 Nous escaladons les 3 hautes marches qui conduisent aux places assises, puis d'un rapide coup d’œil, Maman remarque deux places de libres côté fenêtre.

Les banquettes sont faites de fines lames de bois, et au dessus de nos têtes, un filet qui doit recevoir nos bagages et nos manteaux. Des inscriptions S.N.C.F sont gravées sur une vitre qui peut s'ouvrir ou se fermer à volonté. Au moment précis où je m’assois, je me fais écraser les pieds par des voyageurs peu scrupuleux qui veulent se pencher à la fenêtre pour dire au revoir à ceux qui sont restés sur le quai.

Enfin cette énorme et rugissante machine tousse et grogne autant qu'elle peut … Maman me dit «  ça y est, on part ! », mon cœur bat à tout rompre, on part mais où ? Je ne suis pas rassurée du tout, puis j'entends un grand coup de sifflet et une voix tonitruante qui crie «  attention au départ, fermez les portières ! »

Après quelques secousses qui nous font basculer d'avant en arrière, le convoi lentement avance, j'ai l'impression de reculer quand je regarde les autres trains à l'arrêt ! ….

Bientôt le train prend de la vitesse en crachant de plus en plus fort, pour moi je crois qu'il est très en colère car il fait un bruit d'enfer …..

Deux grands coups de sirène retentissent, je regarde ma Mère, elle sourit son regard me rassure et je crois qu'elle est heureuse de m'avoir emmenée vers cette grande inconnue. Je me détends tout à fait à présent que j'entends les voyageurs du compartiment qui parlent et rient entre eux, je me dis qu'aujourd'hui ce n'est pas un baptême de l'air dont j'ai fais la connaissance, mais la guerre du rail !!!

A toute à l'heure Grand-Mère - - - -

          SYL

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123gifs.com

 

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                       Lire sur la plage

 Pas trop de vent ce matin ? Hum, ma foi, ça peut aller. La tramontane semble faiblir, on dirait…mais pas question pour autant de tremper un orteil dans l’eau ! Brrr !! Cette idée seule vous hérisse le poil et déclenche immédiatement une suite d’images telles que : Ours blancs sur la banquise, kermesses inuites et expédition à chiens de traineaux.

     Bon, vous voilà partie. Vous n’avez rien oublié ? (question qui revient systématiquement quand vous êtes à mi-chemin). Rapide check list mentale de ce que contient votre sac de plage un peu trop sexy à votre goût mais cadeau de la dernière Fête des Mères, alors…

       Voyons : La crème solaire. Indispensable pour ne pas rentrer déguisée en homard Thermidor ; les lunettes de vue, convertissables en lunettes de soleil. Merveilleuse invention dans le style camouflage ; le bob chipé à votre petite-fille car le bleu délavé met en valeur votre magnifique bronzage ; le thermos empli de thé glacé ; un Mars pour la petite faim de onze heures et tant pis s’il est mou mou mou à ce moment là ; la serviette de bain encore un peu humide   car ramassée sur le fil juste avant de partir et bien sûr votre bouquin !

     Celui qui ne vous quitte pas depuis le début des vacances et n’a pas beaucoup avancé car, parole d’honneur, hormis les deux heures de plage quotidienne vous n’avez pas une minute à vous ensuite. Le soir venu, bien entendu, vous êtes trop crevée pour lire au lit et d’abord il y a les moustiques.

     Enfin bref, le bouquin chéri, désiré, attendu depuis des semaines, celui que l’on se permet avec un zest de culpabilité car littérature de plage égale plus ou moins littérature de gare, lui c’est sûr, vous ne l’avez pas oublié. Un polar série B, un roman à l’eau de rose ou bien un livre de la collection Rouge et Or gentiment prêté par votre petite-fille (encore elle). En un mot comme en cent, vous vous apprêtez à passer un moment délicieux.

     Sitôt arrivée, vous étalez votre serviette là où il reste une place, c'est-à-dire entre une famille nombreuse bien que germanique et un couple d’amoureux désinhibés et vous vous allongez avec volupté. Lunettes chaussées, vous ouvrez votre bouquin, hésitez à savourer le Mars tout de suite, cédez à la tentation finalement. C’est tellement bon de lire à plat ventre, appuyée sur les avant-bras, en grignotant une friandise…

       Toutefois, la position ne tarde pas à vous fatiguer. Vous optez pour la dorsale, sauf que la tête au ras du sable vous accueillez tout ce que le vent (qui a repris de la force semble-t-il) veut bien vous apporter. D’ailleurs au bout de dix minutes vous avez mal aux bras. Contre toute attente vous décidez soudain d’aller faire trempette. OUH !! Quelle horreur !! Vous battez en retraite en courant et inondez votre livre en vous asseyant dessus, toute grelottante.

        Allons, ne vous désespérez pas ! Avec un peu d’optimisme, ce bouquin, vous l’aurez fini à la fin de l’été, malgré les vents contraires ! Quoique…

                                                                                 El Pé

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 On pourrait presque manger dehors me dis-je ouvrant les volets et  voyant le beau ciel bleu prometteur d'une magnifique journée surement  chaude de ce  Mois d'Aout, la famille au grand complet se trouve réunie pour les vacances d’été.

 Je me suis levée tôt, et avec délice je hume l'air frais du petit matin, six heures ;  c'est si tôt ! Mais je sais que je n'aurai pas beaucoup d'aide  car  il y a les gourmands du soleil, qui vont aller lézarder à la plage et ceux qui vont buller récupérant leur courte nuit agitée,  alors qui va retrousser ses manches pour préparer ce repas ? Bien sur c'est maman, allez, il va falloir s’activer, avec un petit air de musique ça ira, c'est parti, le plus important c'est l'installation  de ma table, l'été souvent je prévois plat et dessert pouvant se préparer la veille ;je vais te bichonner ma belle , tu es comme moi , plus très jeune ,ça ne fais rien , tu feras parfaitement l'affaire ; tu vas retrouver toute ta fraîcheur , je vais te parer comme une princesse,  dessous de cotonnade , jupon froufroutant , vont te recouvrir et  t'embellir,

les assiettes  colorées,  petites dans les grandes, verres et couverts scintillants vont parader,  entourés de serviettes pliées artistiquement laissant le centre libre pour poser les plats qui arriveront triomphant, suivis du dessert qui fera ouvrir grand les yeux des petits et des grands ; à présent il faut disposer les chaises garnies de coussins de tissus vifs, venant compléter l'harmonie de cette renaissance ;  un bruit de voix annonce l'arrivée des convives affamés, je vais pouvoir servir , manger dehors me plait bien , j'aime parer ma table pour un repas festif , partagé dans la joie , les exclamation fusant de tout part, et le brouhaha qui donne l'ambiance chaleureuse de la tablée, puis  il y a la valse des plats qu'on se passe, celui qu'on enlève vide, défié par le nouveau, regardé avec envie , et la fin du repas, ma jolie table désertée, un peu orpheline, mais pas triste, car l'été elle sait que la magie de sa transformation sera souvent renouvelé alors, tranquille elle saura attendre.

                      Rina  

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Le journal du petit déjeuner


La porteuse de journaux est annoncée par les aboiements intempestifs de mon chien qui, gros comme deux balles de tennis, manifeste son caractère de pitbull en jappant comme un forcené : « défense de toucher à ma boîte à lettres ».

Sept heures trente. Personne n’a raté l’heure : ni la distributrice, ni mon chien, ni moi qui finit de tartiner mes tranches de pain grillé.

Ah, cette odeur forte de papier  fraichement imprimé, vite déplié sur la table, qui se mêle sans me gêner à celle des toasts chauds…

Le papier est d’une douceur un peu rêche sous mes doigts : je caresse un pyjama dont le molleton est un attrait supplémentaire pour ma curiosité.

Les titres de la Une m’étonnent, me hérissent, ou me prêtent à rire, tel un t-shirt dont l’inscription m’irrite ou m’éclate par son manque de délicatesse. Coup d’œil en diagonale : pas très  prolixe le gaillard ! L’intérieur m’en dira plus. La diagonale zigzague sur les pages deux et trois. Les rengaines y sont un peu lourdes. Les pages quatre et cinq ont acquis plus de légèreté pour raccourcir les textes concernant la vie des villages. Des textes moins encombrés, mais d’une banalité ! Ils provoquent l’accélération de ma lecture. Les pages suivantes sont survolées : annonces légales, avis d’obsèques, programme télé, météo. Et, en dernière page, les avis diversifiés des lecteurs qui ne sont jamais contents. Il y a de quoi…

Et pourtant j’y tiens à ce journal quotidien. Ma curiosité m’a incitée à y apprendre à lire pour me changer du livre d’école « Rémi et Colette » qui commençait à devenir ennuyeux.

Penchée sur ma table, je savoure à la fois l’odeur et les textes du journal - il y en a de fort bien écrits - et l’arôme de ma tartine à la confiture de fraises accompagnée d’un thé oriental.

Le papier chatouille mes avant-bras et mes neurones. Je me plais à le déplier et à le replier. Je me laisse aller dans les bras de ce personnage complexe qui , tour à tour, a l’heur de me plaire ou de me déplaire. Il m’hypnotise sans doute, car le temps m’échappe. Je le déshabille, le rhabille, je m’engouffre dans son intimité qu’il me livre avec générosité.

Une petite récré avec les mots fléchés, un coup d’œil à la recette de cuisine, et me voici parée pour un bon départ d’une journée que j’ai chargée malgré moi d’un potentiel d’idées et d’activités que je ne pourrai encore toutes réaliser.

Mon cher petit journal, tu as encore beaucoup rogné sur mon temps !« Temps perdu » me direz-vous. Mais au fait, où le perd-t-on : dans une lecture que je ne qualifierai pas de saine ou de malsaine, ou dans des tâches ménagères rasoirs ?

Mouty

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Dans un vieux train

   On a préparé les paquets qui sont déjà partis avant nous pour la petite maison de vacances, à la campagne; restent à prendre les bagages que nous emportons avec nous dans le train, les bagages à main, si l’on peut dire, conséquents quand même, pour une famille de cinq personnes. Papa portera la grosse valise et la taille des autres correspondra à celle de chaque propriétaire.

   On boucle l’appartement, nous voilà partis pour deux mois à la campagne. Au revoir Paris ! A plus tard.

   Le taxi nous dépose à la Gare d’Austerlitz où une foule chargée de lourds bagages se hâte vers les trains à la stature imposante qui attendent le long des quais de faire leur plein de voyageurs; dans l’autre sens, les arrivants se bousculent pour intégrer la file d’attente des taxis ou pour s’engouffrer dans le métro. Je suis très excitée pendant que nos parents cherchent le quai où stationne le train qui nous emportera pour le long voyage vers ces vacances tant attendues; rendez-vous compte, Paris-Orléans, 150 kilomètres, au moins 3heures !    

   Notre petite troupe arrive sur le quai, repère le wagon de 3èmeclasse dont la masse nous domine,  monte les hautes marches et se retrouve dans le couloir à la recherche du compartiment où nos places sont réservées. Nous y voilà ! Un voyageur est déjà installé, lisant son journal. Les bancs de bois de l’année dernière sont toujours là ; je m’en souviens, tellement ils sont inconfortables mais cela ne fait rien, j’aime ce train car il nous fait voyager de corps mais aussi d’esprit; il a beau être bruyant, mélange de bruits métalliques, de grincements, de crissements, j’aime être dedans, c’est pour moi le début de l’aventure. Notre père referme la porte du compartiment puis installe les valises, non sans mal car elles sont lourdes, sur les rangements de bonne contenance prévus pour six voyageurs au dessus de nos têtes, sauf la mienne qui contient tous mes trésors dont je ne veux pas me séparer malgré l’insistance de ma mère contrariée par mon entêtement ; je tiens bon ! Ma poupée, ses vêtements, mon nounours et ma dînette resteront sous mon étroite surveillance. Assise bien droite sur les sièges si durs qu’on ne risque pas de s’y endormir, la famille attend le départ ; le quai se vide, les portes sont fermées, coup de sifflet du chef de gare et le train s’ébranle bruyamment et à petite vitesse pour sortir lentement de Paris, accompagné des signes d’au revoir de ceux qui restent.

   Mon père sort alors un journal, pour passer le temps, mes sœurs et ma mère lisent des magazines ou des livres et moi je regarde le paysage qui défile doucement: des champs colorés, des arbres, du vert, du jaune et l’écharpe de fumée de la locomotive passant devant la fenêtre légèrement ouverte par laquelle s’insinuent de noires escarbilles de charbon. Aux arrêts fréquents se répète le même spectacle d’un flot de voyageurs se croisant, descendant, montant, en famille, tous autant chargés de bagages les uns que les autres, et les annonces nasillardes et incompréhensibles du haut-parleur informant des arrivées et des départs ; encore un coup de sifflet…et un autre. Le train roule si lentement entre deux gares qu’on a le temps d’apprécier le paysage et de rêvasser. Un ou deux arrêts en rase campagne ne nous étonnent nullement. Aux Aubrais, nœud ferroviaire, un arrêt un peu plus long nous permet de nous dégourdir les jambes dans le couloir et de regarder la vie fourmillante de la gare.

   Et puis une micheline de campagne à deux wagons, vue sur une autre voie, nous fait comprendre que nous arrivons bientôt. Mon père descend les bagages et chacun récupère le sien. Le voyage prend fin, nous sommes prêts à descendre dans la petite gare bien connue où commence notre période de détente ; nous pouvons prendre notre temps, le train ne repartira pas avant que tout le monde soit descendu.

            Gill

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mardi, 09 octobre 2012

faisons une comptine

 

 

Pirouette, cacahuète

Vous connaissez cette chanson que les enfants apprennent à l’école maternelle. En 15 mn, sur le même modèle, écrire un texte de quelques strophes commençant par cette phrase :

" C’est par un beau soir d’été  

  Pirouette, cacahuète "..........

                                                                          

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pirouette.gif

toutimages

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fourrure,bringée


C'est par un beau soir d'été

Pirouette, cacahuète

C'est par un beau soir d'été

Que tu nous es arrivé

Que tu nous es arrivé.

 

Avec ta fourrure bringée

Pirouette, cacahuète

Avec ta fourrure bringée

Et ton noir petit bout d'nez

Et ton noir petit bout d'nez.

 

Dans mes bras tu t'es blotti

Pirouette, cacahuète

Dans mes bras tu t'es blotti

Et tranquillement t'es endormi

Et tranquillement t'es endormi.

 

Bien des années sont passées

Pirouette, cacahuète

Bien des années sont passées

Le petit chiot a bien poussé

Le petit chiot a bien poussé.

 

Bon gardien est devenu

Pirouette, cacahuète

Bon gardien est devenu

Ses aboiements sont bien connus

Ses aboiements sont bien connus.

            Gill

 

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fourrure,bringée

http://www.fr.clipproject.info



Mon service à thé


C’est par un beau soir d’été

Pirouette Cacahuète

C’est par un beau soir d’été

Que j’ai eu ce service à thé,

Que j’ai eu ce service à thé.

 

Ce service est en savon

Pirouette Cacahuète

Ce service est en savon

Pour blanchir mes dents en buvant,

Pour blanchir mes dents en buvant.

 

La théière, primesautière

Pirouette Cacahuète

La théière, primesautière

Crache des bulles en servant,

Crache des bulles en servant.

 

Le plateau, très rigolo

Pirouette Cacahuète

Le plateau, très rigolo

Se tord de rire en la voyant,

Se tord de rire en la voyant.

    Mouty

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mardi, 02 octobre 2012

chemins étonnants

 

La photo d'un chemin particulièrement étonnant est remise à chacun avec cette consigne:


Vous êtes sur cette route ou sur ce chemin, seul(e) ou accompagné(e), à pied, ou dans un moyen de locomotion de votre choix. Décrivez, sans y réfléchir, vos sensations, vos émotions, vos élucubrations, votre rêve ou votre cauchemar. Vous pouvez vous glisser dans la peau  d’un narrateur qui n’a rien de commun avec vous.

                         En 30 mn  écrivez un texte inspiré de cette illustration

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         les illustrations de cette note proviennent du site internet slideshare.net

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chemin liliane.jpg

 

 

On the road …

 

       Le grand ciel de l’Ouest, symbole de liberté, s’ouvrait devant Jimmy. Une liberté miraculeusement acquise puisque trois heures auparavant il se morfondait encore dans l’une des cellules bordant la ligne verte, au pénitencier de Cincinnati. Il avait fallu un concours de circonstances tout-à- fait extraordinaire pour que Jimmy parvienne à s’emparer des clés et tromper la vigilance des sentinelles postées au sommet des miradors. Un concours de circonstances comme il n’en arrive qu’une fois par siècle…et encore !!

      Toujours est-il qu’il avait pu s’enfuir de la prison et que depuis il courrait. Il courrait comme un dératé sur la route poudreuse et droite comme une règle d’écolier géant, qui ne cessait de s’enfoncer dans un horizon toujours aussi lointain, parmi les vastes champs s’étendant à perte de vue, décidés à nier sans doute l’existence des quatre points cardinaux. On aurait dit qu’un Moïse déguisé en cow boy avait ouvert un chemin à travers cette mer de blé. Présage de délivrance bien sûr. Mais pas un arbre, pas un abri. Rien pour rompre l’immensité. « L’Enfer », murmura Jimmy, les lèvres sèches.

       Le soleil s’était levé depuis longtemps déjà, amenant avec lui une chaleur torride. La peau brûlante, le cœur battant à tout rompre Jimmy courrait.

        Il courrait pour échapper à la mort car, il le savait bien, c’était la Chaise qui l’attendait, à l’autre bout de la route. A chaque fois qu’il y pensait, une sueur froide l’inondait, des pieds à la tête, ralentissant son allure.

       « Je suis innocent !!! » cria-t-il aux nuages, comme il n’avait cessé de le crier depuis son arrestation. Mais personne ne l’avait cru ; et les nuages eux aussi filaient devant lui, indifférents. Un sanglot monta dans sa gorge tandis que des larmes séchaient avant même d’avoir touché ses joues. « Non !  Ils ne m’auront pas ! Melly je t’aime ! Melly attend moi, j’arrive ! Nous nous cacherons, nous passerons la frontière, ils ne nous  retrouveront jamais ! »

      Et à l’idée du bonheur futur, un sourire s’esquissa sur ses lèvres que la chaleur à présent faisait saigner.

   Soudain, un grondement se fit entendre presqu’au dessus de sa tête. Levant les yeux, il aperçut un immense nuage noir qui avançait, prêt à l’engloutir, avec le reste du monde.

            « Hourrah ! L’orage, la pluie, de l’eau enfin !! » S’écria Jimmy en éclatant d’un rire joyeux…

               A ce moment précis, l’hélicoptère du pénitencier surgit juste derrière lui.

                                                                                    El Pé

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chemin Giselle.jpg

 

 

 

 Le chemin scabreux

 

Je suis à ses pieds, ça y est, je lève la tête, j'essaie d'évaluer sa majestueuse hauteur vers le ciel, la difficulté pour aller la voir sur son sommet

Je vois le petit chemin étroit, s'étirer tourner et, disparaître entre deux failles, vraies lames effilées, ce que tu en imposes toi si sombre, si verticale, ma belle, je te respecte et t'admire en même temps, je me fais humble et toute petite pour que tu me laisse aller jusqu'au cœur de tes entrailles,  que tu m'en donnes la force, j'en ai trop envie,

Je sens monter en moi toute l'adrénaline et l'excitation, d'une formidable aventure que rien ne peut arrêter,

Je commence par descendre un escalier taillé dans la roche, pour ensuite  trouver le départ du sentier escarpé seulement protégé du vide, par des piquets en bois reliés les uns aux autres par des fils de fer, c'est bien dérisoire me dis-je !!!!!

Mais  ne regarde pas en bas, droit devant  allez !!!!! , je me sens si minuscule devant cette immensité une vraie tour sombre et tourmentée; ça et là, quelques arbustes rabougris, maigrichons,  tremblotants dans l'air frais matinal, un calme angoissant, oppressant, épaissit l'air,

Pas un chant d'oiseau n'égaye cette escalade, seule une brume s’effilochant, tournoyant, m’accompagne, le sol tantôt pierreux tantôt crayeux dérape sous mes pieds, des pierres se détachent et roulent, me faisant trébucher puis, disparaissent dans le vide si vertigineux ;

plus j'avance et ,  plus mon souffle se fait court , les pauses sont de plus en plus fréquentes et ,   longues  j'ai du mal à repartir , je n'ose plus lever les yeux  ; tant le sommet me semble inaccessible  , ça tourne  ; ça monte  , ça redescend ; le sentier s'étrécie ;  je suis  complètement coincée entre les roches qui se font de plus en plus menaçantes ; suintant d'humidité , une odeur de moisi agresse  mes narines , la poitrine serrée dans un étau , imprégnée de cette humidité froide qui envahit l'atmosphère , je sens un début de panique monter en moi , j'ai une folle envie de voir un peu de bleu du ciel , j'ai hâte de remonter , je me reprends rapidement et continue mon ascension essayant de respirer calmement , je suis bien dans ton ventre là , tu me tiens , je ne peux rien contre ta grandeur  ta force  féroce  , il faut aller  jusqu'au bout ,le cœur cognant ,  les tempes battantes , je me parle , tu ne vas pas capituler maintenant , tu y arrives ,  encore un effort final ,  pense que tu vas pouvoir respirer à plein poumon là-haut ;  admirer le paysage à couper le souffle , crier ,pour écouter l'écho se répercutant  traversant les montagnes , courant dans la vallée , sentir la joie envahir tout mon être  , saisie d'une ivresse incomparable , m'emportant à l'infini ,  au bout du monde .

 Rina

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chemin monique.jpg

 

 

 

CHEMIN ETONNANT


Les murs de ma chambre d’hôpital me pèsent. J’étouffe dans ce clapier. La cloison, face à mon lit, est éclairée d’un poster aux teintes vertes et bleutées. Ce sont mes couleurs justement. Mais a-t-on idée d’exposer ici un tel sujet : une paroi montagneuse d’une verticalité angoissante. Le sommet de cette falaise sans pied ni tête est découpé d’une grande ouverture oblongue qui éclaire les lieux. On y accède par un escalier monumental dont on ne voit pas la base. Cette trouée vers le ciel est certainement l’entrée du Paradis, et cet escalier-purgatoire doit remonter de l’Enfer. On le monte, ou on le descend : c’est selon…

Ce poster est-il une représentation prémonitoire de l’issue de mon passage à l’hôpital ? Me prépare-t-il à un réveil dans un monde meilleur ? Ou pire ? En bas, la masse incandescente des malotrus qui n’ont rien respecté durant leur vie sur terre. En haut, le bout du tunnel, lumineux, attrayant, d’où s’écoule une musique enchanteresse.

Je regarde d’un œil torve le médecin anesthésiste venu m’ausculter et m’interviewer.

J’en viens à le soupçonner d’avoir eu le mauvais goût de coller ce poster au milieu du mur gris souris, couleur soi-disant apaisante… Couleur du temps bardé de brume qui étouffe le paysage extérieur.

Bruine, grisaille, poster, tout m’oppresse. Demain matin, on m’emmène au bloc à huit heures.

Avez-vous d’autres questions ? me dit l’anesthésiste.

Non, pas d’autres questions !

Je suis coincée dans une bulle dépourvue d’oxygène. La paralysie me gagne.

Alors, à demain peut-être…

Mouty

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Entre terre et ciel

Alors que mes mains s’accrochent aux deux rambardes qui m’entourent, juste la pointe de mon pied droit déborde sur l’entrée du chemin. « Chemin », dis-je ? Il n’en a que le nom ; je dirais plutôt « passerelle » s’envolant entre deux mondes, terre rassurante et ciel infini. Je suis terrorisé par le vide que je sens en dessous de moi, plus  que je ne le vois. Il m’attire et m’effraie à la fois. J’ai l’impression d’être en suspension dans une immensité qui m’entoure tout entier, loin du sol, au milieu du ciel, entouré d’un enfer vert, apercevant droit devant moi une petite plate-forme hexagonale semblant s’enrouler autour d’un majestueux tronc d’arbre, salvatrice à mes yeux, je ne sais pas pourquoi.

J’entends une voix douce me dire : « Ecoute –moi, n’entends que moi ; lance-toi, avance les pieds ». Alors, précautionneusement, comme un enfant qui fait ses premiers pas, je m’avance sur les lattes de bois. Par la fente de mes paupières mi-closes et derrière le rideau rassurant de mes cils, je regarde ce qui m’entoure : la cime des grands arbres, sous le chemin, m’apparait alors comme un moelleux tapis vert sur lequel mon corps pourrait tomber sans se blesser. Au dessus de ma tête, je vois le ciel comme un dôme immense et sans fin où je pourrais voler comme un oiseau aussi loin que mes ailes pourraient me porter. J’ai l’impression d’évoluer sur une souple liane jetée d’arbre en arbre dans la forêt tropicale, d’où montent des parfums et des bruits qui laissent deviner une vie inconnue sous mes pieds. Et je marche alors d’un pas assuré, presque rapide, vers la plate-forme qui s’approche de plus en plus. Je suis bien, je n’ai plus peur de rien, le vide est devenu un élément maitrisé, presque naturel.

J’arrive sur la plate-forme, détendu, les yeux grands ouverts, regardant calmement autour de moi, quand j’entends la même voix chaude et rassurante : « Ecoute toujours ma voix, rien que ma voix et maintenant…    réveille-toi ! ». Le Docteur F…. est là, à côté du fauteuil où je suis allongé, et je réalise que c’était ma dernière séance d’hypnose et que sa voix accompagnait ma guérison ; alors, je souris intérieurement, je vais revivre car je n’aurai plus peur du vide. C’est important quand on veut être  parachutiste !

Gill

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