Midilibre.fr
Tous les blogs | Alerter le modérateur| Envoyer à un ami | Créer un Blog

mercredi, 21 mars 2012

Devant ma tombe

 

 

Imaginez-vous devant votre propre tombe au cimetière. Vous lisez votre épitaphe.

                                 Rédigez-la. Exprimez vos sentiments.

cc by-sa  

tombe à Saint-malo.jpg

 

                     Tombe  de Chateaubriand sur le grand Bé à Saint Malo   Rémi Jouan

Wikipédia

---------------------------------------------------------------------------------------------------

 

épitaphe pochard mouty.gif123 Gifs 

 

 

 

EPITAPHE

Gloup ! J’en reviens pas ! Après en avoir bavé de cheminer sous une pluie battante - que d’eau ! Que d’eau ! - en faisant crisser les graviers sous mes semelles usées, je tombe en arrêt, c’est le cas de le dire, sur une tombe grise en béton, moussue, discrète, secrète. Une sorte de tombe fantôme : c’est MA tombe ! Les bras m’en tombent ! C’est bien mon nom qui figure sur la plaque rouillée : Arthur BOISSANSOIF - 19 Mars 1972 / 19 Mars 2012. C’est aujourd’hui justement…

Je suis sidéré, démantibulé. Un chagrin incommensurable m’envahit. Il déborde, comme la fontaine désuète plantée au cœur du cimetière. Les larmes de pluie mêlées aux miennes obstruent mon regard. D’un revers de manche j’essuie le trop-plein. J’ai du mal à déchiffrer l’épitaphe écrite d’une main malhabile :

Ci-git le plus heureux des soudards

Celui pour qui la vie oublia la tendresse

Et qui trouva un verre par un heureux hasard,

Le remplit, le vida, recommença jusqu’à l’ivresse.

Souvenez-vous toujours de ce pilier de bar

Qui attendait dimanche pour boire le vin de messe.

Il venait du néant, et allait nulle part,

Ignorant les baisers, ignorant les caresses.

Il voyageait à pied, et quelquefois en car,

Désabusé surtout par des tas de promesses,

Usé et bousillé par de nombreux nectars

Jusqu’à la fin. C’est là que le bât blesse.

Je trouvais dans cette épitaphe ce qui me résumait le mieux. A quoi bon en rajouter ?

Adieu mon pauvre Arthur !

 

                            Mouty

                               _____________________________________

freepik

 

épitaphe funanbule mimi.jpg

 

 

« Ici gît celui qui a rempli sa vie avec du vide. »

Eh oui ! J’étais funambule et j’ai marché au-dessus des canyons et des avenues de New York d’un gratte-ciel à l’autre. Cela m’a permis de voyager dans le monde entier à la recherche des sites les plus célèbres, les gorges les plus dangereuses, de traverser au-dessus des cascades bouillonnantes, écumantes depuis les chutes du Niagara jusqu’au Zambèze.

En effet j’avais besoin de remplir ma vie avec du vide et plus le vide était vide, profond, plus je me réalisais. La poussée d’adrénaline devenait de plus en plus nécessaire et indispensable à ma vie comme un drogué à besoin d’augmenter sa dose de plus en plus souvent.

Mais qu’ai-je fait d’autre ? Rien ! Je n’ai pas eu d’épouse, de famille car qui aurait voulu d’un fou qui met sa vie en danger chaque jour ? Qui aurait accepté d’avoir des enfants d’un père toujours absent, toujours en quête de plus d’aventures périlleuses et qui risque de ne pas revenir vivant ?

 Je n’ai rien construit. J’ai été d’un égoïsme sans borne et ma vie a été un vide sidéral !

Juste des rencontres occasionnelles avec des admiratrices qui parfois, auraient bien voulu me retenir ; mais même dans leurs bras, je pensais à mon prochain défi et je m’enfuyais en courant, lâchement, sous le prétexte de ce qui m’attendait. En fait, j’ai fait tout ça pour fuir la vraie vie, fuir la réalité du quotidien avant qu’elle ne m’enchaîne. Surtout pas de routine, de soucis ou de plaisirs communs à tous !!

J’étais égoïste et aussi d’un orgueil démesuré : « Moi, je ne suis pas comme les autres, je suis au-dessus du lot, c’est le cas de le dire d’ailleurs ! »

Bon maintenant il est un peu tard pour prendre conscience de tout ça. J’aurais dû faire une psychanalyse mais il était inconcevable que je reste au même endroit, à me regarder le nombril pendant des mois et des années !

Et voilà le résultat : la vie a passé quand même et je suis « celui qui a rempli sa vie de vide. »

                       Mimi

                                 ______________________________________

 

tombe,fantôme,soudards,ivresse,vide,gratte-ciel,niagara,zambèze

wikipedia

 

 Après avoir succombé à un guet-apens tendu par ceux que je gênais, me voilà devant ce qui sera désormais chez moi : une tombe toute simple, avec cette seule inscription

                                            Ici est un homme

                                             Epris de justice

                    Qui a pris aux riches pour donner aux pauvres

                             Qui a combattu au côté des opprimés

                         En utilisant toutes les méthodes à sa portée

                                  Peut-être en a-t-il blessé certains

                                     Mais la fin justifie les moyens

Oui, c’est bien moi. Je crois que j’étais prédestiné à la vie que j’ai eue. Je suis né en détestant l’injustice et tout petit, je me demandai déjà pourquoi certains avaient faim, tandis que d’autres jetaient les restes, tellement ils étaient repus. Je me demandais pourquoi certains avaient froid alors que d’autres s’emmitouflaient dans de douces et chaudes fourrures. Je me demandais pourquoi certains, se croyant supérieurs, en opprimaient d’autres.

Bien sûr, j’ai vécu à une certaine époque mais je crois que  j’aurais  pu vivre avant ou après. Je suis intemporel. Maintenant que je suis mort,  je n’ai nulle honte de ce que j’ai fait. Je n’ai pas toujours bien agi mais j’ai agi pour le bien, pour le bien de ceux qui souffrent. Ceux qui m’aiment m’ont toujours fait confiance et sont fiers de moi. Ceux qui me traquaient, les cupides, les puissants, les tyrans, ont eu raison de moi,  mais j’ai semé des graines d’idées de justice un peu partout ; elles germeront et d’autres, dans les siècles à venir auront certainement la même épitaphe que moi sur leur tombe. Nous aurons tous tenté de faire un monde plus juste.

                   Gill

_____________________________________________

 

gifsmaniac

tombe,fantôme,soudards,ivresse,vide,gratte-ciel,niagara,zambèze,guet-apens,justice,opprimés

 

 

 

 

On approche de Novembre. J'aime flâner dans le vieux cimetière si beau avec ses milliers de tombes fleuries ; j'en admire une particulièrement, bien  entretenue, j'imagine que c'est moi qui suis là, vie de travail, de don de soi,  de souffrance, de joie, de quelques moments de bonheur, vie passée à la vitesse de l’éclair, 

 

2O ans, 40 ans,  60 ans et plus, on continue le chemin il faut bien le finir ce chemin, et à présent me voilà sous ces fleurs ; où est passée mon âme ?  Mais c'est le diable que je vois, il tournoie, essaie de me séduire avec des propositions mirobolantes : en enfer tu ne manqueras pas de chaleur viens faire un tour tu retrouveras des amis, vois comme on est gai ici, on chante, on rit, laisse moi te guider. Mais je refuse toute ces offres. Voilà Dieu à présent avec  ses promesses de Paradis, le ciel la paix le jardin d'éden, ses fruits ne sont plus défendus, tu peux en croquer à volonté, l'air léger la sérénité, tu seras gâtée, on saura t'apprécier et t’aimer, suis  moi, tu as fais un bon parcours sur terre, tu mérites le ciel. Ma parole c'est pire que sur terre ici, c'est à celui qui aura le plus de tour dans son sac pour attirer le client, mais j'hésite, je ne suis pas sure d'être prête, je crois que je n'ai pas terminé ma vie sur la planète terre, je veux encore voir le jour se lever le soleil la réchauffer de ses chauds rayons, la pluie faire pousser les plantes et les fleurs, je veux voir mon petit fils grandir. La panique me prends, laissez-moi partir, il me semble que j'ai crié, j’ouvre les yeux, je suis vivante, je vois des gens derrière moi me regarder d'un drôle d'air, ils  doivent penser que je suis un peu dérangée, heureusement ce n'est qu'un rêve imaginaire. Ouf, il y aura bien des levers de jour et des couchers de soleil qui vont se succéder avant que je ne sois sous une tombe, même bien entretenue. 

 

                                   Rina      

______________________________________________________________________________________

    


Photo : cc by-nc-nd - Bruno Monginoux - www.Photo-Paysage.com

      Passants, méditez ceci :

       J’ai été ce que vous êtes

        Vous serez ce que je suis.

Quoi !! Qui a osé ? Détourner ainsi Ronsard, lui, l’amoureux de la vie et de la jeunesse ! Graver ses vers –dentelle sur une sinistre plaque de marbre mortuaire ! Quel sacrilège ! Pire, quel mauvais goût ! Je vais agripper l’objet et le jeter dans la première poubelle venue…Hélas, mes mains le traversent, impuissantes…

       Parce qu’il faut que je vous dise : je suis morte. Depuis ? Oh, est-ce-que je sais, moi ? On ne mesure pas le temps, dans l’Eternité. Mais ça ne doit pas faire bien longtemps, il reste encore quelques fleurs pas trop fanées sur ma tombe.

     Comment ça s’est passé ? Attendez que je me rappelle. C’est fou ce qu’on oublie vite l’Avant lorsqu’on a rejoint l’Après ! Ah oui, ça me revient : Le crépuscule. La pluie. Le passage clouté. La grosse voiture noire qui me fonce dessus. Un bruit infernal de freins et de tôle et puis… plus rien.

       Réveil dans un espace éblouissant de clarté qui ressemble à un hall de gare. Des queues interminables devant des guichets tout au fond. Des flics bizarres déguisés en anges et portant des brassards rouges de police…jusqu’à ce que je réalise qu’il ne s’agit pas d’un déguisement. La situation s’éclaire et même pas peur. Je demande doucement au Pakistanais à turban qui me précède : « Vous êtes mort vous aussi ? », il hausse les épaules.

 « Evidemment ! ». Il a l’air contrarié. Je parie qu’il imaginait le Passage autrement. Moi aussi. Enfin, j’arrive devant le guichet. Derrière, encore un ange. Il tape mes coordonnées sur son ordi et m’assène : « CP, à droite. »

Je me retrouve dans une sorte de grande cour pavée avec une foultitude de gens. Dont certains (et oui) de ma connaissance. Je m’approche de l’un d’eux, disparu depuis au moins cinq ans, temps terrestre. Il n’a pas l’air surpris de me voir. Tant mieux. Je m’exclame alors : « Tiens comme on se retrouve ! Mais dis-donc, ça fait un bail, toi, que t’es m…

-Mort ? Allez, n’aie pas peur des mots. D’ailleurs, il vaut mieux t’habituer à celui-ci parce que tu sais, tel que c’est parti, ce n’est pas près de finir.

-Je m’en doute. Mais on est où, là ?

-Au CP. Cour Purgatoire si tu préfères…

-Ah bon ? Et qu’est-ce-qu’on y fait ?

-Rien. Et c’est ça le pire. On s’em…nnuie que c’est rien de le dire. La Punition, tu vois. Jusqu’au test.

-Le test ?

-Ouais. Ils te renvoient un bref instant sur Terre, et là, te font subir l’épreuve.

-Oh Mama mia ! De quoi s’agit-il, tu es au courant ?

-C’est la surprise. Si tu réussis, tu entres au Paradis, sinon, tu retournes au CP. Ah excuse-moi, mais j’entends crier mon nom. Chouette, je vais descendre, souhaite-moi bonne chance ! »

        Ce que je fais en tâchant d’éluder la question, fort peu charitable, de savoir si c’était ou non sa première descente Ici-bas, puis me prépare à m’enquiquiner ferme pendant …Un siècle ? Deux ? Mille ? Mais miracle, mon nom retentit soudain. Je m’avance au hasard, sens un souffle chaud passer sur moi…et me retrouve au cimetière de Béziers, devant mon épitaphe, ce qui a le don de me mettre en boule illico presto. Ah les parents et amis, parlons-en !! D’autant que, tel que c’est rédigé, on dirait vraiment que ça vient de moi, une dernière volonté quoi ! Jamais de la vie ! Moi j’aurais dit…j’aurais dit…Et soudain curieusement je me mets à sourire, toute colère, frustration ou vanité évanouie. Allons, tout va bien, si c’est ainsi qu’ils me voyaient, les parents et amis… il faut l’accepter. Finalement,  ils ont cru me faire plaisir, les pauvres !

        Aussitôt, portée par une note de musique (un fa dièse en fait) je m’envole et n’en crois pas mes yeux ! Je suis au Paradis ! Si vous saviez comme c’est…Mais désolée, je n’ai pas le droit d’en parler. Vous aurez la surprise. A toute.

              El Pé

____________________________________________



mardi, 20 mars 2012

mots pêle-mêle

 

Tirer au sort deux papiers. Sur chacun d’entre eux se trouvent  six mots

1/ écrire le texte le plus court possible en utilisant les mots du premier papier  (10mn)

2/ écrire un texte long en utilisant les mots  du second papier (20mn)

                      ------------------------------------------------------------------

 

Jeu     vase          muguet             blond         poisson         bon             

 

           écouter   élastique           assemblée         pyramide

 

                     vieillard           ordures           peine  

 

peindre                                neige                               oubli

 

                       anglais           locomotive

 

                                           professeur

 

                          escargot  ........................................................etc   

 

 

 

Le CHAT MANGE la SAUCE près du TUYAU d’ARROSAGE coulant dans le VASE de la STATUE

 L’Anglais aux cheveux roux qu’elle venait d’épouser marchait comme un canard dans le jardin. Il trébucha sur une petite locomotive qui trainait.

 

Le vieillard traversa la salle d'un pas élastique, le cœur léger il se mit à assembler la pyramide. 

 

Au lever du jour le professeur tire l’escargot du lierre dans son plus simple appareil. Il montre ses cornes.

 

 Le PROFESSEUR MONTRE l’ESCARGOT qui grimpe au LIERRE et il LEVE l’APPAREIL pour le photographier.

 Le chat mange la sauce qui sort du tuyau d’arrosage près de la statue. Le vase est plein.

Le GRAND-PERE berce le BEBE qui PLEURE de CHALEUR et l’OISEAU regarde la SOURIS

 Par jeu, la fillette garnit ses cheveux feu des fleurs de pêcher du vase chinois.

                    _______________________________

 

 

professeur,locomotive,neige,élastique

 

M/Y/D/S – Images animalières

 

 

 

Il était une fois une grenouille vivant dans un étang, insatisfaite de sa condition de batracien et qui rêvait d’être un humain. Il était une blonde venue se mirer dans la mare qui tomba son collier dans les eaux troubles, un long collier de jais noir comme le charbon. Elle se mit à pleurer, roulée en boule sur la berge car c’était un cadeau de son cher papa. La grenouille eut pitié de la fille et plongea pour récupérer le bijou. Elle remonta avec le collier dans sa grande bouche et la demoiselle avec un sourire divin la remercia. La grenouille éblouie par sa grâce juvénile se changea en prince et tomba instantanément en amour.

Ils se marièrent et eurent beaucoup d’enfants qui adoraient la baignade et autres jeux aquatiques.

 

Mimi

 



Photo : cc by-nc-nd - Bruno Monginoux - www.Photo-Paysage.com


L'enfant faillit oublier de prendre le sac d'ordures posé sur le sol de l'entrée, il revint sur ses pas et s'en empara; son cœur en peine  il songea  à sa mère immobilisée par une chute pendant plusieurs jours; son quotidien allait être dur avec toutes les tâches qu'il devrait accomplir pendant ce temps d'immobilisation si subit, mais quand il sortit dehors et qu'il vit le sol recouvert de son magnifique manteau de neige, il sourit et pensa : c'est irréel, magique, ce paysage est à peindre, il admira les branches du pin  parasol raidies, ployées, semblant résister de toutes leur force pour ne pas se casser ; il en secoua une qui semblait sur le point de céder, allégée, elle se releva fièrement  il reçut en riant  une giclée de neige qui lui glaça le visage, se retournant il vit les creux sombres que ses pas avaient laissé sur le sol ,c'est dommage se dit-t-il de marcher sur ce tapis immaculé ; il faudrait le laisser vierge de toute trace , ça dure si peu, puis il oublia qu'il devait se presser il allait être en retard à l'école , mais saisi d'une joyeuse allégresse il se baissa et se mit à faire des boules de neige qu'il envoya au loin, s'amusant quand une boule atteignait la cible imaginée et qu'une pluie de perles retombait sur le sol en crépitant, il retrouvait toute la joie l'insouciance de l'enfant qu'il était.

 

                      Rina 

____________________________________________


professeur,locomotive,neige,élastique,collier,grenouille,chute,neige,titus,agility

 

 

M/Y/D/S - Images animalières

 


 

TITUS

Marie-Chantal et son chien Titus arrivèrent une demi-heure à l’avance au concours de l’Agility-Club. Le temps maussade imprégnait d’une bruine fraiche qui ravivait les couleurs des visages et donnait une mine resplendissante à la végétation au moindre rayon de soleil. Les supports de bois destinés à la gymnastique canine semblaient vernis. Les imperméables étaient de sortie en prévision des caprices du temps. Marie-Chantal avait endossé son anorak et chaussé des vieux baskets pour affronter le terrain boueux en courant auprès de son chien.

Titus escalada l’escalier glissant pour accéder à la poutre d’où s’envola brusquement un oiseau, sans doute à la recherche de petite vermine. Surpris dans sa course, Titus fit un faux pas et tomba lourdement en gueulant désespérément. A défaut du vétérinaire occupé dans son cabinet de campagne par un autre chien handicapé, un médecin qui se trouvait là diagnostiqua une fracture de la jambe. Il aida Marie-Chantal à le transporter dans sa voiture.

Le concours avait tourné court.

 

                             Mouty

________________________________________________________________

 

professeur,locomotive,neige,élastique,collier,grenouille,chute,titus,agility

 

chateauversaillesspectacles

 

 

 J’adore fouiner dans les objets du passé ! Que ce soit chez un antiquaire ou dans un grenier,  l’ancien me fascine et fait courir mon imagination. Un éventail de dentelle peut m’entraîner dans un château et je me mets à entendre une musique à la Lully et à voir tournoyer et virevolter de longues robes aux riches étoffes dans une vaste salle aux mille lumières, style Galerie des Glaces à Versailles.

Je peux aussi, attirée par un vieux costume de clown, me transporter avec délice sur la piste d’un petit cirque de province où toute la famille montre ses dons d’artistes aux enfants riant à gorge déployée. Et hop un jongleur par ci, et hop, une écuyère par là, un chien savant, des lapins sortant d’un chapeau !

Un gros portefeuille de cuir, et je me retrouve alors dans un très élégant club du XIXème siècle où des messieurs en habits, le visage encadré d’épais favoris, un gros cigare à la main, discutent gravement politique et finance.

Ou alors, une pile de magazines « Nous deux », me faisant un clin d’œil,  me ramène plus près, dans les années 50. Je m’imagine en bonne petite ménagère attendant amoureusement un mari TRES  occupé par des tas de choses TRES sérieuses, beaucoup plus importantes que mes petites préoccupations de femme romantique née pour le rendre heureux !

Et bien voilà, avec six mots, on peut tout faire, même un voyage à travers les siècles.

      Gill

                   ____________________________



dimanche, 11 mars 2012

la vitrine de l'antiquaire

 

Choisir une couleur.

                 Choisir une étoffe

                             Choisir un chiffre.

                                         Choisir une époque.

  Donnez votre sélection à votre voisine

  Vous (ou un personnage de votre choix) êtes face à la vitrine d’un antiquaire, un

objet provoque un souvenir. Racontez en utilisant les qutre paramètres reçus.

                      -------------------------------------------------- 

wikimédia

mariage médiéval.jpg

je déambule, flânant sans but aucun à Paris,  dans le onzième arrondissement, jetant ici et là un regard dans les vitrines que je dépasse sans m'arrêter  mais soudain mon regard se pose sur un mannequin paré d'un costume de couleur rouge , un beau rouge qui flamboie et lance des éclairs qui miroitent dans le reflet du soleil matinal ;  je me recule pour mieux l'admirer, tiens, je suis devant la vitrine d'un antiquaire au n°  12.  A l'intérieur, un fouillis de toute sorte d'objets mais,  c'est ce mannequin vêtu de cette si magnifique robe de satin semble-t-il, qui  me frappe ; je plonge  dans une époque si lointaine, le moyen âge, mon regard scrute et enveloppe ce tissus qui semble vivre, suit les volutes qui disparaissent dans le creux des plis plongeant sur le sol bougeant au gré d'un courant d'air tournoyant légèrement; je la vois la belle moyenâgeuse avançant  dans les longs couloirs si froid de son château tenant un pan de sa large robe d'une main, la tête haute, le regard fier, dédaignant les cavaliers qu'elle croise perchés sur les montures de leur chevaux, sabots 

claquants, résonnants dans les murs au sol nu ;  j'entends le froufrou  du satin qui bruisse affleurant le carreau puis je l'aperçois au loin qui se fait  engloutir tout entière par  un pan de tenture, le dédale des corridors s’estompent, puis le château du moyen âge et ses cavaliers et chevaux. Restent devant mes yeux le mannequin et son costume rouge qui ont su m'amener dans ce beau rêve.  

 

Rina

________________________

 

gif.supertoinette.com

 

mariage adultes.jpg

Pendant un court séjour à l’Isle sur Sorgue, ville par excellence des antiquaires du sud de la France, nous baguenaudions avec mes deux filles d’une boutique à l’autre juste pour le plaisir de se replonger dans les ambiances surannées évoquées par les objets hétéroclites, de toutes provenances, de toutes matières plus ou moins précieuses et rares, de toutes natures.

Soudain, je tombai en arrêt, comme un chien de chasse devant le gibier, en voyant dans une vitrine une robe en jersey léger, bleu-roi, d’un beau bleu profond et lumineux à la fois. Et je plongeai dans mon enfance. J’avais neufans. C’était après la dernière guerre et pour la fête du village, fin mai, ma mère m’avait confectionné une petite robe à mes mesures avec les restes de tissu de la sienne. Ainsi nous avions la même tenue. J’étais très fière de l’arborer sur les manèges et j’appréciais les remarques des gens sur ma ressemblance avec ma mère accentuée par cet effet vestimentaire. Aujourd’hui nous dirions que j’étais son clone. Et mon père était fier aussi de tenir à son bras les deux femmes de sa vie.

J’expliquai tout cela à mes filles ce jour-là.

Un an plus tard, ma seconde fille se mariait et j’eus une agréable surprise, parmi beaucoup d’autres, comme sait en réserver une telle fête. La mariée et sa fille de 9 ans- quelle coïncidence !-portaient la même robe, le même bouquet ; et le marié avait aussi son petit clone dans un costume trois pièces : mon petit-fils de 11ans.

Et bien sûr, les photos sont très belles.

 

Mimi

mariage enfant.gif

gif.supertoinette.com

 

______________________________________

 

louis 14.jpg

Gian Lorenzo Bernini

Musée national du Château de Versailles et des Trianons, salon de Diane, Versailles

 

 

La statuette

 

 

 

 

 

Ah ! Ces brocantes porteuses d’histoires, de souvenirs. Je flâne devant les boutiques. L’étalage des objets triture mon imagination. Un bibelot, une étoffe, une couleur me font voyager dans le temps. Méli-mélo d’évènements heureux ou malheureux. Une bribe accrocheuse me plonge dans le passé. Je me laisse engloutir par un amas d’objets disparates qui, simultanément, m’émerveillent, me parlent, me font revivre des bouts de puzzle de ma vie.

 

Je tombe en arrêt devant une statuette représentant Louis XIV, étiquetée N° 6, d’époque récente semble-t-il. La porcelaine, cependant, est d’un vécu affirmé. Quelques éraflures. Rhingrave et justaucorps, bien qu’élimés, arborent encore leur couleur violette sur une chemise de soie blanche au tour de cou élégamment noué.

 

Le fard a disparu, mais le souverain devait en être badigeonné à souhait pour présenter un visage avenant sous sa perruque poudrée.

 

J’imagine les jeux d’épaules et de nuques des donzelles de la cour, jouant de leurs charmes, poitrine offerte sous un décolleté généreux pour capter l’attention de Sa Majesté. L’histoire est là, dans cette vitrine. Cependant, j’imagine aussi un passé récent. Un cadre romantique lorsque la statuette fut offerte à sa destinataire pour marquer un heureux évènement, ou bien dramatique quand elle fut mise au rebut après des obsèques où il fallut se débarrasser de tout ce qui encombrait… Son voyage n’était pas terminé. Elle pouvait encore faire rêver.

 

 

 

Mouty

 

 

 

_______________________________________

lampe 2.jpg

wikipédia

 

 

Michèle habite tout près d’Aix en Provence, très jolie petite ville où elle aime flâner dans les rues piétonnières, et c’est ainsi qu’elle se retrouve aujourd’hui devant la vitrine de son antiquaire préféré. Son regard gourmand glisse sur les objets divers disposés avec art sur des étoffes chatoyantes et elle imagine autant d’histoires survenues au cours des siècles ; soudain, ses yeux sont attirés par une lampe à pétrole installée sur un tissu de satin bleu joliment plissé : cuve en cristal agrémentée de petites feuilles délicatement gravées, surmontée d’une cheminée à renflement permettant à la flamme de s’épanouir et reposant sur un pied de marbre gris clair et un socle presque noir.

Immédiatement elle se sent transportée à paris, dans les années 50, chez sa meilleure amie, Noëlle. Un soir sans électricité car les coupures de courant sont assez fréquentes, et toute la famille autour de la table avec cette lampe au milieu, éclairant de sa faible lueur des visages souriants et aimés. Famille idéale : accueillante, unie, joyeuse, pour elle dont les parents ne s’entendent pas très bien, très occupés par leurs activités  professionnelles, ce qui la laisse souvent livrée à elle-même. En un instant ce seul objet la transporte dans ce monde de l’enfance puis de l’adolescence dont elle est bien loin maintenant et qu’elle a presque oublié. Coïncidence d’ailleurs, hier elle a projeté de donner à sa petite-fille de sept ans un collier d’ivoire reçu de la mère de Noëlle pour sa communion. Elle a l’impression que ces objets veulent l’amener à se souvenir de ces moments joyeux.

Le regard toujours sur la lampe, elle revient à la réalité. Pendant un instant, l’envie de l’acheter est très forte puis finalement, elle reprend sa route se disant qu’il n’est pas nécessaire de posséder un objet pour se souvenir. Tout est là, dans le cœur.

Gill

______________________________________________________________________________

 

paris,moyen-âge,rouge,guerre,mariée,clone,rhingrave,justaucorps,famille,lampe,pétrolekatbalou.centerblog.net

 

              Le Marais dix heures du matin. Heure délicieuse pour flâner dans une ville quand il fait beau ! C’est le cas aujourd’hui. Le soleil a choisi ce quartier de Paris pour égayer place et arcades. Quelques uns de ses rayons parviennent même à redonner un petit coup de jeune aux vitrines des antiquaires. D’ordinaire, chiner n’est pas, tant s’en faut, mon hobby favori ; à la rigueur, la visite des musées et encore ! Que voulez-vous, les objets du passé ne me parlent pas, désolée…mais ce matin, allez savoir pourquoi, je m’attarde aux devantures, souris à quelque vestige de siècles révolus…Tiens, en voilà un justement : un coffret, à peine plus grand qu’une boîte à chaussures et recouvert de satin, d’un bleu un peu fané. Il aurait  appartenu à Madame de Maintenon, indique une vignette très discrète. Je le crois volontiers. La simplicité de l’objet dénonce le Jansénisme de la royale compagne, ennemie, comme on le sait, de toute forme de bling-bling.

              Qu’a donc bien pu contenir cette boîte ? Quels secrets, Quelles tendresses peut-être ? Et pendant que je m’interroge, ma mémoire, elle, décide de faire l’école buissonnière et de remonter le temps loin, loin, jusqu’à redécouvrir un autre coffret. Modeste également mais d’un tout autre style, un peu plus petit aussi. Lui est recouvert de minuscules coquillages et sur son couvercle on peut lire : Souvenir de Marseille. Ma grand-mère l’avait ramené d’un de ses rares voyages en métropole et depuis il trônait sur l’étagère du « cosy », meuble indispensable à toute chambre des années 50,  se dressant fièrement à la tête du lit. Vintage en diable, le coquin.

            Les Jeudi et Dimanche après-midis, allongée près de ma Mémé sur (et non dans) le lit, j’étais sensée faire la sieste. Il faisait si chaud dès le mois de Mars en Algérie ! Aussi tout le monde y allait de son petit somme. Tout le monde sauf moi. Car, dès que ma grand-mère était endormie, je me saisissais du coffret marseillais et m’employais à en détacher une petite dizaine de coquillages. Ils devenaient, selon les jours, enfants diablotins, héros de Nous Deux (que je dévorais la nuit en cachette) ou armée du débarquement en Normandie. Ainsi, grâce à mes contes des mille et une siestes, je passais de façon fort agréable cette heure  sacrosainte…mais tant détestée des enfants.

   Ma grand-mère a toujours fait semblant de ne s’apercevoir de rien, même quand son joli souvenir s’est mis à ressembler de plus en plus au cou déplumé d’un dindon. Il est vrai toutefois que pour elle, l’Art d’être Grand-Mère n’était pas de la littérature…

             Et me revoilà devant la vitrine de l’antiquaire, imaginant mes petits coquillages s’égrenant au fil des ans, comme les cailloux du Petit Poucet…Il me vient alors curieusement le désir de rassembler leurs fantômes, dans une boîte, plus gentille que celle de Pandore, puisqu’elle me ferait voyager dans le temps, dès que j’en soulèverais le couvercle…

            Tiens, je vais entrer demander le prix du coffret de satin bleu. Je sens, derrière mon dos, Madame de Maintenon qui sourit déjà.

 

                                                                 El Pé

_____________________________________________________


 

 

jeudi, 08 mars 2012

la langue française à l'honneur

 

Le Printemps  des Poètes ayant lieu ce moi-ci, l’atelier d’écriture s’associe à cette manifestation en proposant les consignes suivantes :

 

Les dix mots à utiliser :

                                          AME

                                                                                         AUTREMENT

                                             CARACTERE

                                                                                CHEZ

                                 CONFIER

                                                             HISTOIRE

                                                                                                       NATUREL

                                   PENCHANT

                                                                                        SONGE

                                                   TRANSPORTS


 

1/ Choisir trois mots de cette liste.

 

     A la suite de la phrase suivante « l’hiver va bientôt se terminer », écrire un texte poétique de trois lignes, avec ou sans rimes, en utilisant les trois mots choisis  (10 mn)

 

2/ Avec les sept mots restant, écrire un texte libre.

                                       _____________________________

  

               L’hiver va bientôt se terminer

               Libérant la clef de mes songes

               Mon âme délivrée y plonge

               Encore, en hésitant à se confier.

 

                             Mouty

 

                  

 

langue française.jpg

TV5MONDE

 

Plaidoyer pour  la langue française

 

 

Des mots de la langue française piochés au hasard des pages d’un magazine, d’un livre, ou d’une encyclopédie…

Servons-nous en tant qu’ils existent dans les dictionnaires remaniés au hasard de l’arrivée de mots nouveaux d’argot banlieusard qui n’a aucun sens, aucune origine autre que fantaisiste, et de l’éjection de mots anciens qui ne sont plus d’usage dans les salons parisiens, mais qui peuplent joliment notre langage de province, résumant toute une histoire à eux seuls.

Autrement dit, ayons du caractère, ne nous laissons pas envahir par des anglicismes ou des appellations snobinardes. Accrochons-nous à notre vocabulaire naturel, formaté par une vie, par une logique d’étymologie et de grammaire.

Chez nous - « les Sudistes » penserez-vous - nous prenons le temps d’avancer, sans pour cela être passéistes ni lambins. C’est le temps de réflexion nécessaire au changement envisagé, pour vérifier si celui-ci s’avère une erreur ou une amélioration. C’est notre penchant vers le bon sens que vous ne comprenez pas toujours, Parisiens littéraires, avez-vous honte de vos origines ? Savez-vous que notre province fournit bon nombre de mots que vous avez glanés chez nos amis anglais, alors qu’ils ont seulement transité Outre-manche ?

Nous ne voyageons pas à la même vitesse ni de la même façon. Ne croyez pas que vos transports en RER soient meilleurs que les nôtres en calèches qui nous permettent d’admirer et de réfléchir. A quoi bon être si pressé ? La langue française a besoin d’être minutieusement étudiée, soupesée, caressée, utilisée sans la brusquer ni « l’escagasser » dirions-nous ici. Elle nous offre toutes les nuances nécessaires à une peinture subtile et harmonieuse du concret comme de l’abstrait. Et si nous la diffusions de façon plus sensée ? Elle mérite qu’on s’attache à la protéger : elle habille et concrétise si bien les pensées !

 

Mouty

               ___________________________

 

 

 

          L’hiver va bientôt se terminer, et

 

          Dans un songe j’ai vu mon âme,

 

          Auréolée d’une couronne fleurie,

 

          Accueillir avec transports la fée Printemps.

                           

                                Gill

 

 

magazine,encyclopédie,prix,honneur,marseillaise

 

  C’était la fin de l’année, bientôt la distribution des prix dans cette école de garçons du 11ème arrondissement de Paris. Et oui, dans le années 50, au 20ème siècle, il était naturel de récompenser une bonne année scolaire devant un parterre de parents et d’élèves réunis. J’avais un penchant pour le caractère solennel de cette cérémonie parce que j’étais bon élève et que, comme précédemment, j’allais recevoir le prix d’Honneur, le deuxième prix, si vous préférez, le premier étant le Prix d’Excellence.

Nous avions, les jours précédents, répété consciencieusement « la Marseillaise » avec le professeur de chant. Elle ouvrirait la manifestation, après l’installation de l’assemblée sur les bancs prévus dans le préau, face à l’estrade où les lauréats viendraient recevoir leurs récompenses.

Sur cette estrade, une longue table recouverte d’une étoffe blanche et supportant des dizaines de livres enrubannés et derrière elle, tout le corps enseignant maintenant installé, de l’institutrice des petits du cours préparatoire à monsieur le Directeur. L’appel des élèves récompensés allait pouvoir commencer et nous monterions chacun à notre tour recevoir le fruit de notre travail : les félicitations et un ou plusieurs livres selon notre classement ; j’espérais avoir un livre d’histoire que j’aimais particulièrement.

Belle cérémonie, en vérité, que celle qui se déroulait chez moi, dans l’école de mon enfance. Mais depuis, j’ai compris combien elle était difficile à vivre pour ceux qui n’étaient pas primés, mon métier d’éducateur m’ayant fait côtoyer beaucoup d’enfants en grande difficulté morale, sociale, intellectuelle et scolaire qui avaient besoin de tout, sauf qu’on leur montre leur échec. Et je vais vous confier ceci : je vois les choses autrement maintenant.

Gill

                                _______________________

 

L'hiver va bientôt se terminer, il fût rude, mon âme errait en peine, se traînant languissante  dans cette grisaille, jouant  avec la morosité de mon caractère;  aujourd’hui, elle songe avec bonheur à toute cette vie endormie qui sort de sa torpeur se réveillant doucement pour éclater dans la lumière d'une saison au renouveau incessant.

 

            Rina


Photo gratuite

 

magazine,encyclopédie,prix,honneur,marseillaise

 


Nous sommes à la campagne dans une ferme perdue entre bosquets et chemins empierrés, de vignobles et de prés entourés et les hivers sont longs, mais chez nous ça se passe autrement que dans l'ennui, mon père a ce penchant à conter et raconter une histoire, lors des veillées des longs soirs d'hiver, alors qu'au dehors le vent gémit, secouant les branches des vieux pins de l'allée ; chez lui c'est naturel de raconter ; alors que nous nous mettons en cercle autour du feu de cheminé  le voilà qui commence. Il nous amène et nous transporte loin à ses côtés dans ses exploits de chasseur.  Il faut l'entendre nous confier tous ses secrets pour débusquer l'animal , ici c'est  un lièvre, méfiant et rapide comme l'éclair, dans sa fuite éperdue formant de larges arabesques , zigzaguant à travers buissons épais et  larges fossés si profonds qu'il y disparaît entièrement, se perdant au yeux du chasseur sachant  que son  chien le ramènera vers lui, piégé, j'en frissonne de frayeur ; je le vois devant moi ce gros lièvre roux, il se retrouve ahuri, devant celui qui va en faire le repas d'un bon civet pour sa petite famille grâce aux dons merveilleux de ma mère fine cuisinière.

Mon père avait, par ses histoires, la magie de faire que ses soirées  passent vite, trop vite à mon gré.

 

Rina .