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dimanche, 13 mai 2018

Regardez et imaginez………

 

 photo valérie.jpeg

Que vous inspire cette image ?

En 20 minutes, racontez-le dans un texte.

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Scarabaeus.sacer

wikimédia

 

        Il était une fois deux scarabées, l’un doré, l’autre noire, avec un « e » car c’était une fille.

Ils s’aimaient beaucoup, comme seuls savent aimer les scarabées…même que, si l’on était au courant, on serait affreusement jaloux ; ou alors peut-être meilleurs. Qui sait…

      En tout cas, ils s’aimaient. Sur un coin de Terre qui pourrait être situé au cœur des Cévennes ou près d’un grand lac canadien. Peu importe. Les scarabées sont chez eux un peu partout dans le monde.

       Ils menaient une vie tranquille, en bons termes avec leurs voisins, ne se connaissant point d’ennemis. Qui en effet aurait l’idée de s’en prendre à un scarabée, hein ?

       Et ils voyaient des choses que l’on ne sait pas, ou ne sait plus voir. Et ressentaient les choses différemment aussi.

      Par exemple, ce soir, lorsqu’au soleil couchant, ils aperçurent cet immense nuage ensanglanté et blafard qui arrivait droit sur eux, comme une terrifiante machine de guerre…

      Ils auraient dû avoir peur. Car ce nuage annonçait infailliblement une formidable tempête, accompagnée d’un non moins formidable déluge qui allaient s’abattre sur eux et les anéantir. Eux et tout le petit monde vivant dans l’herbe, sous la mousse et l’écorce des arbres ! C’est à dire leurs parents, leurs voisins, leurs amis…

     Ils auraient dû avoir peur, trembler, crier, maudire le ciel, pourquoi pas…

Mais ils ne firent rien de tout cela. Ils regardèrent ce même ciel et murmurèrent  simplement, ensemble : « Comme c’est beau ! »

        Les scarabées sont ainsi. Et pourtant personne, dommage peut-être, n’a jamais eu l’idée de les appeler des « Bêtes à Bon Dieu ».

 

 El Pé

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pixabay

 

MOBY DICK

 

Serait-ce un vaisseau spatial du 6ème type venu nous observer ?

Serait-ce un paysage situé dans une autre dimension avec ses montagnes, son lac et ses falaise abruptes ?

Serait-ce un œuf bizarre craché par erreur par un grand nuage ?

Eh bien non ! C’est le fantôme de Moby Dick, la baleine blanche qui revient de temps en temps. Elle se pose par delà les montagnes, au dessus de l’océan.

Elle regarde ses congénères qui essaient de survivre dans leur univers aquatique de plus en plus pollué.

Elle les encourage à s’éloigner des bateaux et des hommes mais il y en a partout, de plus en plus …

Alors elle s’en retourne vers le ciel des baleines le cœur bien lourd.

 

Christine

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Au fond du placard

Un vêtement ou un accessoire vestimentaire, tiré au sort, oublié au fond d’un

placard depuis plusieurs années, vous interpelle.

En 20 minutes écrivez un texte sur ce thème

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chaussures 2.jpg

pixabay

 

Les chaussures fatidiques

 

Il y a quelque temps, après le décès de mes parents, j’ai dû ranger la maison familiale avec mes frères au bord de la mer.

J’ai découvert au fond d’un placard dans un carton une paire de chaussures en cuir marron clair, toutes neuves.

Et soudain je me suis revue dévalant un escalier du métro la tête la première  en 1978 !!

Ce matin-là, je devais prendre le train gare St Lazare pour Cherbourg afin de passer une semaine chez mes parents.

J’étais rentrée la veille d’un voyage au Mexique et au Guatemala.

J’avais dans ma valise blanche Samsonite 2 bouteilles de Margarita mexicaine pour mes parents qui appréciaient ce cocktail et bien sûr quelques vêtements.

J’avais revêtu un joli ensemble, jupe et veste, acheté récemment et les fameuses chaussures à lacets aux bouts légèrement pointus également achetées récemment.

Je quittais mon appartement de bonne heure afin de ne pas rater mon train.

Sans encombre, je suis arrivée à la station La Madeleine, je me suis dirigée vers la correspondance pour la gare St Lazare.

Je descendais les escaliers quand ma chaussure droite au bout pointu s’est coincée dans je ne sais quoi et me voilà partie pour une séance de cirque improvisée ! Ma valise est arrivée en bas bien avant moi, j’ai suivi et atterri de tout mon long à côté d’elle !

Des gens autour de moi se sont empressés de me relever, inquiets et plein de sollicitude.

Plus de peur que de mal, les genoux en sang, les collants déchirés mais rien de cassé !

En revanche … la valise saignait !!! Les 2 bouteilles de Margarita s’étaient brisées et elle baignait dans une douce odeur de citron vert et Téquila !!! J’étais très embêtée, les gens allaient penser que j’étais une pocharde qui transportait son mini-bar dans sa valise !! La honte !!

J’ai essuyé tant bien que mal avec des kleenex ma pauvre valise.

Je ne pouvais pas rentrer chez moi pour me changer et nettoyer ma valise, j’aurais manqué mon train.

Je suis montée dans le métro, descendu à la gare en clopinant et je me suis installé dans le train qui était déjà à quai.

En arrivant chez mes parents, sans cadeau ! j’ai constaté les dégâts dans ma valise. L’intérieur de cette  valise était capitonné avec un joli tissu rouge vif. Tous mes habits imbibés d’alcool avaient acquis de surcroît une magnifique teinte rouge que je n’ai jamais pu éliminer.

Les fameuses chaussures ont donc terminé leur vie dans une boite dans un placard pendant toutes ces années. Hors de question que je rechausse ces maudites chaussures à bouts pointus !

 

Christine

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pixabay

 

Oh la la ! La corvée ! Certes, je l’aimais bien l’oncle Jimmy, c’est sûr, et nous avons passé de chouettes moments ensemble, tous les deux, c’est sûr aussi. Il m’avait servi de grand-père, moi qui n’ai pas eu la chance de connaitre les miens et j’adorais retrouver, au VRAI premier jour des vacances, la bonne odeur de tabac à pipe qui imprégnait ses vêtements et sa grosse moustache…Mais enfin, ce n’était pas une raison !!

    Non, ce n’était pas une raison pour me faire avoir comme ça ! Il en avait d’autres, des neveux et nièces, le Tonton ! Pourquoi diable, sous le coup de quel attendrissement inopportun m’étais-je donc proposé pour faire le tri dans ses affaires, avant d’appeler Emmaüs ! De toute façon, il n’y avait quasiment rien à garder. Tiens, là dans la penderie par exemple, devant laquelle je me trouve en ce moment : que des vieilleries ! Tout juste bonnes à faire des chiffons pour cirer les chaussures ou vérifier les niveaux de la bagnole. C’est vrai que cela faisait facilement cinquante ans qu’il n’avait pas renouvelé sa garde-robe, l’Oncle. Pas vraiment radin, mais plutôt le genre j’m’enfoutiste, quoi…

     Mais, qu’est-ce-que… ?Ah, mais c’est son imper, ça ! Dire que je l’avais oublié ! Brun pisseux, les poches plus qu’un peu décousues. Je l’ai toujours vu avec. Un vrai truc de clodo, qu’il adorait, vu qu’il ne le quittait jamais, même en été ! Enfin, presque jamais en été. En tout cas, il l’avait quand il m’emmenait à la pêche sur le lac à l’aube, ou cueillir des champignons  en automne. Je l’entends encore : « Ouais, il est joli le rouge à points blancs, mais celui-là, on va le laisser tranquille, hein, Canard … » Ou bien le soir dans le jardin quand il m’apprenait les étoiles…

       L’imper de l’oncle Jimmy ! Impossible de le jeter. Mais le garder, pour quoi faire ?

Et soudain, une illumination brillante comme une évidence vient m’apporter la réponse : Le voilà le fameux accessoire que je cherchais pour « marquer » mon personnage…dans la série qui doit débuter bientôt et qui va s’appeler…comment déjà ? Ah oui, Columbo !

 

 El Pé

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Les cinq sens sont là !

En 20 minutes, écrire un texte en utilisant les cinq sens 

vue / ouïe / odorat / goût / toucher

En utiliser un par phrase si votre texte est court, ou un par paragraphe si votre

texte est plus long.

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petit déjeuner christine.jpg

pixabay

 

ODE AU PETIT DEJEUNER

 

Desayuno, colazione, breakfast, Frühstück … en d’autres  termes : le petit-déjeuner !!!

Existe-t-il une parole  plus douce à l’oreille ?!!!

C’est le mot que je préfère dans les pays que je découvre, quel doux son : chantant en italien - la colazione , savoureux en espagnol – el desayuno , militaire et sec en allemand  mais ô combien délicieux – Frühstück , pratique et droit au but chez les anglo-saxons, c’est une affaire sérieuse que ce breakfast.

Je pénètre le cœur battant dans la salle à manger, ce temple hôtelier qui rompt le jeun. Les bruits délicieux de cette activité matinale me remplissent de joie :

cliquetis des couverts sur les assiettes, grésillement du lard sur la plaque chauffante, conversations feutrées, le pop du grille –pain qui éjecte une tartine dorée à souhait.

Mes yeux ne savent plus où regarder, il y a tant de bonnes choses à voir !!! Des pains variés, des viennoiseries sublimes, des bols remplis de confitures artisanales, des jus de fruits aux teintes fraîches, de la charcuterie, du fromage, des œufs, des céréales de toutes formes et couleurs, des yaourts fermiers. Que choisir, que manger, quel cruel dilemme.

Tout d’abord choisir une table, effleurer la nappe damassée, aller chercher une assiette, se servir, couper une épaisse tranche de pain complet odorant, vérifier sa fraîcheur d’un doigt discret, tâter une pêche afin d’être sûr qu’elle sera juteuse et sucrée.

La machine à café répand l’odeur entêtante du café torréfié à la perfection, plus loin le fumet velouté du chocolat attire les amateurs de cette fève exotique. Le parfum du bacon grillé à point chatouille les narines. Les viennoiseries tout juste sorties du four exhalent un parfum divin !!

La tête me tourne, j’entends, je vois, je touche, je sens et maintenant je vais déguster !!!

La grande finale, le point d’orgue : la dégustation …

  • jus de pamplemousse acidulé et bien frais
  • pain complet aux saveurs d’antan
  • beurre salé … sublime
  • fines tranches de jambon légèrement fumé
  • confiture de cerises au goût si délicat
  • croissant croustillant à l’extérieur et divinement moelleux à l’intérieur, la perfection

Le tout accompagné d’un grand café au lait mousseux, liquide brûlant, princier !

Décidemment le petit-déjeuner est bien le repas du roi (ou de la reine !).

 

Christine

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sens,ode,déjeuner

pixabay

 

     Durant la descente de l ‘engin, il s’emplit les yeux de larmes grâce au paysage qui s’étendait sous lui. Rien ne l’avait préparé à ça. Aucun cours, aucun stage ne lui avait permis d’envisager cette féérie de couleurs. D’autant qu’il était six heures (heure locale) et qu’une aurore luxuriante peignait le ciel mieux que n’auraient su le faire les plus grands maitres de sa connaissance.

       L’engin se stabilisa. La porte s’ouvrit et aussitôt une odeur impossible à identifier s’engouffra dans l’habitacle, pourvue d’une force telle qu’elle faillit le renverser. Il courut au téléspectogramme à cristaux liquides, merveilleuse machine qui analysait tout. Elle lui apprit que l’odeur était un mélange de bouse de vache, de blé mur et de jasmin. Rassuré, il respira alors à pleins poumons, manière de s’habituer très vite et fit un pas à l’extérieur.

        Aussitôt l’assaillirent les chants d’oiseaux. Enfin, si l’on peut employer cette terminologie guerrière, car dès les premières trilles perçues-ô miracle, en toute harmonie- ce fut pour lui (auteur-compositeur-interprète averti bien qu’amateur) un véritable enchantement et dès lors, un sourire béat ne cessa plus d’éclairer sa physionomie.

       Alors, fou de joie, il courut à travers champs, bosquets et forêts, caressant avec tendresse tout ce qui se trouvait sur son passage, y éprouvant un plaisir d’une intensité inconnue jusqu’ici. Et il y serait sûrement encore s’il n’avait découvert, allongée sur la mousse, une bien étrange créature.

      Très jolie, si l’on aime le surréalisme, endormie, à coups sûr. Elle sentait bon, ne produisait aucun son pour le moment et quand il se hasarda à l’effleurer, à peine, à peine, la douceur de la peau était d’une douceur inimaginable.

     Il soupira d’aise puis, pris d’une inspiration soudaine, il se pencha au dessus de la créature et, tout doucement, promena sa langue sur ce qui lui servait probablement de visage. C’était délicieux : crémeux, sucré et salé à la fois. Miam !

     Clarisse ouvrit les yeux à ce moment précis et poussa un cri strident. Au dessus d’elle se tenait un monstre à deux têtes, muni d’une bonne douzaine de tentacules  et d’une langue d’un mètre de long qui lui inondait la figure d’une bave visqueuse Elle voulut se lever et fuir mais le monstre, ouvrant alors la gueule, dévoila une double mâchoire, toute hérissée de dents énormes. Ce fut malheureusement la dernière vision de notre pauvre Clarisse.

 

 El Pé

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vendredi, 06 avril 2018

Une femme, un sac, que contient-il ?

Un escalier se trouve devant les participants(es) à l’atelier

Une femme s’y trouve

Elle porte un sac

En 20 minutes, imaginez le contenu de son sac

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Image du Blog pattysblog.centerblog.net
                                        Source : pattysblog.centerblog.net sur centerblog.

 

« -Que faites-vous là, Madame, près de la photocopieuse ?

-Je, je…

-Et bien parlez enfin ! On était là, tous les dix, tranquilles, à écrire, et soudain, surgie de nulle part tel un aigle noir, vous apparaissez, là, en haut de l’escalier.

-Je, je…

-D’ailleurs, vous auriez pu vous manifester plus tôt. Vous avez tout entendu, ce n’est pas très poli. Nous, vous savez, on ne fait pas de chichis ; nous vous aurions invitée à vous assoir parmi nous pour écrire, manger des Cannelés de Bordeaux…

-Mais, mais je…

-Depuis quand êtes-vous ici, d’abord ? Et puis, qu’est-ce-que c’est que ce sac que vous tenez, là, contre vous ? Un sac de voyage ? Bizarre, je n’en ai jamais vu de ce modèle, en tapisserie. C’est vintage ?

-Je ne sais pas. C’est un sac ordinaire, de tous les jours en quelque sorte.

-Ce n’est pas une excuse. Vous êtes venue pour voler, hein ? Les ordis bien sûr ! Allez, ouvrez ce sac, et plus vite que ça !

-Oh, je n’ai rien volé, je vous jure !

-On va voir ça tout de suite. Allez, ouvrez et sortez tout le contenu. Sans rien oublier, je vous ai à l’œil.

-Et bien voilà : un petit miroir à monture d’argent, un éventail en nacre et satin, un petit pot de rouge…pour les joues, vous savez… Ah ! Mon porte monnaie, avec juste quelques cents, le départ a été tellement précipité…Ah ça ! Ne le dites à personne, s’il-vous-plait, c’est juste un petit flacon de Cognac, pour le cas où… et …mais où est-il ? Ah le voilà : le portrait d’Ash…, et c’est tout.

-Vous voyagez léger vous ! Même pas une brosse à dents ! Et puis, d’ailleurs, ça ressemble à quoi, cette tenue que vous portez. Je n’aime pas critiquer, mais tout de même, on n’est plus au Carnaval !

-Mais c’est ma robe de tous les jours, je n’ai pas eu le temps de me changer ! Moi aussi, après tout, j’aurais des choses à redire sur vos toilettes, n’est-ce-pas ? Mais je sais me tenir. Ecoutez : je m’apprêtais juste à fuir Atlanta dans la carriole volée par le Capitaine, quand soudain j’ai été happée par un tourbillon, une sorte de cyclone…qui m’a déposée ici. Oh, sorry, may I introduce myself ? My name is Scarlett O’hara Hamilton and… » 

El Pé

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wikimédia

 

Etrange femme

Elle est là, plantée sur une marche, face à nous, au milieu de l’escalier, son sac à ses pieds. Nous ne l’avons pas vu entrer, concentrés sur nos textes.

C’est une femme brune, aux cheveux raides entourant un visage sans grâce à la mâchoire carrée, aux sourcils broussailleux, à la bouche épaisse. Grande et forte, habillée d’un ample et long manteau cachant ses formes, gantée de noir, on ne peut pas dire qu’elle soit très avenante, ni très féminine. Elle inspire la méfiance. Son regard est rivé à son sac, noir aussi, long et ventru, comme s’il contenait un trésor. On a plutôt l’impression qu’elle y transporte toute une artillerie. J’imagine mal une trousse à maquillage, un porte feuille ordinaire, un forfait de transports, des papiers de voiture traditionnels. J’y verrais bien la panoplie de la parfaite cambrioleuse ou de la serial killer, prête à découper un cadavre en morceaux, qu’elle vient de refroidir. J’y vois volontiers pince monseigneur, trousseau de clés diverses, pains de plastic, mèche, détonateur, scie, pelle……

J’en suis là de mes réflexions, quand, scrutant son visage, je devine une ombre au-dessus de sa lèvre et sur son menton. Perplexe, je pousse Louis du coude, quettant son avis, mais après un rapide coup d’œil, il replonge son regard sur son ordinateur, nullement perturbé. Quant à Line, à ma gauche, elle n’a d’yeux que pour la boîte de cannelés….. !

C’est alors, qu’avant d’avoir pu dire « ouf », je vois la dame, ayant enlevé prestement sa perruque et son manteau, se transformer en un homme chauve, genre armoire à glace, qui a sorti du sac, tel un prestidigitateur, deux objets longs et inquiétants qui nous menacent, et nous l’entendons dire, une kalachnikov dans chaque main :

« Couchez-vous. Pas un mot, pas un geste ou vous êtes morts. Vous êtes mes otages et si elle veut conserver son atelier d’écriture, croyez-moi, l’UTT va payer !

Gill

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Tlaloc Vasija

wikimédia

 

PORTRAIT D’UNE FEMME

 

Elle se tenait devant moi.

La file s ‘allongeait de minute en minute.

L’attente était longue.

Elle portait en bandoulière un sac artisanal en toile colorée.

Elle était menue, plus petite que moi, vêtue d’une longue jupe bariolée, d’une tunique blanche brodée de fleurs, ses longs cheveux noirs épais étaient tressés  avec des rubans rouges.

Elle avait une paire de petites boucles d’oreilles en or représentant Tlaloc, le dieu de la pluie des aztèques et autour de son cou il y avait plusieurs rangées de petites perles multicolores…

Elle sortit de son sac un bonbon épicé qu’elle croqua avec délice.

Elle avait un petit porte-monnaie en cuir épais avec quelques pesos, quelques mouchoirs en papier. Tout au fond de sa besace il y avait 2 tortillas fourrées au fromage, enveloppées dans un petit torchon et une mangue bien mûre.

Elle avait glissé ce matin sa carte CURP, carte d’identité mexicaine, N° 27021ACD - Rosa- Maria Gonzalez Martinez  - Née le 21/05/1994 à Tlanepantla, District Fédéral, Mexico.

Elle attendait comme tout le monde.

L’attente était longue, le consulat américain de Mexico était débordé !

Tous voulaient rejoindre le pays de cocagne au plus vite !

Christine

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"Tous les matins..." ou Un portrait de l'intérieur

Au choix, en 20 minutes,

Ecrire un texte dont toutes les phrases commencent par

« tous les matins »

Ou

Après avoir écouté un passage de » l’homme sentimental »,

Inspirez-vous de ce modèle

pour faire le portrait d’un personnage réel ou inventé

non de manière classique mais en le décrivant de l’intérieur

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mains liliane diminuées.jpg

 

C’était Beethoven ressuscité. Un mufle léonin, d’une laideur extrêmement attirante, couronné d’une crinière plus poivre que sel pour le moment, mais que l’on sentait prête à basculer de l’autre côté à tout instant.

    Curieusement, c’était sa bouche que l’on remarquait avant tout. Admirablement bien dessinée, épaisse, qui aurait trahi l’homme sensuel, volontiers violemment sensuel, si un petit sourire de biais (que je reconnus plus tard aussi chez Harrison Ford) ne venait corriger la première impression en apportant un je ne sais quoi de taquin, de tendre, presque d’enfantin.

    Au dessus un nez, à l’évidence habitué à humer la vie ; à reconnaitre toutes les senteurs, tous les parfums les yeux fermés. Un nez qui invitait à le suivre jusqu’au bout du monde.

     Et enfin, oui enfin car on ne les découvrait que lorsqu’il ôtait ses lunettes en parlant, ce qui lui arrivait tout de même fréquemment, des yeux bruns…ordinaires.

Ordinaires ? Non !! Sûrement pas ! Car dans leur regard, l’intelligence brûlait, comme une veilleuse vivante, sans cesse vigilante. Elle bougeait, interrogeait, induisait, déduisait, sans qu’il soit possible de la suivre dans ses raisonnements, bien entendu.

        Mais je crois bien que ce sont ses mains qui m’ont fait fondre comme une tablette de chocolat exposée trop longtemps au soleil. Des mains grandes, larges, fortes. Des mains de terrassier ou de Frankenstein, au choix. Aptes à prendre et à tenir. Des mains propres à faire fantasmer comme une folle une petite élève-infirmière amoureuse du Docteur X, médecin-chef du Centre Hospitalier Psychiatrique de…Mais nous arrêterons là, car c’est une histoire vraie.

El Pé

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Grand Hotel - Cabourg

wikimédia

 

Je fais glisser la porte du wagon, je salue poliment, je m'installe presque en face d'elle, un peu en biais, j'allonge mes jambes, et joue l'indifférence alors que je la suis depuis une demi-heure : comme hypnotisé par les expressions changeantes de son visage quand elle consultait l'immense panneau des départs des trains : Lille:15h 23, Toulouse:15h 54,Balbec : 16h12 . Son regard balaye les horaires de gauche à droite, de droite à gauche: elle semble hésiter, elle fait demi-tour , se dirige vers le guichet, j’aperçois le mouvement de ses lèvres à travers la glace: Balbec c'est bien ça , je m'avance : "un aller Balbec s'il vous plaît": elle s’assoit dans la salle d'attente, son visage, tout à l'heure perplexe semble rayonner : quel age a-t-elle ? 70 ans ou plus ? ses cheveux blancs flottant sur ses épaules, sa silhouette fine et élancée, belle encore.

 

Elle lit: "à la recherche du temps perdu ",Marcel Proust: ça y est, je savais bien que je l'avais vue quelque part: Albertine, la prisonnière, l'absente : je perçois le reflet de son visage à travers la vitre: livre ,visage, livre, tout se confond, tout s'agglomère, le livre s'ouvre , le visage disparaît dans les pages; puis plus rien .

"Madame, madame » ?

"la seule vie enfin découverte et éclaircie c'est la littérature"

 

Louis

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Transformation

Tous les matins, il se regarde avec attention dans son miroir, et pourtant, il connait bien son visage. Tous les matins, pendant un instant, derrière ce visage il en voit un autre.

Tous les matins, dans ses yeux bleus entourés de rides profondes, il voit le regard vif et rieur de l’enfant, puis celui rêveur de l’adolescent, toujours la tête dans les nuages, enfin, celui passionné par son art, du musicien.

Tous les matins, il voit sa bouche amincie par les ans, frangée de fines ridules et marquée d’un pli d’amertume, qui en laisse peu à peu deviner une autre, bien dessinée et souriante qui attirait tous les regards.

Tous les matins, il voit ses cheveux gris, ternis par l’âge, mais l’image s’estompe pour laisser la place à une chevelure châtain clair, abondante, frisée, qui lui donnait un air romantique et faisait chavirer tous les cœurs.

Tous les matins, le reflet de son dos voûté, dans le miroir, disparait, se redresse pour lui donner cette attitude élégante qui séduisait le public dès qu’il entrait en scène.   

Tous les matins, il remarque ses mains aux articulations noueuses et douloureuses, mais son esprit ne voit que ses doigts fins et agiles de pianiste, ses doigts de virtuose.

Tous les matins, il voit ce qu’il est, et tous les matins, pour un court instant, sa mémoire le transforme en ce qu’il était.

Gill

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PORTRAIT DU PETIT HOMME

 

Bien installé dans son fauteuil miniature, un puzzle aimanté devant lui, il se concentrait.

Sa petite silhouette bien découpée faisait penser à celle d’un PDG. Silhouette droite, petit corps vêtu d’un pantalon, d’une chemisette et d’un pull, un PDG miniature dans son fauteuil miniature !

Son visage très expressif changeait à chaque fois qu’il pêchait une pièce du puzzle avec sa petite canne à pêche aimantée et à chaque fois qu’il en encastrait une du premier coup. Les Bravo, les Waouh, les Oh fusaient régulièrement de sa petite bouche. Son front se plissait lorsque la concentration était totale, ses traits se détendaient quand il réussissait, ses grands yeux marron pétillaient de malice lorsqu’il faisait semblant de se tromper d’emplacement !

On pouvait déjà deviner en l’observant son attitude future face à un problème à résoudre ou une décision à prendre.

Tout existait à l’intérieur de ce petit personnage de 22 mois et c’était fascinant à voir : La posture, l’attention, l’intérêt, la sagacité …

Puis tout à coup, il se leva, rangea son puzzle sur l’étagère et courut chercher sa draisienne qu’il chevaucha allègrement dans tout l’appartement.

Après la réflexion , l’action …

 

Christine

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dimanche, 01 avril 2018

La phrase tirée au sort est dans le texte

Tirez au sort une citation

En 20 minutes, insérez-là dans un texte

dont le thème est libre

(Vous pouvez changer une fois de citation)

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Otto Wegener Proust vers 1895 bis

wikimédia

 

Louis inspiré par Marcel Proust

 

" Longtemps je me suis couché de bonne heure" , c'est le tout début du roman de marcel Proust : " à recherche du temps perdu ".Sublime mensonge quand on connaît le genre de vie que menait l'écrivain: qui ajoutait à ses cahiers éparpillés sur son lit ce que Céleste Albaret , sa servante, appelait ses "paperolles" , les post-it de l'époque: des rubans de papier découpés et collés sommairement pour prolonger les pages du cahier jusqu'à terre : quelques mètres plus loin . Des ratures, des reprises, des rajouts : "de bonne heure " oui, mais vers deux ou trois heures du matin, voire plus. Pour peu qu'une fringale le surprît dans son lit, emmitouflé dans ce qu'il appelait un "nid" confectionné avec les oreillers, les coussins, les multiples lainages ajoutés les uns aux autres. Une  petite faim ? il suffit d'alerter le personnel du RITZ, afin de déguster une glace de chez machin, ou bien une madeleine de chez truc : toutes les boutiques les plus cotées de paris ! Sacré Marcel ! ne te laisse pas influencer. Un critique a dit à l’époque qu'il ne comprenait pas comment on pouvait consacrer trente pages à décrire le coucher d'un homme ! contrairement à certains écrivains romantiques, dont Baudelaire dira :"c’est un millionnaire, ce n’est pas un prince", toi Marcel tu es un prince.

 

Louis

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Gill inspirée par Paul Valéry

 

Le naufrage

Ne m’a pas jeté sur une plage.

Je me suis éveillé dans un canot,

Dérivant sur les flots

En compagnie d’un lion.

Dans la barque tous deux nous nous épions.

Par ses yeux mi-clos surveillé

Conscient de ma fragilité

Je suis sur mes gardes, concentré.

La mer est calme, léger le roulis,

Par chance, le lion s’est assoupi.

Mais si survient une tempête

Et qu’il relève alors la tête,

Comment pourrais-je rester debout

Pour parer à tous ses coups.

Mais voilà que « le vent se lève !

Il faut tenter de vivre ! »

Nous sommes ballottés sans trêve

Comme deux poupées ivres.

A la mer nous allons tomber,

Par le fond, être envoyés,

Dans les abysses précipités,

Ou alors, pourrai-je nager

Assez loin pour être sauvé

Et avant qu’il ne m’ait croqué !

Si je survis, je lui souhaite

A lui aussi, d’en réchapper,

Pour vivre une douce retraite

Dans sa savane retrouvée.

 

Gill

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El Pé inspirée par Pierre de Ronsard

     « Quand vous serez bien vieille, un soir, à la chandelle… » Coquin de sort, on dirait qu’on l’a écrite pour moi cette phrase, et la preuve, c’est que se dévident et filent mes souvenirs…Et pas seulement à la chandelle (sauf les nuits de coupures d’électricité dues aux intempéries), et pas seulement le soir : voir à ce sujet mon dernier texte pour l’Atelier d’Ecriture.

      Il ne manquait pas d’air, le Pierrot, en conseillant à la donzelle de profiter de la vie, tant qu’il en était encore temps (traduire bien sûr : « Laisse-toi donc séduire par ton poète préféré, ma petite chérie »), tout en lui dépeignant ce qu’elle serait cinquante ans plus tard, c'est-à-dire moche et pleine de regrets cuisants…ce qui, on en conviendra, est cent fois pire que d’avoir des remords cuisants.

      Procédé-si je puis me permettre- repris d’ailleurs un siècle plus tard par un autre Pierre, devenu chenu et pas trop sexy, s’adressant à une fraiche marquise de vingt-six ans…

     Par bonheur, si j’admire le talent de ces deux fleurons des Lagarde et Michard, je ne subis absolument pas leur influence. Non, non. Ce ne sont pas eux que j’entends lorsque bien vieille, certes, le soir (parfois) et à la chandelle (rarement), j’accompagne une voix qui chante sur U Tube : « Non, rien de rien… »

El Pé

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Elle était seule, seule au monde.

Ses parents, elle ne les avait pas connus.

Elle s’était toujours débrouillée d’orphelinat en orphelinat.

Maintenant à 18 ans, elle n’avait plus de domicile.

Un beau matin on lui avait dit : tu as 18 ans,  tu n’as plus ta place ici…

Elle était seule, seule au monde.

Elle partit donc droit devant elle avec son petit baluchon.

C’était presque l’été.

Le soleil brillait, la nature chantait.

Elle arriva à l’orée d’une forêt.

Elle entendit de l’eau qui coulait un peu plus loin et découvrit une source claire.

Assis sur un rocher, un vieillard maigre et en haillons la salua en lui souriant :

- Bonjour belle enfant, que fais-tu seule par  ici ?

-  Je cherche un abri, de la nourriture car à présent je suis seule, seule au monde, répondit gentiment la jeune fille.

- Eh bien ! voici  des fruits, des fleurs, des feuilles et des branches ; Prends-les, mais avant s’il te plaît , donne-moi un peu d’eau, je suis vieux et ne peux  me baisser jusqu’à la source.

De bonne grâce, la jeune fille se baissa, remplit la tasse que le vieillard lui tendait, elle l’aida à boire et à descendre de son rocher.

Son aspect ne la rebutait pas, elle était douce et aimait aider son prochain.

-Puis-je vous aider à rentrer chez vous ?

- Je n’ai pas de chez moi, mais grâce à toi, le sort jeté sur moi va se briser car tu as été bonne et mon aspect ne t’a pas  repoussée.

Prends les fruits, les fleurs, les feuilles et les branches, pose-les ici.

La jeune fille s’exécuta et un palais magnifique surgit devant leurs yeux.

Le vieillard se transforma en prince charmant !!!

Vous imaginez la suite !!!!!

 

Christine

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