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dimanche, 22 janvier 2012

Derrière la PORTE

consigne:

Vous êtes chez vous, « soudain, quelqu’un  frappe à la porte » : écrivez la suite (20-25mn).

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L’inconnu

La nuit est tombée rapidement, plombant d’un coup la vue, l’ouïe, et l’envie de travailler. Le balancier lancinant de la comtoise qui affiche dix heures tient une compagnie monotone. Pelotonnée dans un plaid, au fond de mon fauteuil, je feuillète un ouvrage sur les impressionnistes, m’attardant sur des tableaux maintes fois admirés. Mon chien s’est endormi sur son coussin, tandis que mon chat somnole à demi, clignant des yeux, sur la chaise basse devant la cheminée.
Soudain, quelqu’un frappe à la porte. Comme un coup de semonce dans ma quiétude. Chat hérissé. Aboiements du chien inextinguibles. Je ne bouge pas. Je suis paralysée.

On refrappe. Je ne bouge toujours pas, terrorisée.
On refrappe encore. Je me hasarde à demander : « qui est là ? ». Pas de réponse.
Je répète d’une voix affirmée : « qui est là ? ». Toujours pas de réponse.
Je me tire avec peine de mon confort et avance vers l’entrée. Mais je n’ouvre pas. Je suis seule, et mon sang est glacé. Je ne me hasarde pas à ouvrir une fenêtre ni les volets du rez-de-chaussée trop facilement accessible.
Les coups redoublent, marquant l’impatience. Je grimpe péniblement au grenier par l’échelle de meunier et passe ma tête par le fenestrou. Je ne vois rien. La lampe extérieure ne fonctionne pas. Je clame : « QUI EST LA ? » pendant que mon chien se déferre derrière la porte chargée de mystère ou peut-être de danger. Rien. Le silence. Une voiture démarre dans la rue.


La lourdeur du silence accompagnera ma nuit. Je n’entendrai même plus le rythme de la comtoise. Après avoir virevolté bruyamment dans la pièce, mon chien finira par se calmer, tandis que mon chat retrouvera son état de veille prêt de l’âtre.
Cet incident me rendra insomniaque pendant plusieurs semaines, voire plusieurs mois, sans pourtant avoir eu d’issue heureuse ou malheureuse.

Mouty

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Je vis dans une très ancienne maison en pierre, dans une cité médiévale bien conservée et restaurée, dans le sud de la France, en pays cathare. Ma maison est adossée aux remparts et parfois j’imagine tous les êtres qui ont vécu là au fil du temps : au Moyen-âge  puis à la Renaissance, sous les rois wisigoths d’abord puis sous les rois de France après la défaite et la perte de l’âge d’or occitan.
Tant de vies éteintes aujourd’hui qui ont bâti ces villages, ces forteresses ; qui ont aimé, souffert….


Or, un soir, alors que je songe à mes prédécesseurs, on frappe à ma porte. Je vais ouvrir et je reçois le passé en pleine figure. J’ai devant moi un couple et une enfant tels qu’on les voit sur les enluminures médiévales ou sur le plafond peint du château de Capestang. Ils me demandent asile en occitan et heureusement que c’est ma langue maternelle. Je les fais entrer car ils ne semblent pas très dangereux mais plutôt en péril eux-mêmes. Ile regardent autour d’eux et sont très étonnés de ce qu’ils voient et surtout de la lumière si vive qu’elle les éblouit d’abord .Ils sont très gênés et apeurés par tout cet inconnu, si extravagant pour eux. La fillette se blottit dans les jupes de sa mère sans lâcher la main de son père, cherchant la sécurité. Et ils se mettent à me raconter dans un patois que j’ai du mal à comprendre à cause de l’accent ancien, qu’ils fuient les hordes de Simon de Montfort car ils sont cathares, bonshommes et doivent assurer la pérennité de leur foi en survivant à l’hécatombe.
Je leur propose de se restaurer et de coucher l’enfant et ils me raconteront leur histoire.


Mais ce n’est pas possible ! Que font ces ancêtres chez moi, en plein XXI° siècle ? Que vais-je faire d’eux ? Comment faire coïncider ces deux mondes si différents ? Il va falloir que je regarde le film « Les visiteurs » ! Mais je vais enfin résoudre plusieurs énigmes en les questionnant. Est-ce bien Simon de Montfort qui a brûlé le château de Puisserguier, qui a traversé notre Biterrois en semant la désolation sur son passage ? A-t-il dit « Tuez-les tous, Dieu reconnaîtra les siens ?» Je tiens à portée de voix la vérité historique ! Soudain, mon chat saute sur mes genoux, je me réveille, je suis seule dans mon fauteuil.

Mimi

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« Soudain, quelqu’un frappe à la porte ». C’est par ces mots que commence le cahier que nous avons trouvé, ma sœur et moi, dans une malle inexplorée jusqu’ici, du grenier de bonne maman. Reconnaissant sur la couverture le nom de notre arrière grand-père, Jean-Marie L’……, nous continuons fébrilement notre lecture, impatients de connaître une nouvelle histoire sur nos ancêtres.


Ainsi se poursuit le récit : « Je me demande qui est ce visiteur si matinal alors que le soleil se lève à peine, et en maugréant, fatigué de mes frasques de la veille, je me lève en traînant les pieds et ouvre la porte. Surprise ! Ce n’est pas un mais deux visiteurs qui se tiennent dans l’embrasure. Tous deux sont jeunes et d’une éclatante beauté. L’un, habillé de blanc, les yeux clairs, les cheveux blonds et la barbe soyeuse a, tout autour de lui,  une sorte d’ auréole brillante et argentée. L’autre, à la beauté plus insolente,  tout de rouge vêtu, a un regard perçant, des cheveux de jais et de petites flammèches rougeoyantes sautillent autour de lui. Je me frotte les yeux, ne comprenant rien à ce que je vois, et tandis que je me souviens vaguement d’images de ciel et d’enfer datant du temps où je fréquentais le catéchisme, l’apparition immaculée me dit : « Comptes-tu continuer à mener cette vie de débauché, ne pas travailler et voler pour te nourrir ? Ou as-tu l’intention de t’assagir et de mener une vie d’honnête homme ? Car un jour, je te le dis, tu seras jugé par le seigneur. Si tu veux gagner le Paradis, je t’engage à changer de voie » Avant même que je ne puisse répondre, l’apparition flamboyante, sourire aux lèvres, prend la parole : « n’écoute donc pas cette voix trompeuse, continue ta vie de loisirs, vautre-toi dans la facilité et je te promets pour l’avenir une chaleur dont tu seras entouré pour l’éternité. » Joignant le geste  à la parole, levant le bras tendu,  il s’avance vers moi, précédé de flammèches agressives ; me poussant vers l’arrière, il me force à reculer jusqu’à mon lit, à m’allonger, pointe un doigt écarlate vers ma joue, me touche, et Aïe !, me brûle.  Une lumière vive m’éblouit et stoppe le cri que j’allais pousser. Ouvrant un œil, je m’aperçois que le soleil levant chauffe ma joue et éclaire mon visage à travers la petite fenêtre ; terrorisé par ma vision, en sueur, je promène mon regard autour de la pièce ; point de visiteurs, tout est calme et paisible. J’ai rêvé, oui, j’ai rêvé mais ce rêve ne va plus me quitter. Il me faut prendre conscience de la mauvaise pente sur laquelle je glisse et m’entraîner à abandonner mes mauvais penchants. Je vais devenir honnête pour que mes descendants soient fiers de moi. »


Sabrina et moi n’en revenons pas. Ainsi, ce riche marchand de tissus que nous avons pour ancêtre est un voleur repenti ! Quelle aventure excitante ! Et bien, il sera encore plus cher à notre cœur………………….A moins que ce lointain grand-père de notre mère soit tout simplement un bon conteur désirant laisser à la postérité quelques histoires à faire courir l’imagination de ses petits, petits, petits enfants!


Gill    

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       C’était la veille du Jour de l’An, vous pensez si je m’en souviens ! Mais commençons par le commencement.


       Yves Le Guerrec, tel est mon nom, quarante-trois ans et gardien de phare depuis toujours. Sur une petite île située à deux encablures d’Ouessant. Ne cherchez pas sur une carte, vous ne la trouverez pas ; c’est juste un gros, très gros rocher que les grandes marées recouvrent deux fois l’an. Ce qui était le cas ce soir-là, bien qu’il ne s’agissait pas à proprement parler d’une grande marée mais d’une tempête carabinée comme on en voit peu dans une vie de marin. Bref, bien à l’abri et au chaud dans la pièce occupant l’avant dernier étage du phare, une bonne bouteille de rhum près de moi, j’attendais la nouvelle année en même temps que la relève qui arriverait dans la matinée…avec un peu de chance.


  Je méditais,  tout en écoutant la radio afin de me présenter mes meilleurs vœux à minuit pile quand soudain…
    J’entendis frapper à la porte du phare, tout en bas. Cinq coups, comme ceux du destin du cher Ludwig Van. Stupéfait, mon premier mouvement, au bout de quelques longues secondes fut d’éteindre la radio, et le deuxième de me vriller l’index gauche sur la tempe (gauche) en m’écriant : « Mon pauv’ gars, tu d’viens marteau !! Si tu supportes plus la solitude, va falloir songer à te recycler, mec ! » Je me mettais à rigoler lorsque les quatre coups ont retenti à nouveau : « Pom PomPomPom ». Pas de doute cette fois, on frappait bel et bien à la porte. Qui ? Un naufragé certainement ! What else ? Je dévalai quatre à quatre les escaliers en colimaçon, et parvenu en bas, j’ouvris grand la porte du phare. A part une énorme vague qui me transforma illico en éponge, je ne vis rien. Tout d’abord. Parce qu’ensuite, en baissant les yeux…
     La belle était nue et se tenait là, flottant gracieusement sur le seuil. Sa peau d’une blancheur de porcelaine, ses longs cheveux blond très pâle illuminaient la nuit. Un visage, un corps de rêve, de la tête à la queue ! Dieu qu’elle était belle, ma sirène ! Qui me souriait, malicieusement et tendrement à la fois. Je ne cherchai pas à comprendre et tombai sur le champ éperdument amoureux.
La saisissant dans mes bras, je grimpai les escaliers plus vite encore que je ne les avais descendus jusqu’à la pièce à vivre, au sommet (heureusement que j’avais fait le ménage le matin en prévision de la relève !), déposai délicatement mon trésor sur le lit et embrassai doucement ses lèvres d’un rose affolant.
    Il y eut alors comme une sorte de sifflement accompagné d’une étrange fumée verte…et je pus aussitôt constater que ma sirène venait de troquer sa queue contre la plus ravissante paire de gambettes qu’on puisse imaginer. Devant mon air ahuri, elle éclata de rire et j’entendis pour la toute première fois le son de sa voix : « Hé oui tu vois mon chéri, l’histoire de le Petite Sirène est basée sur un fait bien réel ! Nous pouvons  nous métamorphoser en femmes grâce à l’amour d’un homme (elle eut alors un sourire appuyé) en vraies femmes, tu sais… Mais le soleil ne doit jamais au grand jamais nous surprendre sous cette forme, sinon !!! Qu’importe, nous avons le temps, n’est-ce-pas mon amour ? »
     Nous nous sommes aimés, passionnément, à la folie, des heures durant. Confiants en la durée des nuits d’hiver nous avons ensuite décidé, d’un commun accord, de nous octroyer un peu de repos dans les bras l’un de l’autre, afin de prolonger ces merveilleux instants…


     C’est un rayon de soleil traversant la lucarne qui m’a réveillé. La tempête avait cessé, laissant les vagues à leur musique habituelle. Un temps radieux et près de moi, sur l’oreiller, une tache d’écume grisâtre, parfumée au varech. Je n’osais  comprendre mais sanglotais déjà. Cherchant désespérément mon aimée dans la pièce, mes yeux se posèrent par hasard sur la bouteille de rhum. Vide. Aucun rapport bien sûr.
         Et l’on frappait à la porte, en bas. La relève venait d’arriver.


       El Pé

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samedi, 21 janvier 2012

Histoires de Maisons

Consigne du jour:

      Rechercher des mots commençant par  « AT »  (2mn)    - Rayer les mots communs  - Chacun garde un mot de sa liste.
      Faire une liste d’objets se trouvant dans une habitation  (2mn)    -même travail que précédemment.
      Choisir une photo d’habitation.
      Rédiger un texte inspiré par cette photo et contenant la liste de mots  sélectionnés (20-25mn).

                    les mots suivants sont à insérer dans le texte:

       atout- attirail- attirer- attabler- bureau- micro-ondes- serpillère- lampe.

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maison pour mimi.jpg

 

<a href="http://www.pixibank.com" target="_blank" title="photos gratuites">Photo : Pixibank.com</a>

 

Par un bel après-midi d’été, au cours d’une promenade en forêt, je fus attirée par une maison aux volets bleus comme je les aime, au toit de tuiles romanes, située au bord d’un plan d’eau. Elle avait tous les atouts pour me plaire, j’eus le coup de foudre car mon rêve était sous mes yeux. En m’approchant, abasourdie,  pour l’admirer, je vis un homme dans son jardin qui me regarda, intrigué par mon arrivée car il ne devait pas recevoir beaucoup de visites dans ce coin si perdu. J’avançai pour le saluer et lui dire combien sa maison me plaisait, correspondait en tout point à mon idéal avec en prime son petit appontement pour canoter sur le lac et pêcher avec tout l’attirail que je voyais sous le porche.
Le monsieur, charmant, me proposa de nous attabler devant la porte pour nous désaltérer en profitant de ce soleil voilé par les pins.
J’appris ainsi qu’il vivait là, seul, veuf, ses enfants ayant préféré la «civilisation»,   comme il dit.
Il avait deux chèvres pour le lait et les chevreaux au printemps qu’on mangeait à Pâques, en famille ; un poulailler ; il vivait quasi en autarcie mais il possédait tout le confort qu’on peut souhaiter car je vis par la fenêtre ouverte, un bureau avec une lampe et un ordinateur. Il était donc relié à la civilisation et il me dit qu’ainsi le soir il conversait avec sa famille par webcam. Je vis aussi par l’autre fenêtre de la cuisine, un micro-ondes et autres accessoires électroménagers.
C’était le paradis pour moi, mon rêve à l’état pur, tout était là sous mes yeux ; et le monsieur aussi était à mon goût mais ça je ne pouvais pas le dire. Nous bavardâmes et fîmes connaissance et nous ne vîmes pas le temps passer au point que le soir commençait à tomber. Je renversai mon verre par maladresse, dans la semi obscurité et comme il alla chercher une serpillière, le charme fut rompu. Il fallait que je regagne mes pénates. Il me raccompagna pour traverser la forêt jusqu’à ma voiture et devant mon enthousiasme pour son lieu de vie, il me proposa de revenir quand je voudrais.
Et depuis je partage avec mon Adam, l’Eden !

Mimi

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maison Mouty.jpg

 

 


La maison médiévale

La montée est rude dans ce petit village fortifié exhalant de ses pierres une époque médiévale qui s’accroche aux murs tel ce lierre à la verdure tenace. On y est attiré vers le haut. Les pavés de la ruelle communiquent une attente de surprise à chaque croisement. La chaleur y est étouffante. Pas de signe de vie derrière les volets mi-clos. J’aboutis enfin au bas d’un escalier appuyé à la muraille du bâtiment qui semble chargé d’histoire. A la hauteur de la première marche, un écriteau : « AU TEMPS DU MOYEN AGE - Maison d’hôtes ».
C’est ici. Je monte péniblement les soixante cinq marches que je compte en m’arrêtant toutes les dix pour reprendre mon souffle. Je débouche sur une terrasse rafraichie par une légère brise, et offrant une vue superbe sur les coteaux striés de vignes aux teintes rougeoyantes passant du pourpre au jaune parsemés d’orangé. Ici et là, quelques cyprès tournés résolument vers le ciel. Un vrai paysage de Toscane. C’est un atout vraiment appréciable dans cette campagne loin de tout.
La porte d’entrée s’ouvre tout à coup sur un couple tonitruant de bonne humeur, et qui m’accueille à bras ouverts. Ils s’excusent de leur retard, alors qu’en réalité mon arrivée prématurée bouscule leur organisation. Devant la porte, un attirail de nettoyage est resté en plan : un seau, un balai, une serpillère.
« Entrez donc prendre un peu de repos » me dit l’hôtesse en m’invitant à m’asseoir avec deux autres locataires attablés devant un café et une tarte aux pommes parfumée à la cannelle. Prestement, d’un coup de micro-ondes caché derrière le pilier d’une arcade, elle remet un café à la température adéquate à une dégustation sur le champ. Elle va s’installer derrière son bureau pour quelques annotations rapides. C’est une table aux pieds et à l’entretoise chantournés, style dix-huitième siècle peut-être, sur laquelle reposent une petite lampe en cuivre et un vase garni de roses.
Les murs aux pierres apparentes, la grosse table trapue et ses gros bancs de bois sombre, l’odeur d’ancienneté et l’ensemble du décor me projettent dans l’ère médiévale. Le cadre est implanté pour m’y transporter. De vraies vacances.

Mouty

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 toiquiviensdethiopie

 

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crédit photo     Alexander Foulkes 


 Shoukrya est  réveillée très tôt  par des piqûres  de puce qui la démangent et par les vagissements du petit dernier, alors que l’aube pointe à peine. Elle reste immobile, encore un peu ensommeillée, pensant à tout ce qui l’attend  au seuil de cette nouvelle journée. Son regard s’attarde sur les murs familiers, faits de bois et de terre, sur le pilier central supportant la toiture, rassurant cocon pour elle qui n’a jamais connu d’autre habitation. Elle repousse  la couverture qui l’entoure et se lève pour réveiller la maisonnée. En effet, il va falloir sortir les bêtes, moutons chèvres et bœufs qui dorment avec eux dans la maison car il est bien trop dangereux de les laisser dehors la nuit, les hyènes risquant de les dévorer. Les enfants s’occuperont du petit bétail et le père des bœufs. 

Si cette maison ainsi que toutes celles de ses nombreux voisins  n’a rien d’extraordinaire pour Shoukrya, il n’en serait pas de même pour le voyageur occidental entrant chez elle. Cherchant une lampe pour s’éclairer, Il  écarquillerait des yeux effarés en regardant ce qui l’entoure, c'est-à-dire : RIEN. Aucun mobilier, ni table, ni chaise, ni lit, encore moins de bureau, ni même une pauvre serpillère, et c’est à la main que Shoukrya  ramassera les déjections du bétail avant de préparer la grande crêpe de tef ou autre céréale pour le petit déjeuner. Notre voyageur, habitué au micro-ondes, chercherait en vain la batterie de cuisine, mais par contre, il reconnaîtrait certainement  l’ingéniosité des constructeurs de cette hutte qui y ont prévu deux niveaux, une partie périphérique plus haute permettant de s’asseoir en posant les pieds sur le plus bas niveau. Shoukrya se dit qu’il faudra aussi aller chercher de l’eau car il n’y en a plus. Pas question, donc, de se laver ni de boire, à moins d’utiliser l’eau de la mare boueuse qui est à quelques pas. Il faudra marcher au moins deux heures pour trouver cette eau et autant pour la rapporter.  Ne perdant pas de temps, elle se met à préparer le repas. En guise d’attirail de cuisine, elle n’a qu’une simple plaque métallique graissée à mettre au dessus du feu qu’elle a allumé. Ce sera le seul repas jusqu’au soir. Elle commence par attirer l’unique  chaudron de la maison où elle a préparé la pâte, puis l’étale sur la plaque pour la cuire ; chacun puisera avec ses doigts dans le plat   commun ; ici, pas question de s’attabler pour manger.

 La tâche du père, c’est la culture des champs. Est-ce un atout pour lui d’être dehors ? Pas vraiment car le travail est bien pénible ; tout se fait à la main, aucune aide d’aucune machine, même pas de soc  pourvu de roues. C’est le Moyen Age,  en plus archaïque !  Pas d’école pour les enfants, on a besoin d’eux pour aider  et l’école, quelquefois, c’est trop loin. 

Les tâches des uns et des autres se succèdent dans ce village bien peuplé où on trouve une hutte tous les cent mètres, puis la journée de Shoukrya  s’achève avec le coucher du soleil. Il est presque temps d’aller dormir, le faible éclairage ne permettant pas les longues veillées. La maison est silencieuse et on a l’impression que le temps n’a pas bougé depuis celui où Henry de Monfreid décrivait cette campagne éthiopienne, du côté de Dire Dawa.    

   
Gill
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à suivre.................................

                                                                                                                                                                                                                                                                                                                      
 








jeudi, 05 janvier 2012

les expressions courantes

 

imaginez l’origine d’une expression courante en racontant l’anecdote où elle a été employée la première fois et comment elle est devenue célèbre (ex : « rouler sa bosse », « couper les cheveux en quatre », « avoir la puce à l’oreille », « avoir la gueule de bois », « avoir le bras long...etc)

(25mn)

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Mettre les petits plats dans les grands

« Au gui l’an neuf ! » tonitrua pompeusement le druide pour fêter l’arrivée de la nouvelle année. Le volumineux bouquet pendait au milieu de la pièce enfumée, surplombant l’endroit magique où devaient s’embrasser les convives. Selon la coutume, il veillait à la sincérité des baisers donnés sous son feuillage.
Un banquet pantagruélique avait été dressé pour cette occasion. Baptisé « Réveillon » par les inconditionnels des nuits blanches, il devait satisfaire tous les estomacs creux du village. Et il y en avait !
Ce bouquet de gui était le présage d’un bonheur assuré pour tous pendant trois cent soixante cinq jours. Trois cent soixante six même pour cet an de grâce qui débutait.
Des plats immenses contenant les sangliers rôtis à souhait, accompagnés de choux odorants, trônaient au milieu des tables.
Boufiltre, chargée des desserts, ne pouvait caser ses assiettes, les moindres interstices étant occupés par les timbales dans lesquelles coulait à flot l’hydromel. Elle allait et venait d’un bout à l’autre des tablées, demandant vainement de la place pour caser ses coings à la purée de châtaignes et au miel. Excédé, Assurancetourix qui, lui, ne pouvait caser la moindre de ses chansons dans le brouhaha de l’immense salle à manger, monta sur un tabouret en rugissant : « Boufiltre, t’as qu’à mettre les petits plats dans les grands !»
Cette vocifération manqua de défoncer les tympans des convives. L’expression se perpétua au cours des siècles, au travers des consignes du « Savoir recevoir » de chaque époque.
En tous cas, jusqu’en 2011. A toi, 2012

   Mouty

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Photo : cc by-nc-nd - B. Monginoux - www.Photo-Paysage.com

 

 

 

 

  Je suis Rourou la Puce, clodo de son état à Paris et j’habite (si l’on peut dire) sous le pont au  quai des orfèvres, au bord de la Seine. En été, c’est assez plaisant : il fait bon, on voit du monde, je gagne bien ma vie avec les touristes près des grands monuments où je passe la journée à faire la manche, l’ambiance avec les copains est plutôt cool.
En hiver, c’est moins marrant; il fait froid, on se dispute les bonnes places, il y a moins de touristes donc moins de revenus et comme on se chauffe au gros rouge, ça dégénère plus facilement.
Mais en toute saison, de toute façon, le problème c’est les puces, les morpions, les tiques et autres bébêtes suceuses et piqueuses qui nous aiment beaucoup et nous pourrissent la vie.
Je tiens mon surnom de ces bestioles parce que j’ai pris l’habitude de me gratter l’oreille comme si j’y avais une puce quand on me raconte une fable qui sollicite ma méfiance.Ca s’est passé ainsi la première fois qu’on a essayé de ma leurrer et de là est née l’expression "avoir la puce à l’oreille" pour montrer l’incrédulité, le scepticisme et la méfiance devant certains propos ou situations .Et de fil en aiguille, de puce en puce, de tromperie en mensonge entre gens de notre engeance puis avec les flics qui nous côtoient en tant que voisins et qui l’ont transmis ensuite aux gens interrogés au cours de leurs enquêtes, mon expression est devenue célèbre et est passée dans le langage courant pour exprimer le début du doute avant la confirmation du mensonge.
Voilà véridiquement comment est née cette expression et surtout ne vous grattez pas l’oreille !

              Mimi

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 La nuit est tombée depuis très longtemps dans le bois quand Monsieur Putois rentre chez lui, fort tard. Il est grandement inquiet à l’idée de réveiller sa compagne, aussi marche-t-il sur la pointe des pattes pour éviter tout craquement de feuilles ou de branches.                                                                                

Que s’est -t-il passé pour qu’il se trouve dans cette situation à cette heure tardive ? Tout a commencé en fin d’après-midi quand Madame Putois lui a demandé d’aller chercher à manger pour toute la famille. Lui, tout à fait serviable s’est empressé d’accéder à la demande de Madame et s’est mis en route, l’assurant d’être de retour dans l’heure. C’est une tâche rapidement   exécutée d'habitude.

Au détour d’un sentier, il a rencontré le lièvre qui était en randonnée et qui, tout naturellement, lui a demandé de faire un petit bout de chemin avec lui. Monsieur Putois s’est dit que cela ne lui prendrait pas beaucoup de temps et qu’il pouvait bien faire une petite promenade ; mais le lièvre courait vite et des kilomètres plus loin, Monsieur Putois s’est arrêté, un peu honteux de s’être engagé dans cette aventure et il a pris congé. Revenant sur ses pas, Il a alors rencontré miss Gazelle qui l’a, elle aussi, invité à une petite course. Maître Putois, qui ne sait pas refuser, a suivi la belle et s’est un peu plus éloigné de sa mission.

 C’est ainsi que de fil en aiguille, après plusieurs rencontres et promenades avec Messieurs Renard, lapin, Ecureuil, etc….notre ami a laissé la nuit s’installer et s’est retrouvé à des lieues de chez lui sans la précieuse nourriture réclamée. C’est pourquoi le voilà prenant tant de précautions pour se coucher sans bruit,   mais c’est sans compter sur l’ouïe fine de sa femme, qui, de surcroît, s’est assoupie très en colère. Alors que Maître Putois est tout juste installé pour ce qui reste de la nuit et s’apprête à fermer les yeux, soulagé, Madame Putois se lève d’un bond, tout à fait éveillée, le regard jetant des éclairs, les poils hérissés, et se met à déverser un flot de hurlements et d’injures sur le pauvre Maître Putois, qui, tremblant de peur, ne dit mot. Ces hurlements sont tellement forts et inhabituels chez le couple Putois réputé pour sa discrétion que tous les animaux se réveillent en sursaut à des lieues à la ronde.  

L’escapade de Monsieur Putois suivie de son infortune sera connue de tous et cette histoire donnera naissance à une expression courante qualifiant des cris à l’intensité  particulièrement élevée: « crier comme un putois ».

   Gill   

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les résolutions pour 2012

 

écrivez un texte ayant pour thème « les bonnes résolutions pour 2012 » (les vôtres ou celles de quelqu’un d’autre ou d’un animal ou d’un objet)

(25mn)

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Youpi ! C’est la nouvelle année
Et ça va être MON année
Je l’ai résolument décidé
Je vais tout faire pour y arriver
Y aura de l’amour et de la bonté
Que je distribuerai sans compter
Autour de moi
Ce sera la joie
Demandez-moi
Et ayez foi en moi
Je me lèverai aux aurores
Pour travailler encore et encore
J’arrêterai de fumer et de boire
 Vous n’allez pas le croire !
Bon, tout ça c’est bien beau !
On se dit ça avec l’an nouveau
Mais c’est bien long à tenir
Et incertain dans l’avenir
Alors comme cette année
Ne s’est pas trop mal passée
Je vais continuer, ô combien !
Mon train-train quotidien.
Pourquoi forcer sa nature ?
Et pourvu que ça dure !

        MIMI

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Ma résolution

« Pierre qui roule n’amasse pas mousse » dit-on. Il est vrai que depuis mon détachement du pic enneigé qui domine ce coin de France, je n’ai pas engrangé ni changé grand-chose. Et je me suis quelque peu usé au contact des rocailles et des eaux turbulentes.
Bon, cette année je me pose. Je m’arrête. C’est ma résolution pour 2012. Je ne dis pas « mes résolutions », ni « mes bonnes résolutions ». Je dis « MA RESOLUTION ». Je n’en n’ai qu’une, mais celle-ci vaut la compilation de toutes celles qu’on pourrait avoir, que je trouve d’ailleurs utopiques ou insignifiantes.
Je veux être la première pierre d’une cathédrale laïque gigantesque, à bâtir là, en pleine nature, pour abriter et glorifier toutes les bonnes résolutions prises par tous les gens de bonne volonté, de bonne foi, de bon augure, quelle que soit leur religion. Je prends LA RESOLUTION d’être à l’origine de l’unique lieu de prière pour exhaler à travers le monde toute la bienveillance et la compréhension nécessaires à une cohabitation sereine.
Je prends la résolution d’être le roc qui soutiendra la paix dans le monde.

Signé : Le roc       (Mouty)

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Chouette, mercredi après-midi, on recommence à aller au club canin et j’aime particulièrement cette reprise après les fêtes car en vérité, c’est un grand moment. Nous nous réunissons dans notre espace « chiens libres » et nous en profitons traditionnellement pour établir un cahier de bonnes résolutions pour que chacun et chacune d’entre nous s’engage à essayer de corriger les mauvaises habitudes dont nos maîtres se plaignent. Notre but ?  Une meilleure cohabitation avec nos compagnons à deux jambes !
Le meneur de jeu, c’est César, un pyrénéen très sage qui a la chance de ne pas devoir prendre de résolutions, sinon celle de continuer à être comme il est pour rester un chien parfait, ce qui n’est pas mon cas.
« Commençons », annonce-t-il : « le chien « sécotine » ne doit plus coller en permanence à ses maîtres ».Twix le caniche, qui se sent concerné, est d’accord pour essayer, bien qu’il ne comprenne pas vraiment pourquoi ; «  mais si », lui dit César, « tu dois savoir être indépendant et laisser à tes maîtres la liberté de vaquer sans toi. Tu les aimes, je sais, mais il faut pouvoir t’en détacher pour vivre ta vie de chien.
Passons à la suite. Toi, l’aboyeur, tu ne dois pas te faire entendre à tout moment, sans raison valable: par exemple parce que le chat du voisin te nargue, couché sur le toit de TA voiture ou parce que le facteur s’arrête pour déposer le courrier, alors qu’il a toujours un mot gentil pour toi, du style « c’est bien, tu fais ton travail ». Promet donc de ne plus lui faire peur et lèche plutôt la main qu’il te tend à travers la grille.
On continue. L’agressif ne doit plus exister et provoquer des bagarres de chiffonniers qui font arriver à toute vitesse tous les moniteurs du club. Nos maîtres se font traiter de nuls parce qu’ils nous éduquent mal et cela entraîne une mauvais ambiance. Il faut se calmer et essayer de vivre en bonne intelligence  avec toutes les races. C’est cela qu’on appelle la tolérance.
Enfin, passons à la résolution la plus difficile à tenir pour certains (et le regard de César s’arrête sur moi) ; le chien anxieux qui détériore tout en l’absence de ses maîtres doit essayer de se contrôler. Ce n’est pas une solution de tout saccager, livres, tissus, porte, murs même, parce qu’on est stressé de rester seul. Il faut se persuader qu’un maître qui part va revenir et qu’il faut l’attendre sagement. Il ne peut pas toujours nous emmener. Je ne sais pas, moi, couchez-vous dans votre panier et dormez. Rêvez que vous êtres en promenade en sa compagnie et que vous gambadez, cela fera passer le temps.
Il y aurait certainement bien d’autres résolutions à prendre, mais si nous pouvons déjà tenir celles-ci, très importantes, nous aurons fait un grand pas. »
Voilà, nous avons écouté le sage César et nous adhérons tous à son discours. Rendez-vous dans un an pour faire le bilan !


Tim      (Gill)

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Bienvenue! 2012

 

                    l’année 2011 écrit une lettre de bienvenue à

                           l’année 2012. Imaginez cette lettre.

                                               (25 mn)

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Ma chère 2012,

Mon bateau est à quai. Je suis usée mais heureuse d’y être pour mon travail d’une année.

Au début, j’ai vu le temps devant moi comme une immensité, un océan d’incertitudes, de travaux gigantesques, démesurés. Les jours se sont alors écoulés, tantôt calmes, tantôt bruyants, empreints d’une morosité ambiante chargée de guerres, d’effrois, mais aussi parsemés, pour ceux qui veulent bien les voir, de petits bonheurs égrenés au hasard des sinuosités de la vie. Tout compte fait, je ne suis pas trop mécontente de moi, cela aurait pu être pire. Cependant, il est temps que je te passe le flambeau ma petite cadette, bien que tu sois mon aînée par le chiffre que tu vas ajouter au nombre que je porte.

Ton bateau va bientôt larguer les amarres. Je te souhaite de le mener avec maestria, contre vents et marées. BIENVENUE A BORD 2012 ! Sème sur ton passage le charisme et la tolérance dont le monde a tant besoin. Si possible, veille à une meilleure répartition des richesses. Essaie de distribuer de façon plus équitable les nourritures du corps et de l’esprit.

Je sais, tu ne pourras tout faire, mais je souhaite que tu puisses passer les consignes à l’année qui te suivra. Fais de ton mieux.

Bon courage.

Signé : 2011             (Mouty)

 

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Bonjour très chère 2012,

à l’aube de ton couronnement pour une durée de 365, pardon, 366 jours, je désire te souhaiter la bienvenue.


Peut-être seras-tu un peu étourdie par les fastes qui président à ton arrivée, les cotillons, les lumières, la fête ; ta future tâche commence sous les meilleurs auspices. Mais il ne faut pas te leurrer, tu as beaucoup de pain sur la planche si tu veux que le bilan de ton règne soit meilleur que le mien.


J’aurais voulu, moi, 2011, entrer dans l’histoire pour des faits particulièrement extraordinaires et positifs : plus de faim dans le monde, plus de guerres, des pays à l’économie stable, plus de chômage ; disparitions des restos du cœur faute de bénéficiaires, plus de Croix-Rouge, faute d’indigents, SOS racisme ? Connais pas, protection animale, plus besoin ! Oui, je l’avoue, je rêvais, quand je suis arrivée, d’obtenir quelques avancées dans tous ces domaines. Ai-je réussi un peu?  En réfléchissant bien, je me dis que par ci par là, les journaux, de temps en temps, ont relaté des actes de bravoure ou de solidarité, des libertés acquises, mais chèrement payées. Donc, tout n’est pas négatif.


Mais je suis contente de rendre mon tablier et de te voir arriver, chère 2012, toute jeune, toute fringante, ta tête remplie d’idées nouvelles. Peut-être penses-tu que je n’ai pas su assumer ma tâche et que toi tu réussiras mieux que moi ; je l’espère pour toi : c’est l’apanage de la jeunesse d’entreprendre avec fougue.


Je te souhaite du courage et de la chance. Peut-être pourras-tu changer le monde et l’homme et deviendras-tu, pourquoi pas, l’Année du siècle, ce jeune siècle qui en est encore à ses balbutiements. Bonne route, 2012 !


L’année 2011           (Gill)

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