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mardi, 02 octobre 2012

incipit de Jean-Marie Pelt

 

En 25 mn, écrire la suite de cet incipit extrait de LA RAISON DU PLUS FAIBLE de Jean-Marie PELT (p.74)

 

« Chacun connait cette petite graminée prompte à s’installer entre les pavés ou au pied des immeubles dans la moindre fente du béton ou du macadam où elle forme de petites touffes avec ses longues feuilles toutes minces ».

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pourpier giselle.jpg


Cette photo provient du site FAAXAAL qui offre des contenus gratuits et libres de droits pour vos sites.

 

LE POURPIER


« Chacun connait cette petite graminée prompte à s’installer entre les pavés ou au pied des immeubles dans la moindre fente du béton ou du macadam où elle forme de petites touffes avec ses longues feuilles toutes minces ».

Hubert écoute patiemment l’inconnu qui est venu prendre place sur le banc, à côté de lui, et qui lui débite sa science dont il n’a rien à foutre. D’abord, il ne voit pas de quelle herbe il veut parler. Du chiendent peut-être ? Chez lui, il n’y a que du pourpier qui colonise les interstices entre les pierres disposées en mosaïque pour déterminer les allées. Il aime bien cette petite plante aux tiges rosées comme des jambes de jeunes filles, supportant des feuilles grassouillettes que le soleil se plait à caresser pour les rendre brillantes. Tiens, ce soir il en mettra dans sa salade. Et puis non, il en fera une omelette bien baveuse, après les avoir détendus dans le beurre chaud.

Embarqué dans son pourpier, Hubert n’écoute plus son voisin momentané. La voix de celui-ci, devenue inaudible, s’est fondue dans le grésillement du beurre. Il se souvient du temps où sa grand-mère l’emmenait promener dans les chemins de traverse en lui contant des légendes entrecoupées d’explications sur la moindre plante. Remèdes et recettes de cuisine formaient un méli-mélo d’un savoir-faire ancestral qu’il fallait préserver par sa transmission à la descendance.

Les retours de balades étaient souvent ponctués d’une omelette de pourpier, baveuse à souhait, accompagnée d’une tranche de pain de campagne dont il n’avait retrouvé le goût chez aucun boulanger.

Le goûter était suivi de la réalisation de confiture de mûres cueillies sur les ronciers des bas-côtés, et dont la grand-mère avait emporté le secret des proportions et des épices dans la tombe. Hubert n’achetait jamais de la confiture de mûres pour sauvegarder la mémoire du goût de son enfance.

Légèrement engourdi, il se leva du banc, salua son voisin éphémère qui s’étonna de le voir partir avant la fin de sa phrase.

Il reprit le chemin de sa maison, plongé dans ses souvenirs.

Mouty

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herbe giselle.jpg


Cette photo provient du site FAAXAAL qui offre des contenus gratuits et libres de droits pour vos sites.

 

 

« Chacun connait cette petite graminée prompte à s'installer entre pavés ou au pied des immeubles dans la moindre fente du béton ou du macadam ou elle forme des petites touffes avec ses longues feuilles toutes minces ».

 Herbe folle, même jolie, tu n'es que folie et, je te poursuis, encombrant bordures d'allées, joints de terrasses, trottoirs, tu te joues de tout ce qui veut t’éliminer, tu fais partie des mauvaises herbes et tu n'es pas mon amie, je peste contre toi, m'écorchant les doigts quand j'en vois une toute petite qui écarte mes pavés; s'élançant triomphante, semblant me narguer, j'essaie de l'arracher mais peine perdue la racine résiste, je crois que je vais te donner encore plus de vigueur, je me maudis de m'être précipitée , je suis une maniaque de tout ce qui pousse sur les murs ou les terrasses je traque, arrache tout ce qui me semble inesthétique, ce qui dérange ou abîme  ma vue où que se porte mon regard; tout doit être agencement organisé, créé; il n'y as pas de place pour toi ma petite graminée, je te mène la vie dure, je te refuse toute vie chez moi même si tu fais de la résistance je suis aussi teigneuse que toi, je ne capitule pas, souvent j'en ris, j'ai l'impression de jouer avec toi, je suis capable de m'acharner jusqu'à ta disparition totale, mais il y a aussi le découragement , à quoi bon me fatiguer, quand vient le printemps avec ses pluies, l'envahissement est si rapide et intense , je veux t'ignorer, t'oublier, en te promettent de recommencer avec toujours plus de force, tout en sachant que tu gagneras, que c'est toi qui vaincra, un jour, quand je ne pourrais plus me pencher vers toi, le poids des ans ayant alourdi, ralenti mes mouvements, là, tu pourras t'étaler, prendre toute tes aises et !!!!!!  Jubiler, car tu auras été, la plus forte, c'est toi finalement l’éternelle, l'immortelle petite graminée.

 Rina

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à suivre.......................................

 

 

 

 

 

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