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mardi, 24 avril 2012

à partir d'un incipit

 

                                       Notre consigne met en lumière l’incipit.

                           Le mot « Incipit » désigne les premiers mots d’un texte

 

Chacun écrit sur un papier le premier vers d’une chanson. Les papiers réalisés sont pliés et mélangés. Un est tiré au hasard.

 Ecrire un texte commençant par le vers inscrit sur ce papier  (25mn)

 

                      incipit: « Je voudrais tant que tu te souviennes »

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chemin forestier.jpg

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 Je voudrais tant que tu te souviennes

Du chemin caillouteux, de ma main dans la tienne,

Des feuilles de l’automne qui craquaient sous nos pas,

Des fruits des bois cueillis pour corser nos repas,

Des rosées du matin et des belles chenilles

Rampant le long des tiges, des baies roses ou des vrilles,

Du chant du rossignol lorsque la nuit tombée

Nous rentrions au bercail à grandes enjambées !

Je voudrais tant que tu te souviennes

De cette chanson très ancienne

Que nous entonnions à cœur joie

En descendant vers la Montjoie,

Ce lieu mythique à la croisée des sentes

Où vent, pluie et soleil font que l’on y ressente

La nature, la ferveur, la grandeur,

La fougue d’un baiser comblant d’un vrai bonheur.

Plus de mal ni violence, plus de haine.

Je voudrais tant que tu te souviennes !

             Mouty

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 Je  voudrais tant que tu te souviennes  de ce que fût cette merveilleuse semaine ou tu m'avais amenée, oui ce beau Pays où nous avons fait des découvertes de rêve nous le visitions pour la première fois j'en avais tant parlé je l'avais préparé avec notre ami Patrice qui le connais si bien   lui son aide fût précieuse,  nous avions minutieusement élaboré un parcours, décidé  des haltes dans des endroits les plus pittoresques, potassé le guide avec les régions détaillées, et nous y sommes ; quelle joie, nos yeux éblouis par la lumière de son ciel , les tons ocres de cette terre , les oliveraies à perte de vue, des champs entiers d'orangers , les jardins enchanteurs où nous avons flâné dans les allées d'arbres rares et de plantes inconnues d'arbustes gorgés de fruits colorés   c'était le printemps , tout embaumait l'air n'était que subtils parfums mélangés dont nos narines s'enivraient  où que nos regards se tournaient ce n'était que beauté,  et tous ces monuments majestueux rappelant un passé historique riche ;  anciens couvents ou palais transformés en hôtels ou nous passions des soirées enchanteresses tant l'accueil était chaleureux plein de douceur enveloppante nous faisant croire que ce que nous vivions un rêve éveillés qui ne finirais jamais , comme notre jeunesse gaie et insouciante qui nous animait tout le temps de cette escapade , cette semaine là  fût magique , est-ce que tu t'en souviens ?  Pour moi elle vit toujours dans mon cœur elle est inoubliable 

Je m'amuse quand je suis triste à la faire revivre dans ma tête, et j'ose penser, espérer même que peut-être nous en revivrons une autre semaine comme celle-là ?  Aussi belle, dis-moi y crois-tu aussi toi ?  Oui ?  Alors je peux recommencer à rêver  !!!!!!!!!

                    Rina

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        Je voudrais tant que tu te souviennes, ô Marika, de ces moments bénis qui ensoleillaient notre vie. Nous étions jeunes, nous étions beaux et l’on se retrouvait chaque soir au bar de «  La Pieuvre Qui Tête », là, sur le port.

         C’était Le Havre et c’était l’automne. Les quais sentaient le maquereau et le goudron tandis que les sirènes des cargos déchiraient l’air chargé d’embruns. C’étaient leurs gémissements et c’étaient leurs larmes à ces chameaux  de métal, esclaves du grand désert liquide.

          L’automne hâtait le soir. Les gros nuages noirs, poussés par le vent du Nord, laissaient place au noir des nuits sans étoiles. De rares quinquets éclairaient à peine les obscures ruelles menant au port. Une porte parfois s’ouvrait sur des pleurs d’enfants ou la chanson avinée d’un marin anglais, titubant hors de quelque bouge.

         On se retrouvait, Marika souviens-toi, à cette table collante et sombre tout au fond du troquet. C’était la nôtre. Nous respirions à pleins poumons les effluves de tabac à pipes, de frites et de bière tout en nous souriant tendrement par-dessus la mousse de nos bocks. Nos mains se cherchaient, se serraient. On était bien.

        Plus tard, nous nous rendions dans ta pauvre petite chambre de bonne, perchée au dessous des toits. Il y faisait froid ; l’humidité suintait des murs et des draps de lit, nous on s’aimait, ivres de passion et de poésie. C’était le bon temps.

       Je voudrais tant que tu te souviennes des jours heureux, maintenant que tu es mariée à ce riche industriel de Roubaix, perdue dans ton grand hôtel particulier, ta grande serre tropicale, ta grande limousine à six portes.

     Je voudrais tant que tu te souviennes, Marika, et que tu répondes à cette question : « Pourquoi m’as-tu quitté »

                                                       El Pé

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Je voudrais tant que tu te souviennes de ce que tu étais en ce temps là. Un garçon avec de l’or dans les doigts. Une virtuosité comme la tienne était exceptionnelle. Dès que tu as posé les mains sur les touches d’un piano, des sons sublimes en sont sortis. Dans tous les cours que tu as fréquentés, les professeurs t’ont remarqué et t’ont considéré comme un  nouveau Mozart. Compositeur de génie, interprète talentueux, tu étais promis à la plus brillante des carrières. Doué d’un tempérament volontaire, travailleur acharné toujours à la recherche de l’idéal, rien ne semblait pouvoir t’arrêter. Premier prix de conservatoire, concertiste recherché et adulé, tu avais atteint les sommets et aurais dû continuer dans cette voix.

 

Et puis il y a eu l’accident, cette main traumatisée, ces tendons sectionnés la rendant inutile, cette intervention délicate, cette rééducation longue et difficile  et puis cet abandon, cette dépression, ce laissez-allez, ce renoncement.

 

Regarde-toi, pauvre épave détruite, assis devant ton verre de whisky, le regard vide de tout espoir, mal rasé, mal fagoté, mal dans sa peau d’artiste déchu. Pas un regard pour ton pauvre piano en attente de revivre sous tes doigts. Tu ne vas pas rester comme ça, dis, tu vas te ressaisir. Tu ne peux pas devenir cet alcoolique dont on ne peut même pas soupçonner la brillante vie antérieure. Regarde toutes ces photos de toi, regarde ces mains fines et musclées qui caressent les touches du Pleyel. Ecoute la musique que tu as créée et reprends-toi. Rien n’est perdu, tu as encore une belle vie devant toi et des jours de succès à venir. Travaille, exerce-toi sans relâche et tu verras, les progrès viendront. Oui, regarde-moi, écoute-moi, je t’aime et je t’aiderai à redevenir celui que tu étais.

 

                    Gill

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